SDSP- 3-c-4 - Une nouvelle maison pour femmes violentées  dans la région Chaudière-Appalaches même si la violence conjugale n’y augmente pas.

On   fait maintenant dans le  développement régional féministe 

 

 HOMME

D'AUJOURD'HUI

accueil

 

 

Nous avons déjà traité de ce sujet sur ce site :

- SDSP-3 c-   1- Les maisons d'hébergement pour femmes violentées

-SDSP-3 c -  2 Les maisons d'hébergement pour femmes violentées

L’annonce de la construction d’une plus grande maison d’ébergement  à Lévis justifie que nous y revenions car il est apparent que le gouvernement s’engage dans ces dépenses pour des motifs qui n’ont rien à voir avec une aggravation de la situation. Au mieux, il  ferait ainsi du «développement régional», une notion fourre-tout  qui a perdu beaucoup de son lustre avec les années mais qui semble reprendre maintenant  du service sous l’impulsion du mouvement féministe. Le plus navrant est que le gouvernement n’a toujours pas trouvé le temps, depuis le dépôt du rapport Rondeau en 2004 qui  révélait la grave inadéquation des services sociaux et de santé aux besoins des hommes,  de s’occuper des hommes en détresse. Paradoxalement, dans les  récentes affaires Guy Turcotte et Jocelyn Marcoux  qui ont dramatiquement mis en lumière cette détresse c’est encore vers la mère que va la sympathie populaire exactement  comme lorsque c’est elle qui tue les enfants.  

 

1- La nouvelle

Le journal Le Soleil publiait récemment cet article 1« Zone de Texte: Nouveau toit pour les femmes violentées à  Levis » : Le gouvernement et la Ville de Levis injecteront 1, 8 million$ dans la construction d'une nouvelle maison d'hébergement pour accueillir cette clientèle en détresse. Le gouvernement québécois, par I'intermédiaire de la Société d'habitation du Québec (SHQ), injectera 1,6 million$ pour la réalisation du projet évalue à 2,2 millions$.La Ville de Levis fera aussi sa part. Elle a accepté de donner un terrain d'une valeur de 300 000$: La municipalité ajoute une contribution financier de 100 000$, qui sera égalée par la SHQ.

2- La justification : un besoin «criant»

«La maison actuelle, gérée par I’organisme «Jonction pour Elle», ne suffit plus à la tâche. Avec seulement sept chambres et 12 lits, elle doit refuser prés de 65 femmes set 50 enfants par année. La nouvelle demeure, dont I'adresse sera bien entendu gardée secrète, comportera 15 chambres et 20 lits. Ce ne sera pas suffisant pour répondre à la totalité des besoins, convient la coordonnatrice de Jonction pour Elle, Sylvie Bematchez, mais c'est un pas dans la bonne direction. (…) Pour Sylvie Bernatchez, les besoins pour ce service sont criants. Et ce sont des femmes de tous les milieux sociaux qui en bénéficient. «La violence ne fait pas de discrimination», dit-elle. «Les femmes qui nous arrivent sont en état de stress. C’est un traumatisme d'avoir été violenté. Les enfants ont les mêmes conséquences. Ce sont des femmes qui sont confuses, en panique, elles ont honte, elles ont peur. Elles ne se comprennent plus, ne comprennent plus les enfants.»La maison vise à leur insuffler un élan d'autonomie. Elles y restent  Ie temps qu'il faut et sont accompagnées dans toutes les étapes qui les mèneront à leur nouvelle vie. Nancy Perreault, présidente du conseil d'administration de Jonction pour Elle, espère que la construction débutera à I’ automne»

3- Les politiciennes…et les politiciens s’attendent évidemment à un retour d’ascenseur  

«Pour la mairesse de Levis, Danielle Roy Marinelli, avec ce projet, «nous avons la conviction qu'on investira très bien ce 100 000$».En même temps, a-t-elle exprime,«c'est paradoxal de souhaiter longue vie à une maison qui s'occupe des femmes violentées. Ca ne devrait même pas exister.. Étant donne que çà existe, heureusement qu'il y a des gens pour aider ces femmes. Et en les aidant, on aide des enfants qui sont dans le besoin». Le députe de Levis, Gilles Lehouillier, s'est lui aussi réjoui que I'organisme trouve un nouveau toit. Surtout qu'après plusieurs analyses, on a dû se résoudre au fait qu'il était impossible d'agrandir la maison actuelle, a-t-il souligné.»

