APF -01 Le féminisme est- il allé trop loin ?        

- Allocution au Débat tenu au Musée de la Civilisation ,Québec le 10 mars  2003

 

 HOMME

D'AUJOURD'HUI

accueil

 

            L

Mon intervention va consister en une observation générale et cinq illustrations concrètes de la dominance de la pensée féministe, de ses dérives et dommages collatéraux au Québec. Au départ, je distingue les femmes des féministes comme on doit distinguer les hommes des machos même si la comparaison est boiteuse puisqu'il n'existe pas, du moins pas encore, de groupe de pression machiste ni même masculiniste.

A-  Observation générale

Sur la société québécoise et sur le féminisme comme groupe de pression

La société québécoise n'a jamais été une société dans laquelle l'homme a asservi la femme, dans laquelle par exemple  la femme marche trois pas derrière l'homme, dans laquelle la femme est mariée mais pas l'homme et, a fortiori, une société dans laquelle la femme subit des sévices physiques rituels (excision), des châtiments corporels particuliers (lapidation pour adultère) ou un asservissement familial et social. Pourtant les féministes d'ici donnent, assez souvent, l'impression de vivre dans une société où ces phénomènes se produisent.

 

Le mouvement féministe est un groupe de pression très bien organisé à tous les niveaux :

§ Il y a des institutions internationales comme la Convention internationale de 1979 des Nations-Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (La Charte des droits de la femme ) avec ses Conférences périodiques dont celle de Pékin en 1995- une autre en 2003 d'où sortent des directives pour l'ensemble des mouvements féministes. Le prochain blitz; les technologies de l'information. Equalitec rights for women (www.vunet.com/new/1138474 )

§ Il y a aussi des associations volontaires à tous les niveaux comme Le Lobby européen des femmes regroupant les féministes de 15 pays et le Réseau des femmes parlementaires des Amériques (siège social à Québec),

§ Il y a des organismes gouvernementaux génériques comme Condition féminine Canada qui accorde 10 millions /année aux analyses comparatives sur les sexes, le Conseil québécois du statut de la femme et le Secrétariat à la condition féminine

§ Il y a des organismes sans but lucratif génériques, privés mais très bien financés par les gouvernements Récemment, Condition féminine Canada annonçait le versement d'une subvention de $400 000 la maison Parent-Roback, dans le Vieux Montréal pour lui permettre d'accueillir un coalition d'organismes des femmes le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail ($100 000 en 2 ans ), le Réseau québécois d'action pour la santé des femmes ($76 000 en trois ans) le Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale ($200 000 en 2 ans ) la Fédération du Québec pour le planning des naissances( $30 000 en 2 ans). En fait, l'industrie du genre, comme on dit aux États-Unis, fait bien vivre sa féministe ». Il n'y a absolument rien de comparable pour les hommes.

La stratégie des féministes est, à la fois, d'une simplicité désarmante et d'une remarquable efficacité au point que la majorité des hommes ne les voient pas venir.

 

Elle consiste:

en premier lieu, à présenter, chiffres à l'appui, les femmes comme étant des victimes d'injustices, d'inégalités de traitement ou encore de diverses sortes d'agressions et ce dans un ensemble de secteurs d'activités,

en deuxième lieu, à tenir les hommes responsables de ces malheurs, à bien les culpabiliser en tant que dominateurs, prédateurs ou simples détenteurs de pouvoirs sur les plan économique, social et politique ;

en troisième lieu, à promouvoir la libération et l'égalité de la femme sur tous les plans et à réclamer pour y arriver que le gouvernement abolisse les entraves à son plein épanouissement ou corrige ces injustices et inégalités par des mesures  également discriminatoires parce que réservées aux femmes mais qualifiées de positives (quelle astuce!) ou encore par des services exclusifs .

 

La réaction du québécois aux revendications de ce groupe de pression est généralement très faible  pour plusieurs raisons.

1ièrement  La crainte d'être traité de «macho», l'anathème social suprême depuis que le terme a été habilement associé au batteur de femmes (Jean-Guy Tremblay) et mieux encore au drame de Polytechnique dont un autre sous-produit est un registre de $ 1 milliard de dollars.

2 ièmement  La crainte d'indisposer la petite amie, la femme, la mère même s'il y a, dans le groupe, des amazones qui ne seront jamais ni l'une ni l'autre, ou bien, il craint de paraître ridicule puisque la société continue de le représenter comme étant celui qui décide en dernier lieu.

3ièmement L'homme ne s'est pas constitué en association générique parce qu'il avait tous les pouvoirs diront certaines, mais, foncièrement, parce que les changements sociaux qu'il a cherché à effectuer ont porté sur les rapports globaux ( la renaissance, la démocratie républicaine, le capitalisme, le libéralisme, le socialisme, le syndicalisme, le corporatisme) et n'avaient pas de sexe.

