L'égalité de fait entre certains groupes qui composent la société, notamment entre les femmes et les hommes ; une utopie et une fumisterie

I- Les notions de base  

 

 

 HOMME

D'AUJOURD'HUI

accueil

 

Table des matières 1

 Introduction 

 

(i) Notre choix terminologique

Il nous paraît indiqué d'expliquer dès le départ  le  titre  du présent document

Une fumisterie est, à votre goût, une mystification, une argutie ou une faribole, en somme, quelque chose de pas sérieux. L’ennui est que la fumisterie est délibérée et peut servir à masquer un objectif que l’on préfère ne pas révéler.

Une utopie est un projet imaginaire et illusoire (Larousse).

Certains pourraient être outrés de ce que nous présentions le précepte comme une utopie alors que l’Égalité entre les femmes et les hommes  a été érigée récemment au rang des valeurs fondamentales de la société québécoise. Pourtant,  l’histoire des idéologies et des religions nous apprend que l’utopie est un excellent instrument de mobilisation et de contrôle des peuples et des individus. À la différence de ces instruments, on a beau ne pas croire à un Plan d’action gouvernemental on en subit quand même les conséquences. La construction d’une utopie n’est pas innocente ; plus elle est  répandue  plus elle a des chances d’être prise au sérieux, plus elle renforce la position de celui qui la soutient.

Nous  n'avons pas utilisé le terme dystopie qui relate  une histoire ayant lieu dans une société imaginaire difficile ou impossible à vivre, pleine de défauts, et dont le modèle ne doit pas être imité.»  tout simplement  parce que  la société québécoise est bien réelle.  

 

(ii) L’origine du concept

L'idée d'instaurer une égalité de fait entre certains groupes qui composent la société, principalement entre le femmes et les hommes tire son origine d'une publication, en 2004, par le Conseil du statut de la femme, d'un  Avis  intitulé «De l'égalité de droits à l'égalité de fait : repenser les stratégies et élargir la perspective» qui est on ne peut plus clair à cet égard.2 Cet Avis sera d’ailleurs suivi d’une Politique (2007-11) et de Plans d’action (2007-10 et 2011-15) , dune autre consultation en  2015- et ,enfin,  d'une Stratégie  en 2017,un document (dont la page couverture apparaît ci-dessous) qui  contient,  malheureusement, des ambigüités qui sont totalement injustifiables de la part d'une instance gouvernementale  qui font en sorte que ce document  ne peut être rangé  que dans la catégorie des tracts de propagande  dans le cadre d'une élection prochaine . En effet, le titre du  document indique qu'il y est question de l'égalité (en général) entre les femmes et les hommes. Toutefois, le Premier ministre souligne que la stratégie en question vise à établir l'égalité de fait  entre les femmes et les hommes alors que la ministre souligne l'attachement profond du gouvernement  à l'atteinte de l'égalité de droit comme si cela n'avait pas été déjà fait en 1964 pour ensuite déclarer que le gouvernement entend poser des gestes concrets qui contribueront à l'atteinte de l'égalité de fait . Bref, nous avons une stratégie du gouvernement pour établir une égalité de fait entre les femmes et les hommes  et non entre les femmes ni entre les hommes, ni entre  les tous les humains sans égard à leur sexe. En somme, du socialisme sexiste, Effectivement, ce document ne se préoccupe en aucune façon de l'égalité de fait entre les autres groupes qui sont pourtant censés être aussi  victimes de discrimination, notamment d'après l'article 1 de la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi.

Ce Conseil du statut de la femme a  ainsi trouvé le moyen  de conditionner, à ses fins, l'agenda des formations politiques qui se succèdent à la tête du gouvernement.

Nous croyons que l'atteinte de l'égalité de fait entre les femmes et les hommes  est un objectif utopique et que sa réalisation ne peut être conduite qu'au prix d'une remarquable fumisterie. Nous sommes convaincus que le Conseil du statut de la femme en est pleinement conscient mais qu'il ne renoncera pas à un tel objectif, tout  aussi inatteignable qu'il soit , tout simplement parce qu'il assure la pérennité de cet organisme.

 

1. Les notions de base .

Avant d’aller plus loin, il importe de clarifier les divers concepts en cause en les cadrant dans un bref rappel historique . En effet,  certaines personnes s’ingénient à confondre, d’une part, l’Égalité en général entre les Hommes, plus précisément entre les individus, l’égalité de droit entre les individus, l'égalité de fait entre les individus  et, d’autre part, l’égalité  en général  entre les femmes et les hommes, l’égalité de droit entre les femmes et les hommes et l’égalité de fait entre les femmes et les hommes.  Or, il s’agit bien de six  concepts et de six réalités très différentes. 

