TV-1 Le premier récipiendaire du trophée Veritas   :  Roch Côté

 

Homme d'aujourd'hui

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En 1990, Roch Côté publiait  «Manifeste d’un salaud» aux Éditions du Portique.

Grâce à la collaboration de Gilbert Claes nous pouvons en citer de larges extraits.

À la page 78, Côté écrivait, sous la rubrique :

«Grand festival de statistiques »

«Précisons d'abord que selon le recensement de 1986, il y a au Québec 2, 540,000 femmes de plus de 18 ans, et 10, 225, 000 au Canada».

Et Côté de reproduire des articles de journaux qui, manifestement, répandent plusieurs vérités sur la violence conjugale  

«-- Par an, cinquante femmes sont tuées par leur mari. (La Presse, 18/12/89)

-- Au Québec, entre 1981 et 1985, 84 femmes ont été assassinées par leur mari ou compagnon. (Le Devoir, 21/04/87, citant le Conseil canadien de la statistique juridique.)

--Entre 1981 et 1985, 261 femmes ont été assassinées par leur mari. (La Presse, 23/01/88)

-- Il y a 500,000 femmes battues au Canada. (La Vie en Rosé, Juin 1982)

-- Selon une estimation conservatrice, environ 800,000 Québécoises sont agressées physiquement par leurs compagnons. (Janet Bagnoll, The Gazette, 15/07/89)

--Une femme sur huit (soit 325,000 femmes adultes) est victime de violence conjugale au Québec. (Presse Canadienne, 30/12/89).

-- Il y a au Québec 300,000 femmes battues. (La Presse, 8/12/89)

-- Les femmes violentées sont 256,000 au Québec. (La Presse 19/04/87)

-- Une femme sur dix est battue par son conjoint (donc 254,000) (Vie Ouvrière, janvier 85)

--On estime à 200,000 le nombre de femmes battues par leur mari au Québec. (Montréal Daily News, 8/07/88)

-- Une femme sur dix subit des sévices corporels de la part de son conjoint au Québec. (Le Journal de Montréal, 24/03/87)

-- On estime que 10 p. cent des hommes agressent la femme avec laquelle ils vivent. (Ottawa Citizen, 29/07/88)

-- En 1987, au Québec, 6,500 cas de violence conjugale ont été rapportés à la police. On estime que seulement 10 p. cent des cas sont rapportés. (La Presse, 14/02/89)

-- Une femme sur dix est violée au Canada. (Francine Pelletier, La Presse, 13/11/88)

-- Une Canadienne sur 17 est violée au cours de son existence (Armande Saint-Jean, « Pour en finir avec le patriarcat », p. 181)

-- Une Canadienne est violée à toutes les 17 minutes (ce qui équivaut à 31,000 par année) (Paula Sypnowich, Montréal Mirror, 14/12/89)

-- Il y a 14,000 femmes agressées sexuellement au Québec annuellement. (Francine Pelletier, La Presse 17/12/88)

-- Une fillette sur trois est abusée sexuellement. (Francine Pelletier, La Presse 17/12/88)

-- Une femme sur deux et un homme sur trois ont subi une agression sexuelle avant l'âge de 18 ans. (La Presse 9/04/87)

-- Une femme sur quatre sera soumise à une forme quelconque d'assaut sexuel au cours de sa vie. (Madame au Foyer, mai 1990)

-- Les agressions sexuelles touchent près d'un millier d'enfants par année chez nous. (La Presse 17/07/87)

-- En 1986, 24,000 enfants ont été victimes d'abus sexuels au Québec. (Le Devoir, 13/11/87)

--500,000 Québécoises auront été victimes d'une agression sexuelle au cours de leur vie. (La Presse 11/01/89)

-- Un million de Canadiennes, soit une sur huit, subissent chaque année des violences physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques. (Rapport du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, juin 1987)

-- 40 p. cent des meurtres impliquent des femmes tuées par leur conjoint. (F. Pelletier, La Presse, 17/12/88)