4èmement. parce que même si le groupe de pression féministe est légitime en tant qu'instrument de socialisation, comme tant d'autres, il a ceci de particulier que la concertation féminine commande naturellement la concertation masculine. Or, le québécois se rend bien compte que la plupart des problèmes sociaux ne peuvent pas être réglés si l'homme et la femme les approchent avec leur seule vision monoculaire. Au Québec, il apparaît que le féminisme a contribué à fracturer des liens qui étaient fragilisés en même temps par divers autres facteurs, on pense à la vie de couple, au mariage, à la famille, à la natalité, à l'église, à l'homogénéité culturelle, au travail et, plus récemment, à la vie politique..

 

Pourtant, le québécois se doit de réagir parce que si des changements importants se sont produits à l'avantage de la femme au cours des trente dernières années et que le pendule est certainement allé de son côté il est clair que les féministes ne veulent rien entendre d'un certain rééquilibrage. Apparemment des millénaires de sujétion justifieraient un tel comportement. Toujours est-il que l'on se dirige vers la césure complète puisqu'il y aura un premier Congrès international de la condition masculine les 8 et 9 mars 2003 à Genève. Il faudra peut-être que les hommes se résolvent à réclamer au Québec l'établissement des équivalents du Conseil du statut de la femme et du Secrétariat à la condition féminine pour que l'on se rende compte du ridicule de la situation.

 

B- 5  Les illustrations de la dominance du féminisme

 

Dans l'ouvrage en question je donne plusieurs illustrations de cette dominance depuis une trentaine d'années au Québec. Pour ne pas vous priver du plaisir de le lire je ne vais retenir que deux des illustrations qui s'y trouvent, la première et la dernière.

(1) La première illustration

La Loi sur l'accès à l'égalité en emploi et surtout la Loi sur l'Équité salariale

Aux Jeux du Québec du Féminisme la compétition est très forte et je vais déroger à la convention établie dans le domaine des compétitions sportives en commençant par décerner médaille d'or qui va indiscutablement à ces universitaires, syndicalistes et hommes politiques en quête de support électoral qui ont favorisé l'adoption de mesures qui discriminent sérieusement contre les hommes.

Pour les féministes la libération de la femme moderne passe par l'élimination de l'homme pourvoyeur, elle n'en a plus besoin. Mais pour que cela se réalise sans trop d'effort les féministes québécoises ont obtenu l'adoption de deux lois qui les privilégient outrageusement.

Tous savent que le principe voulant que les femmes gagnent le même salaire que les hommes lorsqu'elles font un travail identique --«salaire égal à travail égal»-- est accepté au moins depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Ce que plusieurs ignorent c'est qu'en vertu de la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi) (1985 et 2000) non seulement les femmes en général obtiennent d'être recrutées et promues en priorité aux dépens des hommes mais que certaines femmes reçoivent en conséquence un salaire égal mais pour un travail inégal (gardiennes de prison, pompières, policières, soldates).

Peu savent, enfin, qu'en vertu de la Loi sur l'équité salariale (1996-2001) les femmes reçoivent maintenant «un salaire égal un travail équivalent ou de valeur égale ».

On peut penser que çà commence à faire beaucoup.

 

Je vais m'en tenir pour le moment à l'Équité salariale parce que c'est une réalité que personne n'a expliquée réellement. La première question à se poser est de savoir comment les féministes s'y sont prises pour faire accepter une loi semblable. 

Elles ont d'abord fait état des statistiques officielles démontrant que le traitement moyen d'une femme est entre 15 et 25 % inférieur à celui de l'homme. Cette démonstration est reproduite à la grandeur de la planète et le taux de variation selon le temps et les pays n'a pas d'importance. Puis elles ont expliqué que cela est dû au fait que le marché discrimine de manière systémique contre les emplois traditionnellement féminins (ex: les infirmières, les secrétaires- au début de dernier siècle les secrétaires étaient des hommes), que les hommes qui dirigent les entreprises sont sexistes et qu'ils utilisent des critères d'évaluation des emplois qui sous-estiment le travail féminin. La solution était évidente : il suffisait , après avoir bien culpabilisé les hommes en vertu de la Charte des droits, de corriger le marché par une intervention gouvernementale proactive.

 

Or, la prémisse est contestable pour plusieurs raisons:

(1) Elle veut que les employeurs masculins en concurrence sur le marché soient tous assez sexistes pour rémunérer les femmes à un taux inférieur, par surcroît, presque uniforme, mais pas assez sexistes pour ne pas les embaucher par milliers. Pourtant c'est le même marché qui paye les mannequins féminins trois fois plus que les mannequins masculins qui permet à Oprah Winfrey, une noire américaine, d'être la personnalité de la télévision la mieux payée, à Céline Dion, la chanteuse, d'avoir des revenus mille fois supérieurs à ceux de milliers de chanteurs, à Anika Sorenstam et aux soeurs Williams d'avoir des bourses beaucoup plus élevées que celles de nombreux golfeurs et joueurs de tennis.

