LI-(13)-1 Le Québec, un peu d'histoire et de géographie identitaires

HOMME

D'AUJOURD'HU

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Cette rubrique tente de savoir comment la société québécoise a pu assurer sa pérennité après 400 ans d’histoire dans un cadre géopolitique qui ne lui était pas particulièrement favorable.  Il s’agit  à l’origine, au milieu du 17siècle, d’une population  à majorité d’ethnie et de langue française et de religion catholique  sur un continent, l’Amérique du Nord. Il s’agit alors d’une colonie de peuplement, appelée la Nouvelle-France, implantée en 1608 à 5 000 kilomètres de distance de la mère patrie, séparée par un océan. En 1645, cette colonie s’étend sur un  territoire immense, comme on peut le constater ci-dessous, mais on observe que ce territoire est aussi disputé d’autres puissances coloniales, l’Espagne, l’Angleterre.  Comme on le sait, l’Espagne concentrera éventuellement ses forces sur l’Amérique du Sud alors que l’Angleterre fera de même sur l’’Amérique du Nord .

Source :1

La colonie de la Nouvelle -France a été laissée à elle-même par ses élites  à la suite d’une défaite militaire sur les Plaines d’Abraham à Québec  en 1760 face à l’Angleterre, dont la population était majoritairement  d’ethnie et de langue anglaise de religion protestante. L’Acte de Paris de 1763 cède au gouvernement britannique les provinces de l’Acadie et du Canada, un  territoire maintenant appelé Province de Québec. Malgré cela,  cette population a su, non seulement survivre, mais se développer  en occupant le territoire par l’agriculture, malgré les obstacles élevés par le gouvernement de Londres,  et en se donnant un  taux élevé de natalité puisque le commerce et l’industrie ont été longtemps le monopole du «conquérant». Son histoire vaut la peine d’être racontée même de manière très succincte.

Les liens naturels  et le territoire

Le partage d’une même ethnie, langue et religion  ont constitué les principaux facteurs de cohésion de la population Comme à bien d’autres endroits dans le monde, le clergé catholique, s’étant chargé  des établissements d’enseignement et de services de santé et de services sociaux, il a partagé en quelque sorte le pouvoir avec les hommes politiques qui ont appris à  manœuvrer  dans le cadre d’institutions politiques de type  britannique lesquelles ont évolué dans le temps en fonction d’un mélange d’impératifs impériaux et locaux.

Ainsi, cette population  habite la province du Québec de 1763 à 1790, puis la province du  Bas-Canada de 1791 à 1841 alors que l’Acte d’union la réunit  avec celle du Haut-Canada et devient la province du Canada-Est  dans le but évident d’assimiler la population française en réponse à la «révolte de Patriotes de 1837». Elle redevient la province de Québec en 1867, lors de l’établissement de la confédération par l’Acte de l’Amérique du nord britannique.

Source   1

La dimension de son territoire a aussi évolué dans le temps par des additions successives à l’ouest et au  nord avec une superficie de 1 667 441 km² -trois fois lui de la France.

Source :1

--Hugh MacLennan a observé dans «The two solitudes» qu’au Canada, que les communautés anglaise et française vivaient  en plus ou moins grande harmonie en s’’ignorant le plus possible; un phénomène que l’on rencontre aussi dans d’autre états bi ou plurinationaux. Catholique et française la province de Québec était forcément distincte du reste du Canada (ROC) protestant et anglais.  Les rapports obligés  imposés par le système fédéral ont quand même permis à 4 Québécois sur 22 d’occuper le poste de Premier ministre fédéral durant de nombreux mandats successifs 2 ; certains ont tiré de ce fait  un  soi-disant principe de l’alternance à ce poste entre les deux principales communautés. À vrai dire, la seule constance des Québécois a été leur ambivalence entre leur appartenance respective au Québec et au Canada. On le constate en reculant davantage dans le temps.

 

1- L’affirmation nationale est une réalité qui a toujours été présente même si elle s’est exprimée différemment selon les époques et selon les contraintes de la géopolitique.

 

-- Périodiquement, les Canadiens-français ont manifesté leur identité par des gestes concrets de gouvernance sur les plans politique, économique et scientifique et par des communications «identitaires», c’est-à-dire, par des médias défendant leurs intérêts mais aussi par des productions littéraires et  artistiques de tous ordres.

1.1 Au 18 et 19ièmes siècles

a)  Les gestes concrets de gouvernance  

Ils obtiennent  par diverses démarches auprès du gouvernent de Londres qu’il adopte en 1774 l’Acte de Québec lequel maintien en vigueur le Code civil français et autorise la liberté de religion, donc la pratique de la religion catholique. Ils obtiennent encore l’Acte de 1791 qui sépare le Québec de l’Ontario en deux provinces, du Bas et du Haut-Canada. Ils appuient les forces loyalistes lors de l’invasion américaine de 1812, une preuve de leur loyauté. Quelques temps après, ils protestent contre le régime colonial  et militaire en place et réclament, avec leurs compatriotes du Haut-Canada,  l’instauration du gouvernement responsable .Leur rébellion en 1837 amène de vives représailles impériales, saccage, pillage de  plusieurs villages de la vallée du Richelieu, l’emprisonnement des rebelles, presqu’uniquement des Canadiens-français. Pour clore le tout le gouvernement britannique adopte  L’Acte d’union de ces deux provinces en 1841 dans le but évident d’assimiler la population française: Dans son fameux rapport rédigé à propos de  la rébellion  Lord Durham avait écrit que le peuple canadien français était un peuple inférieur, sans histoire et sans littérature qui était directement responsable des rébellions de 1837-1838.

-- Quelques années plus tard, le gouvernement de Londres, décide d’instaurer par L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 une «Confédération» mais qui est, en fait une Fédération puisque les pouvoirs résiduaires sont accordés non  pas aux états membres (provinces) mais à l’État central, fédéral. Il faut dire que l’État-nation n’était plus le seul modèle puisque  États-Unis, voisins, avaient une constitution  fédérale depuis 1787 mais il ne faut pas croire la Fédération canadienne cherchait à satisfaire  les demandes des vaincus (Le Bas-Canada) mais bien plutôt celles des conquérants (Le Haut-Canada) qui craignait l’extension de la guerre civile (1861 à 1865)  et exigeait de pouvoir  faciliter les échanges commerciaux avec les É-U pour compenser l’abolition  du tarif préférentiel colonial .Avec deux Québécois sur les 22 participants à la Conférence préparatoire de Québec  ils pouvaient  difficilement croire remporter la mise. Cela dit, il n’en reste pas moins que  l’AANB fut imposé sans consultation populaire par crainte de l’opposition de la résistance des Canadiens- français  du Québec. Par la suite, les Québécois se diviseront  entre fédéralistes et autonomistes.

b) Les communications identitaires  

Il est difficile de demander à une population, qui doit se battre chaque jour pour combler ses besoins primaires et à qui on interdit le commerce, de produire des œuvres littéraires et scientifiques. À l’époque, en Europe ce sont les aristocrates et bourgeois qui avaient le loisir de développer ces domaines.  Avec la conquête le Québec avait perdu les uns et les autres.