4-   Qu’en est-il en réalité    

Laissons maintenant de côté l’arène politique où le lobby féministe excelle à répandre une propagande mensongère  de manière à  siphonner les fonds publics  pour sa cause  qui consiste, notamment, à démoniser l’homme, qui apparaît comme l’auteur unique de la violence conjugale, le prédateur invétéré   et passons maintenant à la  réalité.

Nous savons que Lévis se trouve dans la région administrative de Chaudières-Appalaches mais Il importe de situer, d’abord, la situation «locale» dans un contexte plus large. Commençons par dresser  un tableau général de la violence conjugale au Canada et au Québec. Il faut savoir si  la situation à cet égard s’aggrave, s’améliore ou demeure stable.   . 

5 L’évolution de  la violence conjugale au  Canada  et au Québec

Malheureusement, il n’.est pas facile de décrire  cette réalité si ce n’est  parce que  les organismes chargés d’établir les statistiques à l’égard du phénomène de la violence conjugale  se plaisent à modifier leur cadre analytique et leur vocabulaire ce qui complique sérieusement l’établissement de séries chronologiques.

5.1  En 2004, la violence conjugale était moins forte au Québec que dans le reste du Canada

----Au Canada, la grande Enquête sociale générale (ESG) de 2004 révèle que «environ 7% des Canadiens de 15 ans et plus qui vivaient avec un conjoint avaient été victimes de violence physique  ou sexuelle au cours des cinq années précédentes : 7% étaient des femmes  (653 000) et 6% des hommes (546 000). (…) Le taux de violence dans les relations actuelles est demeuré relativement stable 4%.

----«Au Québec, selon la même enquête,  le taux de violence était de 5% contre les hommes et de 6% contre les femmes alors que ce dernier taux était plus élevé ailleurs au Canada, sauf à L’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick où il était égal 2   

1.2 En 2007, Denis Laroche3 a mis à jour son étude sur la violence conjugale au Canada et au Québec. Nous rapportons ses principaux constats au Tableau ci-dessous tiré d’un ouvrage déjà  annoncé sur ce site4 .      

Tableau 10.2

Les taux de prévalence de violence conjugale au Canada et au Québec 1999-2004

 

 

 

Canada

Québec

Femmes

62% / 1000 =1 femme sur 17

52%/1000=1 femme sur 19

Hommes

57% / 1000= 1 homme sur 17

42%/1000= 1 homme sur 24

(-Taux de prévalence de violence conjugale c’est-à-dire un acte de violence physique subie au moins une fois de la part d’un conjoint ou ex-conjoint)

On observe que durant cette période les taux de prévalence de la violence conjugale ont été moins élevés au Québec que dans le reste du Canada, tant pour les femmes que pour les hommes  avec des écarts allant même jusqu’à  10 points de pourcentage pour les femmes.

5.2 En 2010, la violence entre «partenaires intimes» est moins forte au Québec que dans le reste du Canada

Statistique Canada a décidé de ne plus utiliser le concept de violence conjugale. Cet organisme s’est donné  un nouveau cadre analytique global de  la violence qui est composé d’un volet  violence familiale  - commise entre membres de la même famille  et  d’un volet violence non familiale -commise par des personnes autres que les membres de la famille

La violence familiale, à son  tour, est divisée entre  la violence commise entre partenaires intimes  qui est composée  de deux sous-groupes - les conjoints qui sont  «les personnes mariées, séparées et divorcées et les conjoints  de fait – en union libre- (actuels et anciens)  de 15 et +» - et - les partenaires amoureux qui sont  «les petits amis et petites amies actuels ou anciens, ainsi que les autres partenaires intimes»

Malheureusement, dans tous les tableaux produits  dans l’étude de 2010 de Stat.Can. sur la violence familiale 5  il n’y en a aucun qui porte sur les conjoints.  Nous devons donc nous résoudre à reproduire le Tableau 2.9 de l’étude qui réunit  les conjoints et les partenaires amoureux.

