Supplément no 2.   À Québec Le maire Labeaume affiche complet  --

 

 HOMME

D'AUJOURD'HUI

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Récemment, le Journal de Québec  (3 juin 2017) affichait l'annonce ci-dessous. Pour ne pas être en reste le maire  Lehouillier, de Lévis,  annonçait le 6 juin  qu'il visait la quasi-parité à son conseil.

Le fait est que, depuis quelques temps, les dirigeants des partis politiques au niveau provincial et municipal  semblent s'être  donner comme règle de présenter autant de candidats féminins que masculins  aux postes de député ou de conseiller  municipal  au nom de l'égalité de fait entre les hommes et les femmes .

Si on  compte bien , nous avons  ici 11 femmes - 10 hommes. On comprend que l'on a , enfin, atteint  la parité  homme-femme . Cette situation est totalement différente de celle où   nous aurions  11 hommes-10 femmes  car alors il serait  clair que   les femmes sont toujours victimes de  sexisme. 

1- Un électoralisme sexiste est-il légitime parce qu'il favorise les femmes ?

Nous croyons ces décision  des maires de Québec et Lévis constituent une manœuvre démagogique, électoraliste, opportuniste. Étonnamment, elle n'est pas dénoncée   par nos  médias bien pensants sans doute parce qu'elle est d'inspiration gauchiste mais elle ne diffère pas, fondamentalement,  du populisme que l' on dit être pratiqué par la droite «trumpiste».  

Comprenons -nous bien nous n'en avons pas contre la venue de femmes en politique, bien au contraire , nous en avons contre ce privilège qui est leur est ainsi accordé.

En fait, plus d'une centaine d'entre elles ont déjà agit comme dirigeantes politiques de leurs pays depuis les années 1970 sans que l'on ait adopté ce soi-disant principe de la parité. 1 Pour ne mentionner que certaines parmi les plus connues  (Margaret Thatcher, Angela Merkel, Theresa May,  Kathleen Wynn, Pauline Marois)  ont occupé le poste de Première  ministre dans un cadre qui ne reconnaissait pas la parité des candidatures sans doute  parce qu'elles étaient , au yeux de la majorité des partisans, les meilleures pour occuper ce poste   et d'autres suivront sans doute. Pour quelle raison alors ce dernier raisonnement ne vaut-il plus lorsqu'il s'agit de choisir le représentant dans les diverses circonscriptions. ? Parce que les hommes, par solidarité masculine, ont installé un plafond de  verre qui empêche les femmes d'être choisies? Mais ne sont-ce pas là des hommes majoritaires qui ont voté pour Thatcher, Merkel, May, Wynne et Marois  ???   

-2-Critiques

2.1 L'illégalité du geste 

Nous en avons d'abord contre l'établissement d'un privilège aux femmes en matière de gouvernance politique en leur assurant la  moitié des postes au nom de l'égalité de fait entre les deux genres  sans  avoir donné  une base légale à ce privilège.

Certains argueront que cette  mesure vise essentiellement à établir l' égalité entre les sexes  et que cette égalité est à la base même de la Charte des droits. Toutefois,  tout comme dans le cas des mesures d'accès à l'égalité en emploi et d'équité salariale,  l'instauration de la parité des candidatures, constitue, compte tenu du contexte, un acte de discrimination positive en faveur des femmes et devrait donc donner lieu à une loi spéciale modifiant la Charte des droits.  Nous aimerions assister aux débats qui se tiendraient alors en Chambre et dans lequel un ardent démocrate soutiendrait que la même règle de la parité devrait aussi s'imposer dans toutes les instances décisionnelles de nature publique comme celles  la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, les Centres de femmes, les CALACS, le Barreau du Québec , la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, etc.

2.2 La duplicité du motif

En effet, il est clair que l'on espère ainsi recueillir le vote des femmes qui, on le suppose, vont voter pour les candidates de préférence aux candidats. Il n'est pas nécessaire de s'appeler Hilary Clinton pour raisonner ainsi par solidarité du genre .

2.3 La non-prise en compte des conséquences du geste  

Or, on omet de faire état des conséquences de cette manœuvre. 

a) Premièrement,  il est clair que  si l'on veut réellement atteindre l'égalité entre les élus et les élues au Conseil et à l'Assemblée il faudra que chaque parti  politique oppose une candidate à une autre candidate et un candidat à un  candidat dans chacune des diverses circonscriptions pour éviter  un vote strictement sexiste de la population.

