LI-(14)-1 Nathalie Elgrably-Levy  défend le multiculturalisme mais veut exclure l'islamisme radical, en somme même «sa solution» ne règle pas tout.

 

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D'AUJOURD'HUI

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Cette chroniqueuse du Journal de Québec a écrit dans l’éduction du 5 janvier (2014 p.12) que «le véritable échec» n’est pas le multiculturalisme mais l’immigration  islamique radicale. Son analyse du débat actuel sur la charte de la laïcité est tout aussi déroutante que biaisée.   Il est difficile de ne pas considérer qu’elle transporte, ici, le conflit qui sévit au Moyen-Orient entre Israël et ses voisins arabes depuis des décennies.. En effet, la communauté juive  comprend aussi des éléments radicaux qui ne sont pas plus désirables et, pourtant, elle n’en dit mot.  Examinons ses trois propositions.

 

1 Le multiculturalisme

 «Sommairement, il désigne une politique qui permet à plusieurs cultures de coexister au sein d'une même société afin de permettre une meilleure intégration des immigrants. Le multiculturalisme part du principe que les immigrants s'identifieront plus facilement à une identité nationale si leur identité ethnique est acceptée».

Commentaires

a) Étonnamment,  la religion n’est pas mentionnée comme une composante de l’identité nationale. Pourtant, tout le débat actuel porte justement sur la place de la religion dans la sphère publique, plus spécifiquement sur le droit ou non  pour un employé de l’État d’afficher son  appartenance à une religion lorsqu’il est en fonction.  

b)  Le multiculturalisme est plus qu’une politique, c’est la Loi sur le multiculturalisme canadien ( SRC-1985 c.24) maintenant  intégrée à la Charte (fédérale) des droits et libertés,  dont les dispositions sont sanctionnées par les tribunaux.  Selon certains, ces dispositions permettraient à des individus, issus de minorités religieuses, de revendiquer la reconnaissance de leurs pratiques  même dans les établissements publics. Or, les dispositions  en question ne sont pas aussi claires qu’on semble le croire :« la Constitution du Canada dispose que la loi ne fait acception de personne et s’applique également à tous, que tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, que chacun a la liberté de conscience, de religion, de pensée, de croyance, d’opinion, d’expression, de réunion pacifique et d’association, et qu’elle garantit également aux personnes des deux sexes ce droit et ces libertés ». Le droit à la liberté de religion ne signifie pas qu’on a le droit de la pratiquer tout le temps et partout, particulièrement dans une société  qui accueille justement des adeptes de plusieurs religions. Il faut être naïf  ou de mauvaise foi pour affirmer que, dans un tel contexte, la pratique non limitée des religions ne conduira pas à des heurts.   Cette situation serait d’autant plus injuste et ironique dans le cas où les membres de la religion majoritaire auraient consenti, eux, à limiter les manifestations de leur adhésion justement, en grande partie, pour ne pas indisposer ceux qui ont d’autres croyances, minoritaires. Il y a «accepté» et «accepté».

 

2-  Le  multiculturalisme n’est pas un échec 

«Ainsi, affirmer que le  multiculturalisme est un échec revient à dire à tous ceux qui ne sont pas descendants  de colons français que le fait d'avoir respecté leurs différences a été une erreur et que les résultats de cette ouverture sont regrettables. Vu le caractère vexatoire de pareils propos, quelques précisions s'imposent»

2.1 «Premièrement, il faut entretenir une vision étriquée de l'histoire pour penser que le multiculturalisme est l'héritage de P.E. Trudeau. La diversité ethnoculturelle a débuté avant la Confédération, et s'est accélérée au début du 20e siècle. La nouveauté, c'est la reconnaissance par l'État de cette diversité à travers, notamment, la Charte des droits et libertés. »

Commentaires

(a) Nous ignorons où Mme Elgrably-Levy a appris son histoire du Canada  mais elle a manifestement bénéficié du gonflement de la note de passage car il est vexatoire de vouloir faire croire aux Québécois que la «diversité ethnoculturelle» a débuté avant la Confédération. Une simple consultation  de la Toile1 nous apprend plutôt  que les conquérants ont tout fait pour ne pas reconnaître ¨la « diversité francophone et catholique ». Aujourd’hui, on utiliserait l’expression  nettoyage ethnique pour désigner certains des gestes posés par le gouvernement britannique à l’époque.  Voici quelques faits que l’on ne peut oublier.