Tableau 2.9

Victimes de violence aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par la police, selon la province et le territoire, 2010

Province et territoire 

Victimes de violence aux mains de   partenaires intimes1        

Victimes de violence aux mains d’autres personnes2

 

Nombre

Taux

Nombre

Taux

Terre-Neuve-et-Labrador

1 806

418

4 775

942

Île-du-Prince-Édouard

414

348

1 147

812

Nouvelle-Écosse

3 209

403

9 935

1 063

Nouveau-Brunswick

2 801

443     

7 517

1 007

Québec

19 797

299

57 861

740

Ontario

28 850

264

86 914

669

Manitoba

5 965

601

17 270

1 454

Saskatchewan

7 036

841

17 840

1 760

Alberta

14 054

465

35 555

959

Colombie-Britannique

16 259

427

47 336

1 054

Yukon

343

1 201

1 004

2 914

Territoires du Nord-O

1 191

5 319

2 087

6 286

Canada

102 713

363

291 760

867

 

Cela  dit, il n’en reste pas moins que, selon  cette étude,  c’est au Québec, après l’Ontario, que la violence entre partenaires intimes est la moins élevée, bien en deçà de la moyenne nationale. Il en va de même de la violence commise par des personnes autres que les partenaires intimes.

En d’autres termes, il est  insensé, comparativement parlant,  de présenter la société québécoise  comme une société où règne la  violence,  peu importe qu’on l’appelle  conjugale ou  commise entre partenaires intimes.

6. L’évolution des «infractions dans un contexte conjugal »au Québec selon le  Ministère de la Sécurité publique

Ce ministère, pour sa part, tient des statistiques sur les «infractions commises dans un  contexte conjugal »  -ce qui nous ramène  au concept de violence conjugale. Toutefois, nous ne pouvons pas pour autant établir des ponts avec les données fédérales sur «la criminalité commise entre partenaires intimes», dont  celles commise entre conjoints, notamment parce qu’au Québec  on inclut dans le groupe des personnes susceptibles d’être victimes d’infractions dans un contexte conjugal les personnes qui ont entre 12 et 17 ans alors qu’au fédéral on ne considère que les 15 ans et plus.  Il aurait été évidemment trop simple de s’entendre sur un cadre analytique identique.

Quoiqu’il en soit, il  importe maintenant de connaître l’évolution de la situation à l’intérieur du Québec, indépendamment des comparaisons avec le reste du Canada. En effet, on peut  toujours estimer qu’il y a place pour amélioration même si  notre performance est déjà supérieure à celle de nos voisins.

6.1 L’évolution des «infractions en contexte conjugal de 2001 à 2011 6

« Le taux d’infractions par 100 000 habitants a augmenté de 4,4 % en 2010, ce qui équivaut à près de 1 000 infractions de plus qu’en 2009. Il s’agit d’une deuxième hausse consécutive pour ces infractions dont le taux par 100 000 habitants a atteint 276 en 2010  et 277 en 2011 .«Comme il s’agit de 278 infractions de plus qu’en 2010, on peut donc parler de relative stabilité en 2011 pour cette forme de violence. Ainsi, après avoir augmenté de 8 % entre 2008 et 2010, le taux d’infractions par 100 000 habitants varie d’à peine 0,6 %, s’établissant à 277 (graphique 1)».7

Graphique 1

Évolution du taux d’infractions dans un contexte conjugal, Québec 2001 à 2011

 

 

Enfin, il faut savoir que ces infractions ne sont  pas  des jugements de cours et que la personne accusée peut bien être déclaré non coupable, comme ce fût le cas d’ailleurs  dans le passé pour le tiers des accusés.  

6.2  Les victimes  des infractions dans un contexte conjugal au Québec- les femmes et les hommes 8

Il va sans dire  que la répartition des victimes des infractions selon le sexe est  une donnée incontournable dans tout débat sur la question  et à cet égard il est clair que les femmes, (principalement  celles qui sont âgées entre 18 et 30 ans) sont les principales victimes.

Toutefois, on observe à notre Tableau 1, ci-dessous, qu’en 2010 il y a eu une augmentation importante du nombre et du taux d’infractions envers les hommes, particulièrement ceux qui sont âgés entre 25 et 40 ans.  Malheureusement, en 2011 dans  le même document

Tableau 1

Nombre et taux d’infractions dans un contexte conjugal,  Québec, 2002-2006-2009-2010-2011

 

Femmes

Hommes

Total

 

Nombre

Taux

Nombre

Taux

Nombre

Taux

2002

14 110

430,7

2 461

78,2

16 571

257,9

2006

14  923

437,7

2 920

88,8

17 843

266.4

2009

14 887

428.0

3 244

90,0

18 131

264,1

2010

15 552

442.0

3 587

105

19 109

276,0

2011 ? ? ? ?       19 373           ?

