ID-20  La quérulence  du mouvement féministe – Prise II

 

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Récemment nous écrivions que le mouvement féministe souffre de quérulence. Comme pour en témoigner, Louise Langevin, titulaire de la Chaire  Claire Bonenfant  sur la Condition des femmes de l’Université Laval, publiait une analyse sous le tire «Internet et antiféminisme: le difficile équilibre entre la liberté d’expression et le droit des femmes à l’égalité (www.etduesfeministes.fss.ulaval). En fait, en termes clairs, Mme Langevin veut faire fermer 5 sites «masuclinistes», qualifiés de haineux, parce qu’ils éreintent le mouvement féministe. Elle s’interroge sur la possibilité de les poursuivre en justice. Quand on sait que les quelques individus qui défendent les intérêts des hommes n’ont tout simplement pas accès aux grands médias qui sont dominés par la doctrine féministe et que l’Internet  est leur seul moyen d’échange qu’ils animent d’ailleurs à leurs frais alors que les sites féministes sont subventionnés par l’État  ou les syndicats,  on ne peut s’empêcher de considérer que la manœuvre est mesquine, petite, en somme à la hauteur de ces  féministes impériales en crise d’autorité.  On notera encore que, fort courageusement, Mme Langevin ne nomme pas les sites en question  ce qui enlève logiquement toute crédibilité à l’exercice. Par contre, on doit être admiratif devant l’adhésion totale de cette université féministe aux préceptes de l’écologie puisque l’étude de Langevin, en 2009, recycle des analyses antérieures sur le même sujet par Christine Bard (1999), Pierrette Bouchard (2003), Francine Descarries (2005), Diane Lamoureux (2006), Renée Larochelle (2007). En somme, périodiquement, pour fouetter les troupes on sort le vieil épouvantail de la menace masculiniste comme le faisait Bush avec la menace terroriste.

1- La justification  et l’objet de l’analyse

P.3

«Compte tenu des effets potentiellement néfastes de ces sites sur les acquis des femmes, dans ce second article, nous abordons les moyens juridiques à la disposition des femmes et des groupes de femmes, au Canada et au Québec, pour se protéger contre le contenu haineux, discriminatoire ou diffamatoire de ces sites»

À cette fin, elle examine les dispositions du code criminel, la Charte canadienne et la Charte québécoise des droits ainsi que la jurisprudence  afférente

2. Les constats

 (a) - Le silence du Code criminel P.5

«L’article 319 du Code criminel est inutile pour enrayer la propagande haineuse dirigée contre les femmes en tant que femmes. En effet, il ne vise que la propagande haineuse fondée sur la couleur, la race, la religion, l'origine ethnique et l'orientation sexuelle 20 »

(b) Des propos haineux en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne? P.6

 «L’article 13 (1) L.C.D.P. propose un recours afin, entre autres, de faire fermer ou corriger des sites Web qui propageraient un discours susceptible d’exposer les femmes à la haine et à la discrimination. Mais encore faut-il que les propos soient haineux au sens où les tribunaux l’entendent. En vertu de l’article 13 (1) L.C.D.P.22, il est discriminatoire de recourir au téléphone ou à Internet 23 pour aborder ou faire aborder des questions susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable sur la base de la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial, la situation de famille, l’état de personne graciée ou la déficience.(…) » Toutefois, il semble que  La définition de la haine pose un problème. «Rappelons que les propos doivent être susceptibles d’exposer à la haine. La définition de la haine adoptée par les tribunaux canadiens a été élaborée dans un contexte de criminalisation de la haine raciale Dans l’arrêt Khaki c. Canadian Liberty Net 36, des propos haineux concernant les immigrants et les Juifs étaient en cause. Les immigrants étaient perçus comme des rebuts à la source du crime, de la corruption et de la violence, alors que les Juifs étaient perçus comme un groupe pervers, manipulateur et destructeur.

P.8-9

«Les sites analysés dans notre premier article 38 ne présentent-ils pas le même genre de discours à l’égard des femmes ? Comme nous l’avons vu, les cinq sites concernés tiennent les femmes responsables de tous les problèmes chez les jeunes (consommation de drogues, décrochage scolaire, suicide, etc.), du taux de divorce, de l’éclatement de la cellule familiale, du désespoir des hommes, etc. Ils proposent aussi une image très dégradante des féministes, des femmes et des mères, qui auraient pris le contrôle de la société. (…) Les sites traitent les femmes d’épithètes qui ne seraient pas tolérées envers des membres de minorités visibles. Peut-on qualifier impunément les féministes de « féminazistes » compte tenu de la portée de ce terme? Ne s’agit-il pas là d’un discours haineux?