-- L’attribution en 1833 de  847 661 acres de terres à a British American Land Company pour favoriser l'implantation de colons américains,

-- Les batailles des Patriotes à St-Denis, Saint-Charles, Saint-Eustache, Beauharnois, Lacolle, Odelltown à l’occasion desquelles notamment « Les volontaires loyalistes sont responsables de l'incendie d'une cinquantaine de maisons sur les 65 qui sont brûlées. Les autres étant le fruit des soldats britanniques. La plupart des résidences du village sont victimes du pillage par les soldats et les volontaires. Près de 70 Patriotes ont trouvé la mort dans la bataille de Saint-Eustache, ainsi que dix soldats anglais [12]. Ils voulaient simplement que l’on respecte «leurs différences »

--  «Selon Lord Durham le peuple canadien français était un peuple inférieur, sans histoire et sans littérature qui était directement responsable des rébellions de 1837-1838[25],[26]. Lord Durham, croyait que le caractère national qui devait être donné au Bas-Canada devait être celui de l'Empire britannique, celui de la race qu'il considérait comme supérieure et qui devait un jour dominer le continent nord-américain[

- Le Canada-Uni est créé en 1840 à la suite de l'Acte d'Union. L'Acte vise à assimiler les Canadiens français pour empêcher toute récidive en les submergeant dans une mer anglaise toujours en augmentation grâce à l'immigration venant du Royaume-Uni. La Province du Canada ou Canada-Uni naît de l'union législative des provinces du Haut-Canada (Ontario) et du Bas-Canada (Québec) en février 1841.

--- Ajoutons le chapitre sur la  déportation des Acadiens 2

«La Déportation des Acadiens est une expression utilisée pour désigner l'expropriation massive et la déportation des Acadiens, peuple francophone d'Amérique, lors de la prise de possession par les Britanniques d'une partie des anciennes colonies françaises en Amérique, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La déportation des Acadiens constitue une opération de nettoyage ethnique de grande envergure, compte tenu de la démographie de l'époque, puisqu'elle a transformé la composition de la population de trois provinces canadiennes, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick, et aussi une partie de l'état américain du Maine

-- Ajoutons encore  les lois scolaires  qui, dans toutes les provinces autres que le Québec, ont circonscrit sinon carrément aboli l’enseignement du français 3 :00 En 1864, la Nouvelle-Écosse avait adopté une loi sur les écoles publiques, l'Education Act, dite loi Tupper, qui faisait de l'anglais la seule langue d'enseignement; 00 En mai 1871, le gouvernement provincial du premier ministre George Edwin King (Nouveau Brunswick) décida de faire disparaître les «écoles de paroisse» où l'on enseignait le français et la religion catholique 00  Jusqu'en 1876 la province de l'Île-du-Prince-Édouard aurait adopté une Official Language Act («Loi sur la langue officielle»). Celle-ci aurait fait de l'anglais la seule langue des registres 00 La loi de 1870 créant la province du Manitoba, c'est-à-dire la Loi sur le Manitoba, accordait une protection aux écoles séparées francophones (article 22) et établissait le bilinguisme officiel au sein du Parlement (article 23), tout comme pour le Québec. Cependant, tout bascula en 1890 avec l'adoption de la fameuse Official Language Act (ou Loi sur la langue officielle), qui fit de l'anglais la seule langue des registres, des procès-verbaux et des lois du gouvernement manitobain. 00 La loi scolaire de l'Alberta, l'Alberta School Act adoptée en 1905, imposa l'anglais comme seule langue d'enseignement, tout en autorisant un certain usage du français dans les classes primaires. En Saskatchewan, la School Act de 1909 fit de l'anglais la seule langue d'enseignement, mais permit usage limité du français dans les classes primaires. 00 En 1929, une troisième loi de la Saskatchewan abolissait encore le français dans les écoles; cette loi reprenait et explicitait celle de 1918. En 1931, une modification à la Loi scolaire imposait l'anglais comme unique langue d'enseignement dans les écoles publiques de la province. Le français étant interdit durant les heures normales de classes 00 Une ordonnance de 1892 fit de l'anglais la seule langue possible dans les écoles et les tribunaux.  Le Conseil des Territoires du Nord-Ouest abolit ensuite les écoles séparées, c'est-à-dire catholiques et françaises.