- Fleury Mesplet, un français, fonde le premier journal, «La Gazette de Québec», dès 1764,  puis, en 1778, « La Gazette du commerce et littéraire», pour la ville et district de Montréal» .Répandant les idées de Voltaire et ridiculisant certaines jugements de cour son journal est fermé par ordre du gouverneur. Il rouvre La  Gazette de Montréal en 1785. Vendue à des anglophones elle devient unilingue  anglaise. Ce journal  existe encore aujourd’hui.3 

-- Les Canadiens-français ont aussi, maintenu leur cohésion en entretenant des journaux «nationalistes» («Le Canadien» 1806) dont les éditeurs furent d’ailleurs aussi emprisonnés   à la suite de la révolte des Patriotes4. Ils ont  aussi soutenu divers quotidiens  5 dont on ne peut sous-estimer l’influence, le quatrième pouvoir. Certains de ces journaux, axés sur l’information générale, ont été  associés d’abord au parti Libéral fédéral et à  Sir Wilfrid Laurier: (La Presse, 1884, La Patrie, 1879, Le Soleil,  1896) parce qu’il  était  plus ouvert justement aux canadiens-français  que le parti Conservateur, Tory. À vrai dire, les seuls journaux Conservateurs ont été de langue anglaise, The Montreal Star (1869-1979) et The Gazette (1822-201.)

-  Dans le but explicite de faire mentir Durham, Maurice Lemire, a lancé, en  1989,  le projet « La vie littéraire au Québec »  qui souhaitait retracer l’histoire des pratiques littéraires francophones au Québec de 1764 jusqu’au seuil des années 1970. Cette œuvre est magistrale, elle répertorie, à la fois, les œuvres littéraires 6  et  des textes polémiques au Québec. 7  En effet, une société, parce qu’elle est vivante, entretient divers débats qui ont trait forcément d’une foule de sujets autres que l’identité: la guerre ou la paix, l’importance relative des établissements  publics et privés d’éducation, la centralisation et la décentralisation du système politique, le rôle accru ou déduit de l’État, l’environnement et le développement économique etc. Cela dit, on  peut aussi traiter de ces mêmes sujets à travers le prisme de l’identité de la société, comme le fait le féminisme à travers le prisme de la soi-disant victimisation de la femme.

-Il appert que les productions littéraires de l`époque ont été centrées sur l’avenir même de cette nation en écrivant   son histoire, sa mémoire et en mettant en vedette  le terroir c’est-à-dire de promouvoir  la vie paysanne et l'agriculture en pleine période d'industrialisation débutante. Le clergé et l'État encourageaient ce type de littérature en espérant faire face à l'exode rural des Canadiens français au profit de Montréal et des usines textiles de la Nouvelle-Angleterre. 8  On verra plus tard que ceux  qui s’opposeront à son indépendance s’efforceront justement de  miner l’enseignement de l’histoire.

 

1.2  Du début  du 20ième siècle jusqu’aux années 1950

a) Les gestes concrets de gouvernance   

--Les Canadiens-français s’opposèrent au départ  à la conscription en 1914 et 1940 refusant d’être associés à des guerres impériales mais devant l’universalisation des conflits, ils ont, par la suite,  fourni les effectifs militaires requis. Par contre, au pays, les canadiens-français qui voulurent participer au développement du Canada, en Ontario,  dans les provinces de l’Ouest  (Alberta et Manitoba)  que les Acadiens dans les provinces maritimes virent l’usage de la langue française être restreint  à la fois dans la sphère publique  et dans les écoles au début du 20ième siècle. Malgré les nombreux recours qu’ils intentèrent devant les tribunaux ils n’obtinrent pas satisfaction  alors qu’au Québec la communauté anglaise disposait d’un réseau complet d’établissements scolaires jusqu’à l’université. De là est né le sentiment de rejet par le reste du pays et de cloisonnement sur le territoire québécois.

-- Maurice Duplessis, élu chef du parti Conservateur du Québec, rallie les libéraux déçus du gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau et les nationalistes réformistes qui ont formé l’action Libéral Nationale et fonde l'Union nationale  En 1936 il défait le gouvernement libéral de Joseph-Adélard Godbout après avoir révélé sa corruption mais il perd l’élection  de 1939, puis, en 1944,il défait le Libéral Godbout et  le Bloc populaire canadien, un parti nationaliste dirigé par André Laurendeau  et Jean Drapeau et appuyé de surcroît par Henri Bourassa. C’est lui le grand défenseur de l’Autonomie provinciale.

-- «Pendant les 15 années de son deuxième mandat, Duplessis affirme l'autorité du gouvernement du Québec sur l'Église, se bat contre le gouvernement fédéral et réussit à récupérer, du moins partiellement, la compétence concurrentielle de taxation directe après la Deuxième Guerre mondiale. Il fait aussi adopter des mesures sociales, dont des lois sur le salaire minimum et sur l'aide à l'accession à la propriété, les plus généreuses au Canada. Son administration se lance dans de grands projets de construction : autoroutes, hôpitaux, écoles et universités, et donne son aval aux imposantes centrales hydroélectriques qui apportent l'électricité au Québec rural. Duplessis applique un certain nombre de mesures nationalistes symboliques, tels que l'adoption du drapeau du Québec. Il met en place une organisation politique très puissante. Le favoritisme atteint des proportions mythiques, mais Duplessis gouverne pendant une période de prospérité, de croissance économique et d'investissements inégalés, où pour la première fois, le Québec fait du progrès par rapport à l'Ontario, quelque soit le critère social ou économique utilisé dans l'évaluation. Il renforce l'État du Québec  face à l'Église, au gouvernement fédéral et à la communauté d'affaires anglo-saxonne de Montréal. Il s'appuie sur le clergé qu'il engage à de bas salaires pour effectuer des tâches essentiellement laïques dans les écoles et les hôpitaux, tout en réduisant ainsi l'épiscopat à une dépendance financière. Il réduit les impôts, présente des budgets équilibrés et réussit à convaincre les conservateurs et les nationalistes de voter dans le même sens pour ce qu'il appelle l’autonomie » 9

b) Les communications identitaires  

-- Durant cette période divers journaux ont aussi, plus tard, épousé  la cause nationale avec ou sans «couverture religieuse»; Le Nationaliste (1904), L’Action catholique (1907), L’action sociale catholique (1907) Le pays (1910), Le Devoir (1910); En 1937, naît «Le Jour», un journal antinationaliste, anticlérical, antifasciste et pro sémitique dirigé par Jean Charles Harvey et financé par des capitaux anglophones. Celui-ci a  créé tout un scandale, en 1934 lorsqu’il a publié un roman, Les Demi-civilisés et, il récidivera  en  1944, lorsqu’il écrira qu’Adolf Hitler était en faveur du mouvement séparatiste québécois. 10

-- En fait, les médias à  filiation religieuse avaient pratiquement disparu à la fin des années cinquante alors qu’un mouvement laïc, pour ne pas dire anticlérical, se développait. La langue et l’ethnie devenaient les seuls liens naturels.

-- Sur le plan des médias électroniques, le poste de radio CKAC a fait figure de pionnier (1922) et a certainement soutenu la cause nationale avant de disparaître en 2010 pour devenir une triste radio-circulation. À vrai dire, paradoxalement, c’est le réseau d’état (Radio-Canada) qui soutient le mieux, depuis des années, la culture québécoise alors que les postes de radio privés, particulièrement  le 98,1 et le 93.3 à Québec,  se font un point d’honneur  de diffuser de la musique anglophone et même de dénigrer la langue française qu’ils baragouinent d’ailleurs mais qui les fait vivre malgré tout. 

