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LI-(13)-2 La Charte des valeurs québécoises. Quand la direction d'un hôpital de Toronto donne une leçon sur les signes religieux au Québec

 mais ne les met pas elle-même en évidence   (2013)

 

HOMME

D'AUJOURD'HUI

accueil

 

 

 

1-Un hôpital ontarien se sert de la Charte des valeurs pour recruter...

 «TORONTO - Un hôpital de l'Ontario se sert des restrictions sur les signes religieux envisagées dans la charte des valeurs québécoises pour faire du recrutement d'infirmières et de médecins.

Une publicité en ce sens du centre hospitalier Lakeridge Health, situé à Oshawa, se retrouve dans le journal étudiant de l'université montréalaise McGill. L'annonce montre une professionnelle de la santé portant le hijab avec un message en anglais qu'on pourrait traduire par: «On ne se soucie pas de ce qui recouvre votre tête, mais de ce qui est dans votre tête». 1

 2- Deux animateurs de radio de »Québec commentent la nouvelle

 Stéphane Gasse, et Josée Morissette, animateurs à Radio X 98,1 Québec, croient nécessaire de commenter cette nouvelle  au cours de leur émission  l’après -midi du 12 septembre,  au moment  où  se tient le débat sur la Charte des valeurs québécoises. Le premier s’émerveille de l’à propos et de la qualité de cette initiative ontarienne. Il craint aussi le départ  de plusieurs médecins du Québec pour l’Ontario alors «que nous en avons tant besoin» et il s’émeut des effets que cette publicité va avoir dans le reste du Canada. La seconde s’émerveille de la beauté de la jeune fille et de son foulard (qui n‘est pas noir ou brun mais bien rose).

On a manifestement affaire à deux flèches qui ont longuement réfléchi à la question et on se dit qu’avec des phares comme ceux-là  le gouvernement du  Québec ne pourra  prendre que des décisions  éclairées lorsque viendra le temps de légiférer.    

 

3-  La première question à se poser est pourtant très simple. Est-ce que la direction de l'hôpital qui conteste l’intention du Québec de parfaire la  laïcisation des services de l’État en exigeant une  neutralité religieuse apparente de ses employés  donne elle-même l'exemple de ce qu’elle prêche ?

 Lorsqu'un hôpital dit rechercher des personnes qui affichent leur appartenance à une religion, on doit s'attendre à  ce que le port ostentatoire de signes religieux ne soit pas uniquement le fait d'employés subalternes mais également de la direction  car il a, alors, une valeur exemplaire. Autrement on serait porté à croire qu'il ne fait que de l'esbroufe.  

Or, il est très  facile, grâce à Internet, 2 de connaître l’identité des dirigeants de l’hôpital ontarien en question, du responsable de la rédaction de ce tract de propagande et du même coup de déterminer  si ces dirigeants  sont eux-mêmes des exemples de ce qu’ils  prêchent.

  a)L’équipe dirigeante (leadership team) de l’hôpital Lakeridge

Kevin Empey

Dr. Stone

Lisa Shiozaki

Dr. Guppy

Kevin Empey, President  & CEO

Dr. Tony Stone, Chief of Staff

Lisa Shiozaki, Executive Vice President & Chief Nursing Executive

Dr. Barry Guppy, Vice President, Medical Affairs

Natalie Hovey

Tom McHugh

Darrell Sewell

Ashif Damji

 Natalie Hovey, Vice President Finance & Information Management

 Tom McHugh, Vice President Clinical Services and Regional Cancer Services

 Darrell Sewell, Vice President Human Resources & Hospitality Services

 Ashif Damji, Senior Director Strategy and Performance

 

Aaron Lazarus

  • Le responsable Aaron Lazarus  
  • Executive Director, Communications at Office of the Premier of Ontario
  • Director, Issues Management and Legislative Affairs at Office of the Premier of Ontario
  • An Ontario hospital is turning Quebec's proposed restrictions on religious clothing in the... ... said hospital spokesman Aaron Lazarus.