(b) C’est parce que, dans les années soixante, de nombreux Québécois sont devenus ainsi convaincus que le reste du Canada refusait de reconnaître «leurs différences» et que  les  minorités francophones allaient disparaître à brève échéance à cause de cela, qu’ils ont décidé de s’employer dorénavant à créer leur propre État. Le gouvernement du Québec adopta une première loi sur les langues officielles  en 1974 (Bourassa) puis, la Loi 101,  la Charte de la langue française en 1977 et tint un premier referendum en 1980 sur la souveraineté-association. (Lévesque»).

(c) C’est évidemment en réponse à cette menace  de sécession que le gouvernement fédéral a adopté, la même année, 1988, La loi sur les langues officielles 4  et la Loi sur le multiculturalisme canadien 5, intégrée dans la Charte des droits et libertés. Pour certains, Trudeau, contrairement à ce que soutiennent ses détracteurs, a réussi à faire avaler par le reste du Canada  Loi sur les langues officielles justement en la faisant accompagner de la Loi sur le multiculturalisme et qu’il a ainsi donné au français une base plus solide qu’il n’avait jamais eue. Or,, il convient d’observer que la Loi sur les langues officielles ne s’applique qu’aux rapports entre les individus et les  instances fédérales alors que la Loi sur le multiculturalisme  intégrée dans la Charte des droits et libertés peut être invoquée devant tous les tribunaux quant aux rapports  entre tous les individus et toutes les instances privées comme publiques 6: L’instrumentation par la Charte n’est pas donc insignifiante comme semble le croire  Elgrably

(d) Compte tenu,  justement, de l’histoire du comportement du Canada  anglais envers les francophones – y compris, plus récemment, le sabotage des Accords du Lac Meech, les jugements de la Cour suprême restreignant la portée de la Loi 101, les réticences encore évidentes de certains gouvernements provinciaux à  soutenir l’enseignement du français et le recours des instances fédérales visant à circonscrire le droit du Québec  à proclamer son indépendance-- on conviendra que ces derniers sont justifiés de voir dans le multiculturalisme un autre stratagème visant, cette fois subtilement, à évacuer leur prétention à un traitement ethnique particulier (en tant que peuple co-fondateur du Canada) et à banaliser leurs différences  sur ce plan, en les plongeant dans un grand tout indifférencié.

(e) Cela dit, personne n’est dupe, que c’est d’abord  parce que les Québécois francophones, grâce à une fécondité remarquable, sont demeurés majoritaires sur un  territoire spécifique qu’ils ont survécu à diverses mesures prises pour les assimiler au grand tout anglophone de l’Amérique du Nord.  Il est vrai que cette société ne se renouvelle plus,  notamment grâce au mouvement féministe  qui  a, dit-il, libéré la femme du patriarcat de la famille traditionnelle et lui a permis de multiplier les reconstitutions familiales au grand bonheur des enfants qui adorent le Ritalin et les «full» cadeaux des nombreux papis et mamies, les CPE de fin de semaine. Effectivement, les Québécois francophones doivent absolument intégrer des immigrants  s’ils veulent poursuivent leur périple  comme tels mais s’agit-il vraiment d’un nouveau problème ?

