• Les maisons d’hébergement 

  • pour femmes violentées …ou en difficulté.

  • SDSP3 C.2

  • - Des services de plus en plus nombreux et coûteux pour des besoins de moins en moins grands

 
 
 

Homme d'aujourd'hui

accueil

 

 Avant-propos

Dans la première partie de ce document nous avons constaté que le lobby féministe et le gouvernement du Québec avaient non seulement outrageusement exagéré l’ampleur de la violence conjugale au Québec mais qu’il avait déformé la réalité de ce problème social en faisant, en pratique, des femmes les seules victimes dont il fallait se préoccuper. À vrai dire, lorsqu’il est question des hommes c’est parce qu’’il faut bien aussi parler des agresseurs, ce qui vient, évidemment, consolider la trame générale. Nous allons maintenant examiner, dans cette deuxième partie, la principale intervention du gouvernement du Québec dans ce dossier à savoir l’entretien de maisons d’hébergement pour femmes violentées … et en difficulté. Dans une troisième partie nous traiterons des services offerts aux hommes qui sont concernés par cette problématique.  Il ne faudra pas se surprendre si les services offerts concernent majoritairement les « hommes violents» et non les «hommes violentés», même si, encore une fois, les taux de victimisation des femmes et des hommes sont comparables. Seule l’emprise de  la doctrine féministe sur les gouvernements peut expliquer  une telle inégalité de traitement.

 1- La genèse des maisons d’hébergement selon le Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes  le CRI VIFF 1

«Au Québec, grâce aux luttes menées par les groupes de femmes, la violence conjugale a été reconnue au  cours des années 1970 comme un problème de société. Différents acteurstrices se sont alors mobilisés pour  contrer ce problème et ses conséquences délétères. Les groupes communautaires ont mis en place des  maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale ainsi que des centres d’aide pour  les hommes ayant des comportements violents (…).  Un deuxième plan d’action gouvernemental en matière de violence conjugale (20042009) a été rendu public  en 2004. Parmi les 72 mesures du plan d’action, 2004-2009, l’une d’elle la mesure 19 est une réponse du  gouvernement aux besoins de soutien politique et financier exprimés par les organismes offrant des services  psychosociaux en violence. Elle vise à « soutenir les organismes communautaires et les établissements afin  qu’ils répondent aux besoins : d’accueil, de soutien, de référence, d’accompagnement et de suivi, Par cette mesure, le gouvernement vise à s’assurer que les  ressources : 1) répondent aux besoins de sécurité, de protection et de soutien psychosocial des victimes de  violence conjugale, 2) offrent des services spécifiques et adaptés aux enfants exposés à la violence conjugale  et 3) répondent aux besoins des conjoints ayant des comportements violents tout en visant la  responsabilisation face à leurs comportements de violence (Gouvernement du Québec, 2004).  »

Commentaire

Tout en voulant paraître neutre ce texte utilise le genre de mots – victimes, conjoints violents- pour évacuer subtilement la possibilité même que les femmes puissent être responsables d’une quelconque violence conjugale ne serait-ce que psychologique. Il est donc clair, dès le départ,  que ces maisons doivent, d'abord, servir de milieu sécuritaire pour des femmes qui sont victimes de violence conjugale alors que d'autres services, de manière complémentaire, devraient responsabiliser les hommes.  Le texte qui suit explique, en bonne partie, ce parti pris.

 

 2- «L’assise de l’intervention gouvernementale» - l'égalité entre les femmes et les hommes », selon Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale  2

«La politique gouvernementale est basée sur le concept d’égalité entre les femmes et les hommes. Ce concept peut être utilisé pour symétriser les conditions de vie des femmes et des hommes et, par le fait même, pour nier la discrimination systémique envers les femmes. Or, il n’y a pas de symétrie entre la violence faite aux femmes et les situations de violence où des hommes sont victimes. Sans nier que des hommes puissent être victimes de violence, ce phénomène n’a pas l’ampleur qu’on voudrait lui donner et il ne s’agit pas d’un problème systémique comme l’est la violence faite aux femmes. (…) »

«Le plus problématique porte sur l’utilisation des statistiques provenant de l’Enquête sociale générale de Statistique Canada. Par exemple, lors de la comptabilisation des gestes de violence au moyen du Conflict Tactic Scale de Strauss, on prend en compte tout autant les gestes de défense des femmes (donner un coup de pied pour essayer de se défaire de l’emprise du conjoint, etc.) que les gestes d’agression des conjoints. On comptabilise également les gestes posés par une femme qui, par exemple, frappe son conjoint pour défendre son enfant, mais aucun de la part du conjoint. De manière générale, les statistiques ne tiennent pas compte du fait que les femmes admettent plus facilement les gestes de violence qu’elles posent, jusqu’à s’estimer violentes lorsqu’elles se défendent. En contrepartie, les hommes sous-estiment et dévoilent peu la violence qu’ils exercent. Les statistiques ne tiennent pas compte non plus du fait que la violence conjugale n’est pas un ensemble de gestes violents, mais un cumul de stratégies de domination. Cela ne peut donc se mesurer au nombre de coups ou de menaces. Pour contrer la violence, pour déterminer les bonnes stratégies de prévention et d’action, on doit distinguer la victime de l’agresseur. L’interprétation erronée de statistiques constitue un moyen insidieux pour implanter des idées fausses et mène à des dérapages. (…)

Recommandations :

1.1 Utiliser de façon soutenue les statistiques en matière de violence conjugale transmises annuellement par le ministère de la Sécurité publique du Québec.

1.2 Mener des représentations auprès de Statistique Canada afin que la méthodologie utilisée pour évaluer l’ampleur de la violence conjugale soit revue.»

Commentaire

(a) Il faut être drôlement culotté, malhonnête intellectuellement  et carrément irresponsable pour remettre en cause la crédibilité de la méthodologie et des analyses conduites par  Statistiques Canada, sans doute parce qu’elles contredisent la plupart des affirmations de ce texte. Ainsi, Juristat écrivait, en 2006. «Environ 7 % des femmes et 6 % des hommes à l’étendue du pays sont victimes de violence de la part d’un conjoint ou d’un conjoint de fait, actuel ou ancien, selon les résultats de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2004 sur la victimisation. Plus particulièrement, les données de l’ESG de 2004 révèlent que quelque 546 000 femmes et 653 000 hommes au Canada ont été victimes de violence conjugale au cours de la période quinquennale ayant précédé l’enquête.» 3

(b) Il est assez ironique de voir de Le Regroupement donner des leçons d’éthique scientifique quand on se souvient de la supercherie statistique orchestrée par deux soi-disant chercheures féministes qui a été à l’origine de l’intervention gouvernementale dans ce domaine.

(c) Sur le fond, on comprend que le Regroupement préfère s’en tenir aux données sur les «dénonciations faites à la police» du MSP parce qu’il se sert de ce chiffre comme si toutes les dénonciations étaient prouvées devant un tribunal alors que ce qui ne n’est pas le cas pour 68% d’entre elles et laisse entendre que même ce chiffre est conservateur puisque toutes les femmes ne font pas de telles dénonciations alors qu’il sait très bien qu’en réalité ce sont les hommes qui ne dénoncent pas par crainte du ridicule. .

(d) Le Regroupement ne sait pas que la plupart des données statistiques publiées par les services gouvernementaux  auxquelles il se réfère régulièrement, comme  celles qui portent sur  le taux de chômage, le taux d’inflation,  la rémunération des hommes et des femmes etc., sont  recueillies par des enquêtes à base d’échantillons comme celles de Stat. Can sur la violence  conjugale. À bien y penser, en  2010, il ne peut pas s’agir d’ignorance.

