LM-01 Louis Cornellier, un  vaillant défenseur de la libre circulation des idées au fameux journal Le Devoir ? (2009)

 

 
 

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Dans l’article, dont nous reproduisons de larges extraits ci-dessous, Cornellier nous amène à penser qu’il est  l’un des preux défenseurs de la libre circulation des idées. On n’en attend rien de moins de la part d’un chroniqueur du journal Le Devoir. L’ennui est que ce monsieur agit tout à fait dans le sens contraire de ce qu’il prône. Ce n’est pas exactement ce que l’on attend d’un modèle. Voyons d’abord ce qu’il déclare.

C comme dans confusion

Louis Cornellier    par Louis Cornellier  Article mis en ligne le 4 novembre 2009 à 7:05

 

«Connaissez-vous la Génération C? C’est le nom par lequel certains analystes sociaux désignent les 12-24 ans, sous prétexte qu’il s’agirait d’une génération de la communication, de la collaboration et de la création. Sa caractéristique principale, au fond, serait sa familiarité avec les nouvelles technologies de l’information.

Or, s’il est vrai que les 12-24 ans sont friands de téléphones cellulaires, d’Internet et de lecteurs MP3, sont-ils pour autant plus communicateurs, collaborateurs et créatifs que leurs prédécesseurs? Les moyens, bien sûr, ont changé, mais les contenus se sont-ils vraiment améliorés? Avoir l’oreille collée en permanence sur un cellulaire pour échanger des banalités avec un absent peut-il être considéré comme un progrès de la communication?

Papillonner sur Internet rend-il plus créatif que de lire livres et journaux? On peut en douter.  On peut surtout douter de la perspicacité des excités de la technologie qui incitent toute la société à se soumettre à ce qu’ils qualifient de « révolution ». Dans la revue L’Actualité du 15 novembre 2009, on évoque la « génération piton » et l’éditorialiste Carole Beaulieu plaide en faveur d’une adaptation de l’école à cette nouvelle réalité. Son texte, intitulé « Bye-bye école du 17e siècle! », reprend tous les clichés qui ont cours à ce sujet. (…)

Ce qu’offrent les cours traditionnels, en effet, ce sont bien sûr des savoirs, mais surtout l’art d’organiser ces savoirs, la capacité de distinguer l’essentiel de l’accessoire, de faire la différence entre des savoirs fondés sur du solide et des opinions gratuites ou intéressées. Internet est certes un réservoir inépuisable de références, comme les bonnes bibliothèques d’ailleurs, mais, fréquenté sans guide, il peut rapidement devenir le lieu de toutes les dérives. Cette technologie a donc ses vertus, mais elle ne remplacera jamais la présence d’un enseignant compétent, en chair et en os, qui se fait le garant d’une exploration encadrée du savoir.

Dans Le culte de l’amateur (éditions de L’Homme, 2008), Andrew Keen, spécialiste des nouvelles technologies, déplore le fait que l’engouement pour Internet est en train de tuer la culture en mettant sur un pied d’égalité les productions intellectuelles des amateurs et celles des spécialistes. « Au lieu d’utiliser Internet pour nous informer et nous cultiver, écrit Keen, nous cherchons à faire nous-mêmes la nouvelle, à devenir des objets de culture. » Trop souvent, on n’y fait plus la distinction entre le blogueur improvisé et l’expert informé. Toutes les opinions y sont considérées comme équivalentes. (…) Manquent-ils d’information? Non, explique le politologue Christian Dufour dans La Presse du 27 octobre dernier, ils en ont trop! Ils se sont souvent informés sur Internet, sans se préoccuper de la qualité de leurs sources. Aux informations des experts rapportées par les médias traditionnels sérieux (on ne parle pas, ici, de Denis Lévesque de LCN), ils ont opposé les élucubrations de quelques charlatans lues sur Internet. « On voit pourtant dans cette affaire qu’il ne suffit pas que les gens soient informés, explique Dufour, encore faut-il qu’ils disposent du minimum de jugement ou de formation leur permettant d’évaluer les diverses informations qu’ils obtiennent, en ne mettant pas tout sur le même pied. »  Or, ce jugement et cette formation, aucune technologie n’est en mesure de les fournir aux jeunes, de même qu’aux vieux, eux aussi embarqués dans la tendance C. Comme hier, c’est encore sur la voix humaine des professeurs, des journalistes et des experts compétents qu’il faut compter pour les acquérir. »

Commentaires

Tout le monde a reconnu le discours sur la «tête bien faite » entendu au cours classique; son père a dû lui en parler. Effectivement, l’accumulation d’informations est vaine si elle n’est pas organisée et  il est aussi exact que c’est la tâche des enseignants et experts mais également des journalistes de fournir les cadres de référence propres à intégrer utilement ces informations. On note, cependant, que les parents sont ici complètement évacués du décor. Il est vrai que cela n’a guère de conséquences puisque les mères qui se glorifient d’être indignes et les pères que l’on accuse d’être absents ont été largués lorsque l’on a introduit les compétences transversales. 

