ES-10 Surprise, le gouvernement veut payer par tempéraments (à crédit)  le $825 millions de l’équité salariale.  

Apparemment, la Loi sur l’équilibre budgétaire était la  seule contrainte à laquelle la Présidente du Conseil du trésor était soumise dans le règlement de l’équité salariale alors que sa marge de manœuvre était beaucoup plus réduite dans le cas des médecins spécialistes. C’est cette loi qui l’aurait forcée à étaler la remise des «ajustements salariaux» aux employées des secteurs public et parapublic en 8 versements sur 7 ans au lieu de 5 versements en 4 ans à raison d’un milliard $ par année récurrent. En somme, les $450 millions mis de côté à cette fin pour cette année étaient insuffisants, comme si l’équité salariale coûtait  tout à coup deux fois plus cher que prévu, une espèce de dépassement de coûts que l’on rencontre habituellement lorsque le gouvernement donne des contrats à l’entreprise privée. Ce qui fait que la Présidente du CT est obligée de payer à crédit la correction des horribles injustices du passé. Mais la Loi sur l’équilibre budgétaire ne visait-elle pas à cesser d’emprunter pour payer l’épicerie? Bien plus, cela fait plusieurs années que l’on sait que l’équité salariale féministe va totaliser environ $8 milliards au bout du compte (sans aucune justification valable) mais on agit comme on l’ignorait.

La Présidente du Conseil du trésor a bien tenté d’amadouer les syndicats en retirant les pénalités imposées aux 105 000 membres de la Fédération de la santé et des services sociaux mais  ces derniers se sont opposés à ce long étalement. Conséquemment, la Commission de l'équité salariale a été appelée à trancher le débat. Comme elle a déjà refusé à  4 entreprises privées sur 5 qui voulaient déborder le cadre de 5 ans la CES devrait être aussi rigoureuse dans le cas du gouvernement puisque lui ne peut pas faire faillite, du moins en principe.

 C'est une autre conséquence insensée de cette loi qu'un organisme dirigé par des personnes nommées a non seulement le pouvoir de réguler la rémunération d’une très large fraction des travailleurs québécois mais va  être appelé à déterminer le budget du gouvernement.

Qu'à cela ne tienne, rien ne doit  faire obstacle à l’application de la loi. C’est pourquoi la Présidente du CT a fait, le 21 août 2006, une demande officielle d’étalement auprès de la Commission de l’équité salariale «en invoquant que le $800 millions mettrait en péril la santé des finances publique » 1, Peu de temps après, elle étalait des «scénarios apocalyptiques» qui allaient se produire si la Commission n’accordait pas l’étalement demandé : augmentation de la TVQ de 1%, hausse des frais de garderies de $7 à $ 31 et mise à pied temporaire de 17 300 employés  (forcément des hommes), hausse de la dette affectant la cote. 2  Il est vraiment ironique que ce gouvernement menace le citoyen de lui faire payer cher sa propre impéritie après avoir brandi le spectre de la discrimination systémique historique pour justifier une mesure aussi déraisonnable.

Bien entendu les centrales n’ont pas tardé à dénoncer ce  «terrorisme comptable». 3. Le gouvernement a plein de fric il a économiser deux ans de salaires (des hommes) dans la dernière convention collective, Hydro-Québec a encaissé $800 millions pour la vente de sa participation dans un société chilienne – pour le syndicat « tout est dans tout ».

Puis, l’ineffable  Brigitte Breton reconnaît que la somme en jeu (1 milliard$) est considérable mais qu’elle «dénote aussi l’ampleur de l’injustice que doivent subir les 400 00 personnes qui occupent des «jobs de femmes» dans la fonction publique et dans les réseaux de la santé et de l’éducation »; elle voit dans la position gouvernementale un «air de chantage». 4

 C’est la même Brigitte Breton qui devant le désastre économique majeur que sont les fermetures successives de scieries (8 000 mises à pied)invite le gouvernement Charest à la prudence : « En d’autres termes, d’une brutale cruauté pour les régions affectées, la rationalisation et la consolidation sont incontournables. C’est ici que l’état doit jouer un rôle. Non en maintenant artificiellement en vie des emplois le temps d’une élection. Non en distribuant inconditionnellement des millions de dollars à des entreprises qui n’ont pas prévenu les coups lorsque l’industrie vivait une période plus faste etc. »6 

C’est la même Brigitte Breton, qui ayant  appris que le coût des garderies au trésor public serait de 1,7 milliard $ pour 200 000 enfants, en 2006, ($8 5000/ enfant) avait considéré que des améliorations supplémentaires devaient être apportées au réseau car il fallait  «assurer le développement et la stimulation des enfants de tous les milieux socio-économiques» 7.

L’explication de ce cette espèce de «deux poids deux mesures», d’inégalité de fait ? Les travailleurs forestiers sont des hommes, ils ne sont pas payés par le gouvernement (nos taxes), ils n’ont pas de sécurité d’emploi, ils n’ont pas de régime de retraite payé par le gouvernement, ils font vivre des familles.

C'est la même Brigitte Breton qui a écrit à propos du conflit avec les médecins spécialistes:« Si le Québec n'offre pas un cadre de travail  concurrentiel,les spécialistes iront travailler ailleurs au Canada.»7 Mme  Breton vient de découvrir l'existence du marché. Bien entendu, cette découverte ne s'applique pas aux «puéricultrices» parce qu'il n'est pas question qu'elles aillent travailler ailleurs au Canada; de toute manière notre gouvernement a décrété que c'est ici qu'elles doivent être les mieux payées.  

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(1) Le Soleil 23 août 2006 p..10 Les $825 millions récurrents sont devenus un trou de $1 milliard, un chiffre magique en matière féministe; les garderies, le fichier des armes à feu, etc.

(2) Le Soleil, 4 octobre 2006 p. 8

(3)) Le Soleil 5 octobre 2006 p. 4

(4)  Le Soleil 5 octobre  2006 p. 24

(5) Le Soleil 9 janvier 2007 p.35  «Québec aurait perdu 9,700 emplois  en 2006» 

(6) Le Soleil 12 octobre 2006 p. 26

(7) Le Soleil 5 décembre 2005 p.A-12

 (7) Le Soleil 24 décembre 2006 p. 26

 
 
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