APF-30 Le journal «Les Affaires», un nouvel organe de propagande

du mouvement féministe

 

 

HOMME

D'AUJOURD'HUI

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À première vue, on pourrait penser que c’est l’Éditeur en chef du journal «Les Affaires», Sylvain Bédard, qui a voulu donner une orientation tout à fait inusitée à cette publication en nommant Géraldine Martin rédactrice en chef du journal. En effet, il apparaît de plus en plus que ce journal se comporte comme une espèce de filiale de la Gazette des femmes, un organe de propagande du mouvement féministe et non plus comme un outil d’information pour les gestionnaires privés et un porte parole du monde des affaires. En fait, on a l’impression que cette publication est devenue «l’affaire» de Géraldine Martin car le nom de Bédard n’apparaît même plus sur le bandeau d’identification. Or, nous avons découvert que la réalité est toute autre en prenant connaissance de l’édition du 17 janvier 2015.  

Voici quelques articles de cette édition qui illustrent bien l’orientation en question et en révèlent la raison. La rédactrice et ses journalistes, sous le couvert d’une information destinée à susciter l’intérêt des femmes envers «les affaires», transforment cette information en un réquisitoire pour l’adoption de mesures de discrimination positive en  faveur des femmes, en  particulier la présence de quotas obligatoire de femmes dans les conseils d’administration (les CA) des entreprises.                                0000

1er article (Diane Bérard) «Premier recensement mondial des administratrices » (P.07) On peut y lire  « C’est au Japon que l’on observe le moins de femmes dans les CA; un  pitoyable 3.1%. C’est en Norvège que les conseils d’administration s’approchent le plus de la mixité 35,5%....  Les femmes canadiennes sont légèrement plus présentes dans les CA (20,8%) que leurs consœurs américaines (19,2%) Mais le Canada fait moins bien que huit des 14 pays européens sondés. En France, par exemple, le taux est de 29,7%..».

Or, il faut savoir  qu’en France, la présence de femmes dans les CA a été rendue obligatoire par une loi adoptée en 2011 laquelle  a fixé des «quotas de femmes administratrices ». Les entreprises ont eu 3 ans pour atteindre 20% et six ans pour atteindre 40%; sinon, les nominations des hommes étaient considérées comme nulles et le versement de jetons de présence suspendu. Cet article omet de nous dire que la Norvège a été, en 2003, le premier pays au monde à imposer un quota de 40% de femmes dans les conseils de surveillance des entreprises sur un horizon de 4 ans. Il omet aussi de dire qu’actuellement, dans ce pays, seulement 2% des chefs d’entreprise sont des femmes.

 Cet article ne croit pas utile d’observer que la présence des femmes dans les CA dans les pays les plus industrialisés qui, comme la Grande-Bretagne, ont rejeté l’idée des quotas, 1 est, de loin, inférieure au taux imposé norvégien, --19,2% aux États-Unis, 18,5 en Allemagne  3.1% au Japon Il ne fait aucune mention du taux observé dans les économies émergentes de la Chine (33% de la production mondiale) de l’Inde, de la Corée du Sud  et de l’Indonésie dont les populations sont considérables grâce à une natalité vigoureuse, ce qui implique que les femmes y jouent d’abord un autre rôle mais  tout aussi  primordial pour le développement économique des pays.

 2ième article «Il est temps que les hommes trouvent leurs propres raisons pour atteindre égalité »  (Diane Bérard)  (P.22)

La même journaliste, qui fait semblant d’être neutre en cette matière poursuit  la discussion dans un autre article  en interviewant  la ministre des Affaires extérieures de l’Islande, un  État pas nécessairement reconnu pour sa dominance sur le plan économique (!)). Bérard fait avouer à la ministre en question, Ragnheiour Elin Arnadottir, qu’elle avait vigoureusement combattu un projet de loi imposant justement le système des quotas de femmes dans les CA, alors qu’elle était dans l’opposition, mais que ce projet avait quand même été adopté. Or, une fois au pouvoir Mme Arnadottir  n’a pas demandé son abrogation «parce que les «gens d’affaires lui ont dit ne pas y toucher». Bouleversant d’humanité. Ces deux femmes ont atteint, ici, l’Everest de l’hypocrisie. Faute de pouvoir justifier de manière sensée l’égalité homme femme  en matière présence sans les CA, elles refilent le problème aux hommes. Pour paraphraser Charlie «  C’est dur  d’âtre pris pour un con».