Pourtant, «Selon les renseignements obtenus auprès de celle-ci, aucune plainte de ce genre n’aurait été déposée en date du printemps 2006».Les raisons selon Langevin : la peur de réactions  agressives des concepteurs des sites en question 43; le manque de ressources pour déposer de telles plaintes et préfèrent se concentrer sur d’autres priorités; ces sites antiféministes constituent un phénomène relativement nouveau. Elle ajoute « De représentants de la Commission canadienne des droits de la personne nous ont affirmé que les sites devaient tenir des propos du genre « toutes les femmes doivent être battues ou tuées » pour être considérés comme haineux. La Commission aura aussi à réfléchir à son interprétation des manifestations de la haine envers les femmes.»

--C--

Nous ignorons de quels sites précisément il est question mais, comme ces derniers sont censés être favorables à la famille traditionnelle, il est faux et ridicule de soutenir qu’ils tiennent les femmes responsables de tous les problèmes des hommes. Par contre, il fait plein de sens qu’ils s’en prennent aux féministes qui font constamment des pressions sur le gouvernement pour qu’il accorde des privilèges aux femmes sous le couvert d’une recherche de l’égalité de fait. Par ailleurs, ces mêmes féministes ne se sont-elles pas empressées de dénoncer le premier rapport gouvernemental (Rondeau) qui demandait simplement que le ministère se penche sur les problèmes spécifiques des sommes en matière de santé et services sociaux ? Les termes employés alors par Pierrette Bouchard à ce sujet n’étaient-ils pas diffamatoires et  haineux ? Si les sites féministes manquent de ressources que dire des sites masculinistes? Si les femmes ont d’autres priorités pourquoi vous acharnez-vous sur une question aussi secondaire ?

 

(c) Des propos discriminatoires et diffamatoires en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne? P. 10

«Même si les sites analysés s’en prennent aux avancées du féminisme, aux féministes et au système de justice, les femmes et leurs rôles dans la société demeurent leurs véritables cibles».

--C--

Il est  tout aussi ridicule d’affirmer que les critiques dirigées contre les féministes le sont contre toutes les femmes que de prétendre que les critiques dirigées contre les masculinistes ou les machos  le sont contre tous les hommes.

P.11

L’article 4 de la Charte québécoise, qui protège le droit à dignité, et l’article 10 de la Charte québécoise, qui garantit le droit à l’égalité, semblent plus prometteurs. Les propos seront considérés comme étant discriminatoires s’ils portent atteinte à la dignité humaine. (…) Selon la Cour suprême, la dignité humaine signifie qu’une personne ou un groupe ressent du respect et de l’estime de soi. (…) La dignité humaine est bafouée par le traitement injuste fondé sur des caractéristiques ou la situation personnelle qui n’ont rien à voir avec les besoins, les capacités ou les mérites de la personne. 50

Pourtant  «Il n’y a aucune décision rendue par le Tribunal des droits de la personne du Québec qui soit relative à des propos sexistes envers des femmes 54. Toutefois, la Cour supérieure a jugé que des  affirmations telles que « niochonne aux grosses boules » sont « des propos sexistes qui placent la femme au niveau d'un objet » 55. (…) : En fait, les propos visant Mme Chiasson sont sexistes, haineux, malicieux, non fondés, blessants et injurieux. Ils portent atteinte à la dignité, à l'honneur et à l'intégrité de l'être humain en général et de Mme Chiasson en particulier 56.