(2) Selon les analyses sérieuses deux facteurs principaux expliquent cet écart: la concentration des femmes dans certains types d'emplois dans des entreprises de petite taille et le temps travaillé. Il y a aussi d'autres facteurs explicatifs: les écarts de formation, le degré inférieur de syndicalisation. Tout récemment encore la Présidente du Conseil du statut de la femme, elle–même, a déclaré « Les jeunes femmes gagnent moins bien leur vie parce qu'elles choisissent toujours des métiers féminins moins bien rémunérés; l'esthéticienne gagne moins que le mécanicien » (Le Soleil, 10 avril 2002, p.A-8). Mais tout se passe comme s'il n'y avait pas de lien entre le constat et le discours qui suit.

(3) Il est assez ironique de constater que les féministes qui s'étaient alliées aux handicapés, communautés culturelles et autochtones quand il s'était agi d'obtenir une loi qui garantissait un accès privilégié aux emplois ont oublié cette alliance lorsqu'est venu le temps de parler de rémunération. Dans la détermination de la rémunération des employés les employeurs ne devaient plus tenir compte que du sexe des personnes et non de leur langue, de leur ethnie, de leur orientation sexuelle, ou de leur handicap. Et dire que l'on croyait savoir que des immigrants et des handicapés pouvaient travailler, les premiers dans des ateliers clandestins, les seconds dans des ateliers fermés. Et dire que dans les années 1960 le gouvernement québécois n'a jamais cherché, avec raison, à instaurer un mécanisme gouvernemental de redressement des salaires des francophones par rapport à ceux des anglophones, au Québec même, bien que la Commission royale Laurendeau-Dunton ait conclu que l'écart ne pouvait s'expliquer que par une discrimination systémique de portée beaucoup plus conséquente. 

Or, malgré la faiblesse évidente de l'argumentation non seulement le gouvernement québécois a-t-il adopté une Loi sur l'équité salariale, ce que plusieurs gouvernements n'ont pas fait, y compris le gouvernement fédéral, mais il a adopté la loi la plus chromée en Amérique du Nord et, jusqu'à preuve du contraire, dans le monde.

 

(4) La loi est extrêmement critiquable

·      Elle s'applique à toutes le entreprises même aux PME qui ont moins de 50 employés et qui représentent 95% de toutes les entreprises québécoises même si la moitié de ces dernières ont un taux de survie qui ne dépasse pas en moyenne cinq ans et même s'il est parfaitement ridicule de leur imposer un exercice de relativité salariale (la même personne occupe cinq fonctions).

·      Elle s'applique au gouvernement qui est devenu, par l'effet de cette loi, un seul et même employeur pour la fonction publique, les organismes gouvernementaux, les établissements publics de santé et de services sociaux et les établissements publics d'éducation. Il s'agissait auparavant de quatre secteurs distincts ce qui donnait une certaine flexibilité. Aujourd'hui, tout est pris dans un pain. Un secteur en expansion va entraîner les autres mais les autres vont empêcher la contraction de l'un d'eux. Tout le monde connaît l'expression paradis fiscal, ici nous avons une  nouvelle sorte de paradis, le paradis syndical.

·       Elle s'applique à tous les emplois (sauf quelques exceptions) mais les regroupe en deux catégories : ceux qui sont à prédominance féminine et ceux qui sont à prédominance masculine. Or, un grand nombre des catégories féminines dont on parle maintenant n'ont rien de traditionnellement féminines: Il peut s'agir, par exemple au gouvernement, des catégories suivantes: agents de recherche et de planification socio-économique, pharmacien, conseiller légal, agent d'information, agent d'indemnisation classe nominale de bureau, agent de gestion du personnel, bibliothécaire, commis senior à la comptabilité, commis intermédiaire. En somme, le mot traditionnellement ne veut plus rien dire; il suffit que les femmes composent à un moment donné (1996) 60%, ou à peu près, (pas 70 ou 80% comme ailleurs) d'une catégorie d'emploi pour qu'un ajustement soit requis. On comprend que : le changement de sexe de quelques employés peut modifier le caractère féminin ou masculin d'une catégorie dans le temps; que ce caractère peut être différent d'une entreprise à l'autre; qu'un seul employé peut constituer une catégorie. En somme, le salaire est versé non plus en fonction des tâches mais du sexe de la personne qui les remplit. En d'autres termes, on abandonné en cours de route la base du raisonnement initial sans que personne s'en rende compte ? Tout le monde reconnaît que l'on assiste depuis trente ans à une féminisation de la grande majorité des catégories d'emploi de manière variable dans les divers secteurs. Or, s'il n'est plus justifié de présenter des catégories d'emplois comme étant des chasses gardées des hommes ou des femmes et si la composition sexuelle d'un corps d'emplois peut évoluer dans le temps, comment peut-on élaborer une théorie selon laquelle les personnes appartenant à un seul des deux sexes sont considérées comme faisant l'objet de discrimination ? Comment peut-on fixer une date précise au début de cette discrimination alors que manifestement la situation est en évolution constante. La position féministe est d'autant plus difficile à comprendre qu'elles disent que la dégradation salariale commence à se produire lorsque le taux de féminisation atteint 40% .