On doit commencer pas s'entendre sur la signification des mots que l'on utilise, au départ sur la définition de l'égalité.

 

1.1  La définition de l'égalité  et le processus qui doit en vérifier l'existence

--La définition

 L'égalité est «Le rapport de mesure(s) semblable(s) constaté entre deux éléments distincts, en fonction d'une ou plusieurs propriétés. Cette signification semble se préciser au XVe siècle, : L'égalité est la « relation entre deux choses ne présentant aucune différence de grandeur, ni de qualité » 3..

--Le processus de vérification de l'égalité  Il va dépendre de la  nature de l'égalité qui est concernée, l'égalité de  droit ou l'égalité de fait

---La vérification d'une situation d''égalité de droit est assez simple puisqu'il n'y a qu'un plan d'analyse et qu'il s'agit de consulter les textes de lois qui ont rapport  au sujet concerné,  aux groupes concernés . Cependant, il faut aussi consulter les jugements rendus par les tribunaux sur le même sujet et la jurisprudence  n'est pas nécessairement toujours très limpide

--La vérification d'un situation d'égalité de fait est de beaucoup plus complexe. Il faut préciser le plan d'analyse  ( social, économique...) mais également le domaine d'activités qui est concerné ( ex: éducation, emploi, loisirs ...) En second lieu  il faut préciser l'identité des éléments,  des groupes  dont on veut savoir s'ils sont égaux. Il faut, en troisième deuxième lieu,  préciser la nature de l'indicateur de l'égalité ou de l'inégalité de fait que l'on a retenu et son degré d'acceptabilité.   Enfin, , on devrait déterminer la nature des actions à prendre une fois que l'on a statué que l'égalité a été atteinte.      

 

2.Les entités ou les groupes comparés -

On l'a déjà noté,  l’égalité «en général»  entre les hommes et les femmes n'est pas du tout synonyme de l'égalité de droit entre tous les individus – c’est-à-dire l’égalité entre les Hommes- comme le laissent entendre les féministes . Il s’agit, bien sûr, d’une ruse car elles savent très bien que :

a) l’égalité «en général» entre tous les individus  les êtres humains  et l’égalité entre les hommes et les femmes sont deux choses différentes .Dans le premier cas, on traite du genre humain par opposition au genre animal ou végétal. Dans le second, on oppose le genre masculin au genre féminin à l'intérieur du genre humain. Il est vrai qu'une frange du mouvement féministe en est venue à nier l'existence de différences attribuables au sexe. Toutefois, les mêmes personnes n'ont pu s'empêcher,  à un autre moment, de vanter les vertus féminines pour justifier que les femmes soient rangées au même niveau de celui des hommes, justifiant ainsi l'égalité recherchée;

b) le fait qu'il existe, en Occident généralement, une égalité de droit entre les femmes et les hommes ne signifie pas qu'il doit en découler une égalité de fait entre les femmes et les hommes pour la simple raison que, dans les faits, les hommes ne sont pas plus égaux entre eux que les femmes sont égales entre elles, peu importe le plan d'analyse retenu, politique, intellectuel ,économique, physique, artistique ou social. Il y a eu un Charles de Gaule, un Einstein, un John D. Rockefeller,  un Louis Cyr, un Amadeus Mozart, un Victor Hugo, un Vincent de Paul et  une Elizabeth Thatcher,  une  Marie Curie, une Liliane Betancourt , une Simone de Beauvoir  une Thérèse de Lisieux;

Nous avons donc affaire ,en réalité , à six  concepts et à six réalités très différentes. : les hommes, les femmes, les individus  chaque groupe examiné sur le plan de l'égalité de droit et  sur le plan de l'égalité de fait.

c) plus récemment certaines féministes, conscientes des nombreux obstacles qui se dressent en pratique contre l'atteinte de l'égalité de fait entre les femmes er les hommes ont transformée subrepticement cet objectif  en celui de «l'accès à l'égalité», ou encore, en celui de «l'égalité d'accès», apparemment plus modestes .  On conviendra, que l'on vient d'ajouter deux nouveaux concepts  dans une problématique qui ne manque pas déjà pas de complexité   En effet, il faut encore prendre en compte d'autres dimensions .

d)  les femmes et les hommes ne sont pas les seuls groupes présents dans une société . Trois questions

En fait, ces hommes et femmes sont souvent regroupés en fonction de la  langue qu'ils parlent, de l'ethnie à laquelle ils appartiennent, de leur principale occupation, de leur âge, de leur scolarité , de leur condition sociale, de la couleur de leur peau, etc.    Les guerres «internationales » ont bien démontré que le regroupement par genre est  moins crucial.