--  Les écrivains de cette période décrivent la vie du monde ordinaire, mais, cette fois, celle des ouvriers urbains s’ajoute à celle des ruraux.11   Il est symptomatique que, contrairement aux séries télévisées américaines, les héros ne sont  pas des personnes des entrepreneurs qui ont réussi financièrement, sauf deux Séraphin Poudrier  (un avare) et  Raymond Malenfant (mis en faillite en 1993) - mais des gens qui ont du mal à joindre les deux bouts. Nous vivons aussi dans un système de libre entreprise mais les modèles qui nous sont proposés sont plutôt ceux d’enseignants, de policiers, de syndicalistes comme si le développement économique était  la responsabilité des autres.

 

2- Les années 1960- la Révolution  tranquille 

a) Les gestes concrets

Cette période est sans doute la plus effervescente sur le «plan national» non seulement au Québec mais également ailleurs dan le monde. Toutefois, il apparait  que l’époque est aussi à une profonde remise en cause de la société traditionnelle. En France le général  De Gaulle qui a, pourtant,   procédé à la décolonisation de l’Afrique est aussi contesté en Mai 1968

-- Au Québec, nous sommes  au sortir d’un  long règne du parti de l’Union nationale qui, grâce à sa philosophie conservatrice de son chef ,Maurice Duplessis, avait  permis un important essor minier et industriel  ainsi que le développement de l’instruction publique tout en assurant une importante capacité d’emprunt grâce une saine gestion des finances publiques. Cependant, la démocratisation de l’instruction publique avait aussi fait en sorte que de plus en plus  d’individus remettaient en cause des principes apparemment immuables, notamment la foi catholique, les liens sacrés du mariage et le rôle limité de l’État.

-- Les décès  rapprochés  de deux chefs de ce parti (Duplessis -1959- et Sauvé-1960), les dénonciations répétées par le parti d’opposition (le Parti libéral du Québec) à l’égard du «patronage» pratiqué par le gouvernement dans l’embauche du personnel de l’appareil gouvernemental et dans l’attribution des contrats publics et la venue d’un chef  Libéral charismatique –Jean Lesage- conduisent à la défaite l’UN et à un renouveau idéologique qui sera  appelé la Révolution tranquille.

Effectivement, cette période a été caractérisée par une variété de réformes dans pratiquement tous les  secteurs :mise sur pied de la  Commission  d’enquête sur l’enseignement  dans la province de Québec (Parent ) -1963- dont  les travaux conduiront à  la création du ministère de l’Éducation-1964- des Collèges d’enseignement général et professionnel (CEGEPS)-1967- et à l’introduction de la mixité dans les écoles se conjugueront pour laïciser les établissements publics ; instauration du régime de mérite dans la fonction publique (1960) création de la Commission de la fonction publique, (1965) ; intervention de l’État dans l’économie pour être «Maitres chez nous », ce slogan particulièrement mobilisateur de René Lévesque qui a servi  d'assise à la nationalisation de l’électricité (1962), à la création de Société générale de financement (1962) pour venir en aide aux entreprises, et  de la Caisse de dépôt et placement (1965) pour gérer les placements des régimes de retraite du secteur public  .

-- Toutefois, le vent de réforme paraît souffler un peu trop fort au goût de plusieurs et le parti de l’UN est reporté au pouvoir en 1966 et 1968. Ironiquement, ce sont Daniel Johnson et JJ Bertrand qui, en épousant  l’essentiel des réformes entreprises par le PLQ,  assurèrent  le maintien des acquis de la Révolution tranquille. La direction des  établissements de santé  est aussi laïcisée -1970- et les religieuses qui y travaillent ne portent plus la tunique et la coiffe.

-- Au Québec, le nationalisme est plein de vigueur, le Mouvement souveraineté-association de René Lévesque, le Rassemblement pour l’indépendance nationale de Pierre Bourgault  disputent les faveurs de l’électorat  à l’UN et au PLQ.  Mais en même temps, Pierre-Elliott-Trudeau choisit de contester ce mouvement et, pour ce faire, se présente au palier fédéral à la tête du Parti Libéral.   « Le 24 juin, la veille des élections fédérales, lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal, une émeute éclate à proximité de l’estrade où prennent place les dignitaires. La télévision montre un Pierre Elliott Trudeau bravant les émeutiers, au milieu du tumulte. L’homme devient plus grand que nature. Le lendemain, il est triomphalement élu premier ministre du Canada. Au Québec, les libéraux remportent 55 sièges sur 74.»12

-- Le gouvernement Bourassa fait adopter a Loi sur la langue officielle (la loi 22), en juillet 1974. Le 26 août 1977le Dr Camille Laurin, pilote la loi 101 –La Charte de la langue française. «En 1984, la Cour supérieure du Québec invalide les dispositions de la Charte qui obligent l'affichage unilingue français dans les commerces. Ce jugement sera confirmé en 1988 par la Cour suprême du Canada. Le gouvernement de Bourassa se voit donc obligé de déposer en urgence le projet de loi 178, modifiant la Charte de la langue française. Ce projet de loi utilise la clause nonobstant de la Charte canadienne des droits et libertés afin de confirmer l'obligation d'affichage unilingue français à l'extérieur, mais permet un affichage dans plusieurs langues à l'intérieur, si le français prédomine» 13

b) Les communications identitaires

-- Curieusement, le Montréal–Matin a été pratiquement le seul journal associé au Parti Conservateur puis à l’Union nationale de 1935 à 1978 alors qu’il a été vendu à la Presse, d’allégeance libérale et fédéraliste, comme Le Soleil de Québec. Le Journal de Montréal (1964) et le Journal de Québec (1967) de l’empire Quebecor sont plutôt «fédéralistes autonomistes».

- Par ailleurs, les auteurs et artistes «engagés» c’est-à-dire, en faveur de l’indépendance,  sont passablement nombreux. 14 Encore fait-il que les diverses segments de la société prennent connaissance de ces œuvres.   

 

3- Le premier  référendum sur l’indépendance du Québec 1980-

a) Les gestes concrets de gouvernance  

--Sur la scène provinciale, René Lévesque en créant le Parti Québécois réunit  les forces indépendantistes mais sa solution de compromis  «la souveraineté-association» (avec le Canada) est torpillée,  à la fois, par le Front de libération du Québec (FLQ)  qui, en faisant éclater quelques bombes  (en Octobre 70) et étant responsable de la mort  du ministre Laporte  s’aliène la population «paisible» et par le  fédéraliste Trudeau  qui, en sous-main, demande à la Gendarmerie royale  de multiplier les actes de terrorisme ce qui lui permet de décréter La loi  des mesures de guerres  et de pourfendre  tous les nationalistes, d’en emprisonner une grand quantité et, à sa manière, de terroriser aussi la population ; un comportement honteux de la part d’une personne qui se disait un fervent défenseur  des droits de l’homme. Lévesque  réussit quand même vaincre le premier gouvernement de Robert Bourassa  et  à remporter les élections de 1976.   

