Au Québec, le gouvernement impose

 la féminisation

des emplois 

 

 

 HOMME

D'AUJOURD'HUI

accueil

 

  Introduction

  Asservi au mouvement  féministe, le gouvernement, libéral ou péquiste, adapte  la justification, le motif invoqué,  le moyen utilisé et  le type d’intervention  selon les secteurs et au gré des circonstances mais le but demeure toujours le même, remplacer les hommes par des femmes, Cela s’explique par le fait que tous les partis politiques québécois ont capitulé devant le  mouvement féministe. Conscients que les hommes n’ont pas encore trouvé le moyen de former un groupe de pression pour défendre leurs intérêts, ils ont courageusement choisi de se fidéliser l’électorat féminin  en adoptant diverses  mesures qui favorisent indubitablement  les femmes aux dépens des hommes. Parmi ces  dernières il y a celles qui permettent aux femmes d’obtenir des emplois  de préférence aux hommes, de manière à assurer «leur libération ».

 

(i)-Le but visé : remplacer des hommes par des femmes

En effet, si le but ultime est  de remplacer les hommes par des femmes dans différents emplois la justification peut varier selon les secteurs. Bien entendu, les complices n’ont jamais utilisé un langage aussi direct et franc. On peut même apprécier l’imagination qu’ils ont   déployée pour masquer l’objectif visé par  de telles mesures et pour  réaliser ces dernières. Le lobby féministe a su concevoir une justification adaptée au secteur ce qui indique, à la fois, qu’il s’agissait d’une tromperie  et que les hommes politiques qui ont donné suite à de telles demandes avaient une très faible capacité d’analyse ou étaient strictement motivés par un potentiel gain électoral.

 

(ii)- La justification

Ainsi, dans la Fonction publique et le secteur parapublic (les établissements d’éducation, de santé et de services sociaux et les municipalités) on a invoqué le besoin de rendre la Fonction publique représentative de la société, une composante fondamentale d’une société démocratique, a-t-on dit. Dans le secteur de la Construction,  on  a plutôt choisi d’invoquer le besoin de concrétiser  l’égalité de fait entre les femmes et les hommes, une soi-disant valeur de la société québécoise qui serait même supérieure à l’égalité  de droit entre les «hommes», entendez «les personnes, les individus».

Note

Or, il est clair que ces deux propositions sont irrecevables La première parce qu’il n’y a pas de limite aux nombre de caractéristiques personnelles qui devraient être prises en compte (le sexe n’en est qu’une parmi d’autres) pour prétendre assurer la représentativité de la Fonction publique. Cela est tellement vrai qu’aucune fonction  publique au  monde n’est soumise à une telle exigence sur le plan quantitatif.  La seconde parce que l’on remet en cause le choix que font les individus – hommes et femmes- des emplois qu’ils préfèrent occuper sans doute parce qu’ils croient avoir les aptitudes requises.

Curieusement, on ne remet pas  en question le fait que les femmes sont, aujourd’hui, très majoritaires, notamment, dans les postes de secrétaire et  d’Infirmière  et majoritaires dans les postes de médecin omnipraticien alors que dans le passé les mêmes postes étaient occupés en majorité par des hommes. Il a même été jugé que «la discrimination à rebours» en faveur des hommes était illégale. Faut le faire

On semble ne pas savoir qu’au cours  de deux précédents  millénaires l’homme  avait pour tâche de pourvoir financièrement aux besoins de  la famille et la femme d’élever les enfants et de voir à l’entretien de la maison. Forcément l’homme devait créer son propre emploi ou travailler pour quelqu’un d’autre. Deux guerres mondiales, une industrialisation et une urbanisation soutenue, une désaffection  à l’égard de la religion et l’abandon progressif de la vocation religieuse,  la popularisation  de moyens contraceptifs ont provoqué des changements sociaux majeurs dont l’entrée d’un nombre grandissant de femmes sur le marché du travail. Celle-ci à son tour a eu d’autres conséquences dont nous parlerons plus loin. C’est toute l’organisation sociale qui est remise en cause de manière impérative par le gouvernement lui-même alors qu’il n’a jamais évalué les conséquences de ses actes. 

Mais on a  compris qu’Il est  donc fallacieux de voir dans la relative absence des femmes du  monde du travail une discrimination  orchestrée par les hommes contre les femmes. Pourtant, on observe que,  dans les deux cas de la Fonction publique et de l’industrie de la  construction,  on a retenu ce même motif à une intervention gouvernementale.