-i-Conséquemment la question  se pose  de savoir si l'égalité de fait  que l'on recherche  entre  les femmes et les hommes doit se réaliser sur la base ou indépendamment de ces autres marqueurs,; ,par exemple, entre  toutes les femmes, agentes de bureau, à peau blanche, âgées de 25 ans, possédant un DES,  et tous les hommes, agents de bureau, à peau blanche etc...

-ii- Une autre question est de savoir si l'on doit se préoccuper d'abord de l'égalité entre les personnes ,hommes comme femmes, qui parlent une langue spécifique par rapport aux personnes qui parlent une autre langue , ou entre les personnes  qui ont une couleur de peau par rapport à celles qui en ont une autre  etc... 

-iii-Enfin, on doit se demander  qui décide de la priorité que l'on doit  accorder à -i -ou à -ii -. Bien sûr la réponse est le gouvernement mais après qu'il ait ou non  obtenu l'accord de la population  à des propositions spécifiques ?.

 

3. L’égalité entre les individus   et la discrimination . Un  peu d'histoire

--Pour certains, une situation d’inégalité entre les individus et même entre certains  groupes qui composent les sociétés constitue une preuve de l’existence d’une discrimination. Pourtant, on doit bien accepter d'une part, que toute organisation implique l'existence d'une hiérarchie, donc des paliers, des inégalités  et, d'autre part, qu'une société est une organisation.  

-- Observons à cet égard, d'abord que dans l’Antiquité,  les hommes étaient  inégaux en droit dépendant de  leur statut social hérité à leur naissance car ils pouvaient être nés esclaves ou citoyens, patriciens ou plébéiens puis au Moyen Âge, sacerdotaux, nobles (grands ou petits seigneurs) ou pauvres, sous le monarque absolu, nobles ou serfs.   

--Aux XVI et au XVIII siècle, les régimes monarchiques ont constitué le fondement de l'organisation politique en assurant la dominance d'une religion, d'une ethnie, d'une couleur de peau, et d’une langue. En Occident, la concurrence entre ces monarques  anglais, espagnols, allemands,  italiens et français  a conduit à la  «colonisation»des continents  américain,  africain et même asiatique .

-- Le développement de la navigation maritime et du commerce à l’échelle continentale et intercontinentale, de la technologie et  de la science, de l'agriculture et de l’industrialisation ont complexifié cette organisation sociale en introduisant les bourgeois et entrepreneurs mais des décideurs dont l' importance n'avait aucun rapport avec leur statut  social à la naissance

----Au XIX, à leur libération de leur statut de colonies certains nouveaux États sont devenus bi-ethniques et  bilingues ou même tri-ethniques  et trilingues, et ont opté pour une organisation décentralisée (fédérale ou confédérale)au lieu de l'organisation unitaire..  Puis, après deux conflits armés mondiaux entre des États nationaux qui ont entraîné la mort de millions de personnes, les gouvernements ont institué des institutions internationales chargées de favoriser des rapports de paix entre les États nationaux (ONU, Conseil de sécurité ) de même que l'essor de l'éducation, de  la science et de la culture (UNESCO) en tant qu'instruments  privilégiés de développement. Parallèlement, on a assisté à la formation d'alliances économiques et militaires en deux clans, l'occidental et l'oriental, encore très présentes dans les années 2000 . Ces alliances ont été administrées par des organisations qui , en Occident, en sont venues à réduire de manière significative la capacité d'agir des états nationaux au point où certains d'entre eux (l'Angleterre)  ont cherché à s'en dissocier alors que d'autres, (les États-Unis), remettaient en cause l'existence même d'accords commerciaux .

--En d'autres termes,  la constitution d'États nationaux a certainement réduit , sur le plan global, le

nombre de confits entre les diverses nations en permettant aux nations gagnantes de  règlementer à leur guise les rapports entre les individus sur leur propre territoire et de protéger  le maintien de  leur «identité «culturelle» notamment  contre des «étrangers» qui voudraient s'établir dans un tel État  tout en  cherchant à imposer leur propre identité culturelle.  Au cours des dernières années, les  vagues successives d'immigrants musulmans, fermement décidés à propager leurs croyances dans les pays  européens, ont mis à mal la tolérance des sociétés d'accueil devant leur refus de s'intégrer.