-- Le gouvernement du Parti Québécois  fait adopter fait adopter La Charte de la langue française  (loi 101) le 26 août 1977 (L. R. Q. chap. C-11 (1977, chap. 5) faisant du français la langue officielle de l’État québécois.  Paradoxalement, depuis un bon moment déjà,  les Canadiens-français sont devenus des Québécois, Loin d'être une fermeture au monde extérieur cette désignation est une façon de dire  aux immigrants qu’ils font aussi partie du «Nous»  et cette Charte vise donc à rassembler les personnes de toutes origines.

-- Il soumet son  projet d’association à un premier référendum en 1980 15. À la fois trop explicite et complexe il sera rejeté à 59,56%  avec un taux de participation de 85,65%. Ce résultat s’explique aussi par une autre cause. Nous sommes alors en pleine effervescence féministe. Le Conseil du statut de la femme a été crée en 1973 et  il est apparu alors qu’il y avait  très peu de femmes élues au Parlement. Le Parti Québécois recrute Lise Payette, devenue féministe après avoir été larguée par son mari. Elle était  la vedette d’une émission de télévision «Appelez-moi Lise» dans laquelle son co-animateur Jacques Fauteux  faisait figure de larbin. Or, Mme Payette avait réussi, peu de temps avant le vote, à aliéner une grande partie des femmes québécoises en  affirmant que seules les femmes demeurées à la maison, sous-entendues peu futées «Les Yvette» (du nom de la femme de Claude Ryan, chef du Parti Libéral), allaient voter Non. Cette  bourde monumentale n’est qu’un des nombreux cas de dérive à mettre au compte de l’intégrisme féministe. De plus, le premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau,  avait déclaré mettre son siège en jeu afin qu'un vote de rejet du projet souverainiste ne soit pas interprété comme une approbation du statu quo, mais bien comme un vote pour le changement. Ce plaidoyer avait pesé lourdement en faveur du «non».

 - Après la défaite du référendum Trudeau déclare que le « non» victorieux signifie maintenant un refus du provincialisme et des pouvoirs distincts du Québec.  Il organise une conférence sur le rapatriement unilatéral de la constitution par  Ottawa  et dépose un plan en 1980 qui est contestée par trois provinces (Québec, ‘Manitoba Terre-Neuve). La Cour suprême autorise le rapatriement unilatéral mais il réussit à faire entériner la Loi constitutionnelle de 1982 par 9 provinces  mais non par le Québec. Toutefois le gouvernement du Québec de René Lévesque refuse de signer l’accord se sentant floué de nouveau  par Trudeau, qui  lors de la «nuit des couteaux», avec l’accord des premiers ministres des  autres provinces et à son insu, propose une réforme constitutionnelle qui fait disparaître le concept des deux nations fondatrices, le droit de veto du Québec sur tout changement à la constitution et centralise davantage les pouvoirs à Ottawa, notamment par le truchement  de la Charte des droits et libertés contenue dans cette loi.

--  Plus tard,  une tentative de dénouer cette impasse par le nouveau  Premier ministre fédéral Conservateur Brian Mulroney,  le projet d’Accord du Lac Meech 16 que le Premier ministre du Québec Robert Bourassa appuie sans réserve, s’effondre en 1990, cette fois torpillé par Jean Chrétien, qui sévit toujours au palier fédéral  et par  Terre-Neuve et le Manitoba. Lucien Bouchard, ministre de l’environnement dans le cabinet Mulroney démissionne et fonde le Bloc québécois pour assurer une meilleure représentation des intérêts québécois à Ottawa  

 

b) Les communications identitaires  

Il e#1st difficile de ne pas voir dans la Loi de 1982 de   P.E Trudeau  et dans l’échec de l’Accord du lac Meech à l’instigation  de Jean Chrétien des manœuvres honteuses  qui s’apparent à ceux «des collaborateurs», sur un autre continent à une autre époque, mais les journaux fédéralistes à grand tirage sont aussi pleutres que les députés. Ils se fichent de ce que cela aura pour effet d’écarter le parti Libéral provincial du pouvoir de 1994 à 2001. Par un heureux retour des choses le même gouvernement Jean Chrétien sera  accusé devant la Commission Gomery d’avoir versé en 2005 332 millions de dollars en commandites à des agences de publicité de 1993 à 2006 pour contrecarrer les actions du Parti québécois en faveur de la souveraineté du Québec, en échange de « contributions à la caisse électorale de ce parti.…ce qui devait l’écarter du pouvoir à son tour.

 

5 Le deuxième référendum 1995 -2000

a) Les gestes concrets de gouvernance

-  En 1995, le Parti Québécois établit le premier budget équilibré depuis 10 ans.

- Mais surtout il dépose, le 20 septembre 1995 le «Projet de Loi 1 sur l’avenir du Québec».17 Le projet de loi prévoit que la proclamation de souveraineté doit être précédée d'une offre formelle de partenariat économique et politique avec le Canada. Le gouvernement du Québec est donc tenu de proposer au gouvernement du Canada la conclusion d'un traité de partenariat économique et politique sur la base de l'entente intervenue le 12 juin 1995 entre le Parti québécois, le Bloc québécois et l'Action démocratique du Québec et reproduite en annexe au projet de loi.

---Au mois de juillet 1995, Me  Guy Bertrand s’adressait au Procureur général du Québec, Me Paul Bégin, et au Premier ministre Jacques Parizeau, pour leur demander de solliciter un avis de la Cour d’appel du Québec sur le projet de Loi no 1, Loi sur l’Avenir du Québec.

-- En octobre 1996, le député Harper, membre fondateur du Parti réformiste  dépose un  projet de loi C-341 déterminant les conditions  auxquelles un référendum sur la séparation du Québec du Canada doit satisfaire pour être considéré comme l'expression véritable de la volonté de la population du Québec».

-- En 1996  Renvoi  à la Cour suprême par de Jean Chrétien  sur ces conditions 

-- Le 20 août 1998, la Cour suprême du Canada rendait son jugement sur le Renvoi portant sur la sécession unilatérale du Québec. Dans ce jugement, la Cour suprême a retenu plusieurs des arguments soutenus par Me Bertrand devant elle, à savoir notamment

-  Un deuxième référendum en 1995 recevra une formulation plus succincte : « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995 ?» mais il n’obtiendra pas le 51%  requis par seulement  2 dixième (50,58 %) des votants, alors que les électeurs avaient voté à 93,5%.

 

b) les communications identitaires  

On doit rappeler qu’en 1995  Lucien Bouchard, le fondateur du Bloc Québécois, qui est chargé de la mobilisation de la population à cette occasion en «tant que négociateur en chef», est comparé à Hitler et le Parti Québécois au parti Nazi, par très influent The National Post. Les médias fédéralistes attachent pourtant plus d’attention à la déclaration du Premier ministre Parizeau voulant que  ce résultat  défavorable soit attribuable « à l’argent et au vote ethnique (anglophone et allophone)». Convaincu que 60% des francophones ont voté «Oui»  il conclut qu’il suffirait que 62% d’entre eux approuvent le projet que le Québec devienne indépendant  Cette déclaration a très certainement conscientisé les Québécois à propos du rôle joué potentiellement  par les communautés culturelles dans la détermination de leur destin.  Le débat n’est pas encore clos comme on peut le constater en lisant la section suivante.