Il est vrai que le chiffre de 15 552 infractions commises à l’égard des femmes,  est  impressionnant mais il faut savoir  que 10  695  d’entre elles consistaient en des voies de fait de niveau  1, les moins graves,( 56% en 2010,58% en 2011)comme le fait de  tirer l’élastique d’une petite culotte. Cette observation ne vise en aucune manière à minimiser la gravité  de la violence conjugale principalement envers les femmes, un phénomène qui, effectivement, n’a pas sa raison d’être. Toutefois, il arrive trop souvent que l’on s’en tienne  à cette présentation binaire qui en porte plusieurs à conclure que seule finalement cette violence est importante. C’est d’autant plus le cas que les médias vont même jusqu’à rapporter  des cas de grave violence  perpétrés contre des femmes dans des pays lointains en renforcement  de la cause féminine, à défaut  de pouvoir traiter de cas semblables ici et surtout de manière à ne jamais parler de violence exercée contre les hommes, un tabou que ces derniers d’ailleurs entretiennent depuis des années.  

 

7. Les «infractions dans un contexte conjugal » dans la région administrative Chaudière-Appalaches

Cela dit, rapprochons-nous un peu plus de la nouvelle rapportée en début de texte et examinons la violence conjugale dans la région de Chaudière-Appalaches  où l’on projette d’agrandir la maison pour femmes violentées,   Jonction pour Elle, apparemment,  à cause «d’un besoin criant». 

7.1  Nombre et taux d’infractions

Nous avons constitué  le Tableau 2, ci-dessous, grâce à la publication «Statistiques sur la criminalité commise dans un  contexte conjugal» qui est accessible, en 2010, sur le site du ministère de la Sécurité publique9 et, pour les années antérieures, grâce à la collaboration d’agents d’information du MSP que nous voulons remercier ici. Ils nous ont indiqué que les données de 2011 seraient disponibles en juillet  2012 et qu’il faudrait sans doute apporter des modifications à celles de 2010 qui étaient provisoires. De toute évidence, il y a effectivement une augmentation du nombre d’infractions commises dans la région administrative de Chaudière-Appalaches de 2002 à 2010. Toutefois, on note que ce nombre a plus que doublé (58 X 2= 116) pour ce qui est des hommes victimes  et que ce n’est pas le cas pour les femmes victimes (348 X 2 = 696).

Tableau 2 Nombre et taux d’infractions dans un contexte conjugal

dans la région  de Chaudière-Appalaches 2002-2006-2009-2010 et 2011

 selon le sexe des victimes

 

Femmes

Hommes

Total

 

Nombre

Taux

Nombre

Taux

Nombre

Taux

2002

348

205,7

58

34,4

406

231.8

2006

448

257, 2

67

38,6

515

298,1

2009

485

277,1

108

61,3

593

252,0

2010

611

347,9

129

73,0

740

210,1

 2011

 

 

 

 

 592

167 

 Malheureusement, le document que le  MSP nous as transmis «Criminalité dans un contexte conjugal, Faits saillants ,juillet 2012 .ne répartit pas les infractions selon le sexe des victimes et ne fait état que du nombre total et du taux. Or, non seulement  y-a-t-il une réduction du nombre total et du taux d'infractions en 2011mais on sera à même de constater que les nouvelles données disponibles viennent confirmer l'essentiel de notre propos. 

 

7.2 Comparaison du taux de Chaudière-Appalaches  avec celui des autres régions administratives

De plus, il faut encore signaler que, selon la même publication du MSP  la région de Chaudière-Appalaches  est celle qui, des 17 régions administratives, a connu, de 2001 à 2010, le plus bas taux d’infractions par 100 000 habitants.  Nous avons  simplifié  le Tableau E  de cette publication pour en faire ressortir les régions où ce taux  était le plus bas.

TableTableau E 10 Taux d'infractions dans un contexte conjugal par 100 000 habitants selon la région, Québec, 2001 à 2010

Région

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009a

2010p

Estrie

156,3

169,3

196,8

201,4

193,6

213,9

175,9

157,6

187,7

206,

Chaudière-

Appalaches

115,7

120,1

128,0

112,8

111,7

148,1

154,2

163,5

168,8

207,0

Nord du Québec2

650,3

664,2

455,0

449,0

591,9

538,3

156,0

151,4

121,6

188,1

2. Les données présentées pour cette région en 2007, 2008, 2009 et 2010 excluent celles de l'administration régionale Kativik. Source : Ministère de la Sécurité publique. Données du Programme DUC 2.