 

2.2 «Deuxièmement, il faut être soit naïf soit  de mauvaise foi pour ignorer la contribution des néo-Québécois, qu'ils soient issus d'une immigration récente ou plus ancienne, au développement, à la prospérité et au rayonnement ; du, Québec. Peut-on dire  que l'immigration des familles Bronfman, Kruger, Rossy, Reitmans, Saputo et Catelli soit un échec? Et les bannières comme Aldo, Buffalo, Point Zéro, Lunetterie Farah et Adonis, toutes fondées par des immigrants, également des échecs? Et la présence de Kent Nagano, Ricardo, Phyllis Lambert, Rêne Angelil, Sonia Benezra, Stephen Jarislowsky et Dany Laferrière, est-elle un échec? Sans oublier tous les néo-Québécois anonymes issus de plusieurs vagues d'immigration qui, par leur travail et leur détermination, contribuent à l'avancement  de la société, et ce, sans jamais demander de traitement particulier ou tenter d'imposer leur mode de vie par une utilisation abusive des lois en vigueur ».

Commentaires

(a) Non seulement Mme Elgrably-Levy est-elle atteinte de la mauvaise foi qu’elle impute aux Québécois mais sa logique est passablement lacunaire. En effet, dans une économie de libre marché, si  les entrepreneurs qu’elle nomme ont réussi ici c’est fondamentalement  parce que la clientèle de la majorité francophone les a appuyés. À vrai dire, les Québécois se préoccupent assez peu de connaître «la nationalité» des propriétaires des  entreprises en question pourvu que ces derniers les respectent comme tels. De la même façon, ces entrepreneurs  ne devraient-ils pas aussi, après un certain nombre d’années, cesser de se considérer toujours comme des immigrants ?  Par ailleurs, on peut observer qu’en retour certains de ces entrepreneurs, également philanthropes, ont  choisi de supporter plutôt  la minorité anglophone - comme les Bronfman et l’Université McGill- à la différence de Maurice Pollack qui a aussi appuyé l’Université Laval.

(b) Mme Elgrably-Levy semble ignorer  que les Québécois francophones ont, malgré tout, réussi, tout au long de leur histoire, à intégrer «des étrangers», au premier chef des anglophones  (les Warren, Ryan, Baker, Johnson, Murray…) d’une manière très civilisée, par intermariage.  Elle résiste difficilement  à la tentation de les traiter de xénophobes alors que certains nouveaux arrivants n’ont rien de plus pressé, en milieu urbain, que de se constituer en communautés et d’occuper des quartiers dont ils expulsent petit à petit, les francophones; la communauté juive a été particulièrement efficace à cet égard  à Outremont,Montréal.  

(c) La dernière phrase  est irrecevable. En effet, il y a, effectivement, des communautés «qui ont demandé des traitements particuliers,  tenté d’imposer leur mode de vie et abusé des lois en vigueur». Il faut remonter à 2006 pour prendre connaissance de divers dérapages qui ne mettent pas uniquement en cause  l’islamisme radical .Dans un  document intitulé «Analyse du rapport de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables  ou comment éteindre un incendie que l’on a soi-même déclenché» 7  les médias avaient relevé, à l'époque, les cas suivants, sans prétendre être exhaustifs.   