 

3- «Ce que sont» et «ce que font» les maisons d’hébergement pour femmes violentées, selon La Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et «en difficulté» du Québec

«Ces maisons s'adressent spécifiquement aux femmes victimes de violence conjugale et à leurs enfants et mettent à leur disposition gratuitement et en toute confidentialité un service d'hébergement sécuritaire 24 heures par jour, 7 jours par semaine ;un lieu d'écoute et d'entraide où les femmes sont encouragées à reprendre le contrôle de leur vie; un service d'accompagnement dans les démarches juridiques ou autres ; une intervention appropriée aux besoins des enfants ;des services de consultation externe (sans hébergement), en tout temps; du soutien dans l'élaboration de scénarios de protection ; du suivi post-hébergement». 4

Commentaires

On comprend que si l‘on a pris la peine d’ajouter les termes «et en difficulté» c’est parce que l’on offrait de s’occuper de problèmes autres que celui de la violence conjugale sous ses diverses formes. L’ennui est que la Fédération fait état de ces autres problématiques  dans une section plutôt discrète intitulée Réalisation & publications où il est fait mention des Multiproblématiques (itinérance, toxicomanie, santé mentale). Le danger  de  cet élargissement de la mission  est qu’II sera très difficile dorénavant d’établir un lien quelconque entre le nombre de femmes hébergées et les cas de violence conjugale, plus concrètement, on pourrait bien ainsi gonfler les chiffres de la violence conjugale simplement en y glissant les cas d’itinérance, de santé mentale etc.  Par contre, si l’on abandonne le mot «violentées» c’est toute l’articulation  de la propagande féministe qui est ébranlée. Donc, on préfère jouer sur les deux tableaux. Dans notre tableau des maisons d’hébergement (voir à la section 10) nous  avons tenté de mettre en évidence ces deux missions d’après l’information produite par les maisons elles-mêmes.

 

4- L’organisation  des maisons d’hébergement sur le territoire

 D’après le CRI VIFF, le Québec compte 106 maisons d’hébergement en 20082009 5  trois de plus qu’en 2006  Elles couvrent l’ensemble du territoire  à raison d’une ou  plusieurs maisons par région administrative.  Il y a, en moyenne,  une maison pour 8 341 femmes de  15  ans et +

 

 

Tableau 1 – Répartition géographique des maisons d’hébergement et indice   populationnel (n=103)  

 

Région administrative

Nombre  de maisons

Population de femmes 15 ans +

Population femmes 15 ans+/ maison

Montréal

27

821 170

30 435,92

Montérégie 

12

574 550

47 879,16

Capitale‐Nationale

8

295 020

36 877,50 

Laurentides 

5

212 560

42 512,00

Lanaudière  

3

178 235

59 411,66 

Chaudière‐Appalaches

4

165 755

41 438,75  

Laval 

3

157 295

52 431,66  

Outaouais 

7

143 695

20 527,85  

Estrie  

4

128 105

32 026,25  

Saguenay‐Lac‐Saint‐Jean

6

116 700

19 450,00  

Mauricie‐Centre‐du‐Québec 

7

210 020

30 002,85

Bas‐Saint‐Laurent 

3

87 700

29 233,33 

Abitibi‐Témiscamingue

4

59 270

14 817,50

Côte‐Nord 

4

38 930

9 732,50  

Gaspésie‐Iles‐de‐la‐Madeleine   

5

41 705

8 341,00  

Nord‐du‐Québec

1

13 740

13 740,00 

 

103

 

 

Total 103   Institut de la Statistique du Québec, Recensement 2006  

Commentaires

(a) On note, évidemment, que ce qui importe pour le CRI VIIF c’est la population de femmes de 15 ans et + par maison dans chaque région. On constate que certaines régions sont choyées par rapport à d’autres et il est  difficile de ne pas y voir  l’effet d’un poids politique surtout qu’en milieu urbain  les distances sont beaucoup moins conséquentes.  On peut aussi penser  que ce qui devrait importer importe davantage c’est l’indice  de violence  conjugale par région. Or, cet indice n’est pas mentionné, une espèce d’oubli pourrait-on dire. 

(b) Malheureusement, notre recherche nous a permis d’en identifier seulement 101 maisons, comme on peut le constater dans le tableau qui apparaît à la fin de ce document.  Notre inventaire  nous donne 38 maisons associées à la Fédération, 48 associées au Regroupement, auxquelles nous avons ajouté 15 maisons non associées à partir d’un examen des subventions versées par les  Régies régionales de la Santé et des services sociaux. Le statut de trois autres maisons est incertain.

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4.1 «La Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec. Elle représente trente-sept (37) maisons d’hébergement réparties dans onze régions administratives du Québec, accueillant des femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants ainsi que des femmes en difficulté. Depuis 1987, la Fédération se donne la mission d’outiller davantage les maisons d’aide et d'hébergement en vue d’offrir des services de qualité aux milliers de femmes et enfants victimes de violence et en difficulté; des services qui répondent à leurs besoins de sécurité et de protection; des services d’accompagnement pour les femmes tout au long du processus de reprise de pouvoir et de contrôle sur leur vie !

La Fédération a comme objectifs de --:Promouvoir et défendre les intérêts de ses maisons membres et de leur fournir le soutien nécessaire à la réalisation de leurs mandats --. Sensibiliser la population, les instances publiques et para-publiques, gouvernementales et non gouvernementales au rôle inestimable que jouent les maisons d'aide et d’hébergement6

4.2 Le Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale

«Quelque cinquante (50) maisons d'aide et d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale sont associées au Regroupement dans toutes les régions du Québec. À elles seules, les maisons d'aide et d'hébergement membres du Regroupement répondent aux besoins de plus de 10 000 femmes et enfants par an. »7.

Sous ces deux associations on trouve encore  2 organismes «de coordination régionale» et quatre tables de concertation avec d’autres instances (CLSC, Services de police).

Commentaire

(a)- Il est clair que l’organisation en «réseaux de ces maisons d’hébergement leur confère un «poids  politique » non négligeableEn fait, les deux associations se comportent, de leurs aveux mêmes, comme des lobbies et sont surement inscrites au registre à cet effet  

(b) On peut s’étonner  qu’il faille deux associations pour regrouper ces maisons  qui, en principe, rendent les mêmes services et qui ne vivent que de subventions gouvernementales. Pourtant, il  y a une Fédération des Commission scolaires, une  Association des hôpitaux, et même une UPA, …  Le gouvernement Charest, qui est si entiché de la fusion d’organismes gouvernementaux «par souci d’économie », n’a pas encore trouvé le moyen  d’amener ces associations à n’en former qu’une.

(c) On remarque que les maisons réunies par la Fédération ne limitent pas leur mission à la violence conjugale mais l’étendent aux femmes en difficulté. Il devient donc impossible d’établir une équation entre le nombre de femmes hébergées dans ces maisons et  le nombre de femmes victimes de violence conjugale. Pourtant on se rappelle  que les premières statistiques sur la violence conjugale ont été tirées du nombre de femmes hébergées et cette confusion est encore plus présente aujourd’hui.

(d) Il devient donc nécessaire de distinguer

--- les femmes hébergées qui sont  violentées dans un contexte conjugal.

--- les femmes non violentées  mais «en difficulté»,   une notion plutôt floue.

En conséquence, le nombre de femmes hébergées dans ces maisons ne peut en aucune manière servir à déterminer un degré quelconque de violence conjugale à moins qu’il soit épuré de tous les cas de femmes en difficulté. Or, les informations en provenance des services  gouvernementaux  et des  médias qui traitent de cette question prennent rarement la peine d’établir ces distinctions.

(e) On doit sans doute s’émouvoir de ce que la région de Montréal compte 27 maisons d’hébergement  pour femmes violentées alors que l’État américain de la Virginie au complet dont la population totale est voisine de celle du Québec,  en compte 37. On peut aussi penser que la présence d’une telle maison dans les divers comtés électoraux s’explique justement par un «besoin électoral».