 

3ième Article «Les hyperactifs de la gouvernance» (Martin Jolicoeur) (P.12-13-14)

Il écrit d’abord, un article  dans lequel il recense les noms des personnes qui occupent le plus grand nombre de poste de membres de CA dans les entreprises québécoises, sans être, en même temps, des dirigeants des entreprises concernées. En somme, des personnes qui sont recrutées, en principe, pour leur expertise  Nous y observons que, sur un univers de 73 personnes, les hommes représentent 76.7 % et les femmes 23.2%. Ces personnes sont rangées sur une échelle d’importance dont le titulaire le plus haut placé a 12,5 points. Isabelle Marcoux qui atteint le pointage enviable de 8,5, est décrite comme l’administratrice la plus influente du Québec Inc. Il faut savoir que Mme Marcoux est la présidente du CA de Transcontinental, fondée par son père et dirigée par son mari François Olivier, laquelle entreprise est propriétaire du journal «Les affaires ». Tout à coup, le ciel se déchire et nous  avons  comme une révélation.

 

 4ième article Puis Jolicoeur écrit, «Les étoiles montantes de la gouvernance» (P.15) un texte qui met en évidence trois femmes et un homme.

1-Estelle Métayer (44 ans), elle enseigne à Mc Gilll net dirige sa propre boîte de consultation, elle siège aux CA  de Bombardier et de Ubisoft 

2-Isabelle Marcoux ,45 ans, avocate, siège aux CA de George Weston, Rogers et Power Corp.(et Transcontinental)

3-Andrew Molson, 46 ans, v.p. Molson, membre du CA de Jean Coutu, et Club de hockey Canadien.

4- Sophie Brochu 50 ans, BCE, BMO Groupe financier, Gaz Metro, Forces Avenir, Centraide du Grand Montréal, Fondation André et Lucie Chagnon.

 5ième article Jolicoeur  termine, enfin,  son périple, avec «L’ancien boy’s club se féminise» (p.16) qui lui permet de mettre en  évidence encore une fois les noms des 17 administratrices les mieux cotées au Québec. Incidemment,  cet article  nous apprend que le taux de participation des femmes dans les CA  est de 19,8% au Québec et, qu’à ce chapitre, seules les provinces de la Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan, deux leaders économiques incontestables,  le devancent alors que la moyenne canadienne est de 15%

 Pourtant, Jolicoeur  met en exergue un constat imputé à Mme Nathalie Francisci «À compétence égale on constate que les conseils d’administration  finissent par choisir la femme». Il faut savoir que Mme Francisci est une chasseuse de têtes qui, comme les agents de boxeurs, a tout intérêt à vanter les mérites de ses pouliches.

 M Jolicoeur ignore, sans doute,  que cette citation rejoint le libellé de la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi qui, elle, impose la nomination  d’une femme dans la Fonction publique du Québec, à compétence égale (avec un homme) , à la suite des concours de recrutement et de promotion soi-disant tenus «au mérite». Il ignore aussi peut-être que les sous-ministres doivent voir à l’application de cette loi dans leurs ministères respectifs  et faire rapport à l’Assemblée à ce sujet. Ils comprennent évidemment que leur propre cheminement de carrière dépend de leur «aptitude» à nommer des femmes dans les divers postes qui s’ouvrent, et ce jusqu’aux plus hauts niveaux. En somme, nous avons plus de régime de mérite mais une sélection sexualisée. Nos hommes politiques  croient que les fleurs poussent plus vite si l’on tire dessus.   

Jolicoeur, qui a l’excuse d’être en en service commandé, pourra continuer de nourrir sa famille, gracieuseté de Mme Marcoux.

 Le plus loufoque c’est qu’il met en lumière l’idiotie de la démarche de l’imposition de quotas de femmes dans les CA en citant Isabelle Marcoux elle-même.  Celle-ci  «émet l’opinion que le véritable combat est probablement ailleurs.  L’obtention  par les femmes de postes au sein de la haute direction de grandes entreprises, là où elles peuvent espérer acquérir l’expérience de gestion nécessaire à tout administrateur est au moins aussi importante que le combat que plusieurs mènent pour accroître leur présence au sein des conseils d’administration»  

 En effet, Marcoux reconnaît qu’il faut d’abord  acquérir de l’expérience en gestion  avant de prétendre occuper un poste d’administrateur et qu’il est donc insensé de réclamer des quotas de femmes dans les CA  alors qu’elle reconnaît, du même souffle, qu’il y a très peu de femmes qui  occupent des postes de direction et, encore moins, qui ont crée et développé leurs propres entreprises. Il tombe sous le sens qu’il est ridiculement dangereux de faire du sexe un substitut  à l’expérience. À vrai dire, il serait encore plus désastreux, comme le laisse entendre Isabelle Marcoux,  que la même bataille soit engagée, cette fois pour l’obtention de postes de direction des entreprises. Pourtant, ceci doit nous faire réaliser que, c’est exactement ce que le gouvernement a fait en adoptant la Loi sur l’accès à l’égalité emploi dans la Fonction publique du Québec. Il a  décrété que celle-ci devait  être, dans sa composition, représentative de la société. L’ennui est que cette discrimination positive est maintenue même si  les femmes  occupent déjà  plus de 50% des postes 2 et même si chacun reconnaît qu’il est impossible de composer un effectif dont les caractéristiques personnelles sont, mathématiquement, en  tous points, celles de la population.