-- «En juillet 1999, des citoyens d’Outremont obtenaient gain de cause devant la Cour supérieure du Québec qui a ordonné la fermeture d’une synagogue sur la rue Lajoie. Ouverte depuis 1988, elle contrevenait aux règlements de zonage de la municipalité

-- «Le 5 juin 1998, la Cour supérieure du Québec ordonnait à des copropriétaires juifs orthodoxes d’un complexe immobilier d’Outremont de s’abstenir d’ériger des souccahs sur leur balcon. Cette décision a été portée devant  la Cour d’appel du Québec .Le 30 juin 2004, la Cour suprême renversait, à cinq juges contre quatre, l’arrêt de la Cour d’appel du Québec, statuant ainsi en faveur des copropriétaires juifs»

-- «Des citoyens d’Outremont et des compagnies d’autocars ont dénoncé en décembre 2002 le service d’autocar Tov Travel qui fonctionnait sans permis et offrait aux juifs hassidiques des trajets hebdomadaires Montréal-New York en garant ses véhicules dans des rues résidentielles d’Outremont»

--« Le 14 septembre 2005, la Cour supérieure ordonnait à une communauté juive orthodoxe de Val-Morin de cesser d’utiliser une école et une synagogue érigées dans un quartier résidentiel. La communauté juive a porté sa cause devant la Cour d’appel. Le 26 septembre 2007, la Cour d’appel du Québec entendait la cause opposant une communauté juive orthodoxe à la municipalité de Val-Morin. Le 2 avril 2008, la Cour d’appel donnait raison à la municipalité. La communauté juive a décidé de porter sa cause devant la Cour suprême.»

-- En juin 2007, des juifs orthodoxes achetaient le domaine Miramont-sur-le-Lac à Saint-Adolphe-d’Howard. Le 11 juillet 2007, la municipalité imposait une amende de 1000 $ aux propriétaires qui avaient érigé une clôture en violation des règlements municipaux

---Le 17 février 2005, deux ambulanciers étaient invités à quitter le Café de l’Atrium de l’Hôpital général juif de Montréal où ils s’apprêtaient à prendre leur repas du midi. Ils ne pouvaient y consommer les repas qu’ils avaient préparés, car ils ne les avaient pas achetés au café et le lieu où ils s’étaient attablés était considéré comme casher. À la fin de février 2005, les deux ambulanciers déposaient une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Le 2 février 2007, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse rendait un avis dans lequel elle proposait à l’Hôpital général juif et à l’organisme sans but lucratif Le Café de l’Atrium de verser au plaignant la (somme de 10000 $ (dix mille dollars) à titre de dommages moraux». Le 12 avril 2007, une entente hors cour était conclue entre les parties, chacun des chacun des ambulanciers ayant accepté la somme de 7500 $.

--«Le 11 avril 2007, deux médias montréalais rapportaient que l’Hôpital juif de réadaptation de Laval avait ((ortement suggéré à tous ses bénéficiaires de respecter intégralement les règles prescrites par la Pâque juive». Pendant huit jours, on invitait toutes les personnes hospitalisées à ne pas manger de nourriture contenant de la levure, même si 80 % d’entre elles n’étaient pas de confession juive. Tout au long de l’année, il leur était également interdit d’apporter de la nourriture non casher dans leur chambre. Le 12 avril, le ministre de la Santé et des Services sociaux demandait à l’établissement de revoir sa politique alimentaire».

--«Le 13 janvier 2005, un quotidien montréalais révélait que le gouvernement du Québec avait décidé de financer à 100% certaines écoles privées juives afin qu’elles puissent «favoriser l’apprentissage interculturel chez les jeunes en milieu scolaire ». «Le 19 janvier 2005, le premier ministre annonçait que le gouvernement allait renoncer à cette mesure».

--En janvier 2007, le conseil d’arrondissement d’Outremont décidait de prolonger la levée de l’interdiction de stationnement dans certaines rues, lors de certaines fêtes religieuses juives, afin d’accommoder les membres de la communauté hassidique. Le 26 juin 2007 un quotidien montréalais révélait que des représentants de deux paroisses catholiques d’Outremont avaient fait parvenir au maire de l’arrondissement une lettre demandant la levée de l’interdiction de stationnement aux abords de deux eux églises pour les offices du dimanche et diverses autres fêtes religieuses.» etc..

