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ES-43-2  L’équité salariale 

 :

(1) Nathalie Elgrably-Levy la dénonce en 2014,

(2) Nous l’avions fait dès 2002

(3) La Présidente du SFPQ l’invoque en mai 2014 pour se gratifier indûment

(4) Nous parions 100$ que le Premier ministre Couillard, malgré l’énorme déficit actuel n’aura pas le courage de mettre fin à cette arnaque féministe.

(5) Nous sommes confortés dans cette opinion par «une étude» de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) conduite par Oscar Calderon  et Jules Bélanger, deux autres roses bonbon qui s’ajoutent à une liste déjà impressionnante de Québécois dont le cerveau a été lessivé par la propagande féministe

(1) ElGrably-Levy, critique le Conseil du statut de la femme et le Secrétariat de la condition féminine, deux instances gouvernementales dédiées au féminisme, parce qu’ils n’ont aucune gêne à préconiser la discrimination positive (équité salariale, mixité paritaire de la direction des organisations) laquelle ne s’applique qu’aux  femmes et  jamais aux hommes, donc univoque.

Elle  écrit, récemment à propos de l’équité salariale : «Égalité à deux vitesses-on veut donc lutter contre la discrimination  avec des mesures vilement discriminatoires»1

«Ce que contient la Loi sur l'équité salariale est outrageusement inéquitable. On peut y lire que si la rémunération observée pour des emplois à prédominance féminine est inférieure à celle notée pour ceux à prédominance masculine de valeur comparable, la loi exige que des ajustements salariaux soient effectués pour les catégories féminines. En revanche, la loi n'exige pas d'ajustement dans l'éventualité où c'est la rémunération observée pour des emplois à prédominance masculine qui est inférieure (…) Et l'équité salariale sert à augmenter le salaire des femmes pour qu'il rejoigne celui des hommes, mais non l'inverse. On veut donc lutter contre la discrimination avec des mesures bassement discriminatoires, et l'on espère promouvoir l'équité avec une loi scandaleusement inéquitable!  Que veut donc réellement Québec et que cherchent les groupes comme le CSF et le SCF? Souhaitent-ils sincèrement créer une société dans laquelle tout le monde aurait les mêmes droits, indépendamment des caractéristiques personnelles de chacun? Ou bien s'abritent-ils derrière le principe d'égalité pour insidieusement renverser la balance du pouvoir en faveur des femmes? A en juger par leurs actions, la réponse est évidente! »

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Commentaires

-- Il faut rendre hommage à une femme qui a eu le courage de se dégager suffisamment de la «soeurerie»  pour observer que cette loi va à l’encontre du principe même de l’égalité entre les femmes et les hommes lequel est tellement précieux pour les féministes qu’elles vont jusqu’à se dénuder pour le faire respecter (!!!).Cependant, nous aurions souhaité qu’elle aille beaucoup plus loin  et rejette la justification de cette loi sur les plans économique, social et politique et demande son abolition. Nous devrons donc, à défaut, exposer à nouveau l’argumentation qui s’impose à ce sujet.

-- Inversement, il y a lieu des honnir toutes celles qui ont fait carrière, soit à développer le concept soit à s’en servir comme arme de chantage électoral et syndical. On pense, notamment, à Marie Thérèse Chicha, professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal qui tripatouilla les données sur l’écart salarial entre les femmes et les hommes pour justifier une intervention gouvernementale destinée à le corriger. On pense aussi à Monique Jérôme Forget, psychologue de formation, à qui Jean Charest  a accordé le poste de ministre des Finances, sans que personne ne souligne cette grave inadéquation. C’est à  ce titre que cette dernière a  scandaleusement gelé les salaires des hommes dans la Fonction publique de manière à accorder «des ajustements salariaux» aux femmes en vertu de la Loi sur l’équité salariale, comme par hasard, juste avant l’élection de 2007. Elle a été appuyée alors par Claudette Carbonneau, dirigeante syndicale, qui n’éprouvait aucune gêne à privilégier les travailleuses aux dépens des travailleurs.  Dans un  pays normal, une telle manœuvre aurait suscité de sérieux remous sociaux. Mais au Québec, pas une ride sur la mer matriarcale

La revue l’Actualité a consacré un de ses numéros à ces femmes et les a présentées comme étant les seules responsables de l’enrichissement des femmes grâce à la Loi sur l’équité salariale. Bien emmitouflées dans leurs nouveaux manteaux de  fourrure, elles prennent sans vergogne tout le mérite de l’opération.