 

6- La souque à la corde fédérale provinciale continue   2000-2012  

 a) Les gestes concrets de gouvernance

En effet, durant cette période, le gouvernement du Parti Québécois à Québec et le gouvernement du Parti Libéral à Ottawa, avec la contribution  du Conservateur Stephen Harper, de «l’indépendantiste» Guy Bertrand «  ont mené une guerre de pouvoir à propos des conditions de la sécession du Québec. 18

-- En 2000, adoption de la Loi sur la clarté référendaire » préparée  par Stéphane Dion  - un prof de l’Université de Montréal- qui prétendait, de ce fait, être neutre dans le débat mais qui omettait de dire qu’il était, depuis quelque temps, à la solde du gouvernement fédéral.

-- En 2000, adoption, la même année, par le gouvernement du Parti québécois, de la Loi C-99- sur l'exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l'État du Québec (chap. 46 LQ-2000)

- Il est remarquable que cette question soit demeurée sous le boisseau de 2003 à 2012, soit  durant tout le temps où le Parti Libéral du Québec a été au pouvoir. Il faut dire qu’il croyait qu’en adoptant la loi C-99 au lieu d’une résolution de l’Assemblée on aurait évité la contestation judiciaire et l’arbitrage de la Cour suprême qui a une tendance naturelle à pencher… du côté d’Ottawa. Il n’empêche  que ce parti donne nettement l’impression de se préoccuper principalement de la minorité anglophone –qui, de toute façon, est allergique au PQ-  tout en espérant récolter le support des francophones fédéralistes ou  et souhaitent une réduction de la taille de l’État.

--Toutefois, sa plus grande bévue, à ce jour, a consisté à présenter, en 2006, une politique contre le racisme par l’intermédiaire de la ministre de l’Immigration intitulée ; «Pour la pleine participation des Québécoises (sic) et des Québécois des communautés culturelles - vers une politique gouvernementale de lutte contre le racisme et la discrimination». Jamais auparavant un gouvernement dans le monde avait-il  présenté une politique sur l’immigration en postulant que sa population était raciste et pratiquait la discrimination envers les immigrants. Selon cette logique il fallait que la société d’accueil consente à des accommodements alors que les immigrants,  eux, n’avaient qu’à les réclamer pour conserver leurs identités sans aucune obligation  de leur part de renoncer à certaines pratiques de manière à mieux à s’intégrer à cette société. Une ministre, manifestement féministe et  incompétente, et un Premier ministre totalement inapte. La seule solution pour le gouvernement libéral a consisté à évacuer le sujet pour éviter des dérapages encore plus graves mais sans pour autant régler quelque problème que ce soit. Nous avons débattu de ce sujet dans quelques éditoriaux sur ce site 19 qui redeviendront d’actualité en 2012. --En 2006, le gouvernement fédéral conservateur abolit le Programme de Contestation judiciaire permettant aux minorités francophones d’avoir une aide financière devant les cours de justice, afin de défendre le droit à l’égalité des langues officielles.20

 

b) les communications identitaires  

Mis à part Le Devoir qui tient toujours le flambeau du nationalisme lorsque sa croisade féministe lui laisse un peu de loisir  il n’y a pas de média véritablement porteur de la cause nationale. Les journaux à grand tirage, fédéralistes, craignent tellement de supporter la cause nationale qu’ils omettent délibérément d’informer leurs lecteurs sur les difficultés que rencontrent leurs compatriotes dans les autres provinces à faire respecter leur droit à l’usage du français  qui sont censés leur avoir été consentis par la Loi sur les langues officielles de 1969 et la Loi constitutionnelle de 1982, de Trudeau. Selon cette dernière (art 23)  les provinces et les territoires sont tenus de fournir à leurs minorités l’enseignement primaire et secondaire dans leur langue, là où le nombre le justifie et de leur confier la gestion de ces écoles. C’est à coups de recours en justice portés jusqu’en  Cour suprême qu’ils ont réussi à obtenir quelques résultats concrets dans les maritimes mais moins que rien dans les provinces de l’ouest. 21

- Durant toute cette période jusqu’en 2012, sur la scène provinciale  le gouvernement Charest du Parti Libéral du Québec, lors de deux mandats successifs, s’est efforcé de dépouiller les manuels d’histoire de tout contenu nationaliste et religieux et de le remplacer par des documents vantant les mérites du féminisme,  la lutte à l’homophobie et  la violence à l’école.  Effectivement, durant le mouvement féministe a atteint  un sommet notamment par l’adoption  d’une «Politique sur l’égalité de fait entre les femmes et les hommes»  et de diverses mesures de discrimination positive qui toutes privilégient les femmes (pourtant dites égales) aux dépens des hommes .22  Jamais auparavant un  gouvernement n’avait-il fait fi avec autant de désinvolture de la nécessité de maintenir un sain équilibre entre les deux principales composantes de la société dans un but strictement électoraliste

-- Le 5 décembre 2012, le gouvernement  du PQ  dépose un projet de loi visant à renforcer l’usage du français dans l’espace public et à assurer une intégration réussie, en français, des personnes immigrantes. Les modifications proposées, notamment à la Charte de la langue française, consacrent le droit de vivre et de travailler en français. Mais cette législation est totalement éclipsée par le dépôt d’un projet de Charte des valeurs québécoises qui divise la population.  Le gouvernement reprend d’une autre manière le problème de l’intégration immigration non plus à partir des accommodements à consentir aux communautés culturelles mais plutôt à partir des  normes que la société d’accueil considère comme nécessaires au maintien d’une harmonie durable entre ces communautés et elle.  

 

7- Puis en octobre 2013, l

a) Les gestes concrets de gouvernance

- Le gouvernement Harper  donne son appui à une  contestation judiciaire intentée par Keith Henderson (le Parti Égalité) contre le chapitre 46 des Lois du Québec sur l’exercice des droits fondamentaux du peuple québécois. Elle conteste le seuil du 51% comme suffisant pour remporter le référendum et voudrait  le porter à 60%. Stéphane Dion est tout à fait d’accord mais Justin Trudeau exige un vote des deux tiers (66%).  23 Aux précédentes élections fédérales les Québécois, en décidant, à bon doit, de mettre un  terme à l’aventure du Bloc québécois sur la scène fédérale, avaient néanmoins raisonné comme des tambours en votant  NPD au lieu d’envahir le Parti Conservateur justement pour l’empêcher de faire des conneries semblables.

-- Tous les candidats à la mairie de Montréal se prononcent contre la Charte des valeurs québécoises démontrant ainsi à quel point  certains  Québécois de souche ont justement perdu leurs racines et sont près à toutes les bassesses pour récolter quelques votes. 24

b) les communications identitaires  

-- Par ailleurs, il faut bien constater que divers chroniqueurs de principaux ont été divisés à propos de cette Charte.  Ce sont, toutefois, un  groupe d’une vingtaine de féministes dirigées par Jeannette Bertrand et Julien Snyder qui ont surtout retenu l’attention. Elles se sont, en quelque sorte, approprié la démarche gouvernementale en transformant  un débat sur l’intégration des immigrants - un  problème sociétal- en  une autre croisade en faveur de l’égalité des femmes en décrétant que les musulmanes qui portent le voile sont, soit «folles» (Denise Filiatrault) soit dominées par leurs maris.  