-- Statistiquement, ce sont les femmes qui sont les victimes privilégiées d'actes violents. (Mary Clancy, député libéral, Le Devoir 9/12/ 89)

-- « … de plus en plus, la violence est dirigée contre les femmes ». (Brian Mulroney, Le Devoir, 9/12/89)  »

                                               0000 ooo 0000

Puis Côté déboulonne le mythe de la violence masculine au Canada et au Québec en observant non seulement les contradictions entre les données mais en soulignant la tactique féministe qui consiste à gonfler les chiffres hors de toute proportion.

«Et c'est justement ce qu'a fait en 1987 le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (CCCSF).

Regardons bien comment on peut fignoler une statistique.

Le CCCSF fait officiellement savoir en juin 1987[1][3] qu'il y a au Canada environ un million de femmes battues. Tous les journaux reprennent l’effarante statistique. Enfin on a mesuré « la violence faite aux femmes »! Le chiffre magique fait son tour de presse et entame une brillante carrière. Il va se promener partout. Je l'ai encore vu dans le numéro de février 1990 de la revue « Femmes Suisses » qui commentait la tuerie de Polytechnique. Depuis trois ans, le chiffre du CCCSF est LA référence et c'est de lui qu'on s'inspire quand on avance le chiffre d'environ 300,000 femmes battues au Québec.

Comment en est-on arrivé au chiffre de un million de femmes battues?

Voici d'abord comment le CCCSF a défini une « femme battue » :

« La femme battue, c'est celle qui a perdu sa dignité, son autonomie et sa sécurité, qui se sent prisonnière et sans défense parce qu'elle subit directement et constamment ou de façon répétée des violences physiques, psychologiques, économique, sexuelles ou verbales. C'est celle qui doit essuyer des menaces continuelles et qui voit son amoureux, mari, conjoint, ex-mari ou ex-amoureux – homme ou femme – se livrer à des actes violents sur ses enfants, ses proches, ses amis, ses animaux familiers ou les biens auxquels elle tient. Aussi l'expression « femme battue » englobera-t-elle toutes les répercussions des violences infligées à la femme elle-même, à ses enfants, à ses amis et parents et à la société dans son ensemble.»[2][4]

Voilà la définition sur laquelle est basée la statistique du million de femmes « battues ». Ce million comprend donc des femmes « battues » économiquement, psychologiquement ou verbalement, qui éprouvent une perte de dignité ou de contrôle, qui ont vu leur batteur de mari s'en prendre au chien de la maison ou à une potiche chinoise. Il faut relire la définition du CCCSF, c'est exactement ce qu'elle dit. Il n'y manque que le sentiment d'être regardée de travers, ce qui nous ferait des femmes « battues visuellement ». Combien de pays pourraient en dire autant?

Mais ce n'est pas tout! Comment à partir de cette définition « extra-large » a-t-on trouvé un million de femmes battues?

Suivez le guide!

Les auteurs du rapport ont constaté qu'en 1985, 15,730 femmes à travers le Canada s'étaient retrouvées dans 110 refuges pour femmes, « battues » de la façon décrite plus haut.

On a extrapolé ces chiffres pour les 230 refuges existant alors au pays, ce qui donne le total d'environ 33,000 femmes « battues » pour l'ensemble du pays. Mais comme ces refuges ne répondent pas à la demande et qu'une femme sur deux y est refusée, on double le chiffre, disons à 65,000.

Encore un petit effort! Les auteurs du rapport se servent alors d'une étude faite dans la ville de London, en Ontario, qui montre que 89 p. cent des femmes « battues » ont demandé de l'aide ailleurs que dans un refuge. Cela autorise donc à multiplier par 9 le total de 65,000 obtenu plus tôt. Nous voilà donc à 580,000 femmes battues, disons 600,000. Dernière étape : comme on estime qu'une femme « battue » sur trois ne demande de l'aide nulle part, on grossit les 600,000 à 900,000. Disons un million!