Pourtant, il s’agit d’une autre fumisterie puisque les deux vrais responsables de cette arnaque sont deux premiers  ministres, qui ironiquement se targuaient d’être économistes. En effet, cette loi, dont le très important chapitre IX, a été présentée le15 mai 1996 et sanctionnée le 21 novembre 1996, sous Jacques Parizeau  (sept.1994 à janvier 1996) et la mise en vigueur  des autres articles a eu lieu en novembre 2001 sous Bernard Landry. À vrai dire, tous les chefs des partis politiques québécois- y compris Mario Dumont de l’ADQ- ont agi dans ce dossier comme de vulgaires gigolos. Ils ont préféré pratiquer les transferts inter-genres que les transferts intergénérationnels beaucoup moins rentables électoralement. 

Nous n’avons d’autre choix que de refaire le procès de cette soi-disant avancée du féminisme au Québec 

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(2) Nous avons dénoncé la Loi sur l’équité salariale dès 2002, un an  après sa mise en vigueur complète,  dans l’ouvrage «L’équité salariale et autres dérives du féminisme au Québec.»   Nous avons développé notre analyse dans un autre ouvrage «La discrimination positive ; privilèges aux femmes ; injustices envers les hommes » en  2008 3

Fidèles à leurs habitudes  ni les éditorialistes, ni les chroniqueurs, ni les universitaires dans les facultés de sciences sociales n’ont osé emboîter le pas de  crainte de représailles en s’opposant au discours dominant, politiquement correct, qui se nourrit de l’idéologie féministe depuis plus de quarante ans.  En somme, au Québec on a renoncé à débattre de sujets d’intérêt public tout simplement parce que le lobby féministe menace : les partis politiques de les combattre en période électorale; les médias de les discréditer de l’auditoire féminin; les universitaires de les dénoncer auprès de organismes subventionnaires. Bien sûr, cet aplavantrisme des hommes québécois est désastreux et certains poussent l’imbécilité jusqu’à s’insurger contre un soi-disant patriarcat. Il n’est pas étonnant de constater qu’au cours des  trente dernières années, les émissions d’affaires publiques sont disparues des ondes et qu’elles ont été remplacées par des  séances de potinages («talk shows»)  animés par des femmes ou leur équivalent. 

Nous sommes parfaitement conscients que les quelques quarante  textes que nous avons publiés rédigés sur l’équité salariale depuis 2004 et rendus accessibles  sur ce site par le truchement de   info@Hommed’aujourd’hui.ca  (voir le PDF ci-dessous) ont eu très peu d’impact.

Il commencerait à être temps que l’on reconnaisse que tout mouvement populaire, toute idéologie charrie des excès et qu’il est normal que le mouvement féministe ne fasse pas exception à cet égard

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(3) La Présidente du SFPQ invoque la Loi sur l’équité salariale en mai 2014 pour se gratifier indûment.

 Récemment, les médias révélaient une manœuvre très discutable que la Présidente  du SFPQ justifiait en se réclamant de la Loi sur l’équité salariale. En effet, le 14 mai, le Journal de Québec publiait la  nouvelle suivante :

«665,000 pour les patrons du SFPQ, ces augmentations découlent de la Loi sur l’équité salariale 4