 

Aaron Lazarus, Senior Director Communications

b)  Or, on observe un écart assez significatif entre la parole et la réalité.  Dans cet hôpital, un soi-disant paragon de la vertu multiculturelle :

--  un seul des dix membres de la direction  n’est pas blanc et trois ne sont pas d’origine anglo saxone.

-- aucune femme ne porte le voile  et ne semble provenir de pays où le foulard se porte par motif religieux

--  aucun homme ne porte le turban, la barbe  touffue ou la kippa

-- le responsable de ce coup publicitaire s’appelle Aaron Lazarus et il ne porte pas la kippa. Cet ancien membre du cabinet du Premier ministre de l’Ontario devait s’ennuyer de l’action politique. Cela dit, sa tactique est plus subtile que les condamnations fracassantes du B'nai Brith. Il n’empêche que cette petite personne a  floué ses collègues en les impliquant, malgré eux, dans une démarche insidieuse. On peut penser qu’ils exigeront dorénavant de lire les communiqués de M. Aaron avant qu'ils ne soient publiés.    c) Il serai temps que l'on mette fin à ce discours insidieux qui se limite à  dire que le port d'insignes religieux fait partie intrinsèque de la liberté de religion. La liberté de religion c'est d'abord la possibilité de choisir la religion que l'on veut et deuxièmement,  de la pratiquer sans entrave chez soi et dans des lieux de culte mais aussi, enfin, de manifester son adhésion dans des manifestations dans des endroits publics après entente avec les autorités pour ne pas nuire aux activités des autres citoyens .

d) Le port d'insignes religieux apparents est, dans les faits, un symbole de ralliement pour les coreligionnaires, un instrument d'intégration à une société par le biais d'une communauté mais aussi, du même coup, un outil de prosélytisme auprès des autres personnes. En effet, sur un plan global, il constitue également, un facteur de division et de provocation pour les personnes qui ne partagent la foi en question. C'est un fait  que la jonction des deux phénomènes a donné lieu depuis des siècles, et encore aujourd'hui  à des querelles entre les diverses religions, dont plusieurs ont résulté en des guerres sanglantes. Les personnes qui ont quitté ces pays justement parce qu'elles en avaient assez de ces rivalités religieuses devraient être les premières à reconnaître le besoin de réduire ces frictions, notamment en permettant à tous d'être servis par un État neutre et équitable, c'est-dire-, dont les agents ne sont pas habilités à manifester ni leurs croyances politiques ni leurs croyances religieuses par des signes apparents.       

e) Il est quand même ironique, pour ne pas dire blessant, qu’une société qui a renoncé à la confessionnalisation de ses écoles, hôpitaux et fonctions publiques et, veut maintenant, mettre fin  à l’ostentation de sa foi très majoritaire dans ces institutions, pour ne pas heurter les autres croyances de ceux qu’elle accueille comme immigrants, soit aujourd’hui accusée de xénophobie et de racisme  précisément par ces derniers qui eux exigent de pouvoir donner libre cours à leur prosélytisme dans ces  mêmes institutions.  

f) Il est doublement ironique que cette critique du comportement québécois provienne d'une communauté qui entretient à Montréal un hôpital religieux (L'hopital Juif) qui est subventionné par les fonds publics et qui oblige ceux qui y travaillent à ne manger que de la viande kasher. Il y a des limites à jouer les victimes  pour ensuite réclamer des privilèges identitaires.    

g) Et qu'arrive-t-il si, comme on  le voit dans de nombreux pays, le port de signes religieux ostentatoires devait provoquer ici des heurts (souvent sanglants) entre des communautés?  On demandera l'avis de la Cour suprême avant de supplier les corps de police de protéger les autres citoyens et leurs biens. 

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(1)http://www.lapresse.ca/actualites/national/201309/12/01-4688709-un-hopital-ontarien-se-sert-de-la-charte-des-valeurs-pour-recruter.php

(2)http://www.lakeridgehealth.on.ca/en/aboutus/leadershipteam.asp