 

5- Le personnel des maisons d’hébergement, essentiellement des femmes,  doit adhérer à la doctrine féministe  

5.1 Premier exemple

 «La maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées (...) est actuellement à la recherche d'une directrice générale par intérim, désireuse de s'investir dans la lutte contre la violence conjugale

Exigences (Profil recherché)  Adhérer à l'approche féministe  Bonne connaissance de la problématique de la violence conjugale  Bonne connaissance du mouvement des femmes  Excellentes habiletés et connaissances des pratiques de gestion des ressources humaines.  Bonne connaissance des normes et pratiques relatives à la gestion de ressources financières, physiques et matérielles  Avoir une bonne connaissance de réseau des organismes communautaires et publics en   Outaouais Bonne connaissance des logiciels Word, Excel ainsi que la correspondance électronique 8

5.2 Deuxième exemple

 La maison d'hébergement Regroup'elles (bien que le nom de l'employeur ne soit pas divulgué) Postes d’intervenantes à temps plein  et partiel   Exigences  .Détenir une formation universitaire ou collégiale dans une discipline reliée aux sciences sociales ou humaines ou posséder une expérience pertinente auprès de cette clientèle.  Comprendre et connaître la problématique de la violence conjugale  Connaître et appliquer l'intervention féministe  Avoir les habiletés pour l'animation de groupe  Posséder une expérience de travail en maison d'hébergement  Travailler en équipe. 9

 

6- La problématique de l’intervention des maisons d’hébergement, celle de la doctrine  féministe

  Il ressort de ce qui précède que les femmes qui travaillent dans les maisons d’hébergement doivent  connaître et appliquer, non pas une  problématique de la violence conjugale établie sur des faits scientifiquement établis mais celle qui est propagée par le mouvement féministe.

Diane Prud'homme, représentante du Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale a  déjà exposé  en quoi consiste cette approche féministe dans  un article publié en 2007.10

Nous avons choisi de reproduire le texte au complet car c’est la seule façon, croyons-nous de lui rendre justice et de démontrer  le bien fondé de notre proposition de départ voulant que les maisons d’hébergement sont esclaves de l’idéologie et, finalement, des instruments du lobby féministe.

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 «Longtemps considérée comme une " affaire de famille ", de l'ordre du privé, la violence conjugale a été identifiée par les féministes à un problème de société lié aux inégalités de pouvoir entre les hommes et les femmes. La problématique abordée de cette façon exigeait des changements majeurs dans l'organisation de la société. Il était primordial d'agir sur le rapport de domination entre les hommes et les femmes et sur les institutions qui l'entretenaient, entre autres par une remise en question de certaines lois et du traitement judiciaire des causes de violence conjugale et une amélioration de la protection, de l'aide et du support aux victimes.  Depuis un certain temps, une interprétation tout à fait différente de la violence revient à la charge: on lui donne des explications psychologiques sans la situer dans un contexte social. On estime que les femmes, autant que les hommes, peuvent être violentes. Le discours dominant actuel porte de plus en plus sur les couples " en difficulté ". Cette situation est inquiétante. Il y a lieu de se questionner quant à l'influence de ce discours sur les interventions auprès des femmes violentées.

Les justifications patriarcales de la violence conjugale   Au départ, une image psychiatrique des femmes battues les représentait souffrant de masochisme ou d'hystérie. Parallèlement, une vision humaniste de la cellule familiale laissait croire que l'homme, fondamentalement bon, ne pouvait être violent envers les membres de sa propre famille sans raison valable. Les gestes de violence étaient alors perçus comme une manifestation de l'autorité masculine dans la famille.

L'analyse des groupes de femmes   Dès les années 1970, les féministes ont dénoncé ce rapport de domination et ont expliqué la violence par les inégalités de pouvoir entre les sexes Les féministes ont ainsi sorti du privé cette problématique en s'attaquant non seulement aux justifications sociales de la violence mais aussi à la position de blâme dans laquelle les victimes étaient placées. L'organisation patriarcale de la société et les agresseurs sont ainsi clairement identifiés comme responsables de la violence faite aux femmes. Le mouvement des femmes a sensibilisé la population, les décideurs, les intervenantes et les intervenants sociaux, les policières et les policiers ainsi que le personnel médical à la gravité de la problématique de la violence conjugale. Des maisons d'hébergement pour femmes violentées ont vu le jour. Les femmes victimes de violence conjugale sont encouragées à briser le silence, à sortir du cycle infernal de la violence et à rebâtir leur estime de soi. 

L'analyse des groupes pour conjoints violents   Depuis quelques années, on assiste à l'émergence de groupes pour hommes violents. Seule une minorité de ces groupes s'inspire de l'analyse féministe pour traiter les hommes violents. Les autres expliquent plutôt le comportement violent d'un agresseur par ses souffrances. Dans ces groupes, les hommes sont amenés à s'ouvrir à la détresse qui les habite et à entrer en contact avec leurs émotions. Par contre, ils ne sont pas clairement amenés à reconnaître qu'ils sont responsables de leurs gestes violents. De plus, leur violence n'est pas placée dans le contexte social des inégalités qui perdurent entre les hommes et les femmes.  Les interventions privilégiées et popularisées sont celles qui cherchent à guérir le conjoint violent ainsi que sa partenaire, avant de tenter de restaurer le couple " en difficulté ". Avec une telle approche, les femmes violentées sont tenues en partie responsables de la violence qu'elles subissent, on incite la cellule familiale à changer. Lorsque le conjoint recommence à avoir des comportements violents, on interprète cela comme une rechute. Une fois de plus, on amène les femmes à croire que la solution à la violence de leur conjoint doit passer par elles. En cohérence avec cette interprétation de la violence conjugale, l'approche systémique et écologique, la médiation, la thérapie familiale et/ou de couple sont mises de l'avant par le réseau institutionnel, même si par le passé, ces approches ont fait la preuve de leur inefficacité.  Le discours véhiculé sur la violence des femmes peut convaincre certaines femmes victimes de violence conjugale de consulter des groupes d'intervention pour femmes violentes récemment mis sur pied par l'organisme pour hommes violents Option de Montréal. Ces femmes peuvent se croire violentes parce qu'à certaines occasions elles ont répondu à la violence par la violence. Dans ces groupes, elles ne reçoivent pas d'aide pour quitter leur conjoint violent. Elles travaillent plutôt à maintenir et assainir leur couple " en difficulté ".  En bref, l'analyse dominante de la violence est totalement asexuée. Les tenants de cette analyse ne considèrent pas le fait que la violence conjugale est un des maillons du grave problème de la violence faite aux femmes dans notre société.   Pour le moment, le financement des maisons d'hébergement pour femmes violentées n'est pas menacé par la popularité de l'approche asexuée. On observe toutefois qu'il y a de plus en plus de projets visant à offrir des services aux hommes en difficulté et aux femmes violentes. Dans ce contexte, il est important de s'assurer que les femmes victimes de violence conjugale aient accès dans toutes les régions du Québec à des services qui répondent véritablement à leurs besoins. 

Diane Prud'homme   Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale  »

Commentaire

(a) Comme on a pu  le constater selon l’approche féministe  a) la violence conjugale est essentiellement un acte de domination de l’homme sur la femme ;  b) la violence conjugale est le fait d’un seul de deux conjoints, l’homme, pas la femme  ; c) l’homme est le seul responsable de la violence conjugale, jamais la femme  d) ce phénomène est lié à l’existence de la société patriarcale   e) l’homme violent ne peut être guéri sans admission de sa culpabilité envers la femme e) il y a danger que la mise sur pied de services correspondants pour les hommes nuise aux services déjà fournis aux femmes.