«A l'aube de la prochaine négociation entre le gouvernement et ses employés, les leaders du Syndicat de la fonction publique du Québec s'accorderont demain matin de généreuses augmentations de salaire qui coûteront 665 000 $ à leur syndicat. La présidente du SFPQ, Lucie Martineau, verra son salaire annuel majoré de 87 991 $ à 100 826 $, un bond de 12 835 $.Le secrétaire général, Jacques Bouchard, verra son salaire annuel augmenter de 80 495 $ à 96 025 $, une majoration de 15 530 $, suivant un scénario contenu dans un document remis au Journal. Idem pour le trésorier, Yvan Brault. Au total, une trentaine d'employés (élus) du SFPQ bénéficieront de ces augmentations fondées sur le concept de la «relativité salariale» (et bénéficieront d’une augmentation de 10 000$) (…). Le SFPQ réunira 600 délégués en congrès extraordinaire demain matin à Québec pour statuer sur ces augmentations de salaire rétroactives à 2010. D'autres scénarios que celui exposé pourraient être soumis à la discussion. Ce remue-méninges syndical découle de la loi sur l'équité salariale qui visait à augmenter les salaires dans les emplois à prédominance féminine dans la fonction publique et parapublique. Le principe de la relativité salariale vise à ajuster les rémunérations dans les corps d'emploi qui n'ont pas bénéficié de l'équité salariale. Suivant le document obtenu par Le Journal, le SFPQ a l'obligation légale de se conformer à la relativité salariale. Deux opinions juridiques commandées par le Syndicat ont, semble-t-il, confirmé cette obligation. Le Secrétariat général du Syndicat a reçu des mises en demeure provenant de ses dirigeants qui réclament les augmentations salariales. Dans leurs missives qui avaient toutes le même libellé, les employés enjoignent à leur Syndicat de se livrer au même exercice de relativité salariale que celui effectué dans la fonction publique et de les rémunérer en conséquence. «Je vous mets en demeure de me payer les sommes qui me sont dues (...) A défaut de donner suite à la présente dans un délai de 30 jours, des procédures judiciaires pourront être intentées sans autre avis ni délai», écrivent les auteurs. Ces augmentations de salaire n'avaient pas été provisionnées au budget du SFPQ. Elles seront financées à même les cotisations des membres, dont le salaire moyen est de l'ordre de 45 000 $ par année.». À la suite de la réunion  de l’assemblée  syndicale et du battage médiatique, le montant total était réduit de 100.000$. Malgré cela, les dirigeants élus auront droit aux «rajustements» déjà mentionnés plus les 3 % d’augmentation de salaire accordés aux fonctionnaires par le gouvernement.  « La présidente était très  l’aise avec la décision. Le syndic a  un surplus de 3 millions pour payer la facture».5 

 

Commentaires

1- On a du mal à croire que les leaders syndicaux et les journalistes répandent des informations aussi erronées  à propos de l’équité salariale.

Il faut reconnaître que la réalité à décrire est complexe et que les diverses parties impliquées ont utilisé, à un  moment ou à un autre, un vocabulaire trompeur.

Nous allons donc tenter de rectifier la situation de diverses façons.

1.1 Premièrement, en situant «la relativité et l’équité salariale» dans leur contexte historique

Ces termes apparaissent pour la première fois dans la politique de rémunération instaurée par le  ministre de la Fonction  publique –Jean-Paul L’Allier- dès 1965.  Le gouvernement du Québec venait de décider que «La Reine pouvait négocier avec ses sujets », en l’occurrence les employés de la Fonction publique, (le secteur public), et, par extension, les  employés des établissements publics de santé et d’éducation bientôt nationalisés (le secteur parapublic). Cette politique était basée sur les quatre  concepts suivants :

-L’égalité salariale ou la parité salariale  

Les emplois identiques, c’est-à-dire, dont les responsabilités, les qualifications, les efforts requis et les conditions de travail  sont les mêmes, doivent recevoir une rémunération identique- «à travail égal, salaire égal» indépendamment du sexe ou de l’état civil des personnes

-L’équité ou la relativité salariale interne

Les taux de traitement des emplois identiques ou analogues dont les responsabilités, les qualifications, les efforts requis et les conditions de travail sont similaires doivent être harmonisés les uns par rapport aux autres à l’intérieur  des secteurs public  et parapublic et entre  ces derniers, indépendamment du sexe ou de l’état civil des personnes.  