(d) Rien ne permet de croire qu’en 2013  les écoles juives illégales ont été fermées et que la communauté juive ne gère plus un service d’immigration qui lui est propre en dehors des services accessibles aux immigrants des autres communautés

(5) Aucune autre communauté  au monde ne possède un groupe de pression comme le B’nai Brith (« Les fils de l'Alliance »),8 une organisation maçonnique qui est présente au Canada comme dans plus de 50 pays et qui, pourtant,  périodiquement, présente encore le peuple juif comme une victime ce qui le justifie de prononcer des anathèmes  contre toute critique d’Israël et du peuple juif tout en éreintant  lui-même l’islamisme.  En fait, en France, cette communauté peut-même déléguer cette tâche à un organisme financé par l’État. En effet c’est la LICRA qui orchestre actuellement  la mise au ban de Dieudonné,9 l’humoriste pour antisémitisme alors que l’une des plus cinglantes moqueries visait les islamistes radicaux qui se font exploser sous la promesse d’avoir droit à mille vierges, une fois rendus au paradis. 

(6) N 'est-il raisonnable de qualifier d'intégristes juifs les membres de la secte Lev Tahor qui sont devenus célèbres par leur refus de se soumettre aux lois élémentaires en ce qui concerne le traitement des enfants et leur isolement volontaire en dehors des sociétés québécoise et canadienne?  

  Bref, nous sommes très conscients qu’une frange  visible de la communauté musulmane est aussi à l’origine de demandes d’accommodements religieux déraisonnables. Mais il est inexact et trompeur de laisser croire qu’elle est la seule en cause   

 

2.3 «Troisièmement, le multiculturalisme est un outil pour gérer la diversité ethnoculturelle dans les sociétés occidentales qui comptent sur l'immigration pour éviter un déclin démographique. Si le multiculturalisme est un échec, par quoi devrait-on le remplacer? Comment une société démocratique devrait-elle faciliter la coexistence? A moins que la solution non avouée soit d'étouffer la diversité au profit d'un monoculturalisme imposé? »

Commentaires

(a) Il est ridicule de présenter le problème de cette manière. À  ce jour, aucun  État ou peuple, aucune  société ou nation,  n’a traversé les époques sans avoir accueilli des «étrangers» et bénéficier de leurs apports mais surtout aucun  État ou peuple, aucune  société ou nation,  n’a traversé les époques sans avoir été façonné  par une culture dominante. À un moment  donné, l’immigrant doit  reconnaître que s’il a quitté l’endroit où il vivait c’est parce qu’il espérait trouver de meilleures conditions ailleurs, conditions explicables par les modes de vie, la culture différente de la société d’accueil.  Il doit avoir l’honnêteté de reconnaitre que la société qui l’accueille n’a pas à adopter sa culture à lui,  même si certains de ses membres peuvent trouver intérêt  à lui emprunter des particularités (culinaires ou autres), et qu’avec le temps il lui revient  de s’adapter. Anciennement, dans tous les pays, toute la question était donc de savoir  combien de temps l’immigrant pouvait prendre avant de s’intégrer. Elle se réglait généralement dans une génération, les enfants nés sur place devenaient rapidement mêlés aux autres et se fondaient dans le «moule majoritaire».

La décolonisation  des années 1960-80, particulièrement en Afrique, sous De Gaulle, et la Chute du mur de Berlin  ont été suivies d’une espèce de reconnaissance d’obligations des pays occidentaux envers les «peuples autrefois opprimés»  en leur facilitant l’entrée en métropole en remplacement, croyait-on, des aides sans cesse croissantes. Parallèlement,  la libération du capital  des contraintes nationales devait être suivie de la libération des personnes. L’ONU et sa bande de juristes spécialisés dans les Conventions  internationales  s’en mêlant, les privilèges devenaient des droits individuels et les sociétés des ensembles multiculturels. Par la suite, le vieillissement  de la population dans les pays riches durant les années 2000  et le besoin d’une jeune main d’œuvre sont invoqués pour justifier une plus grande ouverture de ces mêmes pays  à l’immigration de toutes provenances. L’ennui est que, depuis plusieurs années déjà, cette entrée massive d’immigrants se produit en même temps qu’un ralentissement économique majeur dans la plupart d’entre eux  C’est donc sans surprise que «la théorie» du multiculturalisme est mise à mal  si ce n’est parce que, comme au Royaume-Uni, actuellement, les immigrants sont perçus comme des «voleurs de jobs».