 

(iii) Le motif invoqué de l’intervention gouvernementale  

En effet, la discrimination pratiquée par la société(les hommes) contre les femmes dans l’activité économique, le  monde du travail  a été désignée comme la cause de la «non représentativité»   de la Fonction publique et de l’inégalité de fait dans l’industrie de la construction On a donc argué que  seul le gouvernement était en mesure de contrer cette discrimination 

Pour prouver l’existence d’une telle discrimination il suffira, dans le cas de la Fonction publique, d’observer que le taux d’emploi des femmes y est inférieur au nombre de celles-ci  dans la société québécoise (51%)  et, dans le cas de l’industrie de la construction on n’aura qu’à faire état de la très faible présence des femmes dans les divers métiers de l’industrie, par rapport, notamment, à la situation prévalant dans certaines autres provinces canadiennes

Il convient de préciser que dans le cas de la Fonction publique on a choisi d’ajouter d’autres «groupes cibles» à celui des femmes, en guise de renforcement.  En effet, on a prétendu qu’en plus des femmes, d’autres segments de la population faisaient aussi l’objet de discrimination dans la société québécoise.

 

(iv) Le  moyen utilisé : la discrimination positive

Par contre, on a retenu le  même moyen pour atteindre cette représentativité et cette égalité de fait soit l’attribution  d’un  accès privilégié à l’emploi pour les femmes  (et autres groupes cibles) sous prétexte que ce  moyen était nécessaire pour corriger la situation dans un temps raisonnable. Cette nouvelle discrimination a été qualifiée de «positive», donc souhaitable alors que la première était  condamnable. Ce raisonnement est évidemment stupide car un privilège est par définition, discriminatoire et seule une propagande bien orchestrée peut faire croire le contraire.

 

(v) Le type d’intervention  

Le type d’intervention peut varier selon les secteurs   En effet, ce privilège  peut être inscrit, soit dans une loi – comme, dans le cas du secteur public et parapublic «La loi sur l’accès .à l’égalité en emploi dans les organismes publics », soit dans un Programme gouvernemental -comme dans le cas de l’industrie de la Construction: « Le  Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction ». Cette dernière façon de procéder est d’autant plus condamnable qu’elle ne donne pas lieu, contrairement à l’adoption d’une loi, à un débat parlementaire et à examen critique des médias.  

Il apparaît indiqué d’examiner maintenant  de manière plus approfondie chacun des deux exemples que nous avons mentionnés en nous servant uniquement de documents officiels.

 

1-«La représentation de la société » dans la fonction publique et les organismes publics.

 

1.1    Présentation sur le site du Conseil du Trésor

«Accès à l’égalité en emploi 1

Le gouvernement du Québec croit primordial de profiter de toute la richesse que peuvent apporter des gens de cultures différentes par leur travail au sein de la fonction publique québécoise. Les membres de groupes cibles peuvent en tout temps participer aux concours de recrutement de la fonction publique pour lesquels ils répondent aux conditions d’admission, en vue d’obtenir un emploi régulier ou occasionnel au sein d’un ministère ou d'un organisme. De plus, le gouvernement du Québec a mis en place des programmes et mesures d’accès à l’égalité en emploi.

Ces programmes et mesures visent à favoriser l’embauche des femmes, des membres de communautés culturelles (ne parlant ni anglais ni français ou ayant une peau de couleur), des autochtones, des anglophones et des personnes handicapées en vue de refléter encore davantage l’ensemble des composantes de la société québécoise»

Saviez-vous que...

Selon l’article 3 de la Loi sur la fonction publiqueLien externe., l’effectif des ministères et des organismes doit refléter la composition de la société québécoise.

 

1.2  Ce texte est une œuvre de propagande, une  tromperie éhontée

En effet, l’article 3 de  la Loi sur la fonction publique, (le chapitre F-3.1.1), se lit comme suit :

« 3. L'objet de la présente loi est de permettre l'accomplissement de cette mission. À cette fin, elle institue un mode d'organisation des ressources humaines destiné à favoriser:

 1° l'efficience de l'administration ainsi que l'utilisation et le développement des ressources humaines d'une façon optimale;

 2° l'exercice des pouvoirs de gestion des ressources humaines le plus près possible des personnes intéressées et l'application d'un régime selon lequel le fonctionnaire investi de ces pouvoirs de gestion doit en rendre compte, compte tenu des moyens mis à sa disposition;

 3° l'égalité d'accès de tous les citoyens à la fonction publique;

 4° l'impartialité et l'équité des décisions affectant les fonctionnaires;

5° la contribution optimale, au sein de la fonction publique, des diverses composantes de la société québécoise

 

Note.