Les enseignants et experts

Malheureusement, depuis des années au Québec  les seuls enseignants qui se soient fait entendre ont été les leaders syndicaux pour toujours réclamer l’abolition des subventions aux écoles privées et  des ressources supplémentaires pour le secteur public. Pas de critique soutenue de l’échec de la réforme Marois, de l’absence mesures appropriées  pour contrer  le décrochage scolaire des garçons etc. Il n’y a pas d’ordre professionnel –à cause du refus des syndicats- de sorte que la qualité de l’enseignement est laissée aux pédagogues qui se préoccupent bien davantage de la violence à l’école et de l’homophobie que des capacités cognitives. Quant aux experts, il s’adonne que ce sont toujours les mêmes que l’on voit aux émissions dites d’affaires publiques (en fait, il n’y a plus que  celle de Bazzo). Il nous semble pourtant que l’expertise universelle est une antinomie.

Les journalistes

On comprend que M. Cornellier se considère comme un des guides dont le groupe C aurait besoin. Toutefois, il est assez étonnant qu’il s’en prenne au réseau Internet et aux blogueurs alors qu’il entretient son propre blogue  sur www.laction.com.  Il va sans doute publier bientôt dans Le Devoir un classement des blogues par ordre de compétence (i.e. niveau de densité de social-démocratie, de féminisme, de syndicalisme …) 

Cela dit, il a raison de déclasser Denis Lévesque à LCN  en tant qu’expert dans l’univers des  médias traditionnels. Comme nous allons le voir ce monsieur a effectivement peu de classe. Pourtant, ces deux personnages ont quelque  chose en commun. Ils ont tous les deux refusé de traiter des deux ouvrages que j’ai rédigés «L’égalité de fait entre les femmes et les hommes, un piège à cons» et  «La discrimination positive, privilèges aux femmes et injustices envers les hommes » 

M. Cornelier nous a écrit: «Monsieur, Désolé, mais je ne suis pas intéressé par vos livres. Votre combat n’est vraiment pas le mien.». Ce à quoi nous avons répondu «Je suis heureux que vous ayez mis si peu de temps à me répondre. De toute évidence, vous n'avez pas pris la peine de lire ni les tables des matières ni le cv car vous auriez compris qu'il ne s'agit pas d'un combat mais d'une analyse tout à fait légitime d'une pensée qui gouverne le Québec depuis près de 40 ans. Apparemment c'est trop demander que de souhaiter que ceux qui forment le 4ième pouvoir s'y arrêtent quelques instants. Manifestement il faut plus de couilles pour en traiter dans votre grand journal d'idées que pour l'écrire.  Grand seigneur, il répondit : «Je vous laisse à vos «couilles», Monsieur Gélinas. Louis C»

 Mais comment peut-on encore considérer Le Devoir  comme un journal d’idées alors qu’il rejette toute critique du féminisme auquel il est manifestement inféodé.  Il n'a peut-être pas le choix s'il veut continuer de pouvoir payer ses factures et nous ne blâmons personne de chercher à se tirer d'affaires.  Il n’empêche  que Cornellier, pour garder son emploi, trahit le rôle qui lui est imparti, soit celui de critique littéraire, et il est assez indécent  de sa part de se présenter  comme un  maître à penser  

Quant à Denis Lévesque  nous avons échangé la correspondance suivante

Le 22 mai

«Il y a quelque temps je vous ai fait parvenir, à votre demande, un exemplaire des deux ouvrages que j'ai publiés récemment. Votre recherchiste a téléphoné à la maison pour compléter son «étude de caractère» en vue d'une entrevue éventuelle. J'ai compris que votre saison se terminait en juin.  Il me semble que l'échéance approche dangereusement et je ne sais toujours pas à quoi m'en tenir. Je n'ose pas m'absenter de crainte de rater cette occasion unique. Il vous arrive de faire des émissions avec des personnes en studio à Québec mais, au besoin, je me rendrais volontiers à Montréal. Ne croyez-vous pas qu'il serait temps qu'après tant d'années au cours desquelles le mouvement féministe a occupé une place prépondérante dans la société québécoise les médias permettent à des hommes d'en faire une analyse critique ? Sincèrement AG

 

Le 25 mai  2009 3:14 PM

«Ne vous inquiétez pas. Vous avez un propos très intéressant. Nous allons vous inviter à un moment donné. Mais pas d'ici la fin de la saison. Nous préférons faire une entrevue avec vous alors que nous serons en ondes autant à LCN qu'à TVA, ce qui n'est plus le cas depuis quelques semaines». DL

Nous sommes en décembre 2009 et M. Levesque, qui a reçu les exemplaires en avril 2009, n’a toujours pas eu le temps de m’accorder une entrevue et son assistant Bruno Genest n’a toujours pas le temps de me retourner mes deux volumes

 Bref,  pour le dire poliment, ces grands Timoniers nous les gonflent sérieusement, Nous ne voyons pas comment ils peuvent prétendre servir de guides à la génération C. L’internet a cela de bon qu’il peut servir à démasquer des individus qui le critiquent tout simplement parce qu’il réduit leur contrôle sur la conscience collective  et, tout bêtement, menace leur sécurité d’emploi.