Nous devons écarter la région du Nord  québécois car il est apparent  que l’exclusion de l’administration Kativik au cours des 4  dernières  années a eu pour effet de réduire  radicalement le taux d’infractions. Finalement, la région de Chaudière- Appalaches  n’a été dépassée que par un tout petit point par celle de l‘Estrie   et ce pour la seule année 2010 .Toutefois,. les nouvelles  informations du MSP ont apporté des corrections pour les années 2010 et 2011  comme il apparait ci-dessous.

Taux d'infractions dans un contexte conjugal par 100 000 habitants selon la région, Québec 2010-2011

Région

2010

 2011

Différence

2012

Estrie

190,6

211,5

10,9

 

Chaudières-Appalaches

210,1

167,0

-20,5

 

Nord du Québec

192,5

151,0

-21,6

 

source : Tableau 1 dans Criminalité dans un contexte conjugal , Faits saillants ,juillet 2012

L'Estrie l'emporte en 2010 mais la région Chaudière-Appalaches l'emporte nettement en 2011 alors qu'elle connaît une décroissance de 20 points.

Le graphique ci-dess0us ne peut pas être plus éloquent

 

Notons enfin qu’en 2010,  392 des  605 infractions commises à l’égard des femmes étaient des voies de fait alors

 que c’était le cas de 100 des 128 infractions commises à l’égard des hommes.  En 2011, comme le document en question ne répartit pas les données selon le sexe nous ne pouvons pas comparer mais il serait surprenant que la situation soit très différente à cet égard.

7.3   Manifestement le phénomène de la violence conjugale n’a pas l’ampleur que l’on prétend 

Il apparaît que la situation qui prévaut depuis une décennie dans la région de Chaudière- Appalaches en matière de violence conjugale ne peut pas être décrite comme alarmante à moins que toutes les autres régions soient  dans un

gouffre sans fond ce qui ne saurait être le cas étant donné la propension des médias à mettre en évidence les malheurs des uns et des autres.

Mais encore faudrait-il savoir quelles sont les ressources mises à la disposition des femmes… et des hommes  aux

prises justement avec des problèmes de violence conjugale. Il se pourrait que cette région soit tellement démunie que même avec le plus bas taux  d’infractions commises dans un tel contexte il serait urgent de venir en aide aux femmes 

en dépensant 2 millions de dollars pour la construction d’une nouvelle maison Jonction pour Elle .

 

8. La réponse du gouvernement au phénomène de la violence conjugale : l’établissement de maisons d’hébergement pour femmes violentées  

Il faut savoir que les mêmes maisons accueillent également des femmes …en difficulté sans que les données officielles  départagent les deux groupes. Or, il est clair que cela fait l’affaire du lobby féministe qui  continue d’axer ses

revendications en matière d’hébergement uniquement sur les femmes victimes de violence conjugale, la tactique

habituelle qui consiste à  culpabiliser l’homme de manière à obtenir des privilèges de la part du gouvernement.

Le texte des sections 8.1. 1,à 8.1.5 est tiré du chapitre 10 de  «La discrimination positive» déjà cité.

8.1  Dans l’ensemble du Québec

8.1.1  Le nombre de maisons

«D’après le CRI VIFF, le Québec compte 106 maisons d’hébergement en 20082009 5  trois de plus qu’en 2006  Elles couvrent l’ensemble du territoire  à raison d’une ou  plusieurs maisons par région administrative.  Il y a, en moyenne,  une maison pour 8 341 femmes de  15  ans et +».

Par comparaison, la  seule  région de Montréal compte 26 maisons d’hébergement  pour femmes violentées alors que l’État américain de la Virginie au complet dont la population totale est voisine de celle du Québec,  en compte 37. 11  

L’Alberta, province riche par excellence, compte 46 maisons d’hébergement pour femmes violentées dont deux maisons  d’hébergement d’urgence pour la famille.12  Comme l’Alberta a une population  totale de 3 645,257  cela signifie qu’il y a une telle maison pour 79 224 personnes . Au Québec, on compte plus d'une centaine de maisons  et  le ratio est de  27 816  habitants pour une maison.13

 8.1.2 Les clientes

·  «Les 2/3 des femmes ont entre 18 et 40 ans, et  84% de leurs enfants ont entre 1 et 12 ans. – 55.7% vivent en union de fait, contrairement à voilà près de 20 ans où la majorité était mariée-- Près de 90% des femmes hébergées sont nées au Canada. -- 77 % ont un secondaire ou moins ou une scolarité inconnue  contrairement à 50 % pour la moyenne des femmes. 