--L’alinéa 5 est celui  qui paraît avoir un certain rapport  avec la notion de la représentativité de la Fonction publique. Cela dit, il est difficile d’assimiler la contribution optimale des diverses composantes de la société à une représentativité de la fonction publique si tant est que l’on n’a pas identifié ces composantes ni la capacité de ces dernières à satisfaire  aux autres exigences mentionnées aux alinéas 1, 2, 4, ni défini la situation optimale en l’occurrence. Bref, un écran de fumée

--Par contre, c’est en assurant un accès égal à la fonction publique de tous les citoyens que l’on peut faire en sorte que la fonction publique devienne éventuellement représentative de la société.

-- Or, en l’an 2000, cette Loi sur la Fonction publique a été  subordonnée, à certains égards, à une autre loi. Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans des organismes publics LAEEOP (chapitre A-2.01) qui stipule à l’article 1 ce qui suit :

«1. La présente loi institue un cadre particulier d'accès à l'égalité en emploi pour corriger la situation des personnes faisant partie de certains groupes victimes de discrimination en emploi, soit les femmes, les personnes handicapées au sens de la Loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale (chapitre E-20.1), les autochtones, les personnes qui font partie d'une minorité visible en raison de leur race ou de la couleur de leur peau et les personnes dont la langue maternelle n'est pas le français ou l'anglais et qui font partie d'un groupe autre que celui des autochtones et celui des personnes qui font partie d'une minorité visible.»

Note

-- Cette énumération des groupes victimes de discrimination est totalement ridicule. Certains handicaps empêchent les personnes qui en sont frappées d’occuper tout emploi. Ce n’est pas la  langue maternelle qui pose problème c’est le fait de ne pas parler la langue de la majorité des habitants  du pays  car cette personne est condamnée à vivre dans un ghetto Ce n’est pas parce qu’une personne a une peau de couleur brune ou noire qui pose problème puisque un haïtien, ayant grandi  et fait carrière au Québec  est devenu membre de l’Académie française. Tout immigrant qui s’acharne à conserver le mode vie, les habillements et les comportements du pays qu’il a quitté est très mal venu de se déclarer ensuite victime de discrimination. Considérer le Québécois anglophone comme une victime de discrimination est une insulte à l’intelligence pour quelqu’un qui a quelques notions de l’histoire du Canada. L’autochtone qui a choisi  de  mettre de côté son mode de vie ancestral peut devenir médecin; encore doit-il prendre les  moyens. Enfin, personne n’a encore réglé le problème que pose le cas d’une personne qui réunit plusieurs «composantes», comme une femme, handicapée, membre d’une communauté culturelle, visible, qui ne parle ni anglais ni français.  On préfère trouver çà drôle parce que l’on n’a pas le courage de dénoncer cette arnaque féministe.

-- Par ailleurs, si le sexe des personnes (homme– femme) est, en lui-même, une des «composantes de la société» qui fait que les deux éléments  méritent d’être représentés à égalité  et, pour celui qui est minoritaire, de  bénéficier d’un accès privilégié à l’emploi dans le secteur public, pour quelle raison  ne devrait-on pas tenir le même raisonnement avec d’autres composantes comme l’âge (les jeunes, les vieux), le lieu d’habitation (rural- urbain), le statut social (personnes aisées- pauvres) l’orientation sexuelle (homo- hétéro), le quotient intellectuel  (Qi entre 85 et 115 - les autres etc.) . Bien entendu, ces composantes s’ajoutent à la race, la religion et la langue  qui ont le petit inconvénient de ne pas être réductibles à une paire ? 

-- En bref, la Fonction publique doit desservir l’ensemble de population de manière optimale il est donc  tout à fait normal que ceux qui veulent y travailler puissent démontrer qu’ils se sont intégrés à la trame qui relie la majorité des citoyens dans la société concernée et comme il est impossible de d’aménager de manière convenable tous les éléments de représentativité qui devraient être considérés la seule véritable solution consiste à choisir les futurs fonctionnaires au mérite c’est-à-dire sur la base d’examens objectifs à la suite de concours ouverts à tous ceux qui possèdent les qualités requises par l’emploi visé..   «Une distinction, exclusion ou préférence fondée sur les aptitudes ou qualités requises par un emploi est réputé non discriminatoire. 2

-- Enfin, le fait de considérer les femmes comme un groupe victime de discrimination au Québec est encore plus surprenant. Il faut bien, à un moment donné, regarder les faits même si le lobby féministe et le gouvernement font manifestement beaucoup d’efforts pour ne pas en tenir compte.