 

Conclusion

Sous la poussée de l’industrialisation,  de l’urbanisation et de la démocratisation de l’éducation :

a) la réduction très sensible de l’influence de l’Église catholique dans les établissements de santé et d’éducation (en fait, leur déconfessionnalisation), la mise à l’écart de la famille traditionnelle qui imprimaient  autant des liens de solidarité que des obligations sociales entre les individus;

b) le remplacement de ces dernières par la pensée féministe, le laïcisme et  l’hédonisme qui  fractionnent la société, respectivement, en deux et en milliers d’individus et en conséquence ;

c) la baisse continue du taux de natalité des francophones de souche dans le sillon de la libération économique de la femme, la hausse continue du taux de divortialité, l’entrée continue et significative (50,000 et + /année) d’immigrants de diverses origines qui sont encouragés par la philosophie multiculturaliste et la Charte des droits du Canada à conserver leurs caractéristiques linguistiques et religieuses  et comportements sociaux favorisant ainsi l’émergence de quartiers ou mêmes de  ghettos  «culturels ».  

d) la disparition des émissions rassembleuses, des conférences savantes ainsi que des  débats d’affaires publiques par des personnes informées et  leur remplacement  par  la madamisation des médias, de nombreux spectacles d’humour, des reportages émotifs, une information continue sans mise en contexte et par la diversification des moyens de communications individuels (ordinateur portables, téléphones intelligents, tablettes) qui amassent les informations mais ne les ordonnancent pas. L’intelligence et la sagesse  sont encore nécessaires pour faire le tri.

e) la multiplication et la diversification des réseaux spécialisés d’information et l’universalisation de la Toile qui se sont conjugués de telle manière que les membres d’une même famille communiquent de moins en moins entre eux famille  mais  sont plutôt des participants à des  réseaux sociaux grâce auxquels ils peuvent «réagir» (superficiellement et anonymement) à toutes sortes d’ informations  et, à l’occasion, se mobiliser pour des causes qui les concernent plus ou moins , au besoin,  taper sur  des  casseroles,  sans nécessairement avoir une compréhension minimale du contexte historique des problèmes  et  des enjeux;

d) la mise à mal des politiciens aux trois paliers de gouvernement par la révélation de diverses pratiques de collusion, de corruption, de malversation  de fonds publics et le racolage des divers publics  (famille, agriculteurs, jeunesse, troisième âge,  femmes, communautés culturelles etc..).

L’ensemble de ces facteurs  ne semble pas favoriser l’affirmation des caractéristiques de la majorité. 

Bref  

-- Les Québécois qui, légitimement, désirent poursuivre leur remarquable parcours de société  distincte, de nation, ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Cela dit, ils  ont évidemment intérêt à entretenir  des relations stratégiques et amicales avec d’autres États.

-- Ils n’ont pas, à ce jour, réussi leur séparation de velours parce que plusieurs sont conscients, que leur économie n’a pas  toute la vigueur requise puisqu’encore en 2012  ils bénéficient annuellement de la péréquation fédérale à la hauteur de  7.4 milliards $ (la moitié des 15 milliards versés au Canada). Ils devront donc se préoccuper de manière soutenue de l’essor économique et scientifique  et, en conséquence,  adopter des mesures qui favorisent l’entreprenariat, l’innovation la recherche et  la venue du capital ainsi qu’une  gestion  serrée des finances publiques et des méthodes de régulation  axées sur l’explicitation aux entreprises des normes précises à respecter suivie d’inspection  plutôt que sur des règlements et des  contrôles tatillons.   

--  Ils parlent la douzième langue la plus parlée au monde et sont d’autant  légitimés d’en faire le principal ’instrument de communication et d’intégration sur leur territoire mais qu’ils doivent aussi savoir exploiter cet atout dans les autres pays en resserrant les liens culturels et économiques;.

-- L’intégration linguistique, culturelle et économique des immigrants, même venant de pays francophones, est une des conditions majeures de la pérennité de cette société. À cet égard, Il lui faut d’abord décider de la philosophie qui orientera ses pratiques. À ce sujet on semble reconnaitre l’existence de deux approches : une qui veut que la société d’accueil favorise la conservation par les membres des communautés immigrantes de diverses règles religieuses, culturelles et sociales  et une autre qui croit que ces personnes ont quitté leur pays notamment parce qu’elles se sentaient contraintes par ces diverses règles sociales ne peuvent exiger de appliquer  ici dans un milieu qui a  précisément réduit ces règles au minimum, notamment  pour faciliter leur intégration.

____

(1)http://www.wikiquebec.org/Le_territoire_du_Qu%C3%A9bec_souverain#Le_territoire_de_1867 Voir aussi http://bv.alloprof.qc.ca/histoire/histoire-et-education-a-la-citoyennete-(2e-cycle-du-secondaire)/l'emergence-d'une-societe-en-nouvelle-france-(1534-1760)/la-societe-en-nouvelle-france-vers-1645.aspx

(2) Laurier 1896-1908-,St-Laurent 1949-1953- Trudeau 1968-1974- Mulroney 1984-1988

(3) Il y a une sérieuse divergence  quant à l’identité du fondateur de la  Gazette de Québec. Ainsi  selon cette source http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Quebec_Chronicle-Telegraph --  William Brown fonde en 1764  The  Quebec Gazette, le plus vieux journal d'Amérique du Nord toujours existant. Originellement bilingue français/anglais, 1873, il fusionne avec le Morning Chronicle et devint the Quebec Chronicle and Quebec Gazette.

Selon une autre source  «La Gazette du commerce et littéraire, pour la ville et district de Montréal» 1778 -79  Un journal  français à l’origine il devient bilingue The Montreal Gazette / La Gazette de Montréal, en   1785, bilingue puis unilingue anglais The Gazette  1822 sera identifié aux intérêts anglophones en lutte contre le projet d’indemnisation  des Patriotes . De très bonnes âmes quand on sait que les révolutionnaires du Haut--Canada avaient, eux, été indemnisés

(4) «Le samedi 17 mars 1810, trois membres du conseil exécutif, Thomas Dunn, François Baby et John Young signent un warrant (mandat d'arrêt) contre l'imprimeur Charles Lefrançois http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Canadien_(journal)

(5)  http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pagesThematiques.jsp?theme=23

1903

Première parution du journal «Le Canada»

1904

Parution du premier numéro du journal «Le Nationaliste

1907

Fondation du journal «L'Action sociale catholique»

1910

Première parution du journal «Le Pays»

1910

Fondation du journal «Le Devoir»

1910

Fondation du journal «La Tribune» à Sherbrooke

1913

Publication du quotidien «Le Droit» à Ottawa

1916

Fondation du journal « Le monde ouvrier»

1917

Fondation de «L'Action française»

1920

Publication du journal «Le Matin»

1920

Fondation du journal «Le Nouvelliste» à Trois-Rivières

1941

Première publication du «Montréal-Matin»

1964

Fondation du «Journal de Montréal»

1967

Fondation du «Journal de Québec»

1974

Parution du quotidien souverainiste «Le Jour»

(6) Tomes déjà parus

Tome I (1764-1805)  : « La voix française des nouveaux sujets britanniques », sous la direction de Maurice Lemire, Presses de l'Université Laval, 1991, 498 p. (lauréat du prix Raymond-Klibansky en 1992) Lire le résumé

