-SDSP-3-e- Conclusion sur les organismes communautaires

 

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  - 1-  Récapitulation

Dans des documents précédents nous avons examiné, divers groupes d’organismes  communautaires qui avaient pour mission exclusive de desservir les femmes. Nous avons établi que le gouvernement du Québec versait annuellement des sommes importantes  (en chiffres arrondis) à certains de ces services:

21 M$ aux        147  Centres de femmes 

20 M$ aux        47   Centres d'aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel, 

58 M$ aux        103  Maisons d’hébergement pour femmes violentées (violentes) ou en difficulté 

10 M$ aux        10    Maisons de naissance,

109 M$        307

Il est ressorti de ces recherches qu’il n’existait pas généralement d’organismes équivalents pour  les hommes ou, lorsqu’il y en avait, qu’ils recevaient un traitement  nettement très inférieur de la part de l’État québécois. En effet, à la différence, celui-ci ne versait que 6M$ à la quarantaine d’organismes ayant une clientèle exclusivement masculine plus particulièrement, celle des «hommes violents», un complément évident  aux maisons d’hébergement des femmes.

Il parait donc nécessaire de revoir, à la lumière de ces informations, les propositions que nous avions faites sur le degré se sexualisation des services rendus par les organismes communautaires.

 

 - 2 - Révision des propositions concernant le degré de sexualisation des organismes communautaires

 

En effet,  nous avons réalisé que la banque de données du MESS, le « Portrait du soutien financier gouvernemental versé aux organismes communautaires 2009-2010 » ne rapportait pas le nombre exact de certains organismes desservant les femmes. Elle indiquait  26  Centres de femmes alors qu’’il y en a en réalité 147,  donc un écart de 121, 13 CALACS alors qu’il y en a 47, un écart  de 34, aucune Maison de naissance alors qu’il y en a 10, un écart de 10, 18 Maisons d’hébergement pour les femmes violentées alors qu’il y en a 101, un écart de 83. En d’autres termes, si devons déduire 20 doublons  nous devons aussi ajouter 248  organismes desservant les femmes.

Étant donné, qu’il n’état pas possible de retracer les  sommes qui avaient été versées aux organismes ignorés par la banque de données nous avons calculé une subvention moyenne en divisant le montant total des sommes versées à l’ensemble de chacun des types d’organismes par le nombre total d’organismes réels puis multiplié cette somme par le nombre d’organismes manquants pour obtenir le montant de subventions complémentaires qu’il fallait ajouter aux    montants pour nous avions déjà comptabilisés comme l’expliquent les Tableaux 1 et 2 ci-dessous.

 

                                                           Tableau 1

                                   Le calcul du financement  par types d’organismes

                                  

 

Centres de femmes

CALACS

Maisons de naissance

Maisons d’hébergement pour femmes violentées

Total

a) Nombre réel

147

47

10

101

307

b) Nombre  dans la banque

26

13

0

18

57

c) Écart

121

34

10

83

248

d) Subvention totale

21 879 681

20 673 696

10 000 000

58 469 812 

111 023 189

e) Subvention moyenne d/a

148 841

439 865

1 000 000

578 909 

 

f) Subvention complémentaire

e X c

18 009  761

14 955 410

10 000 000

48 049 447

91 014 618

 

Il convient aussi d’ajouter les subventions moyennes versées à ces 250 organismes, une peccadille de 91 millions $. On note que les Centres de femmes sont les moins onéreux  mais que les autres types d’organismes coûtent  chacun, au moins, un demi-million,  les maisons des naissances, le double.  Il nous a donc fallu revoir le Tableau 4 du texte sur «Les organismes communautaires »SDSP 3, il est devenu le Tableau 2  ci-dessous.

 

                                                       Tableau  2

La sexualisation des organismes communautaires 2009-10

 

 

 

Organismes communautaires Femmes

Missions

Nombre Org.

     Financement

Ainés

3

112 404,00 

Conseil des Arts

1

8 327,00 

Dévelop. Économique

2

102 900,00 

Éducation (MELS)

2

192 535,00 

Emploi-Soli.Soc (MESS)

15

6 678 256,83 

Famille

13

170 789,00 

Immigra. et Comm. Cult.

5

942 643,25 

Justice

2

63 000,00 

Régions

1

5 425,00 

Santé et Services sociaux

154

37 623 666,00 

Secrét. Condition Fém.

29

1 212 800,00 

Secrét.Jeunesse

1

21 420,00 

Secrét. action commun.