 

4. L’égalité de droit entre les individus . Rétrospective québécoise

-- La Révolution française de 1789  a  mis fin au régime féodal et proclamé  « la liberté, l’égalité et la fraternité» dans la nouvelle république démocratique tout en affirmant la séparation du pouvoir civil de l’État  de celui de l’Église.

--Cet exemple a certainement eu un grand impact  en Europe. Cela dit il faut rappeler que la Révolution  a été suivie d’un régime impérial. De plus, ce n’est qu’en 1948 que sera  adoptée   la Déclaration universelle des droits de l’homme par les Nations-Unies qui, elle, affirme  à son Article premier : «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité».

-- Dans un grand nombre de pays, les femmes n’’acquerront cette égalité juridique que bien longtemps après cette date. Au  Québec ce sera en 1964.Pour tout dire, la nécessité de favoriser les familles  nombreuses dans une société rurale agricole et le caractère sacré du mariage ont fait en sorte qu'il était primordial d'assurer à la mère un foyer sécuritaire. Les deux guerres mondiales ont modifié considérablement ce contexte en forçant les femmes à remplacer, sur le marché du travail,  les hommes qui étaient au front. Elles devaient nécessairement avoir le droit de contracter par elles-mêmes. Il n'empêche que ce sont des hommes, très fortement majoritaires à la direction des gouvernements, qui ont réalisé cette réforme  établi cette égalité  et une vingtaine d'années n'est pas une période de temps si exagérée  quand  on  mesure  l'importance du changement opéré et quand on observe  qu'aujourd'hui  cette égalité n'est pas encore atteinte dans plusieurs pays .

--- De plus, il faut  bien considérer que l'adoption,  en 1976, de  la  «Charte des droits et libertés», une loi  de «nature constitutionnelle» établit l’égalité de droit entre tous les individus, et non seulement entre les hommes et les femmes .

«Considérant que tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité et ont droit à une égale protection de la loi;

10. Toute personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap. Motif de discrimination. Il y a discrimination lorsqu'une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit.»

 

--  Il ne faut pas penser que  cette Charte fait disparaitre, pour autant, toute inégalité de droit, toute limitation  ou différenciation  des droits et même toute discrimination entre les individus. En fait, on observe  que certains individus ne peuvent pas plus poser  certains actes, pour des raisons qui font plein de sens : les personnes âgées de moins de 18 ans ne peuvent, notamment, se marier ni léguer leurs biens  par testament; les immigrants, non encore reçus citoyens, ne peuvent voter et ne peuvent exiger d’être servis dans une langue autre que celle de la société d’accueil, les personnes séniles sont inaptes à gérer leurs biens. Certaines exclusions, préférences, distinctions sont même autorisées comme la pratique d’une  religion, ou l’appartenance à une ethnie  dans une institution civile fondée sur ces caractéristiques et comme la prise en compte de l’état de santé d’un  individu dans les contrats d’assurance (art. 20 et 20.1).

--On comprend que l'on ne peut pas empêcher quelqu'un de bénéficier de droits accordés à tous en raison d'une distinction, exclusion ou préférence basée sur les caractéristiques mentionnées et que cette distinction, exclusion ou  préférence doit être inscrite dans une loi spéciale et avalisée par une modification de la Charte. On observe toutefois que diverses communautés, potentiellement victimes de discrimination notamment dans les grandes villes,  se regroupent dans des quartiers spécifiques et, d'une certaine façon, retardent leur intégration à la majorité et une application effective de l' égalité de droit.  

--Bref, bien qu’il soit assez simple de proclamer l’égalité de droit entre les individus  on se rend bien compte qu’elle demeure relative et que l’on doit, malgré tout, accepter des cas d’exception. Nous allons voir qu’un gouvernement peut même pratiquer «légalement» ce que l’on appelle de la «discrimination positive» laquelle  accorde un privilège en faveur  de certains groupes de manière, dit-on, à contrer la discrimination  dont ils sont censés être l'objet. 