Tome II (1806-1839) : « Le projet national des Canadiens », sous la direction de Maurice Lemire, Presses de l'Université Laval, 1992, 587 p. Lire le résumé

Tome III (1840-1869) : « Un peuple sans histoire ni littérature », sous la direction de Maurice Lemire et Denis Saint-Jacques, Presses de l'Université Laval, 1996, 671 p. Lire le résumé

Tome IV (1870-1894) : « Je me souviens », sous la direction de Maurice Lemire et Denis Saint-Jacques, Presses de l'Université Laval, 1999, 669 p. (finaliste du prix Raymond-Klibansky en 2000-2001) Lire le résumé

Tome V (1895-1918) : « Sois fidèle à ta Laurentie », sous la direction de Denis Saint-Jacques et Maurice Lemire, Presses de l'Université Laval, 2005, 680 p. Lire le résumé

 

Tome VI (1919-1933) : « Le nationaliste, l'individualiste et le marchand », sous la direction de Denis Saint-Jacques et Lucie Robert, Presses de l'Université Laval, 2010, 748 p. Lire le résumé

(finaliste au Prix du Canada en sciences humaines 2012)

http://www.crilcq.org/recherche/histoire/vie_litteraire_qc.asp

(7) Répertoire des textes polémiques au Québec

La vie littéraire au Québec; Gens de Parole, Conférences publiques, essais et débats à l’Institut Canadien de Montréal 1845-1871 ; Histoire sociale des idées au Québec (1760-1960). Volume I : Un goût de clairière, 1760-1896 ; Histoire sociale des idées au Québec (1896-1929). Volume II ; Histoire générale du cinéma au Québec, Traité de la culture et Dictionnaire encyclopédique et historique des patriotes 1837-1838.

http://www.crilcq.org/recherche/histoire/textes_polemiques.asp

(8) Le projet national (1763-1895)

Louis-Joseph Papineau, Patrice Lacombe, François-Xavier Garneau, Octave Crémazie, Philippe Aubert de Gaspé, père, Philippe Aubert de Gaspé, fils, Pamphile Lemay, Louis Fréchette, Eudore Évanturel, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Laure Conan, Arthur Buies, Honoré Beaugrand, Edmond de Nevers, Nérée Beauchemin, William Chapman

http://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_qu%C3%A9b%C3%A9coise

Le terroir

Les romans du terroir prônent quatre grandes valeurs : la terre (agriculture), la famille, la langue et la religion. Le terroir idéalise la vie terrienne. Ce type de roman est surtout axé sur la continuité, les traditions et la transmission des valeurs. On peut difficilement leur reprocher d’être de leur époque.

Camille Roy, Adjutor Rivard, Frère Marie-Victorin, Louis Hémon, Lionel Groulx, Alfred Desrochers, Albert Laberge, Blanche Lamontagne-Beauregard, Henriette Dessaulles, Harry Bernard, Damase Potvin, Albert Ferland, Adélard Dugré, Pamphile Lemay, Ulric Gingras, Alphonse Désilets, Nérée Beauchemin et Rodolphe Girard

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_du_terroir

(9)  http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/maurice-le-noblet-duplessis

(10) Jean-Charles Harvey, Les Demi-Civilisés, Montréal, Éditions du Totem, 1934, 223 pages.

À cause de la publication de cet ouvrage «Jean-Charles Harvey, qui avait ses entrées auprès du premier ministre, perdit sa fonction de directeur du Soleil. Il dut signer un papier dans lequel il désavouait son roman, Que voulez-vous, il avait six enfants à nourrir! (…). La recherche du plaisir est le but de plusieurs personnages. Cette pratique de l’hédonisme sans remords heurtait de plein fouet la morale judéo-chrétienne de l’époque, il va sans dire.(…). C’est toujours mièvre, même si, ici, les personnages font preuve de beaucoup de liberté sexuelle.(..)». Il vilipende le clergé, osant dire qu’il est riche, vénal, qu’il maintient le peuple dans l’ignorance : (…) Il attaque les petits politiciens véreux, les bourgeois qui n’ont aucune vie intellectuelle : Tout compte fait, ce qu’il dénonce, c’est une société qui ne pense pas, qui n’a pas de culture, une société à l’esprit anémique, qui se replie sur son histoire et ses églises, qui se répand en courbettes devant les colonisateurs ».  http://laurentiana.blogspot.ca/2009/03/les-demi-civilises.html

Note  En somme Jean-Charles Harvey a subi le même sort que  le lobby féministe a fait subir à Roch Côté, auteur du «Manifeste d’un salaud» qui s’attaquait aux mensonges  de ce lobby.  Il a  du aussi  faire amende honorable pour se trouver un emploi. En somme, la grande noirceur féministe n’a rien à envier à la soi-disant grande noirceur duplessiste.

(11)  Germaine Guèvremont, Claude-Henri Grignon, Félix-Antoine Savard, Ringuet, Anne Hébert, Saint-Denys Garneau, Alain Grandbois, Rina Lasnier, Clément Marchand, Roger Lemelin, Gabrielle Roy, Yves Thériault, Félix Leclerc, Isabelle Legris, Claire Martin, Jean-Charles Harvey, , Léo-Paul Desrosiers, André Langevin, Gérard Bessette, Gratien Gélinas, Marcel Dubé, Paul-Émile Borduas, Robert Élie, Robert Charbonneau, André Giroux, Claude Gauvreau, Rex Desmarchais, Gilles Hénault, Jean Le Moyne, et trois auteurs juifs montréalais  Mordecai Richler, A.M. Klein, Irving Layton centrés sur leur communauté.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_qu%C3%A9b%C3%A9coise

(12) http://www.vigile.net/1968-au-Quebec  Jean-Simon Gagné

(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_la_langue_fran%C3%A7aise

(14) Gaston Miron, Réjean Ducharme, Hubert Aquin, Marie-Claire Blais, Jacques Ferron, Jacques Poulin, Roch Carrier, Georges Dor, Jacques Godbout, Michel Tremblay, Jacques Renaud, Victor-Lévy Beaulieu, André Major, Jacques Brault, Paul-Marie Lapointe, Gatien Lapointe, Paul Chamberland, Fernand Ouellette, Roland Giguère, Alphonse Piché, Jean-Guy Pilon, Françoise Loranger, Jean-Claude Germain, Jean Barbeau, Michel Garneau, Fernand Dumont, Pierre Vadeboncœur, Pierre Vallières, Jean Bouthillette

http://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_qu%C3%A9b%C3%A9coise

 (15) « Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada ? 

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_de_1980_au_Qu%C3%A9bec

(16) LAccord proposait essentiellement cinq modifications à la Constitution canadienne :

1.                   Une reconnaissance du Québec comme société distincte et de l'existence des faits français et anglais ;

2.                   Que le Québec et les autres provinces disposent d'un droit de veto à l'égard de certains amendements importants à la Constitution ;

3.                   Le droit de retrait d'une province, avec compensation, de tout programme initié par le gouvernement fédéral dans un domaine de compétence provinciale ;

4.                   Une reconnaissance accrue des pouvoirs provinciaux en immigration ;

5.                   Que les trois juges québécois de la Cour suprême du Canada soient nommés par le gouvernement fédéral sur proposition du gouvernement du Québec

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_du_lac_Meech

(17)   http://biblio.republiquelibre.org/Loi_sur_l%27avenir_du_Qu%C3%A9bec

Projet de loi no 1 - Loi sur l'avenir du Québec

Parlement du Québec

première session, 35e législature, 20 septembre 1995

 

(18) En octobre 1996, le député Harper, membre fondateur du Parti réformiste  dépose un  projet de loi C-341 déterminant les conditions  auxquelles un référendum sur la séparation du Québec du Canada doit satisfaire pour être considéré comme l'expression véritable de la volonté de la population du Québec».

