E-4-(07-)Le recyclage des presbytères en maisons de sages-femmes ; une pierre deux coups

 

 HOMME

D'AUJOURD'HUI

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 Le Québec va ouvrir 20 maisons des naissances d’ici 10 ans «dans tous les lieux de naissance, mais selon le choix de la femme. C’est çà qui doit être le principe principal » selon le Ministre Couillard (Le Soleil, 23 janvier 2007, p. A-10). Il voudrait que 7% des naissances (5, 6000 sur les 80 000 au lieu des 1,200 actuelles) soient suivies par des sages-femmes.

Compte tenu de la désaffection de la population à l’endroit de la pratique religieuse catholique (à  tout le moins) le gouvernement pourra recycler les presbytères en maisons de sages-femmes ce qui constitue certainement un geste très méritoire qu’il faut porter au compte de la conservation du patrimoine bâti. Mais il y a plus. Comme ces presbytères sont généralement situés  près de l’hôpital local cela devrait également réduire les dommages subis à la suite des «accidents» à la naissance dans lesdites maisons et du même coup les poursuites judiciaires millionnaires.

 

La Maison des naissances Mimosa, sur la Rive-Sud, a été la première à ouvrir ses portes

dans la région, à l'automne 1994, dans un ancien presbytère à Saint-Romuald.

 PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL

 

Dans une année électorale c’est certainement une annonce qui tombe à point. Il en faut pour tout le monde. C’est la raison pour laquelle nous ne désespérons pas de voir, un jour, le même ministre mettre la main dans sa valise ancestrale, y découvrir le  rapport Rondeau qui y est enfoui depuis deux ans, et annoncer le premier Plan de santé pour les hommes plusieurs années après celui des femmes.

 

Donc, à prime abord, tout est bien dans le meilleur des mondes. Pourtant, il y a deux petits ennuis, Premièrement, les dépenses d’entretien de ces maisons de naissance ne peuvent aller qu’en s’accroissant. Or, on sait déjà que le coût d’une naissance dans une de ces maisons  n’est pas moins élevé que celui d’une naissance dans une pouponnière d’hôpital. Deuxièmement,  le développement des maisons de naissances ne peut qu’inciter les étudiants en médecine à se désintéresser de la gynécologie de sorte qu’éventuellement  nous allons retourner à l’époque des accoucheuses. Une époque qu’Anne-Marie Sicotte, décrit dans un roman, «Les accoucheuses» (VLB, Montréal 2006). Cette auteure, fière d’appartenir à la grande famille féministe, n’a que des louanges pour ces femmes et ne réussit jamais à faire la jonction entre le haut taux de mortalité infantile et l’absence de connaissances scientifiques chez ces accoucheuses. 

Malgré cela nous pensons que le gouvernement va poursuivre  le réseautage des maisons de naissance  (après celui des Centres de femmes et celui des maisons d’hébergement pour femmes violentées) pour deux raisons. Nos gouvernements roses bonbon sont  incapables de résister aux pressions du mouvement féministe. Il est beaucoup plus rentable politiquement d’inaugurer une maison de naissances devant la presse locale que  de prévoir  des budgets pour la formation de gynécologues.