·      Elle s'applique à toutes les rémunérations, traitements et avantages sociaux parce que tout le monde sait que les employeurs ont imaginé des avantages sociaux strictement pour les hommes.

·      Elle compare les emplois masculins et féminins à partir de critères d'évaluation propres et différents ce qui en toute logique devrait constituer une lacune fatale. Et on ne se gêne pas pour retirer ou atténuer des critères (la force) qui favorisent les hommes si la Loi sur l'accès à l'égalité ne l'a pas déjà fait ou négocier des compromis.

·      Elle accorde des ajustements de traitement à des catégories d'emploi dites à prédominance féminine de telle manière que certains hommes seront dorénavant moins bien rémunérés (en bas de la moyenne ) que des femmes et qu'ils ne pourront jamais contester cette situation (Juge  Evans)  On n'a toujours pas expliqué pourquoi une femme sans expérience devrait avoir le même salaire qu'un homme de 13 ans d'expérience tout simplement parce qu'elle appartient à une catégorie à  prédominance féminine.

Tout le monde a vu ce placard publicitaire paru dans Le Soleil : 22 février 2003

«L'équité toute l'équité; nous sommes plus de 300 000 travailleurs du secteur public  nous croyons qu'il est temps que le juste valeur des emplois occupés majoritairement par des femmes soit reconnue. Nous souhaitons un règlement satisfaisant maintenant.  CSN,.FTQ,FFIQ, FTQ, SCQ.

Il y a peut-être un syndiqué un jour qui va se rendre compte que la so-so-solidarité va dans un sens seulement. 

·        Elle fait de la CSE une régie des traitements et des avantages sociaux de l'ensemble de la population au seul bénéfice des femmes qui travaillent. On se croirait en temps de guerre ou sous un régime qui a implosé en 1989. En fait avec un organisme pareil les syndicats sont devenus superflus.

Ce dernier énoncé nous est confirmé lorsque l'on prend connaissance de la prestation offerte par les dirigeants des associations patronales lors de la Commission parlementaire de l'économie et du travail tenue au début de février 2003 pour examiner le rapport du ministre sur l'application de la Loi sur l'équité salariale intitulé  «Deux poids, une mesure». La Fédération des Chambres de commerce du Québec, le Conseil québécois du commerce de détail et le Conseil du patronat ont appuyé cette législation même si elle est effectivement déraisonnable et se sont contentés de recommander de suspendre l'application des sanctions prévues par la loi pour le 60% des entreprises de 10 à 49 employés qui n'avaient pas encore complété l'exercice. S'ils se sont opposés aux modifications à la loi demandées par la Commission de l'Équité salariale pour la simple raison que ces modifications ne réglaient en aucune manière les problèmes identifiés par la Commission elle-même dans l'application de cette loi c'est parce les centrales CSN et FTQ étaient du même avis parce qu'elles craignaient, elles,  un psychodrame si on laissait la Commission aller de l'avant. Ces patrons  étaient tous heureux que l'augmentation de la masse salariale des employeurs n'ait été que de 1.6% par rapport à 1.4 en Ontario. Quand on vit depuis des lustres avec des taux de 8.5% de chômage ce ne sont pas quelques points de plus qui vont perturber la sérénité générale. Avec un patronat semblable on n'a pas besoin de syndicat . Comme disait le grand Camille le gouvernement nous a conduit au bord du précipice nous allons maintenant faire un pas en avant.

·      Personne ne semble s'être rendu compte de l'illogisme qu'il y a à maintenir une législation qui, dans les faits, est inapplicable aux femmes qui en auraient théoriquement le plus besoin parce qu'elles sont concentrées dans des PME dans lesquelles, par surcroît, on ne trouve pas de comparateur masculin (2 000 dont 50% de garderies) alors que cette concentration explique en très forte partie l'écart salarial avec les hommes. En somme, l'objectif même de la loi n'est pas atteint et ce sont les femmes qui travaillent dans les grandes entreprises et au gouvernement qui vont bénéficier d'un privilège indu. L'acharnement des féministes à vouloir que la CES impose d'autorité un comparateur masculin sous la forme, par exemple, d'une entreprise de référence être complètement insensé. Elles n'ont aucune objection à vivre dans une économie dirigée à leur seul bénéfice. 