29

1 890 366,00 

Secrét.affa.autochones

1

180 000,00 

Sécurité publique

3

872 135,00 

Services gouvernementaux

4

222 943,23 

 

265

50 299 610,31 

 

 

 

*moins les 20 doublons =                           

245

 

 Plus 123 Centres de femmes

18 009 761,00 

34 CALACS

 

14 955 410,00 

10 Maisons de naissance

 

10 000 000,00 

83 Maisons d'hébergement

 

48 049 618,00 

 

248

91 014 789,00 

Plus

 

 

Total

493

141 314 399,31 

 

 

 

Organismes communautaires  Hommes 2009-10

Santé et Services sociaux

17

2 937 235,00 

Secrét. action commun.

1

22 750,00 

Sécurité publique

4

51 931,37 

 

22

3 011 916,37 

** moins les 4 doublons =

18

 

 

 

 

 Grand total

511

144 326 315,68 

 

 

   - 3- Constats

 3.1 --- La sexualisation  au global

Si nous acceptons le fait qu’Il y avait, en 2009-10, un total de 5,070 organismes communautaires et 511 organismes sexualisés,  ceux–ci représentaient 10.0% de l’ensemble.  Il va sans dire que les hommes contribuaient très peu à cette sexualisation, 0.3% et les femmes  9,7 %. Il faudrait  donc croire que, jusqu’à ce jour, les  gouvernements ont assez bien résisté  à la tentation d’axer les services communautaires en fonction du sexe des individus.

Toutefois, nous avons aussi vu que  la sexualisation n’est qu’une forme de segmentation de la population  et qu’il serait indiqué de déterminer l’importance de la première dans la seconde, si ce n’est parce  que ces divers segments peuvent servir d’assise à la formation de groupes de pression  tout en formant des clientèles dont l’appui peut être sollicité par les partis politiques lors des élections. On peut penser, en effet, que les partis politiques, incités par les groupes de pression,  vont promettre que, s’ils sont élus, ils feront en sorte que l’État fournisse divers services à ces groupes particuliers parce qu’ils  s’attendent à ce qu’en retour ces derniers leur accordent leurs votes. Il importe donc de savoir si les organismes sexualisés représentent une part significative des organismes segmentés.         

 

  3.2 -- La segmentation   

 a) Rappelons d’abord qu’un peu plus du quart des organismes sont segmentés (1 347 /   5 070,  soit 26%); on se rappelle du Tableau 4 dans le texte «Les organismes communautaires- SDSP3». On  en déduit que les partis politiques québécois ont effectivement pris des engagements «électoraux»  envers des groupes  particuliers de la population  principalement, les jeunes, les familles, les chercheurs d’emplois, …les femmes et… les hommes. Cela dit, il faut reconnaître que cette segmentation ne constitue pas encore la principale base d’organisation des services. Ce qui est assez rassurant.  

  b) Cependant, il faut préciser que les organismes qui ne desservent que les femmes, représentent 37% de l’ensemble des organismes  segmentés. Autant dire que «les hommes » ne constituent pas, comme tels, une clientèle électorale.

  

  3.3 - La sexualisation par rapport à la segmentation

-a)  Par ailleurs, il ressort  maintenant (Tableau 2 ci-dessus) qu’avec  511 organismes sexualisés sur 1 347 organismes segmentés, soit  38%, le phénomène de la sexualisation  doit être considéré comme significatif.

-b) Enfin, le clou de l’affaire est assurément le fait que 96.4% des organismes sexualisés ne desservent que les femmes  et que ces organismes reçoivent  99% des sommes versées par le gouvernement aux organismes sexualisés. C’est outrageusement discriminatoire mais c’est cohérent  diront les observateurs de la bonne presse.

 

Nous sommes biens conscients que ces informations  ne sont pas une étude exhaustive des phénomènes de la segmentation et de la sexualisation des services publics .Nous espérons seulement  avoir sensibilisé quelques individus  à ces questions et qu’ils seront  désireux de poursuivre les travaux.

 

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Un  texte sur les garderies et l’assurance parentale en SDSP 4 va compléter nos recherches sur la sexualisation des services publics. Il est  dissocié  des précédents parce que ces services ne sont pas des organismes communautaires. Il n’en demeure pas moins qu’ils constituent des services qui ont été pensés et mis en place sous les pressions du mouvement féministe et qu'ils ne visent qu’à permettre aux femmes  qui désirent avoir des enfants de pouvoir travailler hors du foyer sans avoir à s’occuper des enfants le jour. .