 

1.2   Le groupe cible des femmes

a)    dans la Fonction publique

--Il est bon de rappeler que la LAEEOP, adoptée en 2000, faisait suite à diverses «mesures  administratives» prises aux  mêmes fins  au cours des années précédentes. En effet, il y a eu, notamment,  le Programme d’accès à l’égalité de la Fonction publique pour les femmes -1992- 1997- lequel établissait même des quotas ; un emploi sur deux devait être occupé par une femme3 --Dans un tel contexte, tout le discours sur le régime de mérite n’est qu’un discours dénué de sens. 

--Plus grave encore, Il était déjà clair, à ce moment-là, que la situation ne commandait pas  de telles mesures puisque l’égalité était  pratiquement atteinte.  Les femmes constituent le seul groupe cible pour lequel il y a estimation de sous-utilisation et des objectifs d'amélioration par corps d'emploi et niveau hiérarchique.

Depuis lors, la situation n’a fait que s’embellir pour les femmes. Ainsi, en 2013 elles occupaient 44% des postes de cadres.

Tableau 1

Pourcentage des postes réguliers occupés par des femmes  dans la Fonction publique du Québec 1964-2013

1964

1987

1995

2000

2004

2006

2009

2013

24,2%

37,0%

44,8%

49,5%

54,1%

55,6%

57,%

58,3%

A.Gélinas «L’égalité de fait entre les femmes et les hommes» p.318- et «La discrimination  positive» p. 183 4

Cette «égalité» ne soulèverait aucune discussion si elle avait été acquise au mérite et non par des privilèges comme ceux qu’accorde cette loi aux femmes. En effet, en vertu de cette loi, les femmes sont embauchées et promues de préférence aux hommes «à compétence égale» Or, ce dernier critère est une pure fumisterie quand on sait que les gestionnaires sont tenus de faire rapport annuellement quant à la présence accrue des femmes dans les divers postes et qu’ils sont eux-mêmes évalués notamment sur la base des progrès réalisée en matière d’égalité de fait entre les fermes et les hommes.

Inversement, la situation n’a fait que se détériorer pour les hommes. En effet, entre 1964 et 2006, les hommes ont acquis, dans la Fonction publique, 1,673 postes réguliers, et les femmes, 25 030. Entre 1980 et 2006 ils ont perdu 12 674 postes réguliers alors qu’elles en ont acquis 12 290.

Comme un gouvernement  péquiste social démocrate n’a aucune gêne à  soudoyer les clientèles électorales  il n’a pas hésité à établir des programmes d’accès à l’égalité en emploi pour les jeunes,  les personnes handicapées 5 …  

b) dans le secteur  parapublic

La situation est similaire dans le secteur parapublic c’est-dire, celui des établissements scolaires et établissements de la santé et des services sociaux. Dans le seul secteur de la Santé  les femmes occupaient 78.7 % des postes en 2005 et 79,5% en 2010, les deux seules années où l’on a publié des données sur l’effectif selon le sexe. En effet, après trois jours de recherche sur les sites du ministère de l’Éducation et du le Conseil du trésor il nous a été impossible de mettre la main sur cette information  élémentaire. Étant donné  que le secrétariat à la Condition féminine est en mesure de commander de multiples «analyses différenciées selon le sexe », nous avons le sentiment que c’est cet organisme qui s’oppose à la publication de ces chiffres pour la simple raison qu’ils démontreraient que les femmes sont très majoritaires dans le secteur parapublic, ce qui ne pourrait que faire disparaître la raison d’être du maintien de Loi  sur l’accès à l’égalité en emploi dans les organismes publics.

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Conclusion

  Quand on pense que tout ce beau monde bénéficie en plus des «ajustements d’équité salariale qui ont déjà coûté 8  milliards de dollars aux contribuables on commence à penser que la farce a assez duré. Mais non, elles se disent maintenant victimes de l’’austérité.   