·      Cette correction du marché n'est pas gratuite pour le contribuable. Il se pourrait bien que le montant global soit aussi négocié; assez élevé pour faire plaisir aux syndiquées et féministes et pas trop élevé pour ne pas embarrasser le gouvernement

(a)    Le redressement effectué dans les secteurs public et parapublic (tableau 2.5 p. 122) a fait en sorte: que les 9 catégories les plus élevées (sur un total de 25) de cette échelle de traitement sont à 55% féminines et à 44% masculines, que les 8 catégories moyennes sont à 56% masculines et à 44% féminines et que les 8 catégories les plus basses sont à 53 % masculines et à 47% féminines.

(c ) En novembre 2001 le Conseil du trésor a déclaré que le gouvernement du Québec avait versé de 1990 à 2001, près de 5 milliards en relativité salariale dont 600 millions en « équité interne» et 4,3 milliards de dollars en correctifs salariaux récurrents au seul chapitre de l'équité salariale féministe, à raison de 430 millions/ année en moyenne, pour 216 catégories féminines et 310 500 personnes (13 848$/personne) (Communiqué de presse du 22 novembre 2001). En somme, l'équité salariale féministe aurait déjà absorbé près de 90% de la relativité salariale. En décembre 2002, le Conseil du trésor, a déclaré que la note de la seule l'équité salariale (féministe) de 1990 à 2007 allait être de 8,8 milliards de dollars, à raison de 517 millions/ par année en moyenne, pour 550 catégories féminines et 335 00 personnes (26 268$ /personne). (Le Soleil, 4 décembre, 2002 p. A-5). Si on isole les années 2000 à 2007 on obtient 4.5 MM ou 643 millions /année et 13 432$/personne. Une somme qui empêcherait le gouvernement de faire un déficit.

Donc, le nombre de catégories féminines et le nombre de femmes qui profitent d'un redressement sont en hausse, il ne peut pas en être autrement. 

Il faut ajouter le coût des libérations syndicales en 2002 pour les fins de la seule équité féministe qui a été de 8 millions de dollars 

Il faudra ajouter aussi le coût du redressement des avantages sociaux. Toutefois, il se pourrait que le gouvernement réussisse à négocier un faible montant à ce dernier chapitre (malgré la loi) sans doute pour la simple raison que les femmes vivant plus longtemps sont nettement avantagées au régime de retraite, le principal avantage social. Mais on peut douter sérieusement qu'il aura cette audace.

Les deux illustrations qui suivent sont tirées de l'actualité très récente

 

(2) La deuxième illustration

Le traitement différencié du suicide et de la violence conjugale par les médias

(a) Le suicide

Il y a eu en moyenne 1372 suicides annuellement au Québec depuis 1993, dont 80% par des hommes soit au dessus de 1 000 individus dont 77% avaient entre 25 et 64 ans, dans la force de l'âge. Un véritable drame (Le Soleil, 11 février 2003, p.A-3). Les mesures prises pour contrer ce fléau: Une semaine par année est consacrée à la prévention du suicide, (elle s'est tenue au début de février) et on a installé une ligne téléphonique pour les «personnes» en détresse.

Qu'est-ce qu'a fait et qu'est-ce qu'a écrit la journaliste (Karine Gagnon) du Journal de Québec dans l'édition du 5 février 2003 p.9 à ce sujet ? Elle est allé interroger Diane Lavallée, Présidente du Conseil du statut de la femme qui avait émis un avis sur les conditions des femmes dans la région de la Capitale nationale. Elle a ensuite écrit «Québec capitale nationale du suicide: les femmes et les hommes de la région de la Capitale souffrent davantage de détresse psychologique, de tentatives de suicides et de mortalité par suicide que dans l'ensemble du Québec ».

Comment expliquer alors ce titre ? C'est parce que les femmes ont le même taux d'idées suicidaires 4.8% que les hommes 5%. Il n'est pas question que les hommes fassent plus pitié que les femmes. Elle va donc renchérir. C'est dans la région de Québec que les femmes souffrent le plus de détresse psychologique (26% contre 19.5% au Québec) et que le taux de mortalité des femmes à 10.7% est plus élevé que le 8.1% de la moyenne des Québécoises.

Pour sa part, la journaliste du Soleil  (Lia Lévesque) a écrit le 11 février 2003 ( p. A-3):«Le nombre de suicides légèrement en baisse; la catégorie la plus à risque les baby-boomers»; il fallait se rendre jusqu'à la 21ième ligne pour apprendre que « près de 80% des suicides frappent les hommes, une donnée constante au fil des ans »

Le Journal de Québec du 11 février a reproduit textuellement ce dernier article en page 16 «Le suicide est un problème de santé publique».Idem dans The Gazette.