(b) Il faudrait que Mme Prudhomme nous dise comment sa théorie «patriarcale» peut expliquer la violence conjugale entre homosexuels et lesbiennes, la violence entre adolescentes, entre adolescents et adolescentes même s’ils n’ont jamais eu le bonheur de lire les historiennes révisionnistes, la violence entre hommes hétérosexuels, la violence envers les enfants par des femmes et des hommes pédophiles…À vrai dire, cette théorie est généralement jumelée à  une autre, celle de la «discrimination systémique» qui est utilisée  comme explication des écarts de représentation entre les femmes et les hommes  sur le de l’activité politique et des écarts de revenus sur le plan économique. Cette théorie  présente un avantage indéniable par rapport `à la loi sur la relativité d’Einstein, elle n’a pas à être prouvée  disent les féministes. C’est une foi.

(c) Il est tout à fait insensé que des personnes chargées de fournir un service public aient comme  encadrement intellectuel non pas des méthodes scientifiques mais des croyances qui s’apparentent à celles que l’on trouve dans les religions. Cela est d’autant plus paradoxal que ce sont les mêmes personnes qui réclament à grands cris la laïcité de l’État.  

(d)  L’adoption du mode d’approche et de l’Idéologie féministe est terriblement néfaste car les employées de ces maisons font ce qu’elles appellent de la prévention, principalement (50%) dans les écoles, où elles vont répandre leur misandrie avouée.

(e) Enfin, il est assez caractéristique du peu d’empathie du milieu féministe envers les problèmes vécus par les hommes au point de  contester la possibilité d’une amélioration des services aux hommes violents  même si, selon sa propre logique, cela devrait réduire le nombre de cas de violence conjugale. En bout de piste, on désire donc pouvoir continuer à «vivre de la violence conjugale», comme si on défendait son gagne-pain.

 

7—La clientèle des maisons d’hébergement … en décroissance  

7.1 Les caractéristiques de la clientèle

En 2005-2006  (40 maisons recensées)

Les 2/3 des femmes ont entre 18 et 40 ans, et  84% de leurs enfants ont entre 1 et 12 ans. – 55.7% vivent en union de fait, contrairement à voilà près de 20 ans où la majorité était mariée-- Près de 90% des femmes hébergées sont nées au Canada. -- 77 % ont un secondaire ou moins ou une scolarité inconnue  contrairement à 50 % pour la moyenne des femmes. 

Une bonne partie des femmes hébergées sont davantage démunies économiquement par rapport à la moyenne des femmes québécoises : 58, % ont un revenu familial annuel inférieur à 20 000 $  et 14 % un  revenu inconnu – La source du revenu  est : le travail pour 18,6% d’entre elles, l’assurance emploi pour 7,.8%,l’aide sociale pour 42,4%,le revenu du conjoint pour 11,9%, une pension alimentaire pour 1,1%, une «autre source» pour 9,2,% «aucune source» pour 4,2% et une source «inconnue» pour 4,8%.

Les femmes s'appauvrissent en tentant de se soustraire de la violence conjugale:1,9 % des femmes perdent leur emploi ;  6,2 % ne vivent plus du salaire de leur conjoint ; 7 % de plus s'inscrivent à l'aide sociale, la revenu inconnu augmente de 5%, mais la pension alimentaire demeure stable à 1.1 %  11

En 2008-09. Curieusement, le rapport du CVRI VIFF omet de décrire les caractéristiques des femmes hébergées mais il n’est pas interdit de penser qu’elles sont demeurées les mêmes qu’en 2005. Il se contente de noter que 56,3% des répondantes constatent un alourdissement des problématiques de la  clientèle. Il s’agit surtout de problèmes de santé mentale et de toxicomanie

Commentaires

(a).  Il ressort de ce document que les femmes qui fréquentent les maisons d’hébergement ont une instruction limitée, sont  plutôt démunies sur le plan économique et souffrent  de problèmes mentaux ou psychologiques. Tous ces facteurs contribuent manifestement à des situations tendues qui débouchent sur de la violence. Il est bien noté  que la rupture aggrave la pauvreté autant  pour la femme comme si cela n’était pas aussi le cas pour  l’homme. 

(b) La prise en compte de cette dimension  nous fait comprendre d’abord que le postulat de l’homme fondamentalement  méchant et agressif  est  gravement simpliste et, en second lieu, à quel point la théorie féministe du patriarcat ne peut  pas constituer une explication valable du phénomène et certainement une avenue de solution.

7.2  L’évolution du nombre  de femmes victimes – en  baisse

En 2008- 09, selon le CRI VIFF, «Le nombre de femmes victimes de violence conjugale qui ont été accueillies dans des maisons d'hébergement a diminué au Québec» (...) « Le nombre médian de demandes d’hébergement a diminué, passant de 205 à 159.» Cette baisse concerne 62,3% de l’échantillon. (…) « Profil des maisons d'hébergement en 2008-2009  106 maisons d'hébergement au Québec  6 736 femmes hébergées  43 183 femmes ont fait des demandes de services externes  22 339 femmes reçues en services externes  4 217 enfants et adolescents-es hébergés». 12

Pour sa part, le Secrétariat à la Condition féminine rapporte que  « de 2003 à 2009,  le taux d'occupation moyen des maisons d'hébergement est passé de 86 % à 78%  » sans plus. 13  

L’ennui est que le Rapport du CRIVIIFF omet de donner des chiffres antérieurs pour que l’on puisse estimer la diminution …un oubli  durant 50 pages. C’était pourtant le premier objectif de cette étude «L’étude a pour objectifs spécifiques 1. dresser un portrait de la situation, en 2002-2003 et 2008-2009, des maisons d’hébergement et des organismes pour conjoints ayant des comportements violents ».Nous avons donc cherché des données antérieures.

En 2005-06, selon le Regroupement «En 2005-2006, les 40 maisons recensées ont hébergé 2 914 femmes et 2472 enfants, ce qui fait une moyenne annuelle par maison de 72.9 femmes et 61.8 enfants durant en moyenne 24.7 jours par famille; avec un taux d'occupation des lits à 75,8%,» Malheureusement, comme  la Fédération n’ayant pas jugé utile de produire ses chiffres, nous avons dû nous rapporter à  Stat. Can (Juristat) qui dénombrait  la même année un total de 8 586 femmes et de 5 698 enfants  dans les maisons d’hébergement .14

En 2008, le nombre de femmes hébergées  serait passé  au Québec de 8 586 en 2005-6 à 6 736 en 2008, selon le rapport du CRI VIFF. Toutefois, la ministre de la Condition  féminine a rapidement pris soin de nuancer  «Cette baisse de demandes d'hébergement des femmes victimes de violence conjugale ne signifie pas que les cas de violences conjugale sont nécessairement en diminution.  Selon les chercheurs, les femmes victimes de violence cherchent d'autres façons de s'en sortir que de demander un abri dans une maison d'hébergement ». 15

Commentaires

(a) Si la diminution du nombre d’hébergements  n’indique pas  une baisse de la violence conjugale la hausse  du nombre d’hébergements devrait être aussi dénuée de signification.

(b) Il est difficile de ne pas mettre en rapport le chiffre  de 14 209 dénonciations enregistrées par le MSP et ces 6 736 hébergements. On  ne peut certes invoquer l’absence de disponibilité des services avec 106 maisons réparties dans toutes les régions administratives.

(c)  Le nombre de femmes hébergées et le taux d’occupation sont significatifs mais encore faut-il connaître les raisons pour lesquelles il y a hébergement.  Il ne faut pas oublier que ces maisons accueillent non seulement des femmes violentées mais aussi des femmes en difficulté. Il ne faut pas non plus  négliger le fait que la violence dont on parle  n’est pas seulement physique – comme on serait porté à le croire –mais peut être également psychologique ou économique de sorte qu’Il est erroné d’associer ce nombre de 6 000 femmes hébergées à 6 000 femmes battues.