Voilà! Une statistique nous est née. Les manchettes ont ensuite suivi dans les journaux. On a lu partout, en grosses lettres noires, sur la foi de cette « statistique », qu'il y avait un million de femmes « battues » au Canada.

À quoi ressemble une opération semblable? À de la fabrication de preuves. Il « fallait » que la statistique sur la « violence faite aux femmes » fût stupéfiante, car le discours l'avait toujours soutenu. Imaginez si on était arrivé avec des chiffres démobilisateurs!

Voici les étapes du calcul, méthode CCCSF :

1)      Parmi les femmes qui se présentent au refuge, la moitié sont refusées faute de places : il faut multiplier par deux.

Nous en avions 100,000, nous en avons donc maintenant 200,000 ;

2)      89 pour cent des femmes battues demandent de l'aide ailleurs que dans un refuge. Donc : multiplier par 9.

200,000 x 9 = 1,800,000 ;

3)      Pour deux femmes battues, une troisième ne demande d'aide nulle part. Il faut donc ajouter 50 pour cent au total précédent.

1,800,000 x 1.50 = 2,700,000.

Résultat ahurissant! Car selon le recensement de 1986, il y a 2,542,040 femmes de plus de 18 ans au Québec. Nous avons donc tellement de femmes battues que nous enregistrons un déficit de femmes tout court. Il ne reste qu'une solution: puiser chez les mineures. C'est écœurant!

Voici les étapes du calcul, méthode CCCSF :

4)      Parmi les femmes qui se présentent au refuge, la moitié sont refusées faute de places : il faut multiplier par deux.

Nous en avions 100,000, nous en avons donc maintenant 200,000 ;

5)      89 pour cent des femmes battues demandent de l'aide ailleurs que dans un refuge. Donc : multiplier par 9.

200,000 x 9 = 1,800,000 ;

6)      Pour deux femmes battues, une troisième ne demande d'aide nulle part. Il faut donc ajouter 50 pour cent au total précédent.

1,800,000 x 1.50 = 2,700,000.

 Pour les années 1988 et 1989, les données compilées de l'ensemble des services de police au Québec montrent que la violence (homicides, tentatives de meurtres, infractions d'ordre sexuel, voies de fait, vols qualifiés et enlèvements) touche 7 personnes sur mille. C'est-à-dire que 99,3 pour cent de la population n'est pas concernée par la violence déclarée contre les personnes. Les homicides touchent entre 2 et 3 personnes sur 100,000, selon les années. Les voies de fait sont la forme de violence la plus répandue et touchent cinq personnes sur 1,000.

Les vrais chiffres

Une première constatation s'impose : les cas de femmes tuées par leur conjoint n'ont pas l'ampleur qu'on prétend. Quarante pour cent des meurtres, écrivait Francine Pelletier dans La Presse du 17 décembre 1988. Pour l'ensemble du Canada, les statistiques judiciaires de 1987 montrent que ces cas constituent 15 p. cent de tous les homicides.

Mais les statistiques judiciaires ne sont pas les plus utiles pour mesurer le degré réel de violence contre les personnes dans une société. Les victimes sont loin de toujours rapporter les crimes qui les touchent. Il existe donc des chiffres « noirs » de la criminalité.

C'est pourquoi des sondages sont faits auprès de larges secteurs de la population pour mesurer au plus près ce qu'on appelle la victimisation. Plutôt que de comptabiliser les crimes connus, on sonde la population sur la criminalité qu'elle subit.

Le solliciteur général du Canada a réalisé en 1982 un tel sondage auprès de 61,000 Canadiens d'au moins 16 ans habitant sept centres urbains du pays (Vancouver, Edmonton, Winnipeg, Montréal, Halifax-Darthmouth, St. John's). Il s'agit, par son échantillonnage, d'un super sondage. Ses résultats ont été rendus publics dans dix fascicules publiés entre 1983 et 1988. Malheureusement, ils ne nous fournissent pas de données par ville, ce qui aurait été intéressant, étant donné que Montréal est une ville beaucoup moins violente que Vancouver. Que disent tout de même ces chiffres?