-L’équité ou la relativité salariale externe

La rémunération des emplois dans les secteurs public et parapublic doit se situer à la moyenne de la rémunération observée au Québec pour des emplois identiques ou analogues (Politique de 1971). Selon ce principe l’État ne devait pas être, comme le demandaient les syndicats, le meilleur employeur –la «locomotive» de la rémunération au Québec-, mais un employeur moyen.

-Le maintien du pouvoir d’achat et participation à l’accroissement de la richesse collective

Les indices des prix à la consommation et de la productivité servent à déterminer la valeur des augmentations de salaires                               

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On observe donc que l’équité salariale, définie comme étant un  processus qui «visait à augmenter les salaires dans les emplois à prédominance féminine dans la fonction publique et parapublique», n’existait pas dans les années 1960-70 et que la relativité salariale (interne et externe) a donc précédé et non suivi cette «sorte» d’équité salariale. On note aussi qu’en 2014 l’on préjuge de la neutralité de ce processus en lui fixant comme objectif la hausse de la rémunération  des femmes. On souhaiterait aussi voir cette analyse de relativité interne qui accorde à la présidente élue d’un syndicat la rémunération d’un sous-ministre même si elle n’est pas soumise à une évaluation  du rendement. On comprend, enfin, que l’ajout de cette sorte d’équité salariale nous oblige à revoir l’ensemble de la formulation de la politique.

 

1.2. Deuxièmement, en proposant une nouvelle présentation de la politique gouvernementale de rémunération

a) -- L’objectif global de la politique salariale était une rémunération équitable pour tous les employés, c’est-à-dire, une rémunération juste, correcte, impartiale, raisonnable.

b) -- Le moyen d’atteindre cette rémunération équitable était :

--d’une part, la relativité salariale interne, c’est-dire, une méthode d’évaluation des emplois qui permettait de les comparer entre eux de manière à dégager ceux qui étaient identiques ou équivalents, donc pouvant commander une même rémunération.

Cette méthode identifie les quatre composantes fondamentales de l’emploi (soit les responsabilités, les qualifications, les efforts requis et les conditions de travail) lesquelles comprennent un certain nombre de critères pondérés selon le degré de complexité ou de difficulté. Chaque composante reçoit donc un nombre spécifique de points et l’addition  de tous les points des  composantes devient le  pointage global de l’emploi lequel est ensuite comparé à celui des autres emplois pour former une structure, une hiérarchie forcément en rapport avec l’importance des emplois. Généralement ces emplois sont regroupés en quatre grandes strates : professionnels, techniciens, employés de bureau et ouvriers, les cadres et la direction étant exclus.

--d’autre part, la relativité salariale externe, c’est–à-dire une comparaison du salaire moyen payé dans le secteur privé pour certains emplois comparables – appelés emplois repères- parce qu’ils se trouvaient, à la fois, dans le secteur privé et dans le secteur public (ex: ingénieurs). Le pointage de ces emplois repères permettait ensuite une comparaison avec les emplois absents dans le secteur privé (ex: agent de recherche socioéconomique). De sorte qu’en principe toute la structure pouvait être reliée au marché, le meilleur mécanisme d’allocation des ressources. Il va sans dire que dans la vraie vie la comparaison demeurait indicative puisque, notamment, la sécurité d’emploi -dont la valeur est certainement considérable même si elle n’a jamais été vraiment estimée- n’a pas de correspondant dans le secteur privé. Ce qui a sans doute justifié le gouvernement de s’en tenir au  taux moyen observé dans le secteur privé et, par la suite (en 1979), à la relativité interne pour la détermination des salaires dans les secteurs public et parapublic.

 

1.3 Troisièmement, en proposant  un nouveau lexique pour tenir compte de l’évolution qu’a connue la politique de rémunération du gouvernement  du Québec dans ce domaine. 