  Manifestement, il n’y a pas de limite à la cupidité et à l’inconscience  du mouvement féministe québécois. Nous avons beaucoup de mal à reconnaître dans ces femmes d’aujourd’hui les descendantes de celles qui, avec les hommes du temps,  ont bâti, dans un milieu hostile,  une colonie qui a su se développer  de manière enviable.

  À ce jour, aucun député de quelque parti que ce soit n’a senti le besoin d’observer que d’après les données officielles il serait maintenant temps que le gouvernement pratique la discrimination positive, cette fois, en faveur des hommes  ou, à tout le moins, abolisse cette loi devenue inutile. Il semble que l’Assemblée nationale émascule les mâles qui s’y aventurent.

 Nous avons déjà publié, en 2003,  un texte énumérant les nombreuses failles à la fois théoriques et techniques de cette intervention étatique. Voir sur ce site : 

AEE-0  L'accès à l'égalité en : une ingénierie  sociale injustifiée et injuste avril 2003

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 Notes de référence

____

(1)http://www.tresor.gouv.qc.ca/ressources-humaines/acces-a-legalite-en-emploi/

(2)Tribunal des droits de la Personne  -no 500 -53-000264-030 11 sept.2008

(3) LE DÉFI DE L'ÉGALITÉ : DES COMPÉTENCES À UTILISER -PROGRAMME D'ACCÈS À L'ÉGALITÉ DE LA FONCTION PUBLIQUE  POUR LES FEMMES 1992-1997

Conseil du trésor SEPTEMBRE 1992

(4) Conseil du trésor. «L'effectif de la fonction publique du Québec», Rapports, 2000-2001, 2002-2003, 2003-2004, 2005-2006 www. tresor. gouv.qc.ca /  ressources humaines.

(5)Le 25 septembre 2002 le Président du Conseil du trésor a annoncé un programme d'accès à l'égalité en emploi visant à augmenter la présence des jeunes dans les ministères et organismes du gouvernement du Québec puis, le 25 février 2003, il annonça un programme visant le même objectif pour les membres des communautés culturelles, les autochtones et les anglophones et, enfin, un troisième programme pour les personnes handicapées

 

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2- «L’égalité entre les femmes et les hommes»  dans l’industrie de la construction. Le nouveau Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction (PAEF).m2P

 

2.1 Présentation par le ministre du Travail

Le  ministre Hamad, qui consacre des heures à faire la tournée des Cercles de fermières a

 

tout de même trouvé le temps de rédiger  une jolie présentation  pour le renouvellement du Programme PAEF. On observe que l’acronyme ne fait aucune mention de «l’industrie de la construction », ce qui compte donc, c’est l’accès à l’égalité des femmes.  

 

2.2  Une œuvre de propagande éhontée 

 

-- Pour l’occasion, le  ministre Hamad était accompagné  de Diane Lemieux, nommée en 2011 par Lise Thériault, alors ministre du Travail, Présidente de la Commission  de la construction, 1 et par Stéphanie Vallée, ministre de la Justice  et ministre responsable de la Condition féminine. On ne peut pas être plus clair. Pour le gouvernement  Couillard, la construction  est devenue une affaire de femmes. On ne verra jamais un homme diriger la Commission  de l’Équité salariale mais on n’a aucune gêne à nommer une femme pour régir une industrie qui, depuis des siècles, est un secteur d’activité presqu’exclusivement  masculin.  

-- Invoquer l’égalité entre les hommes et les femmes comme valeur fondamentale de la société québécoise  pour justifier  la mise en  place d’une autre mesure de discrimination en faveur des femmes relève de la duperie.  Souligner le besoin de renforcer l’exercice des droits pour contrer l’intimidation, le harcèlement et la discrimination est assez loufoque. Par cette menace  à peine déguisée  le gouvernement informe qu’il va discipliner les méchants hommes qui oseront protester contre des mesures qui vont avoir pour effet de leur enlever des emplois.   

--On se souvient que c’est un  gouvernement du Parti Québécois qui a eu la brillante idée de lancer un  tel programme il  y a presque 20 ans. De puis lors, bien installé, dans la structure étatique, le Conseil du statut de la femme peut ainsi  harceler périodiquement les gouvernements, comme sous le règne de Christiane Pelchat, 2 jusqu’à ce qu’ils donnent suite à ses revendications, même si elles ne font aucun sens.

--Ce n’est pas parce qu’une première tentative a échoué que le gouvernement a nécessairement compris qu’il ne lui revenait pas de pratiquer de l’ingénierie sociale dans le secteur de la construction pour favoriser l’accès des femmes qu’il n’avait a le faire dans le secteur des soins infirmiers pour favoriser l’accès des hommes.