Donc le suicide est un drame dont la victime n'a pas de sexe, de genre et qui n'a pas de cause, pas de responsable.

Ces deux journalistes méritent la médaille d'argent

(b) La violence conjugale

À la différence, la violence conjugale, un drame constamment médiatisé, a une seule victime bien identifiée et un coupable, un responsable l'homme. Il est intéressant de comparer les mesures prises pour le contrer, en plus des CLSC et des 40 CAVAC  Pour les femmes il y a : 100 maisons d'hébergement pour les femmes violentées (subventionnées depuis 1977) + 120 Centres de femmes subventionnés par le MSSS au coût total de $193 026 942 de 1996 à 2001= $32 Millions/an ou $146 232/org.(en février 2003 elles disent recevoir 29Millions et en demandent 31 de plus ); +  54 organismes communautaires féminins financés par le SACA. (Emploi et solidarité). Pour les hommes impulsifs il y aurait 36 organismes subventionnés par le MSSS dont plusieurs s'occupent, en fait, des couples pour un coût total de $13 694 436 sur 6 ans = $281 000/an» ou $7 800/org.– (deux des plus connus le mini réseau «L'après rupture» (Qc) a reçu  $4 000 du Québec depuis 1998 - et Oxygène (Mtl) a reçu $42 000 du fédéral et $25 000 non récurrents du Québec)- et 10 organismes communautaires masculins financés par le SACA. 

Le centre d'hébergement pour hommes de Montréal s'appelait à l'origine «Le Centre pour hommes oppressifs et colériques» et il semble que le gars se précipitaient pour se faire photographier sous l'écriteau (Le Soleil, 14 décembre 2002, p.A-4). Incidemment, Nancy-Anne Walsh, directrice d'une maison d'accueil pour femmes s'oppose à l'établissement de tels centres pour hommes car elle craint «qu'ils  servent de substituts à la judiciarisation» surtout au moment où «les centres d'hébergement pour femmes revendiquent des investissements accrus». (Le Soleil, 14 décembre 2002 p. A-4).

Or, Martin S, Fiebert a publié une bibliographie de 122 études universitaires qui démontrent que les femmes sont aussi sinon plus agressives que les hommes dans leurs rapports conjugaux : « References examining asssults by women on their spouses or male partners an annotated bibliography». California State University,

De son côté, le Dr. Gustavo Turecki, a découvert que l'on trouve un taux anormalement bas de  sérotonime chez les personnes présentant une forte impulsivité et agressivité lesquelles prédisposeraient au suicide :2 problèmes qui pourraient être génétiques. (Le Journal de Québec 17 février. 2003 p. 8). 

 

(3) La troisième illustration

Le décrochage scolaire des garçons selon la Présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement.

Le Soleil du 1er novembre, 2002 (p. A-11) a consacré une demi-page au texte de  Johanne Fortier, Présidente  de la Fédération des syndicats de l'enseignement, sur les difficultés scolaires des garçons. Elle mérite la médaille d'argent. Selon la Présidente, le taux de réussite scolaire supérieur des filles (entre 15 et 25%) ne serait pas attribuable à la présence massive des femmes aux niveaux primaire et secondaire (75% de l'effectif) ni à la trop grande «féminitude de l'école». L'argumentation de Mme Fortier tient en deux propositions inspirées par la pensée féministe laquelle devrait d'ailleurs, selon elle, être louangée et non dénigrée.

 

La première proposition. Les difficultés des garçons sont d'abord attribuables à leur adhésion au stéréotype masculin lequel veut que les garçons, en très grande majorité, ne soient motivés que par la réussite sportive. Les étudiants seraient incapables de s'affranchir de leur stéréotype du moins en aussi grand nombre que les étudiantes à l'égard du leur. Question: comment se fait-il que pendant les siècles qui ont précédé son arrivée à la tête de la Fédération des enseignants presque tous les savants ont été des hommes et ce dans toutes les disciplines.