 

(8) Les motifs de l’hébergement

- En 2005-06, 93,1 % des femmes demandent un hébergement pour violence conjugale dont près de 38 % pour   violence physique et 43 % pour violence psychologique. Près de 60 % des femmes se dépistent elles-mêmes comme étant victimes de violence conjugale et se réfèrent directement aux maisons d'hébergement

-- En 20072008, le rapport du CRI-VIFF, déjà cité, écrit : «Comme le montre la figure 3, le motif principal d’hébergement pour l’ensemble des femmes hébergées (6 574 femmes) est la violence verbale et psychologique (40,8%), suivi de la violence physique (32,5%). Par ailleurs, il apparaît que les maisons pour femmes victimes de violence conjugale et en difficulté reçoivent en moyenne  plus de femmes victimes de violence économique et de  harcèlement, que les maisons d’hébergement  exclusivement pour femmes victimes de  violence conjugale (respectivement 22,83 vs  7,27 et 12,17 vs 5,98).

---En ce qui concerne les services externes,  la majorité des demandes de services est faite par des femmes victimes de violence verbale et psychologique (60,6%), une proportion beaucoup plus élevée que pour les femmes hébergées. Par ailleurs, la proportion de femmes victimes de violence physique est plus grande lors de demandes d’hébergement qu’elle ne l’est pour les services externes (21,8%).»

               

Commentaires

(a) En somme, il y aurait eu baisse de la violence physique de 38% à  32,5% entre 2005 et 2007- une réduction  non négligeable.. On comprend que le  rapport du CRI VIFF s’en tient aux seules maisons pour femmes violentées. On peut penser que le pourcentage  de la violence physique est  inférieur dans le cas des maisons qui accueillent aussi des femmes en difficulté mais le rapport  n’en dit mot. Il est donc odieux d’associer «femmes violentées » et « femmes battues» comme le font encore les campagnes dites de sensibilisation. Nous sommes donc passés de 14 209 (dénonciations), à  6 736 (hébergées),  à 2 189. femmes hébergées violentées physiquement sur une population de femmes de 15 ans et plus, évaluée à 3 311 709 en 2008, soit  0,06%.  Enfin, nous nous souvenons  que 60% des cas de violence physique étaient des voies de fait simples. Si on réprouve la violence conjugale on doit également réprouver une exagération  éhontée de son ampleur si ce n’est parce que l’intervention gouvernementale dans ce domaine, a, comme nous allons le voir à la section 9, des coûts passablement importants.

(b) Lorsque l’on additionne les motifs d’hébergement  en pourcentage : 40,8% violence psychologique et verbale, 32,5  violence  physique, 7% violence économique et 12 % harcèlement on obtient un  total de 92,3%. Il y aurait donc 7à 8% de femmes hébergées qui  sont en difficulté, une notion, encore une fois, des plus floues. Décidément, ce rapport du CRI VIFF est une honte car on soupçonne que ses nombreuses omissions sont le résultat d’une manipulation par le Secrétariat à la condition féminine.

(c)  En résumé, nous avons le sentiment que les maisons d’hébergement pour femmes violentées accueillent en majorité des jeunes femmes «dans le besoin » dont certaines invoquent  une violence  subie pour pouvoir se prévaloir plus aisément du service.

(d) Par ailleurs, la réunion  de deux missions – «femmes violentées» et «en difficulté» – ne peut que porter à la confusion, laquelle conduit  fatalement à des services inappropriés. Nous croyons que les maisons d’hébergement pour femmes violentées ne devraient  accueillir que des femmes qui rencontrent les critères car c’est cette problématique  qui justifie,  notamment, des mesures de sécurité et qui exige certainement un personnel  spécialisé.  Il ne devrait pas être possible aux mêmes maisons d’accueillir des femmes «en difficulté», sauf en  l’absence de ressources régionales relatives à ces difficultés.  Dans de tels cas, la maison devrait préciser   la nature de la difficulté et celle du service offert et  tenir une comptabilité séparée  des  données relatives aux «difficultés » et aux «services». Il est bien entendu  que les mêmes considérations s devraient s’appliquer  organismes s’occupent des  hommes.

 

(9) Le financement des maisons d’hébergement… en hausse et hors de contrôle

À ce sujet, nous avons examiné principalement deux documents 

Le rapport du CRI VIFF qui a été  réalisée, rappelons-le, pour faire «le bilan des effets de l'augmentation du financement accordé par Québec aux maisons d'hébergement et aux organismes d'aide pour conjoints violents. »

Le  Rapport du Vérificateur général 2008-09  Tome 1 Les organismes communautaires

9.1  Le Financement global

(i)  Évolution des dépenses

---  De 1996 à 2002 «Afin de s'assurer que les ressources répondent aux besoins des femmes victimes et de leurs enfants, le ministère de la Santé et des Services sociaux a soutenu financièrement les maisons d'hébergement avec un budget qui est passé de 22,7 M$ en1996-1997 à plus de 29,4 M$ en 2001-2002. Cela inclut une bonification de 4 M$ pour 2001-2002, consécutivement aux demandes formulées lors de la Marche mondiale des femmes.» 16

---«Entre 2003 et 2009, la moyenne des entrées de fonds du secteur public par maison est passée de plus de 350 000 $ à près de 644 000 $, cela représente une augmentation de 84 %.»Ces maisons reçoivent plus de 60 millions de dollars annuellement du PSOC 17 (VG)

«Depuis 2003, le gouvernement du Québec a fait le choix d'intensifier ses efforts afin de mieux soutenir les maisons d'hébergement pour les victimes de violence conjugale et les organismes pour conjoints violents...« L'étude dont les résultats sont dévoilés aujourd'hui confirme que l'engagement du gouvernement du Québec en matière de violence conjugale porte fruit en permettant aux différentes ressources de mieux venir en aide aux victimes de violence conjugale, en majorité des femmes et leurs enfants. De même, la bonification du financement des organismes œuvrant auprès des conjoints ayant des comportements violents contribue aux efforts collectifs pour favoriser un véritable changement social par une intervention plus efficace auprès de ces hommes, dans une perspective de responsabilisation Ainsi, le financement public accordé en ce domaine a plus que doublé, passant de 32,7 M$ en 2003 à 73 M$ en 2009, conformément au Plan d'action gouvernemental en matière de violence conjugale 2004-2009».18

Commentaires

Nous avons ici une réplique du syndrome de la marine britannique. Ses dépenses continuaient d’augmenter même si la deuxième guerre mondiale était terminée depuis 5 ans. Alors que le nombre de  véritables cas d’hébergement pour violence diminue le bon gouvernement  Charest a choisit de plus que doubler  les subventions (128%) aux maisons d’hébergement pour femmes violentées. Notre Tableau des maisons qui apparaît à la section 10 de ce document  fait état d’une subvention globale de 59 M$ pour l’année 2009.Nous sommes très près du 60 M$ indiqué mais loin du 73M$ également mentionné

 

(ii) Conséquences du financement accru

--Augmentation du personnel

Selon le  CRI- VIFF «En 2008-09 ces maisons employaient, en moyenne, une vingtaine de salariées. Entre 20022003 et 20082009, le nombre médian de salariées par maison est passé de 15 à 19.Le nombre médian de salariées à temps plein a connu une augmentation, passant de 7 à 10 environ par maison.» Selon le VG, le nombre d'employés des établissements a augmenté au total de 1 314 à 1 630.

--Augmentation des services

92 % des maisons offrent des services aux enfants et aux adolescents et adolescentes, alors que cette proportion était de 65 % en 2002-2003 (39 maisons de plus).   La majorité des maisons (59 %) ont augmenté le nombre de leurs services. Le nombre d'heures consacrées aux services externes est passé de 21 h à 38,5 h/semaine, ce qui représente une augmentation substantielle de 83 %. Le nombre médian d’heures d’intervention auprès des femmes hébergées est passé de 205 h à 248 h / semaine, ce qui représente une augmentation de 21%. Le nombre d'heures consacrées aux services externes est passé de 21 h à 38,5 h/semaine, soit hausse de 83 %.