 

6ième article (Claudine Hébert) «Isabelle Huot : bâtir son entreprise sur sa crédibilité médiatique » (p.18)

Sur fond rose, Hébert tient une chronique aux quinze jours sur l’entrepreneuriat féminin. Cette semaine elle interview Isabelle Huot, nutritionniste, propriétaire de l’entreprise Kilo Solutions  qui a cinq cliniques et  ses entrées dans divers supermarchés. La cuisson de ses mets préparés est confiée à des partenaires de confiance. Elle contrôle son entreprise à 100% car c’est sa crédibilité qui est concernée

 

7ième article (Claudine Hébert) «La notoriété aide-t-elle l’entreprenariat » (p.19)

Également sur fond rose, Hébert décrit les entreprises de trois femmes   Caroline Néron (Bijoux Caroline Néron),  Nancie Ferron (copropriétaire de la Maison Lavande) et Mitsou Gélinas (Dazmo, Video Assist, Video MTL, des entreprises  de services techniques en audio-visuel qui emploie 100 personnes)

 

8ième article Anne Guignaire «Trois entrepreneurs, trois parcours ».(p.25)

La journaliste  retrace le parcours de deux  femmes et d'un homme  

Christine Roy, 31 ans, propriétaire de d’Agent illustrateur, (design graphique), Dominique Meyer, 53 ans, médecin spécialiste en ophtalmologie qui a fondé un Institut privé de chirurgie en 2004  puis l’a vendu en 2013.

Laurent Simoneau, 42 ans, s’intéresse à l’informatique au CEGEP, il rejoint l’entreprise Copernic  à Québec, puis fonde Coveo, fait son MBA, développe son entreprise 180 employés. 

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Commentaires

1-Dans un numéro qui comporte 32 pages, 17 pages sont consacrées à de l’information neutre, donc accessible autant aux femmes qu’aux hommes, 5 à de la publicité et 8 à de l’information destinée exclusivement aux femmes soit 25% .Les femmes  retirent  donc de ce journal un avantage  indu. 

2-  Il est clair que la propriétaire du journal «Les Affaires » est à l’origine de l’orientation  féministe de cette publication. Elle a transformé une publication d’information spécialisée et rigoureuse sur le plan technique en un organe de propagande pour une fraction du monde des affaires.   Nous ne voyons pas l’intérêt de renouveler un abonnement dans ces conditions.  

3- Il ne faut pas douter de l’influence de Mme Marcoux qui siège notamment  au CA de Rogers Communications laquelle est propriétaire de la Revue l’Actualité dont l’équipe de direction  est très largement féminine. 3 En somme, la parité c’est bon uniquement quand la direction  n'est pas féminine.

Éditrice et rédactrice en chef

Carole Beaulieu

 

Éditrice adjointe

Catherine Louvet

 

Rédacteurs en chef adjoints

Charles Grandmont

Ginette Haché

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À  8.00$ le numéro c’est cher même pour la salle d’attente d’un dentiste  

Directrice artistique

Jocelyne Fournel

Directrice artistique adjointe

Amélie Chamberland

Chef de rubrique

Daniel Chrétien

Reporters

Alec Castonguay, chef du bureau politique

Catherine Dubé, Noémi Mercier, Jonathan Trudel

 

 

Cette revue s’était  fait un point d’honneur de rendre hommage à certaines  femmes qui, selon cette revue, étaient les seules responsables de l’adoption  de la Loi sur l’équité salariale, la pire des mesures de discrimination positive  en vigueur au Québec. Malheureusement, étant donné que le gouvernement de l’époque était encore composé majoritaire-ment d’hommes il faut bien reconnaître que ce sont ce sont eux  qui ont été  ultimement responsables de cette ignominie, En effet, tout le monde sait que, par cette loi, les salaires des femmes qui se trouvent dans   des «catégories féminines d’emploi» sont haussés au niveau supérieur des «catégories masculines d’emploi» «équivalen-tes» mais   mieux rémunérées et que ce privilège est refusé aux hommes qui sont dans les niveaux inférieurs des mêmes catégories masculines. 

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(1)(http://www.fesparis.org/tl_files/fesparis/pdf/publication/norvege.pdf

(2) La fonction publique se féminise

Les femmes comptaient pour 58,0 % de l’effectif régulier en mars 2012, contre 56,1 % en mars 2008;

La proportion des femmes cadres dans l’effectif régulier a atteint 43,4 % en mars 2012, soit un bond de plus de 6 points de pourcentage depuis mars 2008

http://www.tresor.gouv.qc.ca/fileadmin/PDF/effectif_fonction_publique/effectif11_12.pdf

(3)http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Actualit%C3%A9#L.27.C3.A9quipe_de_r.C3.A9daction