 

2.3 Le PAEF et ses mesures de discrimination positive en faveur des femmes. e

Nous avons extrait, dans le PDF ci-dessous,   les éléments qui nous sont apparus  les plus  significatifs de ce document qui établit 3 cibles,  3 orientations, 11 objectifs et 40 mesures   .

 

 2.3.1 Des cibles modestes au départ mais…

  On note que cibles de pourcentages d’emplois occupés par des femmes sont modestes dans deux catégories,  3 % et moins. La situation est différente dans le cas de la troisième catégorie où la cible  se situe entre 10  et15%. Il faut se souvenir  que l‘on a vécu une situation analogue il y a plusieurs années  dans les secteurs public et parapublic, qu’aujourd’hui, les femmes y sont majoritaires  et que le  mouvement féministe s’oppose à l’abolition de la Loi sur l’accès l’égalité en emploi dans les organismes publics et, encore davantage, à  toute mesure de rééquilibrage par voie de discrimination positive en faveur des hommes. En d’autres termes,  la modestie des cibles au départ est un leurre  car il est clair que le gouvernement féministe compte bien utiliser  le mécanisme de reddition de comptes pour exercer des pressions sur les organismes gouvernementaux et les entreprises de construction  afin que les cibles soient rapidement dépassées.

 

2.3.2  Des mesures discriminatoires et culpabilisantes

  Nous devons souligner diverses mesures qui, si elles étaient adoptées, seraient outrageusement discriminatoires contre les hommes en ce qu’elles accordent aux femmes des privilèges qui vont à l’encontre de  la valeur égalité dont, pourtant, elles se réclament.

Manifestement,  les auteures  du document ont accordé que très peu de poids à la réaction normale d’opposition que devraient adopter tous les hommes à son égard. Ils vont réaliser que les  diverses exigences requises pour occuper ces emplois auxquelles ils se sont pliés ne s’appliquent pas ou de la même manière aux femmes …parce qu’elles sont des femmes.     

Voici les propositions en question

Mesure 4

---Priorité d’accès aux femmes pour les programmes d’études menant à des métiers ou occupations de la construction 

Mesure 14

--Émission de certificat de compétence aux diplômées sans avoir de confirmation  d’embauche par un employeur 

Mesure 16

Émission de certificat de compétence pour toutes les femmes non diplômées ayant une garantie d’emploi de 150 heures pendant deux ans,  qu’il y ait ou non ouverture de bassin

Mesure 20

--Modifier les règles sur le ratio  compagnons-apprentis

--Accorder la  mobilité provinciale pour toutes les femmes avec un certificat valide ou favoriser l’accès à un employeur préférentiel  pour les travailleuses  

Mesures 35

--Fournir des statistiques différenciées selon le sexe en  matière de harcèlement sexuel

 On imagine facilement l’usage qui sera fait de ces dernières «statistiques». Périodiquement, les médias feront état  d’affreux cas de harcèlement contre de pauvres ouvrières qui ne demandent rien d’autre que de pouvoir travailler en paix. Bien entendu, la dite ouvrière aura toujours le loisir de dire  NON après avoir enclenché le processus de séduction et  l’homme  sera toujours le bourreau et la femme, la victime. On va, ainsi, comme avec l’armée, réussir à convaincre plus d’hommes de choisir d’autres métiers pour faire place aux femmes.

.

2.4  Il est indifférent que les métiers de l’industrie de la construction aient permis à de nombreux garçons d’éviter le décrochage scolaire     

-- C’est un fait que depuis de nombreuses années le système scolaire québécois a  été incapable de mettre  un  frein au décrochage scolaire des garçons  qui demeure  nettement supérieur à celui des filles. Il est  aussi bien connu que les métiers de la construction  ont permis à de nombreux jeunes hommes justement de se développer de manière très utile pour la société, de fonder une famille  et de donner un essor à ce secteur névralgique du développement économique.  