(b) La théorie du multiculturalisme veut, maintenant, inverser la dynamique qui avait toujours fonctionné en décrétant dorénavant que l’immigrant n’a plus à se hâter pour s’intégrer et devenir membre à part entière de sa société d’adoption mais qu’il revient plutôt à la société d’accueil de lui accorder des accommodements sans limite de temps  et d’espace  dont des juges – formés  à instrumentaliser les droits individuels – vont  déterminer le caractère raisonnable dans de multiples cas particuliers.  Et il  y a un zigoto  qui, tout à coup, va découvrir que les immigrants  ne trouvent pas de travail, vivent parqués dans des ghettos  urbains, et viennent grossir les rangs des assistés sociaux tout en récriminant contre la xénophobie et le racisme des gens de la place.

Seuls les individus qui  appartiennent à une communauté étroitement solidaire, largement répandue qui n’a pas d’État propre ou et qui préfèrent se croire au-dessus des frontières établies des divers États-nations  peuvent faire promotion  d’une telle conception.

 

3- ABOLIR LE MULTICULTURALISME?

«Soyons honnêtes: le  multiculturalisme n'a jamais posé problème jusqu'a présent, car les immigranti.ont été capables de bien s'intégrer même s'ils ont conservé quelques traditions et particularités. Ce qui pose aujourd’hui problème, c'est l'islamisme radical, et lui uniquement. Abolir le multiculturalisme n'y changera rien, car la branche radicale de l'islamisme est fondamentalement incompatible et irréconciliable avec nos sociétés occidentales. Le multiculturalisme n'est pas un échec. La véritable faillite, c'est celle de l'immigration  islamique ouvertement hostile à notre civilisation et à nos valeurs. Pour résoudre un problème, commençons donc par l'identifier correctement !»

Commentaires

-  Nous espérons que Mme Elgrably-Levy  est consciente que, dans aucun media à grand tirage, la communauté islamique bénéficie-t-elle  d’un porte-parole qui défend ses intérêts. Aucun groupe de pression islamiste ne bénéficie-t-il au Canada d’une couverture médiatique aussi imposante  que celle des groupes associés à la communauté juive. Nous ne croyons pas que l’islamisme radical soit le seul à poser problème. Mme devrait relire la section 2.2. c) ci-dessus  

-  Dans le même Journal,  Richard Martineau ne cesse de réclamer que des leaders musulmans modérés se lèvent pour  dénoncer  les agissements débridés de leurs confrères  radicaux.  Pour quelles raisons ne réclame-t-il jamais que les leaders juifs modérés mettent à la raison leurs propres radicaux. On pouvait espérer que Mme Elgrably-Levy joue ce rôle mais manifestement elle ne le désire pas. Qui plus est, sa solution, en apparence, simple et efficace, omet de mentionner que, dans les États modernes, la vie politique est animée par les groupes de pression  et qu’au Canada et au Québec, la force de la communauté musulmane est bien inférieure à celle de la communauté juive.  Ce n’est donc pas en excluant l'une d'elle, ou les deux, que l’on va maintenir une société démocratique. Il faut en arriver à convaincre les uns et les autres que la laïcité des institutions et services gouvernementaux est la meilleure façon d'en arriver à instaurer des rapports harmonieux entres les diverses communautés      

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(1)