-- Augmentation  de la formation

-- La quasi-totalité des maisons ont recours à des colloques (93 %) et à de la formation sur les lieux de travail (90 %) afin de former leur personnel en 2007-2008

Commentaires

Il est  n’y a rien de plus facile que de trouver des moyens de dépenser  des fonds publics, c.-à-d.,  que l’on n’a pas à générer soi-même. Il y a toujours des amies que l’on peut embaucher. Il y a toujours des heures de travail que l’on peut  ajouter et toujours  des heures de sessions de formation féministe que l’on peut dispenser.

 (iii) Comparaison du soutien aux  maisons d’hébergement par rapport à celui qui est accordé aux s organismes communautaires offrant d’autres services  

---Le rapport du Vérificateur général, déjà cité, présente, dans le tableau ci-dessous, les sommes engagées dans le financement des organismes communautaires qui œuvrent dans une variété de secteurs.

Tableau 9  Budget du Programme de soutien aux organismes communautaires par programme-services 2005

Services généraux

 

2005-06

2006-2007

2007-08

Variation depuis 2005

 

Millions$

Millions$

Millions$

En %

 

Hébergement pour femmes violentées ou en difficulté

46,8

50,9

60,4

15,1

29,1

Centres de femmes  

15,0

16,8

19,3

4,8

28,7

CALACS 

6,5

7,6

8,3

2,1

27,7

Autres  

21,4 

21,9

19,8

5,0

- 7,5

Sous-total

89,7

97,1

107,8

27,0

20,2

 

 

 

 

 

 

Santé mentale

79,7

83,6

88,7

22,2

11,3

Jeunes en difficulté

56,2

58,6

62,8

15,7

11,7

Perte d’autonomie liée au vieillissement

33,0

33,0

36,7

9,2

11,2

Santé publique

28,4

32,1

36,7

9,2

29,2

Dépendance

15,6

16,8

20,6

5,2

32,0

Déficience intellectuelle et TEDD

15,4

16,0

17,2

4,3

11,7

Déficience physique

10,5

13,5

13,6

3,4

29,5

Services non catégorisés

14,7

12,8

7,8

2,0

– 46,9

Santé physique

5,7

6,4

7,3

1,8

28,1

Total

348,9

369,9

399,2

100,0

14,4

 On observe qu'entre 2005 et 2008, les dépenses en hébergement pour femmes violentées ont augmenté der 20,2%) soit plus que les dépenses en santé mentale (11,3%),les jeunes en difficulté (11,7%) ,les personnes âgées en perte d'autonomie (11,2%), les déficients intellectuels ( 11,7%), mais moins que pour la santé publique en général (29%, la dépendance (32%), la déficience physique (29,5%) et la santé physique en général (28.1%). Bref, sur cette base, il faudrait conclure que la violence conjugale est le principal problème de la société québécoise. Il s'agit, évidemment, d'une  aberration totale qui ne s'explique que par les pressions du lobby féministe sur de minables politiciens en mal de réélection.      

 (iv) Comparaison avec un État américain de même taille 

 L’État américain de la Virginie, dont la population  de 7 712 091 habitants se compare à celle du Québec (7 207 375 habitants)  a versé à 37 maisons d’hébergement pour femmes violentées dans un contexte conjugal des sommes largement inférieures :«For FY 2009, 37 domestic violence shelters will receive approximately $1.2 million in SSG and ESG funds. In addition, in FY 2009, 20 domestic violence shelters received approximately $350,000 in CSCG funds to ensure that the special needs of homeless children residing in shelters are addressed » 19  Même en ajoutant  une part  (1/50) du 140 millions de dollars versés par le gouvernement fédéral on est loin du 73 millions de dollars dont bénéficient les maisons québécoises 

Commentaires

(a)  Le gouvernement du Québec  verse  aux maisons d’hébergement pour femmes violentées des sommes plus importantes qu’à presque tous les autres services communautaires. Nous avons du mal à croire que cette hiérarchisation des services offerts soit  fondée uniquement sur une analyse comparative rigoureuse des besoins. Le dénombrement des personnes atteintes de maladie mentale et des jeunes délinquants devrait pouvoir être effectué de manière objective  alors que celui des femmes violentées  et en difficulté prête flanc à des tractations d’autant plus  que le lobby féministe a en fait une de ses principales revendications. En effet, il y a déjà plusieurs autres indications que le gouvernement Charest  cultive l’électorat féministe peu importe le coût.

(b) Le Québec compte trois fois plus de maisons d’hébergement que la Virginie. Il est assez difficile de croire  que la société québécoise nourrisse une violence conjugale telle qu’elle justifie des dépenses relativement aussi considérables. Nous allons voir, ci-après, qu’effectivement ce gouvernement  a perdu le contrôle du financement des maisons d’hébergement.

 

9.2 Perte de contrôle et gestion laxiste

Le Rapport du Vérificateur général de 2008-09 21 est très  éloquent  à ce sujet. Il a procédé par  échantillon  représentatif. Nous avons  tantôt résumé ses principales observations à propos des maisons d’hébergement  et, tantôt reproduit les paragraphes numérotés concernés.

 

(i) Les organismes conservent leurs excédents au-delà  des limites permises 

«3.48 En outre, nous avons identifié plusieurs organismes qui ont un excédent accumulé significatif, sans que l’importance de celui-ci soit prise en compte lors de l’établissement du soutien financier pour l’année subséquente. Pourtant, un comité auquel siègent des représentants du milieu communautaire et du MSSS a convenu que les organismes peuvent accumuler des sommes équivalant au maximum à 25 p. cent des dépenses annuelles figurant dans les états financiers. Ce pourcentage devrait être pris en considération lors de l’analyse des demandes de financement des organismes.

3.49 Force est de constater que ni le MSSS ni les agences vérifiées ne respectent cette consigne lorsqu’ils prennent les décisions afférentes au financement qu’ils attribuent aux organismes communautaires. En effet, selon les données fournies, plus de 34 p. cent des organismes à qui le MSSS et les trois agences versent du soutien sous forme d’appui à la mission globale, soit 271 organismes, présentaient un excédent accumulé non affecté supérieur à 25 p. cent de leurs dépenses en 2006-2007.

3.50 Qui plus est, pour 51 d’entre eux, cet excédent dépassait 100 p. cent. Au total, pour les organismes qui reçoivent leur soutien du MSSS et des trois agences vérifiées, les excédents accumulés non affectés dépassant 25 p. cent des dépenses se chiffraient à plus de 13,7 millions de dollars. Ces sommes seraient sûrement plus utiles à d’autres organismes qui ont des besoins immédiats. 

3.53 Depuis deux ans, le MSSS exige des organismes qu’il subventionne et qui présentent un excédent accumulé supérieur à 25 p. cent de leurs dépenses des informations relatives à l’utilisation de cet excédent. Cependant, jusqu’à maintenant, ces informations n’ont pas donné lieu à une diminution du montant des subventions 

(ii) Ni le MSSS  ni les agences ne font d’analyses des besoins

3.66 …Les maisons d’hébergement  pour femmes violentées ou en difficulté ont reçu depuis 2003-2004 des allocations récurrentes additionnelles de 30 millions de dollars sur cinq ans. De fait, ce type d’organismes a vu passer ses subventions de 30 millions de dollars en 2002-2003 à  60 millions en 2007-2008.