--Personne ne sera surpris d’apprendre que la Fédération autonome de l’enseignement, sous la gouverne du mouvement féministe, réclame que les filles soient  également visées par toute mesure de lutte contre le décrochage scolaire  

«Québec doit cibler les filles dans sa lutte contre le décrochage-

«Depuis des années les efforts ont porté sur la lutte au décrochage des garçons – les filles  sont négligées …La scolarisation de la mère a un impact plus que majeur sur le parcours scolaire de ses enfants .Les conséquences sont plus dramatiques pour les filles, elles ont plus de difficulté à gagner leur vie.» 3

 

2.5. Il est indifférent  que le gouvernement Couillard  adopte le PAEF au moment même  où l’industrie de la construction entre dans une phase de contraction

  « L’APCHQ s’inquiète – «Baisse des mises en chantier » 4

On apprend, dans cet article, que les mises en chantier pourraient  passer  de 39 à 31 000  et que  cette situation coïncide avec la fin du programme d’aide à la rénovation (Loginov).

  En d’autres termes, il est bien évident que dans une telle conjoncture  l’entrée forcée  de femmes dans les divers  métiers de la construction ne pourra que s’opérer aux dépens des hommes qui sont actuellement à l’emploi ou qui remplissent toutes les conditions pour y accéder. L’église  féministe  n’a que faire de contraintes de la conjoncture, l’égalité  de fait entre les femmes  et les hommes est une valeur québécoise qui transcende les préoccupations économiques de la majorité  de la population.

 Mathieu Bock Côté a écrit un  texte  «La société des quotas» qui cadre bien avec  notre sujet. Il portait sur une autre revendication féministe du même genre;  soit  la représentation  des femmes à l’Assemblée nationale.5 Ses réflexions sont tout aussi pertinentes en ce qui concerne l’accès des femmes  à la fonction publique et à l’industrie de la construction. On reconnaît  le «modus operandi» féministe, toujours le même, comme on dit en technique policière.

 

2.6 Il est indifférent qu’avec ces attaques répétées contre la soi-disant domination masculine, le mouvement féministe  soit en  voie de réussir à détruire la cellule familiale.

  Le mouvement féministe a conclu il y a un bon moment que l’accès des femmes au marché du travail était le moyen le plus de sûr d’assurer «leur libération ».En conséquence, il fallait rejeter le modèle de la famille traditionnelle où l’homme est le pourvoyeur et implanter un  régime  de séparation  des biens entre les époux. Puis, le même mouvement féministe argua que le système économique, dirigé par les hommes, discriminait contre les femmes et que seul l’État par des mesures impératives favorables aux femmes (une discrimination, celle-là appelée «positive») était capable de réaliser une égalité de fait  entre les femmes et les hommes, cette égalité devenue, du même coup, une valeur proprement québécoise. Il ne restait plus qu’à étendre l’obligation de réaliser cette égalité de fait par un accès privilégié aux emplois dans tous les domaines de l’activité économique pour que la femme «se réalise» pleinement et s'épanouisse au bureau.

  Les gouvernements, soucieux  de se fidéliser l’électorat féminin, se sont livrés pieds et mains liés  aux pressions de ce lobby. Ils ont été incapables de mettre fin  aux privilèges accordés antérieurement alors que la situation avait changé radicalement, comme dans les secteurs public et parapublic.  Conscient de la veulerie gouvernementale le mouvement féministe était légitimé de poursuivre sa croisade vers un des rares châteaux forts masculins  qui restent, l’industrie de la construction.

  Pendant ce temps, personne n’a porté attention au fait que la société québécoise donne tous les signes d’une société qui est en voie de disparition malgré les quelques milliards que l’on consacre au gardiennage des quelques enfants des familles reconstituées.

Au Québec,  les taux de nuptialité, de natalité et de fécondité sont en baisse depuis des décennies alors que les taux de divortialité,  de personnes vivant seules et l’âge médian sont en hausse.6

Les taux stratégiques de survie des sociétés

Nuptialité

Natalité

Fécondité

Divortialité

Âge médian

Personnes seules

1960----7,0

1960---36,7

1960---3,85

1969----8, l

1961---24,

1981---8,4

2013----2,8

2014---14,6

2014 ---1,6

2008---49,9

2011---41.4

2011---16,5

 

  Il nous paraît aberrant de penser  qu’une société dans laquelle les femmes sont constamment en lutte  contre les hommes et non en collaboration  et en union avec eux puisse se développer. Il ne peut s’agir  que d’une société dirigée par des lesbiennes ou par des femmes  qui sont demeurées frustrées à la suite des rapports conjugaux insatisfaisants ou d'absence de tels rapports .