Nous avons vu qu’il a accepté dès les  années 60:

a)-- le principe l’égalité salariale selon lequel deux emplois identiques doivent recevoir le même salaire sans considération du sexe ou du statut de la personne

b)-- le principe de l’équité salariale selon lequel deux emplois similaires ou équivalents (non identiques), sans considération du sexe ou du statut de la personne, peuvent recevoir le même salaire 

Il reconnaîtra, en 1996, dans la Loi sur l’équité salariale.

c)--le principe de l’équité salariale selon lequel les emplois occupés par des femmes dans une catégorie d’emploi à majorité féminine peuvent recevoir le traitement le plus élevé que peut recevoir les hommes dans une catégorie d’emploi à majorité masculine- jamais l’inverse. En somme, on ne compare pas des emplois équivalents mais des catégories d’emploi «équivalentes» constituées «selon le genre» même si le marché n’a jamais établi d’emplois sur la base du sexe des personnes. Bref, nous avons affaire à une construction théorique édifiée par un groupe de pression et légitimée par de petits politiciens flagorneurs.

Mais ce n’est pas tout. Il faut savoir que  le Conseil du trésor, en l’absence de tout débat parlementaire et de toute législation l’y habilitant, avait déjà  reconnu, dans  l’entente de 1987 avec les syndicats, le principe de l’équité interne, concurremment et non de manière  prioritaire, avec l’équité salariale pour les emplois à prédominance féminine. Bien plus, le même Conseil du trésor, dans un document de 1998, créera une triple confusion, d’abord, en réunissant sous le vocable «relativité salariale» les principes b et c), deuxièmement, en réservant dorénavant le terme «équité salariale» pour désigner le principe c) alors que le principe b) devient celui de la «relativité interne» et, troisièmement, en faisant croire que les ajustements consentis aux infirmières et aux techniciennes de laboratoire en 1979 étaient des correctifs d’équité salariale consentis en vertu du principe c), donc en l’absence de toute législation l’autorisant.

Malgré toutes ces roueries du CT, le problème demeure de désigner correctement cette deuxième  forme d’équité salariale. Nous avons suggéré que la deuxième s’appelle l’équité salariale féministe puisqu’elle est strictement le produit de pressions du lobby féministe et d’une décision gouvernementale qui entérinait la théorie féministe  du fonctionnement de l’économie de marché, selon lequel ce régime discriminerait de manière séculaire et universelle contre les femmes ce qui expliquerait l’écart entre «le revenu» des hommes et celui des femmes, puis entre le «salaire» versé respectivement aux femmes et aux hommes. Or, non seulement cet écart s’explique-t-il par des facteurs objectifs 6 qui n’ont rien à voir avec une quelconque discrimination mais le mouvement féministe a réussi à faire accepter par les gouvernements Bourassa et Johnson qu’il n’avait pas à faire cette preuve, sous le prétexte fumeux que l’observateur ne peut s’observer lui-même.

Quand on a la foi, les faits et le raisonnement importent peu. Le gouvernement a préféré écraser «l’équité salariale interne» et réserver les ternes «équité salariale» pour les correctifs apportés aux  seules catégories féminines d’emploi. En fin de compte, le mouvement féministe s’est approprié l’équité salariale Le plus insensé est que les mêmes femmes profitent, à la fois, de tout correctif  «d’équité ou de relativité interne » et, en plus, des correctifs «d’équité salariale féministe». On n’est pas non plus surpris d’apprendre que de tous les groupes cibles, minoritaires, susceptibles d’être  victimes de discrimination salariale par l’économie de marché (les immigrants, les  jeunes,...) selon la Charte québécoise des droits et libertés, seules les femmes (majoritaires!) bénéficient de l’équité salariale et çà ne dérange pas du tout les féministes.   

 

1.4  Quatrièmement, en rejetant l’affirmation selon laquelle «la relativité salariale vise à ajuster les rémunérations dans les corps d'emploi qui n'ont pas bénéficié de l'équité salariale».

Elle inverse l’histoire. L’équité interne a précédé l’équité salariale féministe. Les augmentations de salaires obtenues par les infirmières et les techniciennes en 1979 l’ont été dans une démarche de relativité ou d’équité interne.