Toujours selon Mme Fortier, le milieu familial et l'économie renforceraient ce stéréotype masculin qui explique que les garçons consacrent deux fois moins de temps aux études que les filles. Ainsi, le père préfère assister à un match plutôt que de se rendre à une réunion de parents et il se contente de demander le résultat obtenu au bulletin alors que la bonne mère veut seulement savoir si l'enfant va bien à l'école. On jurerait que l'on discute de la garde partagée de l'enfant. Ces comportements livreraient le message que l'école est pour les filles seulement. Le fait que les hommes aient un salaire moyen plus élevé que celui des femmes, malgré une scolarité inférieure produirait le même effet. Décidément, le monde a bien changé. Dans le temps, l'éducation c'était pour les gars car les filles n'en avaient pas besoin puisqu'elles allaient se marier. On aura compris qu'il s'agit  là  du stéréotype féminin duquel les enseignantes féministes ont réussi à affranchir les filles. Questions. Pourquoi diable les hommes auraient-ils changé de système de valeurs en si peu de temps ? et: comment peut-on soutenir que les enfants au primaire et au secondaire sont conscients des écarts de rémunération entre les hommes et les femmes indépendamment des emplois qu'ils occupent à moins qu'une militante syndicale se soit empressée de leur bourrer le crâne de sornettes?

Deuxième proposition. Ni le sexe de l'enseignant, ni la mixité de l'environnement n'auraient d'effet sur la réussite scolaire. La solution passerait plutôt par la conduite de recherches sur les modèles cognitifs et l'adoption des valeurs d'entraide, de coopération, de pacifisme de développement durable, comme dans l'école verte de Madame Brundtland. Question: comment se fait-il que le sexe de l'enseignant qui  a été responsable de la libération des filles par rapport à leur stéréotype traditionnel n'a plus d'effet quand les garçons sont concernés? On ne semble pas s'être rendu compte que c'est la vie des garçons qui a été changée par la mixité car les filles ont finalement toujours eu un encadrement majoritairement féminin alors que les gars sont passés d'un encadrement masculin à un encadrement féminin. Il est donc tout à fait décapant de lire que les hommes vont revenir éventuellement à l'enseignement grâce au relèvement salarial «arraché» au nom de la doctrine de l'équité salariale, une vaste machination que nous allons examiner tout à l'heure.

La réalité est que les premiers niveaux d'enseignement sont devenus réfractaires aux hommes à cause du discours féministe qui sévit depuis un bon moment. Ainsi, en 2002, le MEQ donnait le coup d'envoi à la septième édition de son concours «Chapeau les filles» et de son volet scientifique Excellence Science aux niveaux secondaire et collégial. Rien de tel pour les étudiants. Il est assez symptomatique que le ministre de l'Éducation qui vantait récemment la valeur de l'enseignement «professionnel» (entendons, «technique») notamment en réponse au taux alarmant de décrochage chez les garçons, se soit senti obligé de lancer aussitôt la sempiternelle invitation aux filles à envahir les métiers traditionnellement masculins

La Présidente soutient, par ailleurs, que ceux qui croient mettre fin aux difficultés des garçons en abolissant la mixité de l'environnement préconisent un retour en arrière. Parlant de retour an arrière, on peut rappeler à Mme Fortier que c'est la Commission Parent (composée très majoritairement d'hommes) qui, dans les années 1960, avait recommandé le «co-enseignement» pour que les écoles de filles puissent combler leur retard. Question. Que serait-il arrivé si ces hommes avaient raisonné de manière aussi sexiste que la Présidente ?

Lorsque Mme Fortier déclare que la réussite et la persévérance scolaires sont devenues des valeurs féminines grâce au féminisme elle nous informe que les enseignantes sont, pour la plupart, féministes et qu'elles ont profité de leur situation  pour passer leur message ? Question: comment se fait-il qu'aucun éditorialiste n'ait cru bon de rabrouer cette personne dont la tâche devrait être, en principe, de présenter une vision équilibrée des rapports sociaux? Pourtant quand un président de syndicat et un doyen de faculté se sont inquiétés récemment de la mise en minorité des hommes dans leurs secteurs respectifs ils ont été vertement critiqués par les sopranos et ténors du féminisme au Québec.

Nous convenons que les enseignantes féministes ne peuvent pas naturellement et ne pourront jamais tenir un langage équivalent pour les garçons. En fait, elles auraient intérêt à ne donner aux garçons que des modèles de réussite sportive? Ajoutons que plusieurs enseignants ont sincèrement souscrit à cet objectif de l'amélioration de la condition féminine. On rapportait même récemment que certains d'entre eux s'étaient joints aux étudiantes pour tourner en dérision les «pôves gars qui en arrachent dans leurs études». Question: comment croit-on pouvoir contrer cette dynamique sans mettre fin à la mixité ? 

Quant au remède proposé par la Présidente, la conduite de recherches sur les modèles cognitifs, apparemment asexués, la question se pose de savoir combien de décennies il faudra attendre, combien de décrocheurs il faudra compter, avant que l'on ait statué irrévocablement sur leur pertinence. Question: pour quelle raison écarte-t-elle la possibilité qu'un encadrement masculin trouve spontanément les modèles cognitifs qui conviennent le mieux aux garçons et qu'il puisse faire en sorte que les garçons s'investissent davantage dans leurs études ? N'est-il pas ironique que là où on a commencé à introduire des classes de garçons l'intérêt de ces derniers se soit accru remarquablement (Le Soleil, 14 décembre 2002,p.D-1) mais que l'on invoque tout de suite le manque d'argent pour ne pas procéder à l'expansion de cet aménagement ? Le décrochage dramatique des garçons a aussi été diagnostiqué aux États-Unis et, il y a quelques semaines, le réseau américain CBS a donné l'exemple d'une école où l'encadrement masculin d'une classe composée uniquement de garçons avait réussi à contrer ce phénomène ; le professeur de littérature était également instructeur de l'équipe de football.