Du coup, le candidat indépendant  et le petit  (tiers) parti  politique n'auront  plus leur place dans ce nouveau cadre car ils empêcheraient l'atteinte de la parité  En somme, la règle du genre va abolir le choix  du meilleur représentant possible  par  les électeurs .   

b) Deuxièmement, cette approche laisse croire que le sexe des individus est la caractéristique personnelle qui doit dominer et écraser toutes les autres .Or,  nous avons raison de croire que dans une démocratie parlementaire il y a bien d'autres caractéristiques qui sont considérées comme étant tout aussi importantes. En fait, au départ, le sexe se définit  aussi aujourd'hui par l'orientation sexuelle qui est multiple. Il en  va de même des   autres caractéristiques que sont  la langue parlée, la religion pratiquée, l'origine ethnique, le niveaux d'instruction, le degré de handicap physique, la classe sociale, la catégorie d'âge, l'expérience professionnelle  etc.

Or, on peut être très sceptique  quant à la possibilité  de composer un conseil municipal ou une assemblée législative avec des individus   qui représentent  «proportionnellement» l'ensemble  de  ces caractéristiques multiples . La preuve en est que, dans le cadre de l'accès à l'égalité en emploi on a dû  constituer «des groupes cibles» appelés «communautés culturelles», «anglophones», «handicapés» , «jeunes» en plus de celui des «femmes»  parce que l'on était incapable d' établir des quotas pour «les femmes homosexuelles,  noires, africaines, paraplégiques, de plus de 25 ans. La démarche est donc C'est pour cette raison notamment que l'on a longtemps pensé  que l'application du régime du mérite -  la sélection de la personne la plus compétente- était la règle la plus sensée.

d) Troisièmement ,  l'histoire récente nous apprend qu'une fois que les femmes ont atteint la parité il se produit un curieux de phénomène qui fait en sorte, qu'après quelque temps, elles deviennent majoritaires mais qu'aucun gouvernement ne pose le  geste qui s'impose pour rétablir l'égalité, C'est bien  l'expérience  nous avons vécue et que vivons encore en 2017 au Québec avec  la Loi sur l'accès à l'égalité dans les organisme publics. Cette loi a fait en sorte que la règle du mérite a été  évacuée pour être remplacée celle de la représentativité .

En effet,  il arrive que les femmes occupent  60% des emplois dans le secteur public (la Fonction publique ) et 70% des emplois du secteur parapublic depuis la fin des années 1990   mais  que personne, ni dans les médias ni dans les milieux politiques, ne dénonce cet accroc majeur à la Convention sur l'élimination de la discrimination contre les femmes» (CEDF) adoptée en 1979 par l'Organisation des Nations Unies et qui est invoquée comme la Charte des droits des femmes  . Celle-ci stipule bien à l'article 4 : «L'adoption de mesures temporaires spéciales visant; à accélérer l'instauration d'une égalité de fait entre les hommes et les femmes n'est pas considéré comme un acte de discrimination tel qu'il est défini dans la présente Convention mais ne doit en aucune façon avoir pour conséquence le maintien de normes inégales ou distinctes; ces mesures doivent être abrogées dès que les objectifs en matière d'égalité de chances et de traitement ont été atteints ».

Il  temps que Les hommes commencent à songer aux moyens à prendre pour briser le plafond de porcelaine ?

2.4  Enfin, il est assez  remarquable que les chroniqueuses qui, généralement, ne craignent pas d'afficher leur féminisme  éprouvent, tout à coup une gêne certaine à appuyer une démarche de discrimination positive réclamée par d'autres groupes. Par exemple, Sophie Durocher a écrit un article intitulé  «L'office national de la bien-pensance» :L'Office national du film a dévoilé hier «son plan triennal visant à redéfinir ses relations avec les peuples autochtones». Hé misère! Je ne savais même pas que l'ONF avait un problème de «relations avec les peuples autochtones». Mais s'ils élaborent un plan «triennal», c'est que l'heure est grave!.Ce plan, qui est détaillé en 20 pages, comprend 33 engagements. Et c'est un chef-d'œuvre de bien-pensance. «L'ONF compte 400 employés à temps plein. De ce nombre, seulement deux se définissent comme des Autochtones. (...) Selon les données démographiques canadiennes, 4 % du personnel de l'ONF, soit 16 employés, devrait déclarer volontairement son ascendance autochtone.».C'est comme ça qu'on fonctionne à l'ONF: si les Autochtones représentent 4 % de la population, ils doivent représenter 4 % des employés, sinon, c'est une iniquité horrible? » 2

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(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_dirigeantes_politiques

(2)  Journal de Québec de Q 21 juin 2017 p.42