 

1.5  Cinquièmement, en dénonçant les nombreuses tares des mécanismes mis en place pour réaliser l’équité salariale féministe. Voici une liste non exhaustive :

- l’organisation du travail devrait, dorénavant, être  basée sur la ségrégation emplois selon des sexes

- l’économie de marché est maintenant corrigée par une loi, du moins en partie; ainsi dans les entreprises privées,  le salaire des femmes  est décroché du  marché mais pas celui des hommes

-  une catégorie féminine d’emploi peut être constituée d’un seul emploi

-- des écarts importants entre les pointages des emplois «équivalents» n’empêchent pas le versement d’un salaire identique

--le correctif se fait en fonction de l’échelon le plus élevé de la catégorie masculine équivalente et non de l’échelon moyen comme en Ontario

-- la loi québécoise sur l’équité salariale  est la plus chromée au Canada

--  elle s’applique même aux cadres (non supérieurs)

--  les comités consultatifs sont composés presqu’exclusivement de femmes etc. 7.

--- l’équité salariale provoque une spirale des salaires vers le haut dont les femmes sont les principales bénéficiaires

 

1.6 Sixièmement, en faisant observer que la  population est tenue dans l’ignorance du coût de l’équité salariale

Il est assez inconcevable qu’en 2014, les médias refusent d’informer la population à propos  des coûts d’une loi dont l’application a déjà coûté  8 milliards de dollars aux contribuables québécois, de 2001 à 2009 8 et qui doit se chiffrer, depuis lors, aux environs d’un milliard  $ par année dans les seuls secteurs public et parapublic. À cela, il faut  ajouter les coûts des  «ajustements salariaux» aux employés féminins imposés aux entreprises privés de 10 employés et plus  (80% de toutes les entreprises ont moins de 10 employés) par une bureaucratie triomphante 9. Toutefois, celle-ci refuse de rendre publique l’ampleur du fardeau supplémentaire que doivent supporter les entreprises québécoises par rapport à leur concurrentes des autres provinces et pays. Bien sûr, il y aura toujours un économiste pour déclarer  que l’équité salariale est souhaitable (comme les garderies à 7$)  parce que les femmes qui en bénéficient achètent davantage de biens de consommation (Civic rouge, soupers de sacoche...) et payent plus d’impôt. L’ennui c’est que l’on peut dire la même chose de presque toutes les dépenses publiques.

 

(4) Nous parions 100$ que le Premier ministre Couillard, malgré l’énorme déficit actuel ne mettra pas fin à cette arnaque féministe et n’abolira pas cette loi injuste, et néfaste.

Nous doutons aussi qu’un seul chroniqueur du Soleil et de la Presse ait l’audace de suggérer que l’équité salariale apparaisse dans la liste prioritaire de la révision des programmes .Nous assisterons donc à un  autre «show de boucane» comme le disent les éditorialistes chevronnés et désillusionnés.  

 

(5)Nous sommes confortés dans cette opinion par «une étude» de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) conduite par Oscar Calderon  et Jules Bélanger, deux autres roses bonbon qui s’ajoutent à une liste déjà impressionnante de Québécois dont le cerveau a été lessivé par la propagande féministe

 

«Les femmes devraient gagner plus que les hommes »

Les salaires des femmes québécoises ont largement rattrapé l'écart avec ceux des hommes depuis 1981. Par contre, la  gent féminine devrait gagner plus d'argent, ce qui n'est pas le cas. Les deux chercheurs ont publié, hier, une note sur l'évolution des salaires de 1981 à 2012 pour l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC). Le salaire des femmes québécoises ont largement rattrapé l’écart avec ceux des hommes depuis 1981.Il a monté de 16,8% à 21,20 $ l'heure pendant la période. Chez les hommes, la progression a été de 6,7 % à 23,40 $. L'écart qui dépasse 11% n'aurait pas sa raison d'être. L'IRÉC remarque notamment que près d'une femme sur trois qui travaille à temps plein (32%) a un diplôme universitaire, contre 23 % des hommes. Leur ancienneté est aussi plus longue. «Oui, un rattrapage s'est fait sur 30 ans, a souligné le chercheur Oscar Calderon. Mais de 1981 à 1997, il est dû aux caractéristiques [des travailleurs]. C'est seulement par la suite qu'il s'est fait par l'équité salariale.» M. Calderon considère «exacte» l'affirmation selon laquelle les employeurs n'accordent pas toujours la même considération aux femmes.