Ils nous disent d'abord que contrairement à une opinion répandue, le crime au Canada est rarement violent dans les faits. « Les Canadiens sont beaucoup plus susceptibles d'être victimes de crimes contre les biens que de crimes contre la personne », est-il écrit dans le fascicule no 1. La proportion est d'environ un contre cinq.

La violence contre les personnes atteint dans ce sondage le taux de 7 p. cent ou 70 incidents pour 1000 habitants. La tableau se lit comme suit :

*                                  Agression sexuelle : 3,5 pour 100                              

                             Vol qualifié (avec violence) : 10 pour 1000

*                                  Voies de fait : 57 pour 1000

Qui est victime de cette violence? D'abord les hommes. Il y a seulement dans la catégorie des agressions sexuelles que les femmes sont plus victimisées que les hommes (sept fois plus). Les hommes sont les victimes des deux tiers des vols avec violence et des voies de fait.

Dans le fascicule numéro 4 (1985), les auteurs écrivent : « La peur généralisée qu'un grand nombre de femmes expriment ne peut s'expliquer par la fréquence des agressions sexuelles qui, dans leur forme extrême, sont relativement rares. L'agression sexuelle était l'infraction la plus grave comprise dans le sondage et représentait un p. cent du total estimatif des incidents ». Les auteurs définissait ainsi l'agression sexuelle : « Le viol, la tentative de viol, l'attentat à la pudeur et la tentative d'attentat à la pudeur ».

En mars 1990, Statistique Canada publiait de nouvelles données dans « Profil de la victimisation au Canada ». L'enquête a été faite en janvier et février 1988 auprès de 9870 personnes.

Elle confirme les données du sondage de 1982. « En général, peut-on y lire, on enregistre les taux les plus élevés de victimisation des personnes chez les hommes, les jeunes, les habitants des villes, les célibataires et les étudiants ou les chômeurs. »

À la page 26, les auteurs notent : « Les répondants ont déclaré trop peu de cas d'agression sexuelle pour permettre la production d'estimations statistiquement fiables ». Il ne faut certainement pas en conclure que l'agression sexuelle n'existe pas. Mais il est clair, et cela était aussi évident dans le sondage de 1982, que ce type d'agressions demeure marginal, même en tenant compte du fait qu'elles ne sont pas toujours rapportées.[3][6] II n'y a pas seulement l'agression sexuelle ou la violence familiale qui sont cachées à la police. Le sondage de 1982 estimait que plus de la moitié des vols qualifiés et des voies de fait n'étaient pas signalés. De 60 à 75 p. cent (selon les villes) des vols de biens personnels et du vandalisme ne sont pas rapportés. D'où l'utilité des sondages.

Celui de 1988 révèle les faits suivants :

-- le taux des victimes de crimes avec violence est de 90 pour 1000 pour les hommes et de 77 pour les femmes ;

-- ce sont les hommes et les femmes mariés ou en union libre qui sont le moins victimes de violence ; celle-ci frappe beaucoup plus les hommes célibataires et les femmes séparées ou divorcées ;

-- c'est au Québec que le taux de violence est le plus bas : 33 pour 1000 contre 83 pour 1000 dans l'ensemble du Canada et 157 en Colombie-Britannique. La différence est énorme. Si la violence est « généralisée » au Québec, comme on nous le répète sans cesse, il faut dire qu'on en mange en Colombie-Britannique.

Constatons une fois de plus que le taux réel de criminalité a peu à voir avec la perception qu'en a la population : c'est dans la région la plus sûre du pays, le Québec, que les gens ont le plus peur de circuler la nuit et qu'ils ont adopté un comportement défensif. Les études sur la violence démontrent d'ailleurs qu'elle fait d'autant plus forte impression sur les gens que ceux-ci sont non-violents.