 

5. L’égalité de droit entre les membres de divers  groupes qui ont des caractéristiques identiques.

On aura remarqué que les articles de la Charte des droits sont ainsi rédigés qu’en assurant la protection des droits individuels ils assurent du même coup la protection  de groupes  d’individus qui possèdent en commun  diverses caractéristiques personnelles identiques; on parle des hommes et des femmes, des personnes qui ont la peau blanche, noire ou brune, des locuteurs de diverses langues  etc.   Donc , en principe, tous les hommes doivent être traités comme les femmes, toutes les peaux blanches comme les peaux noires, et inversement ,sauf dans «les cas de discrimination positive » lesquels peuvent, théoriquement  privilégier autant les hommes que les femmes.  Toutefois, comme il s'agit d'une charte des droits individuels le recours judiciaire ne peut être intenté que par un individu et non par un groupe.

 

6. L’égalité de fait entre les individus

- À la différence, l’égalité de fait  est une réalité  beaucoup plus  complexe à cerner et, a fortiori, à atteindre. Encore une fois, on convient aisément que, tous, tant que nous ne sommes, ne sont pas nés égaux dans les faits  si nous nous comparons sur la base de divers critères que sont les qualités personnelles comme l’intelligence, la force et l’habilité physique, la beauté, la sensibilité ou sur la base des conditions de vie. Cette inégalité de fait est un des principaux moteurs qui poussent les individus à améliorer leurs  capacités  de penser et d’agir, et leur condition sociale. Bien plus, il est clair que, malgré des efforts consentis sur l’un ou l’autre de ces plans, des écarts  seront toujours perceptibles par rapport à d’autres individus et ce, dépendant des personnes qui sont appelées à évaluer les individus et des divers domaines dans lesquels les comparaisons sont établies.  Donc, dans la réalité, l’inégalité de fait entre les individus est la règle et ils s’en accommodent ou tentent de l’atténuer à leur avantage dans la mesure du possible .

-- On note que ceux qui prônent l'égalité de fait   doivent inventer des catégories assez larges pour englober un nombre  important d'individus (ex; les personnes à peau autre que blanche) mais du même coup ils masquent des différences significatives à l' intérieur de cette grande catégorie .

--Bien entendu, il serait plutôt léger de s’en tenir là  et on peut avoir le sentiment que, dans la société, certains individus possédant les mêmes caractéristiques personnelles – en somme des groupes- sont, effectivement,, moins bien traités que d’autres groupes de manière persistante  à cause de ces caractéristiques et sont ainsi discriminés malgré l’égalité de droit  et qu’il revient à l’État de corriger «activement» cette situation.

                                                                                                            

7. L’instauration  d’une égalité de fait entre certains  groupes par l’effet de  la loi .Trois conditions

--Au Québec, au cours des années soixante et soixante-dix, certains groupes ont considéré qu’ils étaient inégaux en fait, parce que victimes de discrimination. Pour un, le mouvement féministe a demandé à  ce les femmes bénéficient de privilèges, accordés par des mesures légales et administratives, de manière à ce qu'elles atteignent  l'égalité de fait  avec les hommes dans un proche avenir et non dans 30 ans ont -elles  précisé.. 

-- Sous l'effet de ces pressions, les gouvernements socio-démocrates ont entrepris, dans les années 1990,  de réaliser une égalité de fait entre divers groupes d’individus. - et  d'instaurer un État Providence, par la fixation d'un salaire minimum  la mise en place d'une fiscalité progressive  pour pouvoir venir en aide aux plus démunis tout en proclamant, dans une loi de nature constitutionnelle, l’égalité de droit entre les individus: selon la phrase classique «Nous sommes tous nés égaux en droit

--  Ils ont  encore adopté  des programmes administratifs puis des lois particulières et ont dû  modifier la Charte des droits  pour «légitimer» cette nouvelle sorte de discrimination appelée «positive». La Loi sur l’équité salariale et la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi sont de parfaites illustrations de cette nouvelle initiative de l’État.  On a invoqué l’intérêt public pour justifier ces mesures parce que les groupes en question se disaient  « victimes de discrimination».

 

Un gouvernement qui veut agir ainsi devrait, logiquement,  respecter trois  conditions.

Premièrement, il devrait   démontrer que l’inégalité existe réellement, que seule une intervention  de l’État peut corriger  cette inégalité et que des motifs d’intérêt public justifient la limitation  des droits du groupe B  par conséquence de l’accroissement des droits du groupe A

Deuxièmement, il ne pourrait aller à l’encontre de cette égalité qu’en légiférant de manière explicite pour légitimer  cette dérogation.