·   Une bonne partie des femmes hébergées sont davantage démunies économiquement par rapport à la moyenne des femmes québécoises : 58, % ont un revenu familial annuel inférieur à 20 000 $  et 14 % un  revenu inconnu – La source du revenu  est : le travail pour 18,6% d’entre elles, l’assurance emploi pour 7,.8%,l’aide sociale pour 42,4%,le revenu du conjoint pour 11,9%, une pension alimentaire pour 1,1%, une «autre source» pour 9,2,% «aucune source» pour 4,2% et une source «inconnue» pour 4,8%. »

8.1.3 L’achalandage des maisons

●«En 2005-06, selon le Regroupement «En 2005-2006, les 40 maisons recensées ont hébergé 2 914 femmes et 2 472 enfants, ce qui fait une moyenne annuelle par maison de 72.9 femmes et 61.8 enfants durant en moyenne 24.7 jours par famille; avec un taux d'occupation des lits à 75,8%,»

●«En 2008, le nombre de femmes hébergées  serait passé  au Québec de 8 586 en 2005-6 à 6 736 en 2008, selon le rapport du CRI VIFF, («Profil des maisons d'hébergement en 2008-2009»)  le nombre médian de demandes d’hébergement a diminué, passant de 205 à 159; 43 183 femmes ont fait des demandes de services externes  22 339 femmes reçues en services externes  4 217 enfants et adolescents-es hébergés». 12

Toutefois, la ministre de la Condition  féminine a rapidement pris soin de nuancer  «Cette baisse de demandes d'hébergement des femmes victimes de violence conjugale ne signifie pas que les cas de violences conjugale sont nécessairement en diminution.  Selon les chercheurs, les femmes victimes de violence cherchent d'autres façons de s'en sortir que de demander un abri dans une maison d'hébergement ». 15

·   «Pour sa part, le Secrétariat à la Condition féminine rapporte que  « de 2003 à 2009,  le taux d'occupation moyen des maisons d'hébergement est passé de 86 % à 78 % » sans plus. 13  L’ennui est que le Rapport du CRIVIIFF omet de donner des chiffres antérieurs pour que l’on puisse estimer la diminution …un oubli  durant 50 pages. C’était pourtant le premier objectif de cette étude «L’étude a pour objectifs spécifiques 1 : dresser un portrait de la situation, en 2002-2003 et 2008-2009, des maisons d’hébergement et des organismes pour conjoints ayant des comportements violents ».

8.1.4 Le financement des maisons d’hébergement 

- L’évolution

---  De 1996 à 2002 «Afin de s'assurer que les ressources répondent aux besoins des femmes victimes et de leurs enfants, le ministère de la Santé et des Services sociaux a soutenu financièrement les maisons d'hébergement avec un budget qui est passé de 22,7 M$ en1996-1997 à plus de 29,4 M$ en 2001-2002. Cela inclut une bonification de 4 M$ pour 2001-2002, consécutivement aux demandes formulées lors de la Marche mondiale des femmes.» 16

---«Entre 2003 et 2009, la moyenne des entrées de fonds du secteur public par maison est passée de plus de 350 000 $ à près de 644 000 $, cela représente une augmentation de 84 %.»Ces maisons reçoivent plus de 60 millions de dollars annuellement du PSOC 17 (VG)

Ainsi, le financement public accordé en ce domaine a plus que doublé, passant de 32,7 M$ en 2003 à 73 M$ en 2009, conformément au Plan d'action gouvernemental en matière de violence conjugale 2004-2009».18

8.1.5   Comparaison avec d’autres dépenses sociales

-- «On observe qu'entre 2005 et 2008, les dépenses en hébergement pour femmes violentées ont augmenté der 20,2%) soit plus que les dépenses en santé mentale (11,3%),les jeunes en difficulté (11,7%) ,les personnes âgées en perte d'autonomie (11,2%), les déficients intellectuels ( 11,7%), mais moins que pour la santé publique en général (29%, la dépendance (32%), la déficience physique (29,5%) et la santé physique en général (28.1%).