3.67 Le MSSS a réparti ces 30 millions de dollars  additionnels entre les maisons d’hébergement, mais il ne s’est pas assuré que ces sommes étaient effectivement requises, ce qu’il aurait pu faire en consultant les agences. Nous n’avons pas été en mesure de déterminer les raisons pour lesquelles les montants ont été accordés, outre le fait qu’une faible portion de ceux-ci, soit trois millions de dollars, ont été attribués pour des besoins non comblés recensés dans six régions. Qui plus est, le MSSS a réparti les sommes entre les organismes en fonction du nombre de lits, mais il n’a pas tenu compte des besoins financiers ni du taux d’occupation de chacun.

3.68 Pourtant, le MSSS a lui-même fixé une règle selon laquelle une maison d’hébergement de ce type en région rurale doit avoir un seuil minimal d’occupation de 50 p. cent et, en région urbaine, de 75 p. cent. Si ce n’est pas le cas, le soutien devrait être diminué. Le paragraphe suivant fournit un exemple pour lequel la directive du MSSS n’a pas été suivie : en effet, ce dernier a tout de même augmenté le soutien.

3.69 Une maison d’hébergement pour femmes violentées ou en difficulté comprenant six lits a vu sa subvention passer de 58 832 dollars à 406 817 dollars entre 2002-2003 et 2006-2007. Or, en 2006-2007 :• elle a hébergé au total neuf personnes ;• son taux d’occupation a été de 12 p. cent (29 p. cent en 2005-2006) ;• son excédent annuel a été de 205 953 dollars (187 984 dollars en 2005-2006) ;• son excédent accumulé non affecté s’est élevé à 555 362 dollars au 31 mars 2007.

3.70 D’ailleurs, les gestionnaires de deux des trois organismes de ce type visités ont mentionné avoir cessé de solliciter du financement de certains autres bailleurs de fonds puisque les  sommes reçues du PSOC étaient suffisantes pour leur fonctionnement. En effet, dans  les deux cas, le soutien obtenu représente 97 p. cent des revenus totaux. Pourtant, d’après  la politique, le gouvernement s’attend à ce que les organismes recherchent, selon leurs  capacités et dans la mesure du possible, un appui financier autre que celui qu’il offre. 

3.71 Qui plus est, lors de la répartition des 30 millions de dollars dont nous avons parlé  plus haut, le MSSS n’a pas tenu compte du fait que certains organismes recevaient déjà  des subventions qui dépassaient les limites fixées par deux des agences dans leur cadre  de financement. L’attribution des allocations de développement a contribué au fait que  plusieurs organismes reçoivent maintenant des subventions qui excèdent de beaucoup  les limites fixées. Ainsi, en Montérégie, les 12 organismes de ce type ont reçu en  2006-2007 des sommes qui dépassaient de 36 p. cent en moyenne les limites et qui  totalisaient 1 653 000 dollars. Dans la région de la Côte-Nord, les quatre organismes  de ce type ont reçu des subventions qui excédaient de 20 p. cent en moyenne la balise  régionale et qui s’élevaient à 317 000 dollars.

 (iii) Le MSSS ne respecte pas les normes gouvernementales

3.72 Le MSSS ne respecte pas non plus la décision du Conseil du trésor relativement aux normes  de ce programme de subvention. Ces normes prévoient, pour un organisme qui offre de  l’hébergement, une subvention maximale de 350 000 dollars annuellement. Toutefois,  plusieurs maisons d’hébergement pour femmes violentées ou en difficulté reçoivent une  subvention annuelle de 500 000 dollars et plus. Il n’est pas surprenant que les limites soient  dépassées ; en effet, le MSSS a soumis au Conseil du trésor pour approbation les normes  relatives à ce programme la dernière fois en juin 1999. En fin de compte, le dépassement  pourrait être justifié si une réévaluation de ces limites était faite.

 3.73 En outre, le MSSS n’a pas évalué les besoins non comblés avant d’attribuer les nouvelles  allocations de développement. D’ailleurs, en Montérégie, où une balise précisant le  minimum qu’un organisme devrait recevoir a été établie, il y a des inégalités entre les  différents secteurs offrant des services d’hébergement. En effet, certains organismes  ne franchissent pas le seuil minimum. Ainsi, 16 des 30 organismes qui œuvrent dans  d’autres secteurs ne l’ont pas atteint en 2006-2007. Ils ont reçu au total 2 609 000 dollars  de moins que ce qu’ils auraient dû avoir si l’on avait tenu compte de cette balise et ont  en moyenne un manque à gagner de 67 p. cent. 

-- Enfin, les trois agences vérifiées distribuent à tous les organismes qu’elles subventionnent les sommes relatives à l’indexation annuelle, même à ceux qui ont des excédents accumulés notables. En outre, les deux agences dont le cadre de financement aux organismes communautaires prévoit des subventions maximales pour ce qui est de l’appui à la mission globale ne respectent pas leurs propres balises lorsqu’elles allouent les sommes liées à l’indexation annuelle. En effet, les organismes dont la subvention excède la limite supérieure ne voient pas leur financement annuel gelé : ils reçoivent tout de même les sommes »

Commentaires

Comment le gouvernement peut-il continuer à supporter une gestion aussi déficiente ?  À vrai dire il est tout à fait logique que des organisations dont les missions sont floues, qui sont administrées par des personnes  professant une idéologie  et qui ont le support indéfectible de politiciens ne manifestent aucun souci de rectitude financière.

 

10  Le Tableau des maisons d'hébergement pour femmes violentées

L’identité des maisons d’hébergement par régions administratives

Comme on peut le constater en prenant connaissance du tableau ci-dessous  les  maisons d’hébergement  couvrent le territoire au complet à raison d’au moins de 2 unités par régions sauf dans le Nord du Québec. Notre  tableau rapporte 5 maisons de moins que le tableau du CRI VIFF qui apparaît à la section 4 – nous en avons 3 de moins à Montréal, 1 de moins dans Les Laurentides, .2 de moins dans les Laurentides, 1 de moins sur la Côte-Nord mais 2 de plus en Gaspésie.

Nous avons indiqué par (R)  les maisons associées au Regroupement par (F), les maisons associées à la Fédération  et par «na» les maisons non associées.  Comme les maisons associées  à la Fédération peuvent accueillir aussi des femmes en difficulté nous avons indiqué celles qui avaient  cette mission  (D) soit uniquement soit en plus de celle de voir à l’hébergement des femmes violentées  (V). Les maisons associées au Regroupement ne reçoivent en principe que des femmes violentées. Les maisons  dont la mission n’a pu être identifiée  sont accompagnées d’un ?

 

On constate que sur les 101 maisons :

--  84 s’occupent exclusivement de femmes violentées dans un contexte conjugal;  

--- 4 s’occupent de femmes violentées et de femmes en difficulté;

--- 11 s’occupent exclusivement de femmes en difficulté;

--- la mission de deux maisons n’a pas pu être déterminée;

--- 13 maisons ne font pas partie d’une de deux associations. 

---  les 6 organismes de coordination  et de concertation au niveau régional sont soit superflus soit nettement insuffisants  pour la même raison - les autres régions n’en ont pas. 

 

On s’explique mal que les maisons qui s’occupent exclusivement de femmes en difficulté- principalement dans la région de Montréal – soient regroupées avec des maisons d’hébergement pour femmes violentées.  Les besoins d’hébergement pour les femmes itinérantes, toxicomanes, ivrognes etc. devraient, il nous semble, être traités de manière distincte pour le bien des unes et des autres. 

Il est apparent que ces maisons  constituent des apports financiers non négligeables dans certaines régions mais,  étant donné leur grand nombre on peut craindre que cela constitue, avec les considérations électorales, leur principale justification.

 Notre compilation des sommes versées est très voisine du montant de 60 M$ mentionné par le Vérificateur général à la section 9.1 de ce document.

 

Tableau des maisons d'hébergement pour femmes violentees.pdf

 

 

11. Conclusion

11.1 Le mouvement  féministe par le truchement Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme a exploité sans vergogne depuis les années1980 une étude de deux chercheures qui s’identifiaient à ce mouvement. Cette étude dont la méthodologie était  techniquement  très imparfaite comportait des données grossièrement et volontairement  exagérées sur la violence conjugale au Canada et au Québec. 