Enfin, il est certainement légitime de se demander pourquoi dans la liste des valeurs retenues dans l'école de Madame Brundtland on ne trouve pas la vaillance, l'énergie, la curiosité, la créativité, l'endurance, l'émulation, la compétition, la générosité? Parce que cette école a été bâtie en fonction du modèle féminin?

 

(4)La quatrième illustration

La présentation de la très importante question du partage des tâches conjugales par Statistiques Canada 

Le Devoir du 12 février 2003 écrit page A-3:«À la maison, le partage des tâches reste inégal.». Selon un sondage de Statistique Canada, environ 21% des  canadiennes ont affirmé avoir consacré au moins 30 heures par semaine aux tâches ménagères, 8% des hommes ont déclaré consacré le même temps à l'entretien ménager. Pour ce qui est des soins aux enfants: 16 % des femmes y ont consacré au moins 30 heures, 7% les hommes ont changé les couches, nourri les enfants et joué avec eux.

L'article précise que cette question a été introduite à la suite des pressions de groupes de femmes qui réclamaient que le travail non rémunéré soit reconnu par le gouvernement. J'accorde une simple mention à cet article tout simplement parce que les autres sont meilleurs.

Cette information soulève à mon sens deux questions .

(1) Combien d'heures les autres 80% de femmes et les autres 93 % d'hommes consacrent-ils aux tâches ménagères? L'article ne précise pas combien de ces femmes sont à la maison.

(2) Est-ce qu'entrent dans les tâches ménagères : l'entretien de la pelouse et des arbres, le déblaiement de la neige, les ordures, la peinture, la réparation des voitures, du logement, l'entretien des systèmes de chauffage, d'électricité, de plomberie, de divers appareils, le transport des enfants aux activités sportives? Tout cela en fonction du nombre d'heures effectivement travaillées à l'extérieur. À une émission du Dr Phil, du réseau CBS, le gars travaillait 7 jours/ semaine mais sa femme trouvait qu'il n'en faisait pas assez à la maison.

Toutefois, cela ne doit pas nous faire ignorer les nombreuses mesures connexes dites de conciliation travail-famille que l'on a déjà adoptées et qui vont sans doute être décuplées à la suite de la campagne électorale. Elles s'ajouteront au milliard de dollars consacrés aux CPE mais nous avons la satisfaction de savoir que nous sommes les seuls au Canada à consacrer tant d'argent public pour permettre à la femme de se libérer du joug du foyer. La ministre l'a dit encore récemment c'est aux entreprises – sous entendu gérées par des hommes - de s'ajuster aux besoins des femmes qui travaillent non l'inverse. Quand est-ce que les femmes vont  partir leurs propres entreprises ?.

Heureusement, tout cela va changer parce que le ministère de la Famille et de l'Enfance  a publié récemment une brochure intitulée :«Être père; la belle aventure». Elle a été rédigée par trois femmes.

(5) La cinquième illustration

L'acharnement thérapeutique des réseaux de télévision à émasculer notre sport national.

Le hockey est pratiqué et dirigé par des milliers d'hommes à tous les niveaux. Aucune femme ne joue dans la ligue nationale, dans une ligue professionnelle ou agit comme instructeur à ces niveaux. C'est sans doute pour cette raison que la SRC d'inviter a invité l'instructeur de l'équipe nationale féminine de hockey amateur à agir comme commentatrice à la Soirée du hockey. Pour ne pas être en reste RDS a fait appel à une dame qui dit adorer le hockey depuis son enfance; si vous connaissez un gars qui aime regarder la nage synchronisée depuis l'âge de 5 ans dites lui de s'adresser à RDS pour voir. Il faut croire que les spécialistes du marketing-keting que ces réseaux ont embauchés n'ont jamais entendu parler de la Ligue du vieux poêle qu'ils ne sont pas informés des millions ramassés par les Boys ou encore qu'ils ont voulu donner une autre preuve de l'existence puis que le réseau anglais continue de mettre en vedette le macho Don Cherry. On a atteint le fond du baril lorsque Jean Dussault à la Tribune de Radio-Canada a invité deux femmes sociologues pour parler de la violence au hockey.

C'est tellement loufoque que cela ne mérite pas de médaille.