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%3%A9bellion_des_Patriotes

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_des_Patriotes

(3) http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/cnd_antifranco.htm

 Les minorités francophones au Canada et les lois antifrançaises

(4)Loi sur les langues officielles.pdf

(5)Loi  sur le multiculturalisme canadien.pdf

(6) «que le gouvernement fédéral reconnaît que la diversité de la population canadienne sur les plans de la race, de la nationalité d'origine, de l'origine ethnique, de la couleur et de la religion constitue une caractéristique fondamentale de la société canadienne et qu'il est voué à une politique du multiculturalisme destinée à préserver et valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens tout en s'employant à réaliser l'égalité de tous les Canadiens dans les secteurs économique, social, culturel et politique de la vie canadienne»  

(7) Analyse du rapport de la Commission Bouchard.pdf

Nous avons également traité de cette question dans les éditoriaux suivants 

E-8 (06) La lutte au racisme une forme plutôt hypocrite d'électoralisme (novembre 2006):

E--1-(07)- La consultation du gouvernement sur la lutte au racisme et le débat sur les accommodements raisonnables (janvier 2007)
E-2- (07) - Les accommodements raisonnables; Lise allume le feu et Jean doit I'éteindre  (février 2007)

E-1-(08)- II parait qu'au Brésil une Commission sur les accommodements raisonnables a recommandé de retirer la statue du mont Corcovado afin de favoriser la laïcité ouverte et I'interculturalisme (juin 2008)

E-5-(09)-- Quelle déception, Nathalie Eigrably-Levy, cette pasionaria du Libéralisme économique verse, elle aussi, dans la propagande (décembre 2009)
 E-6-(09)- Le professeur peut ne pas enseigner  le vendredi ...parce qu'il doit prier, selon la Commission des droits de la personne (octobre 2009

(8) « B’nai Brith is the oldest Jewish service organization in the world. B'nai B'rith is committed to the security and continuity of the Jewish people and the State of Israel and combating antisemitism and bigotry. Its mission is to unite persons of the Jewish faith and to enhance Jewish identity through strengthening Jewish family life, to provide broad-based services for the benefit of senior citizens, and to facilitate advocacy and action on behalf of Jews throughout the world. The membership pattern became more common to other contemporary organizations of members affiliated by contribution in addition to formal dues paying members. In recent years, the organization reported more than 200,000 members and supporters in more than 50 countries and a budget of $14,000,000. Nearly 95% of the membership is in the United States»  (…)B'nai B'rith President Frank Goldman convinced fellow B'nai B'rith member Eddie Jacobson, long-time friend and business partner of the president, to appeal to Truman for a favor.[39] Jacobson convinced Truman to meet secretly with Zionist leader Chaim Weizmann in a meeting said to have resulted in turning White House support back in favor of partition, and ultimately to de facto recognition of Israeli statehood.[40]

 http://en.wikipedia.org/wiki/B%27nai_B%27rith

«Le BB agit aussi en tant qu’organisation non gouvernementale et intervient à l’ONU, à l’Unesco, au Mercosur et au Conseil de l’Europe. L'organisation est exclusivement réservée aux israélites et comprend plus de 500 000 frères et sœurs dans une cinquantaine de pays http://fr.wikipedia.org/wiki/B%27nai_B%27rith

(9)  La «Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme»  est un organisme «sans but lucratif» financé par l’État français  et le ministre de l’Intérieur semblent décidés à faire taire Dieudonné de manière définitive. Il faut savoir qu’en France il  y a une loi qui  criminalise toute affirmation contestant l’existence de l’holocauste. Ce pays, pourtant à l’origine des libertés civiles,  est en voie  de brimer la liberté d’expression comme aucun des pays colonisés auxquels  qu’elle avait l’habitude de condamner pour gestes d’obscurantisme semblables.  Il est fort possible que la force du groupe de pression juif apparaisse  maintenant tellement démesurée que la communauté même en subisse éventuellement  des conséquences très négatives alors que Dieudonné sortira de l’expérience avec l’auréole du martyr.