En 1997, le gouvernement Chrétien confie à son ministre des affaires intergouvernementales Stéphane Dion le soin de gérer ce dossier, afin de déterminer les actions à prendre au cas où un autre référendum sortirait gagnant. La solution retenue est de demander l'avis de la Cour suprême sur trois questions « 1. L’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec peut-il, en vertu de la Constitution du Canada, procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »

« 2. L’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec possède-t-il, en vertu du droit international, le droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? À cet égard, en vertu du droit international, existe-t-il un droit à l’autodétermination qui procurerait à l’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec le droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »

« 3. Lequel du droit interne ou du droit international aurait préséance au Canada dans l’éventualité d’un conflit entre eux quant au droit de l’Assemblée nationale, de la législature ou du gouvernement du Québec de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »

Le 20 août 1998, la Cour suprême dépose le Renvoi relatif à la sécession du Québec, en réponse à ces questions. Selon la Cour, la Constitution repose sur des principes — le fédéralisme, la démocratie, la primauté du droit, et le respect des minorités — qui permettent d'affirmer qu'il y a obligation pour le Canada de négocier. Le Québec ne peut cependant pas invoquer le droit des peuples à l'autodétermination, car il « ne constitue pas un peuple colonisé ou opprimé Toutefois, lorsqu'une province exprime par référendum la volonté de se séparer, le gouvernement fédéral et les autres provinces ont l'obligation constitutionnelle de négocier avec elle. La Cour pose deux conditions à cette obligation : la question posée au référendum doit être claire et le résultat du référendum doit être clair. Les parties ont en outre l'obligation de négocier de bonne foi.

À la suite de ce jugement, Stéphane Dion élabore le projet de loi C-20[6] qui porte uniquement sur les conditions de « clarté » préalables à toute négociation. Cette loi sur la clarté sera adoptée le 29 juin 2000.

En vertu de cette loi, une question référendaire claire et une majorité claire constituent des conditions sine qua non afin que le Canada accepte de négocier bilatéralement les modalités de sécession de l'une de ses provinces.

En ce qui a trait à la question posée, la loi prévoit que, dès divulgation de la question posée au référendum, la Chambre des communes du Canada l'examine et détermine si elle est claire et permet à la population de la province de déclarer clairement sa volonté de cesser de faire partie du Canada et devenir un État indépendant. Une question portant uniquement sur l'ouverture de négociations ne serait pas acceptable.

En ce qui concerne une majorité claire, la Chambre des communes doit considérer plusieurs facteurs : « a) l’importance de la majorité des voix validement exprimées en faveur de la proposition de sécession; b) le pourcentage des électeurs admissibles ayant voté au référendum; c) tous autres facteurs ou circonstances qu’elle estime pertinents. »[7] Elle prend en compte les avis exprimés par les partis politiques de la province, les peuples autochtones et les diverses entités gouvernementales du Canada.

En vertu de cette loi, une question référendaire claire et une majorité claire constituent des conditions sine qua non afin que le Canada accepte de négocier bilatéralement les modalités de sécession de l'une de ses provinces.

En 2000 également

Le gouvernement du Québec réagit  en adoptant la loi 99, Loi sur l'exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l'État du Québec[8].

Cette loi, qui s'inspire également de l'arrêt de la Cour suprême du Canada, est sanctionnée le 13 décembre 2000 Il s’agit du chapitre 46 des Lois du Québec -2000». Elle met l'accent sur le droit à l'autodétermination des peuples en vertu du droit international public. Elle énonce qu'une majorité simple de 50% des voix plus une, constitue une expression claire au droit du peuple québécois de disposer de lui-même. Elle revendique aussi le droit à l'intégrité territoriale de la province de Québec. Cette loi reconnaît aussi le respect des droits de la minorité québécoise d'expression anglaise et des premières nations autochtones du Québec. Enfin, dans les dispositions finales de cette loi, l'article 13 répond clairement à la loi fédérale canadienne sur la clarté référendaire en énonçant : « Aucun autre parlement ou gouvernement ne peut réduire les pouvoirs, l'autorité, la souveraineté et la légitimité de l'Assemblée nationale ni contraindre la volonté démocratique du peuple québécois à disposer lui-même de son avenir »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_sur_la_clart%C3%A9_r%C3%A9f%C3%A9rendaire

(19) E-8-(06) - La lutte au racisme une forme plutôt hypocrite d'électoralisme (novembre 2006) E--1-(07)- La consultation du gouvernement sur la lutte au racisme et le débat sur les accommodements raisonnables E-2- (07) - Les accommodements raisonnables; Lise allume le feu et Jean doit I'éteindre  février 2007)
(20)http://fr.wikipedia.org/wiki/Bilinguisme_au_Canada

(21) ibid

(22)  A. Gélinas «L’égalité de fait entre les femmes et les hommes – un piège à cons» et «La discrimination positiveprivilèges aux femmes, injustices envers les hommes » Copiexpress -2008

(23)http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2013/10/19/002-ottawa-conteste-loi-99.shtml#

Le Journal de Québec 21 octobre 2013 p.9 et http://www.ledevoir.com/politique/quebec/371380/ trudeau-s-attire-les-foudres-de-quebec?commentaire_limit=0

(24)ttp://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2013/09/10/005-marcel-cote-charte-valeurs-femmes-reactions.shtml#!

Denis Coderre  «On ne doit pas hiérarchiser les droits, mais si la Charte passe, j'irai devant les tribunaux comme maire. On ne peut pas se définir comme une métropole fondée sur la diversité culturelle avec en mains une charte qui dit que l'intégration, c'est l'uniformité.  On va travailler pour s'assurer que cette charte-là ne voit pas le jour. Malgré tout, si elle passait, c'est sûr que l'exemption serait appliquée.

Marcel Côté  « Ce n'est pas une grande journée pour le Québec aujourd'hui et pour Montréal. C'est une véritable gifle. Il ne faut pas oublier qu'à Montréal, 40% de la population est soit née à l'étranger, soit de minorité visible. Il y a beaucoup de ces gens-là qui portent le turban, portent le voile, la kippa. Ces gens-là ont des droits, on les respecte. Il n'y a pas de problème à Montréal ».

Richard Bergeron« J'estime malheureux que l'accès à l'emploi qui est le mode d'intégration par excellence des nouvelles communautés, tout particulièrement des femmes, soit désormais limité puisque l'on parle de l'emploi dans le secteur public, les écoles primaires, les écoles secondaires, les CPE

Mélanie Joly On trouve que la démarche gouvernementale ne sert en rien Montréal. Montréal est un exemple d'harmonie et la charte ne va que diviser la population. Dans le contexte de notre administration, il est évident qu'une des premières résolutions que nous allons adopter c'est de nous soustraire par rapport à cette charte