De nombreux propos et textes sur les sites Web analysés portent atteinte à la dignité des femmes et sont discriminatoires 57. En voici quelques exemples. Le site no 1 utilise les termes «féminazisme », « féminisphère », « Féministan » (rapprochement avec Afghanistan), «fémidictature ». Les termes suivants sont employés pour décrire les féministes : « Église du féminisme », « adeptes », « fanatiques religieux », « fémifanatiques », « disciples du fémisexisme»,  « les dames de l’ordre du poil frisé ». Ils affirment que le mouvement féministe  «offre toutes les apparences d’une secte assiégée et antagoniste envers ceux qui n’y adhèrent pas ». Selon eux, les féministes ont une « approche victimaire » et font de la propagande haineuse. Elles sont « cupides », « immatures », « condescendantes », « méprisantes », « imbéciles »; elles sont des « lesbiennes misandres », des « connasses »; elles recherchent la suprématie et visent à faire des hommes des esclaves; etc. Le féminisme est une « pourriture », une « catastrophe », une « supercherie » et constitue de la propagande haineuse. Ce site attaque aussi personnellement des femmes actives sur la scène publique par des photos d’elles les ridiculisant. Le site no 2 parle de mères perverses et incestueuses, d’une moisson d’imbéciles utiles, des tyranelles de bas étages, des fémi-sexistes sexuellement incontinentes.»

Cependant, les recours en vertu des articles 4 et 10 de la Charte québécoise s’adressent à une personne qui a été victime de propos dégradants et qui a subi un préjudice 58. Elle doit faire la preuve de la discrimination et du préjudice subi. Il faut donc qu’une personne ou un groupe de personnes soient clairement visés par les propos discriminatoires »

--C--  En somme, tout le monde se tire de la boue. En effet, nous donnons dans «L’Égalité de fait entre les femmes et les hommes » plusieurs exemples de phrases insultantes pour les hommes parues dans les ouvrages et sur les sites féministes. Pour le plaisir  rappelons :

Thérèse Clerc «Les hommes, comme les couples, qui seraient comme un kyste dans un milieu homogène ne sont pas admis.»  

Catherine MacKinnonTout rapport sexuel, même la sexualité consensuelle dans un mariage, est un acte de violence perpétrée par un homme contre une femme»  (Violence against women), Susan Marx, (Rape: The All American Crime) Merle Morgan « Et si le violeur professionnel doit être séparé du mâle hétérosexuel dominant moyen, cela ne peut être qu’une différence quantitative », (Magazine Melle).

Mais le plus comique c’est que l’expression «fémini-nazie», dont s’offusquent tellement  nos féministes d’ici,  provient  de madame Sue Edelman, alors ministre au parlement du Yukon pour les Questions féminines, la Santé et les Affaires sociales; « I don’t know when I started noticing that the mainstream women’s groups were disappearing and that the femini-nazis who have very narrow points of view about most issues, suddenly got the right to say that because I disagreed with them. Then I was no longer a feminist because I disagreed with their radical point of view, I no longer was interested in women’s equality. Edelman goes on to say that maybe feminism’s time has passed. Perhaps the feminism of my mother’s time that brought us is outdated

 http://www.fathers.ca/premier_weighs_minister's_offer.htm Le 16 mars 2002

 

(d) Conclusion

P. 14

«La synthèse de l’analyse de cinq sites Web démontre qu’ils ne visent pas tant la promotion des droits des pères et des hommes, comme l’affirment leurs concepteurs, mais plutôt le dénigrement du féminisme, des féministes et des femmes. (…) Ces sites sont aussi la preuve d’une certaine réussite du féminisme. Dans le contexte d’Internet, le droit offre peu de solutions pour faire respecter le droit à l’égalité des femmes comme collectivité et des groupes de femmes. Il semble que le droit à la liberté d’expression prenne le dessus. (…)

Le financement adéquat des groupes de femmes est nécessaire pour assurer leur présence sur le Web. Elles doivent aussi analyser le contenu des sites antiféministes et porter plainte auprès de la Commission des droits de la personne du Québec s’ils véhiculent des propos discriminatoires envers un groupe de femmes ou envers une femme personnellement. Un organisme de surveillance de sites haineux à l’égard des femmes devrait être mis sur pied 75 et élaborer des indicateurs de la haine envers les femmes. De plus, les revendications féministes doivent être sur la place publique afin de sensibiliser la population et les gouvernements aux inégalités persistantes que vivent les femmes 76

--C—Si nous avons bien compris le cadre juridique actuel ne permet pas de poursuites tout simplement parce que les sites masculinistes n’ont rien dit qui justifie un recours en justice Tout compte fait cette recherche subventionnée ne visait qu’à justifier la création d’un autre organisme qui, lui aussi, sera indubitablement subventionné par le gouvernement Charest (la cravate rose) pour surveiller les méchants sites masculinistes. Et qui va surveiller les méchants sites féministes ?