Troisièmement, par simple  cohérence, il devrait mettre fin à la limitation des droits des uns  et à l’accroissement des droits des autres dès qu’il est apparent que le but recherché a été atteint.4

Bref, on comprend que. par la discrimination positive., la recherche de l’égalité de fait par un groupe d’individus (A) par rapport à un autre groupe d’individus (B) est devenue une source d’inégalité de droits pour ce dernier groupe. 

-- Tout cela peut paraître d’une grande simplicité mais nous verrons, en deuxième partie, qu’il n’en est rien en pratique. Il faut, par exemple, que l’égalité recherchée soit dans le même domaine et dans les mêmes conditions durant la même période de temps entre les mêmes personnes ou groupes de personnes. En fait, les conditions à remplir sont tellement nombreuses et variables que l’on a du mal à concevoir que l’on puisse y arriver de manière raisonnable.

Pourtant, il y a  des indications à l’effet que l’on aurait tellement bien réussi dans certains domaines à l’égard de certains groupes que le groupe «discriminé» serait  même devenu en position  majoritaire. Cela mettrait en évidence, soit des lacunes dans la mécanique de correction de l’inégalité, soit la réticence d’un  gouvernement élu à retirer les privilèges accordés «temporairement» à un  groupe qui a pu lui apporter son soutien électoral.

 

--Le pire dans tout cela est que  cette recherche d’égalité de fait est tout simplement une utopie comme nous allons le démontrer dans le prochain document. II- L'égalité de fait ,une utopie  

 

___

(1) Table des matières  L'Égalité de fait entre certains groupes

 Introduction 

(i) Notre choix terminologique

Une fumisterie.

Une utopie.

(ii) L’origine du concept

1. Les notions de base .

1.1  La définition de l'égalité  et le processus qui doit en vérifier l'existence

2.Les entités ou les groupes comparés

a) l’égalité «en général» entre tous les individus  les êtres humains  et l’égalité entre les hommes et les femmes sont deux choses différentes .;

b) le fait qu'il existe, en Occident généralement, une égalité de droit entre les femmes et les hommes ne signifie pas qu'il doit en découler une égalité de fait entre les femmes et les hommes pour la simple raison que, dans les faits, les hommes ne sont pas plus égaux entre eux que les femmes sont égales entre elles, peu importe le plan d'analyse retenu, politique, intellectuel ,économique, physique, artistique ou social.

c) plus récemment certaines féministes, conscientes des nombreux obstacles qui se dressent en pratique contre l'atteinte de l'égalité de fait entre les femmes er les hommes ont transformée subrepticement cet objectif  en celui de «l'accès à l'égalité», ou encore, en celui de «l'égalité d'accès», apparemment plus modestes .  .

d)  les femmes et les hommes ne sont pas les seuls groupes présents dans une société -Trois questions

3. L’égalité entre les individus   et la discrimination. Un  peu d'histoire

4. L’égalité de droit entre les individus . Rétrospective québécoise

5. L’égalité de droit entre les membres de divers  groupes qui ont des caractéristiques identiques.

6. L’égalité de fait entre les individus

7. L’instauration  d’une égalité de fait entre certains  groupes par l’effet de  la loi. Trois conditions

(2) Avis «De l'égalité de droits à l'égalité de fait : repenser les stratégies et élargir la perspective » mai 2004.Le chapitre 1 sur la rétrospective historique et les avancées des femmes est assurément a lire  bien  qu’à aucun moment le document rende hommage aux hommes qui, à la tête des gouvernements   ont permis ces avancées. Un extrait significatif p. 23  «Reconnaissant que l’avènement d’un État moderne à compter des années 1960 leur a permis d’entrer en grand nombre sur le marché du travail (lois assurant l’égalité, services publics en santé, éducation et services sociaux, lois sociales), certaines craignent que la réduction du rôle de l’État signifie pour elles perte de bons emplois, accroissement des exigences, renvoi à un tiers secteur largement féminin et peu rémunéré et retour à la famille des soins aux enfants et aux proches non autonomes

https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/de-legalite-de-droits-a-legalite-de-fait-repenser-les-strategies-et-elargir-la-perspective.pdf

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89galit%C3%A9

Voir aussi Etymologie : du latin "aequalis", de "aequus", uni, juste.
L'égalité est l'état, la qualité de deux choses égales ou ayant une caractéristique identique (égalité d'âge de taille ...).
(4)https://www.eleves.ens.fr/pollens/seminaire/seances/discrimination/synthese

discrimination.htm