11.2  Le gouvernement  social-démocrate du Québec, trop heureux de l’occasion qui lui était offerte  de corriger un autre problème de société …et de se fidéliser l’électorat féminin,  se précipita dans une intervention sans même jeter un œil critique sur les données produites, sans écouter les personnes qui dénonçaient la supercherie des chercheures et sans remettre en cause la  problématique élaborée par le mouvement féministe.  Encore aujourd’hui,  ceux qui dénoncent  cette manipulation de l’opinion publique  mettent en péril leur carrière alors que celles  qui en  sont responsables trônent  dans les médias.

11.3  Même si les véritables enquêtes scientifiques sur la violence conjugale démontrent clairement que les hommes et les femmes sont victimes de violence conjugale dans des proportions similaires la réponse du gouvernement a été de privilégier les services d’hébergement et d’aide fournis aux femmes.

11.4 C’est ainsi que furent établies dans toutes les régions administratives, à une exception  le Nord du Québec, non pas une mais plusieurs maisons d’hébergement pour femmes violentées. Quand on pense que la région de Montréal en compte 26 et celle de la Montérégie 12,  soit un de plus que dans tout l’État de la Virginie, on se dit, ou bien les Québécois sont des Barbares, ou bien, les élus d’ici avaient besoin d’allonger la liste de débiteurs électoraux. C’est ainsi  qu’un programme universel devient rapidement  «un à mur à mur ». «Il y a de la relance dans le déjà vu » comme on dit dans Kaamelott.

11.5 Pour compliquer davantage la situation le gouvernement a autorisé la formation de deux associations provinciales, l’établissement de tables de concertation régionales  et, finalement, la réunion dans certaines maisons de missions aussi différentes que celle du traitement de la violence conjugale et de l’itinérance.

11.6 Alors que tous les indices indiquent que la situation de la violence conjugale  est loin de s’aggraver, bien au contraire,  le même gouvernement du Québec trouve le moyen de plus que tripler ses dépenses dans ces maisons qui ne cessent de se multiplier de 1993 à 2009.  Il en a fait un programme  prioritaire tout juste en dessous de celui  de la santé mentale.      

11.7   Pire encore, le MSSS  et les agences régionales de Santé et de Services sociaux font preuve d’un laxisme inouï  dans la gestion de ces dépenses. L’analyse des besoins est une considération qui passe  apparemment après celle de la «stabilité du financement».

 

    00000

Il faut être singulièrement obtus pour ne pas voir là le résultat des pressions du mouvement féministe qui en fait un de ses principaux chevaux de bataille.

Nous avons déjà vu  que, de manière assez cynique, ce mouvement féministe avait statué que la seule intervention du gouvernement  à l’égard des hommes dans ce dossier devait consister à  les obliger à reconnaître leur responsabilité à l’égard de cette violence faite aux femmes. Il reste à voir comment, dans un tel contexte, le gouvernement  s’est occupé concrètement  des hommes – encore une fois, victimes de violence conjugale dans des proportions similaires aux femmes. La troisième partie de ce document sera consacrée aux organismes pour hommes violents, violentés et en difficulté.

 ____

(1) CRI VIIF «Services d’aide en matière de violence conjugale : état de la situation et besoins prioritaires» Octobre 2010 par Maryse Rinfret-Raynor, CRIVIFF, Université de Montréal, Normand Brodeur, CRIVIFF, Université Laval, Élisabeth Lesieux, CRIVIFF, Université de Montréal «Cette recherche a donc pour objectifs généraux de :  1. déterminer l’influence du financement supplémentaire accordé par le MSSS aux maisons d’hébergement et aux groupes pour conjoints ayant des comportements violents quant à l’évolution de la situation de chacun de ces organismes au cours des années 20022003 et 20082009, soit la période « avant » le financement et six ans après les premières injections du financement supplémentaire;  2. identifier des pistes d’actions prioritaires à mettre de l’avant pour répondre plus adéquatement aux besoins des femmes, des enfants/adolescentses et des hommes dans cette situation.»

(2) Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale ;«LE DROIT À L’ÉGALITÉ POUR TOUTES LES FEMMES PERSPECTIVES POUR LES FEMMES VICTIMES DE VIOLENCE CONJUGALE Mémoire présenté lors de la consultation sur le deuxième plan d’action de la politique Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait-

(3) Juristat Sat.Can. – 2005 2006 - 85 -002 XIF vol, 27 no.4

(4) La Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec. ) http://www.fede.qc.ca/

(5) Voir note 1

(6) Voir note 4

(7)http://www.arrondissement.com/montreal/regroupementprovincialdesmaisonsdhebergementetdetransition

pourfemmesvictimesdeviolenceconjugale?division=18

(8): 7 janvier 2008 http://www.netfemmes.cdeacf.ca/ les_actualites/lire.php? article=9495

Financement : MSSS une subvention annuelle  de   477 018$- http://142.213.167. 138/bd_ nrecherche/ portrait/ResultatRepOrg.asp?LstRegion=0&Lst Circonscription=0&txtNom= maison +d%27h% E9bergement+pour+elle&txtVille=&LstMinistere=0&Rechercher=Rechercher

3 janvier 2008http://www.netfemmes.cdeacf.ca/l es_actualites/lire.php? article=9489 

Financement MSSS une subvention annuelle de 339 924$ du MSSS   <http://142.213. 167.138/ bd_recherche/portrait/Resultat RepOrg.asp?LstRegion =0&Lst Circonscription =0&txtNom =Regroup%27Elles&txtVille=&LstMinistere=0&Rechercher=Rechercher    

e Bulletin Sans préjudice... Pour la santé des femmes Numéro 21, Printemps 2000 Réseau québécois pour la santé des femmes   http://rqasf.qc.ca/sp21_article07 le 1 novembre 2007

Voir aussi «La charte féministe » REGROUPEMENT provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale JUIN 2005

(11)Les statistiques des maisons d'hébergement membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale 2006 – 2007 http://maisons-femmes.qc.ca/notre-action/statistiques-2006-2007

(12)http://www.scf.gouv.qc.ca/index.php?id=70&tx_ttnews[tt_news]=228&cHash=e1817e1afabafd78f78d2dd551410674 

(13) Nouvelles Sympatico   samedi 1 janvier 2011 | 12.

(14) Juristat  «Les refuges pour femmes violentées au Canada, 2005-2006»Statistique Canada – no 85-002-XIF au catalogue, vol. 27, no 4 par Andrea Taylor-Butts

(15) Voir note 12

(16)http://www.justice.gouv.qc.ca/Francais/publications/rapports/pdf/violence.conjugale.pdf

(17)http://www.vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/fr_2008-2009-T1/fr_Rapport2008-2009-T1-Chap03.pdf

(18) U de M Nouvelles. Vendredi, 26 Novembre 2010 15:48 Communiqué   

(19) Domestic and Sexual Violence in Virginia 2008 Annual Report

http://www.oag.state.va.us/KEY_ISSUES/DOMESTIC_VIOLENCE/AttorneyGeneral_95309_DomestiViolence_

AR_FINAL.pdf

(20) «The FY 2011 budget provides $140 million for battered women’s shelters and services, an increase of $10 million from the previous fiscal year » http:// www.whitehouse.gov/blog/ 2010/02/02/white-house-s-commitment-combating-violence-against-women. Le 140 millions de dollars représente une contribution de .45¢ par Américain  (310 232 863) alors que le 60 millions$ répartis sur 7 202 375 d’habitants  représente 8,32$ par Québécois

(21) http://www.vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/fr_2008-2009-T1/fr_Rapport2008-2009-T1-Chap03.pdf