  Il nous paraît aberrant qu’aucun des gouvernements précédents  n’ait jugé utile de s’informer  de l’état de la condition masculine  au Québec alors qu’ils ont multiplié  les mesures de discrimination positive envers les femmes sans avoir jamais confronté les prémisses aux réalités vécues.  Ils auraient peut-être compris pourquoi la société québécoise est en voie de disparaître doucement et cesseraient d'être subjugués par celles qui s'amusent encore à bruler leurs  soutiens-gorge. 

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Notes

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(1) La ministre avait alors déclaré : «Reconnue pour son franc parler, ses qualités de gestionnaire, sa rigueur, sa droiture et sa capacité à manier l’art du compromis sans ne jamais céder à la compromission. Diane Lemieux possède toutes les qualités que je recherchais pour donner un nouveau souffle à cette organisation », a indiqué la ministre»

http://www.ccq.org/Nouvelles/2011/0125NouvellePDG.aspx?sc_lang=fr-CA&profil=GrandPublic

(2) sur ce site Fd'73 Christiane Pelchat a trouvé le moyen de faire encore parler d’elle

(3)  Le Journal de Québec  15 mai 2015 p.22 ^

(4) Journal de Québec  23 mai 2015 p.6 

(5) La société des quotas  Mathieu Bock Côté

«À demi-mot, le Directeur général des élections au Québec envisage l'instauration de quotas pour favoriser une meilleure représentation des femmes à l'Assemblée nationale et au gouvernement. Personne n'ose s'opposer ouvertement à cette mesure, car on risque alors de se faire traiter de sexiste et d'ennemi des femmes. Ou encore, de réactionnaire patriarcal et phallocrate. Alors chacun se tait et une idée comme celle-là devient médiatiquement dominante.

Il faut pourtant la prendre de front pour voir tout ce qu'elle implique. Elle repose, en quelque sorte, sur un préjugé poussiéreux, notre société vivrait sous la domination masculine. Le sexisme déterminerait encore les rapports sociaux et les femmes subiraient en politique une discrimination systémique. Il faudrait trouver des solutions radicales pour en arriver à une représentation égalitaire, la seule satisfaisante, avec 50% d'hommes et 50% de femmes à Québec. Voyons plus largement. On pousse à la fragmentation sociale et chaque minorité autoproclamée en vient à réclamer son morceau de la députation. On nous dira qu'il n'y a pas assez de représentants des communautés culturelles, des personnes handicapées, des professions manuelles, etc. Faudra-t-il réserver des quotas à chacun pour avoir une Assemblée représentative? Mais où cette logique s'arrêtera-t-elle? L'égalité à tout prix peut rendre fou

DISCRIMINATION POSITIVE

En fait, cette logique est déjà partout présente. C'est celle de la discrimination positive. Dans bien des entreprises, on précisera qu'à compétence égale on embauchera une personne issue d'une minorité victime. Mais c'est un leurre qui ne bluffe personne. Ce qu'on applique, c'est une politique de quotas pour s'assurer que l'entreprise représente bien dans ses employés les différentes catégories dont on s'imagine que la population est composée.

LA COMPÉTENCE D'ABORD

C'est l'individu qui en paie le prix. On lui nie ses qualités personnelles. On le réduit au statut de chair à quota. Surtout, on crée une société aussi injuste qu'invivable. Injuste, parce que l'individu qui n'appartient pas aux minorités victimes n'aura aucun privilège administratif ou professionnel. Il sera même désavantagé. Invivable, parce que chaque minorité se place en concurrence avec toutes les autres pour avoir sa part du butin. La société comme un tout disparait. Cette logique des quotas pousse au délire. On a récemment vu le verdict d'un procès annulé parce que la composition du jury ne s'y pliait pas .L'homme jugé était amérindien et il n'y avait aucun amérindien dans le jury La Cour d'appel de l'Ontario a décidé que ce dernier n'était pas assez représentatif pour être légitime. Doit-on désormais choisir les membres d'un jury selon leurs origines ethniques? J'en reviens à la politique. Ne devrait-on pas choisir son député selon ses compétences personnelles, selon ses mérites, plutôt que selon son sexe ou son origine ethnique? Je suis un homme et je suis souverainiste, et je préfère infiniment voter pour une femme qui a mes idées que pour un homme qui les combat. Qu'importe qu'un député soit homme ou femme. On veut un député compétent. C'est déjà assez difficile à trouver comme ça!»

Le Journal de Québec 14 octobre 2014 p.18

(6)http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/mariages-divorces/index.html

Personnes de 15 ans et plus vivant seules selon le groupe d'âge et le sexe, Québec, 1981-2011