 Bref, sur cette base, il faudrait conclure que la violence conjugale est un des principaux  problèmes de la société québécoise. Il s'agit, évidemment, d'une  aberration totale qui ne s'explique que par les pressions du lobby féministe sur de minables politiciens en mal de réélection. »     

Résumé

En somme, au Québec, on assiste à un curieux paradoxe. Le  nombre de maisons d’hébergement pour femmes violentées …ou en difficulté (une centaine)  est  en augmentation bien que  l’achalandage de ces  maisons soit en décroissance. On peut  penser que la présence d’une telle maison dans les divers comtés électoraux s’explique justement par un «besoin électoral». Ce nombre est même supérieur à celui d’un État américain dont la population est similaire bien que le taux de violence conjugale y soit nettement plus élevé. Les dépenses faites pour ces maisons  au Québec s’accroissent   à un rythme supérieur  à celui  d’autres secteurs nettement plus névralgiques bien que le Québec soit une des provinces  où la violence conjugale est la moins  présente.  

Qu’en est-il maintenant de la région de Chaudière-Appalaches où l’on projette de construire une nouvelle  maison «Jonction pour elle»  au coût de 2 millions?

8.2  Dans la région Chaudière-Appalaches

Dans cette région (no.12) il y a 4 maisons d’hébergement – La «Jonction pour Elle» (Lévis), «Havre l’Éclaircie » (St-Georges), «La Gîtée », (Thetford Mines) «Havre des femmes»  (L’Islet)

8.2.1 L’achalandage  des maisons d’hébergement pour femmes violentées

En 2007-08

• 4 maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale : 365 femmes et 236 enfants hébergés

En 2009-10

• 4 maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale : 289 femmes et 191 enfants hébergés

En 2010-11

• 4 maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale : 212 femmes et 127 enfants hébergés;

Donc, un achalandage en baisse.

8.2.2 Le financement  des maisons d’hébergement  pour femmes violentées

Ces maisons reçoivent en moyenne  un financement de 704 260$ annuellement du seul gouvernement du Québec 

Tableau  3  Le financement des maisons d’hébergement pour femmes violentées de la région administrative Chaudière-Appalaches  2008, 2009-10, 2010-11

 

 

La Jonction pour elle Inc. (Lévis)

Total

 

Total

 

Mission globale

 

Ententes spécifiques

 

Projets ponctuels

 

2008

771 254   

 

 

 

 

2009-10

 

715 124

60 337

1 800

777 261

2010-11

 

714 692

--

--

776 236

 

 

Le Havre des femmes    (L’Islet)

 

2008

627 809    

 

 

 

 

2009-10

 

576 261

60 337

1 800

638 398

2010-11

 

587 786

61 544

--

649 330

            

 

La Gîtée inc. (Thetford Mines)

 

2008

668 805     

 

 

 

 

2009-10

 

609 416

60 336

34 100

703 852

2010-11

 

621 604

61 543

9 500

692 647

 

 

Havre L’Éclaircie inc. (St-Georges)

 

2008

675 897       

 

 

 

 

2009-10

 

618 432

60 337

17 100

695 869

2010-11

 

630 800

61 544

6 500

698 844

Source : Rapport annuel de gestion de l’Agence de la santé  et des services sociaux Chaudière-Appalaches pour les années 2008,2009-2010 et  2011  

Donc, un financement global en hausse malgré une baisse de l’achalandage. 

 

9. Conclusion

a) Nous venons de voir que le gouvernement  du Québec a continuellement augmenté, au cours des années, le nombre des maisons d’hébergement pour femmes violentéesou en difficulté   et  leur financement … même si :

-- le taux de violence conjugale est un des plus bas au Canada; 

-- le taux d’achalandage de ces maisons  est en baisse sur tout le territoire ;

-- le Québec a davantage de ces maisons notamment que la Virginie, un État avec une population équivalente mais  plus riche et qui a un taux de violence conjugale plus élevé

 b) Nous avons également vu que le gouvernement de Jean Charest vient d’engager plus de 2  millions de fonds publics pour la  construction d’une nouvelle maison d’hébergement pour femmes violentées…ou en difficulté à Lévis, dans la région Chaudières- Appalaches, qui  accueille déjà trois autres maisons , et qu’il devra l’entretenir à la hauteur d’au moins 700 000$ annuellement … même si l’achalandage de ces maisons est en baisse dans cette région déjà bien pourvue.

000

Nous devons donc  demander aux  femmes politiques  combien de fonds publics, continuellement accrus, sont-elles  prêtes à engager dans une démarche visant à combattre un phénomène social dont  l’ampleur  est considérablement  que chez  nos voisins et qui est en baisse ici même.