LE PUBLIC DÉSAVANTAGÉ  Des écarts existent aussi ailleurs. Dans le secteur public, les salaires ont augmenté de 4,8% à 26,71 $ l'heure de 1997 à 2012. En dehors des gouvernements, ils ont bondi de 12% à 21,74 $.En éliminant un écart de 30 points dans le pourcentage de diplômés —51% au public, 22 % au privé —, le fonctionnaire gagne 7,3 % en moins. Plus de la moitié de la différence est inexplicable, selon l'IRÉC. D'ailleurs, la prime d'un baccalauréat a reculé, passant de 29% en 1997 à 25 % en 2012. Celle d'une maîtrise est passée de 51% à 39 %.» 10

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Commentaires

 1-Il est intéressant de savoir que la Loi sur l’équité salariale a été adoptée par Jacques Parizeau, qui est le fondateur de l’IREC, un organisme sans but lucratif, et que cet institut décerne des prix (25 000$) annuellement en économie grâce à une subvention  de la Caisse de dépôt et placements, une autre créature de JP. Il est assez difficile de croire que des  chercheurs de l’IREC pourraient aller à l’encontre de la «politique éditoriale ».11

2- Les auteurs reconnaissent que «le rattrapage salarial des femmes s’est fait de 1981 à 1997 est dû aux caractéristiques des travailleurs  et que c’est seulement après 1997 qu’il est dû à la Loi sur l’équité salariale». Bien que ces «caractéristiques» ne soient pas identifiées on comprend, par ce qui suit, qu’il s’agit de la scolarité des individus  

Ce constat contredit donc de plein fouet la thèse féministe et la justification même de la Loi sur l’équité salariale puisque les femmes ont amélioré leur salaire simplement en acquérant une scolarité plus poussée et ce, sans cette législation de discrimination positive. Pourtant, Mme Chicha nous avait dit que, sans cette dernière, les femmes devraient attendre des années avant d'atteindre la parité salariale. Il était effectivement ridicule de soutenir que les femmes avaient été victimes d’une discrimination systémique séculaire dans une société qui, depuis plus d’un siècle  offrait les mêmes services d’instruction publique  aux filles et.aux garçons et dans une économie de marché où la concurrence entre les employeurs avait  réussi à déterminer les salaires des hommes de manière efficace.

3- Par ailleurs, en s’en tenant au seul facteur de la scolarité, pour réclamer une rémunération  plus élevée pour les femmes, les auteurs font preuve d’une ignorance crasse du dossier. Comme l’a démontré Marie Drolet dans une étude de qualité, publiée il y a un bon moment par  Statistique Canada, «Écart salarial entre hommes et femmes» 12  la scolarité et l’ancienneté ne sont que deux de la dizaine de facteurs à considérer dans cette matière. Ils semblent ne pas s’interroger non plus  sur la nature de cette scolarité. Il n’est pas évident qu’il y ait de nombreux preneurs  sur le marché pour des détentrices d’un doctorat en féminisme, sauf dans un département de l’UQAM et dans une chaire  à l’Université Laval.

4-  Curieusement, les mêmes «chercheurs» sont très à l'aise aujourd'hui pour réclamer une hausse de la rémunération des femmes parce qu'elles  ont une scolarité plus élevée que celle des hommes  sans noter que les femmes ont obtenu l'équité salariale alors que les hommes avaient une scolarité plus forte que celle des femmes. En somme, elles gagnent toujours. Ils ne s'insurgent pas  non plus du fait qu'encore actuellement les hommes ne puissent bénéficier de l’équité salariale lorsqu’ils se trouvent dans des catégories d’emploi masculines moins bien payées que des catégories féminines équivalentes.   