Ces femmes politiques savent  que, dans cette matière comme dans bien d’autres, l’intervention de l’État  résulte  généralement  d’une pression exercée par des groupes  en faveur de leurs  membres. Or, ces groupes n’ont habituellement aucune gêne à réclamer une amplification de l’intervention étatique, peu importe le coût,  puisqu’elle assure leur survie à eux.

Il arrive que, dans le cas qui nous occupe ici, les relations conjugales,  le seul groupe de pression présent  dans l’arène politique est le lobby féministe. En effet, comme  il n’existe pas de groupe masculiniste dans l’arène politique ni au Québec, ni au Canada, d’ailleurs, le mouvement féministe qui prétend, par surcroît parler, au nom de toutes les femmes  a beau jeu pour occuper toute la place médiatique et  réclamer  une intervention étatique proportionnelle à l’importance de ses membres, la moitié de la population, même quand il est apparent  que le besoin ne le justifie pas.

Le Québec compte, en 2012, 103 maisons d’hébergement pour femmes violentés ou en difficulté qui, comme par hasard sont toutes identifiées par la circonscription électorale dans laquelle elles se situent. Étant donné qu’il existe actuellement  125 circonscriptions électorales, il n’est pas déraisonnable de penser que  nous devrions, sous peu, disposer de 125 de ces maisons. 

Il est manifeste que l’expansion de ce réseau d’établissements n’a que très peu de rapport avec le phénomène de la violence conjugale  et ,à défaut d'une meilleure explication, nous croyons que nous avons affaire, ici, à une nouvelle forme de développement régional, le développement régional féministe.   

Pendant ce temps, le gouvernement Charest, en poste depuis 2003, n’a pas encore trouvé le moyen de donner suite au Rapport Rondeau (2004) qui révélait que l’administration  provinciale ne répondait  pas de manière adéquate aux besoins des hommes en matière de services de santé et de services  sociaux.

 

 Post-scriptum                                 collaboration  Gilbert Claes   22 juillet 2012

Développement régional dites-vous ? Votre dossier est très incomplet. Je vous informe que du 27 février  au 1 mars s'est tenue à Washington la 2ième  conférence mondiale des maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence. 14   Nous devons donc   maintenant parler   aussi de développement international. Nous avons quand même une interrogation.  À votre connaissance, y a--t--il déjà  eu une conférence internationale sur les hommes battus par leurs conjointes ?  Incidemment, il est assez ironique de constater que l'invité d'honneur de cette 2ième conférence  était Bill Clinton. Pourtant,  le même homme  avait été poursuivi par Paula Jones pour harcèlement sexuel (il lui a versé 850 000$ en «dommages») et avait nié avoir eu des rapports sexuels avec Monica Lewinski- une stagiaire- malgré une preuve d’ADN sur la petite culotte. Il faut croire que le mouvement féministe est maintenant conscient que les accusations d’agression sexuelle portées contre des hommes ne sont souvent pas fondées, surtout lorsqu’elles servent à enrichir les accusatrices. Ici, le syndrome de la petite Simard a été très efficace en l’occurrence.

-------

(1) 28 juin 2012

(2)  Stat.Can « La violence familiale au Canada ; un  profil statistique» 2005, no. 85-224-XIF

(3)  Denis Laroche : «Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada en 2004» l'Institut de la statistique du Québec. 2007

(4) p.624 du chapitre10 de «La discrimination positive-privilèges aux femmes, injustices envers les hommes », par A Gélinas, 2008 Copieexpress, Québec

(5)  http://www.statcan.gc.ca/pub/85-002-x/2012001/article/11643-fra.pdf

http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/120522/dq120522a-fra.htm

(6)(http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/statistiques/violence_conjugale/2010/faits_ saillants.pdf

 2011http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/index.php?id=statistiques-violence-conjugale

(7) http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/police/publications-statistiques-police/statistiques-violence-conjugale/statistiques-violenceconjugale/violence-conjugale-2010/9745.html

(7)«Criminalité dans un contexte conjugal, faits saillants 2011», Juillet 2012

http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/statistiques/violence_conjugale/2011/violence_conjugale_2011.pdf

(8)http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/police/publications-statistiques-police/statistiques-violence-conjugale/statistiques-violenceconjugale/violence-conjugale-2010/8984/8998.html

(9) ibid

(10) ibid

 (11) http://www.womenshelters.org/sta/virginia

(12)http://www.acws.ca/map.php

(13)Ratio des maisons d'hébergement selon la population des régions administratives 1EC.pdf

 (14) http://www.worldshelterconference.org/fr.html