5- Enfin, les auteurs se contentent de souligner qu’il y a un écart salarial entre le secteur public et le secteur privé ; en fait sur le site de l’Institut on ne traite que de cet écart et non de celui qui se produit entre les femmes et les hommes 13 C’est comme s’ils ignoraient que les employés du secteur  public bénéficient d’avantages sociaux  supérieurs et d’une sécurité d’emploi qui n’existe pas dans le secteur privé. Ils ignorent aussi que, depuis les années 1960, le gouvernement est d’avis que l’État québécois ne doit pas, avec raison, être la locomotive des salaires comme le demandait Marcel Pépin,  le président de la CSN à l’époque.

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(1) Le Journal de Québec 18 mai 2014 p.16 «Égalité à deux vitesses»

(2) André Gélinas «L’équité salariale  et autres dérives et dommages collatéraux du féminisme au Québec» Les Éditions Varia, Montréal, 2002

(3) «La discrimination positive; privilèges aux femmes injustices envers les hommes » Copieexpress, Québec, 2008

(4)  «665,000  $ pour les patrons du SFPQ», Le Journal de Québec, 14 mai 2014 p.8

(5) «Cagnotte de 560,000$ pour les élus du SFPQ», Le Journal de Québec, 16 mai p.23

(6) voir note 2 p.42  et note 3 p.262, sv. p.527

(7)  A. Gélinas «La discrimination positive», chap. 5

(8) ibid chapitre 8

(9) La Commission de l’Équité salariale a développé neuf nouvelles capsules vidéo informatives. Ces nouvelles capsules traitent entre autres de la mission et des rôles de la Commission, des services et outils qu’elle rend disponible, ainsi que de divers autres sujets qui suscitent régulièrement le questionnement des salariés et des employeurs québécois en matière d’équité salariale http://www.sfpq.qc.ca/enjeux-politiques/equite-salariale/

(10) Le Journal de Québec 28 mai 2014 p.39

(11) «Des choix fondamentaux

C’est pourquoi, l’IRÉC s’inscrit dans l’espace public québécois en tant qu’un institut de recherche progressiste appelé à intervenir dans les débats, à produire et à diffuser des études rigoureuses en lien avec la promotion d’alternatives crédibles et bien ancrées dans la défense et la construction du modèle québécois. Ses choix fondamentaux sont clairs:

1-un engagement à soutenir et promouvoir une économie plurielle;

2-une reconnaissance de l’importance du rôle déterminant de l’État et des politiques publiques dans la structuration de tous les aspects du développement;

3-une adhésion aux valeurs de justice sociale et d’équité dans la production et le partage de la richesse

(12) http://www.statcan.gc.ca/pub/75-001-x/01201/4095957-fra.html

(13) 27 mai 2014
L'évolution des caractéristiques sociodémographiques et de la rémunération horaire de 1981 à 2012 Des évolutions contrastées
? L’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) publie aujourd'hui un rapport de recherche sur l'évolution des salaires de 1981 à 2012. Basée sur une méthodologie solide, l'étude fait des découvertes étonnantes et ouvre des perspectives de recherche. Dans un contexte de nouvelles compressions dans le secteur public, le portrait que dresse l'IRÉC introduit par exemple des nuances importantes. « Les salaires horaires moyens des employés des services publics québécois ont augmenté de 4,8 % entre 1997 et 2012. Sur la même période, les salaires horaires moyens des autres travailleurs ont crû de 12,1 %. Le rythme de croissance des salaires des autres travailleurs a donc augmenté à un rythme près de 2,5 fois la croissance des employés des services publics québécois », expliquent les chercheurs de l'IRÉC, Oscar Calderon et Jules Bélanger

Dans une  étude précédente le même Institut avait écrit :

 «Impacts des normes du travail sur l'équité salariale entre les femmes et les hommes : analyse empirique des provinces canadiennes entre 1997 et 2002

1-l’analyse des effets marginaux confirme cette conclusion. Les normes du travail ont un impact positif plus important sur la participation des femmes, entraînant un effet indirect négatif sur l’équité salariale. Tout de même, l’effet marginal net des normes du travail sur le salaire reste toujours positif. Nos résultats démontrent que l’effet différencié des normes sur les hommes et les femmes vient réduire de 17,3 % l’écart salarial entre les deux sexes.» http://www.irec.net/index.jsp?p=35