 

Conclusion

Il est évident que les statistiques dont se servent les militantes féministes sont grossièrement exagérées et qu'en les répétant sans aucune forme d'examen les médias accréditent le mythe de la violence généralisée contre les femmes. L'abus des statistiques pour défendre de bonnes causes est une pratique courante. On a vu à l'hiver de 1990, des « intervenants en itinérance » (ainsi nomme-t-on en volapük administratif ceux qui s'occupent des clochards) nous faire trembler avec la révélation que 300 clochards par année étaient retrouvés morts dans les rues de Montréal. Ce chiffre représentait en fait la totalité des personnes mortes sans témoin et dont le corps fut amené à la morgue pour autopsie : suicidés, victimes de meurtres, de morts naturelles dans la rue ou chez soi, etc.

À propos des femmes, il s'est créé une vraie psychose. À partir du fait que la violence contre les femmes est plus cachée que celle contre les hommes, on s'autorise à lancer n'importe quoi. Il se passerait une chose aberrante : la majorité des femmes seraient les victimes secrètes d'une violence jamais mesurée.

Voyons donc! Si une telle violence existait, ça se saurait! Même si les statistiques de la police n'en parlaient pas, on saurait bien ce qui se passe. On ne vit pas dans les nuages. On sait tous que plein de gens trichent l'impôt avec leurs petits revenus officieux (du cash, pas de chèque!) même si les statistiques ne nous le disent pas. Nous apprenons un tas de choses sur les moeurs sexuelles des gens, sur leurs habitudes de vie, on sait qui va avec qui, on sonde les gens sur combien de fois ils font la chose par semaine et on réussirait à cacher une violence généralisée chaque jour contre les femmes! Ce n'est pas crédible.

Dans son [livre] Histoire de la violence, Jean-Claude Chesnais cite des évaluations qui ont été faites aux États-Unis en 1975 sur le nombre total de victimes – enfants, femmes, parents – de violence familiale. Ces violences toucheraient environ quatre pour cent de la population globale. Que représentent dans ce chiffre les femmes battues? Un, deux pour cent? Et ici au Québec ce serait dix, vingt fois pire qu'aux États-Unis alors que l'ensemble de la violence contre les personnes y est à son degré le plus bas en Amérique du Nord?

Dans son [livre] Histoire de la violence, Jean-Claude Chesnais cite des évaluations qui ont été faites aux États-Unis en 1975 sur le nombre total de victimes – enfants, femmes, parents – de violence familiale. Ces violences toucheraient environ quatre pour cent de la population globale. Que représentent dans ce chiffre les femmes battues? Un, deux pour cent? Et ici au Québec ce serait dix, vingt fois pire qu'aux États-Unis alors que l'ensemble de la violence contre les personnes y est à son degré le plus bas en Amérique du Nord?

Chesnais écrit au sujet de la violence familiale : « S'agissant d'apprécier la cruauté, comparée selon les pays et les époques, des hommes à l'égard de leurs compagnes, il convient d'observer la plus grande réserve à l'égard du discours des médias. La violence maritale est, le plus souvent, inversement proportionnelle à l'importance qu'on lui accorde dans la presse. Là où elle est prévalente, comme dans les sociétés machistes d'Amérique latine – aux Caraïbes notamment – ou dans les communautés traditionnelles de civilisation musulmane – par exemple en Iran –, elle est plus objet de souffrance résignée que de dénonciation hystérique. Le discours est trompeur, il n'est que le reflet inversé de la réalité. C'est, en effet, précisément aux États-Unis, où – les premiers colons ayant dû privilégier leurs trop rares compagnes – les femmes sont, de longue date, plus émancipées que sur le vieux continent, que les plaintes de femmes battues sont, en proportion, les plus répandues. La violence maritale est d'autant plus aisément signalée qu'elle est anormale. Il n'est pas dans nos intentions de vouloir la nier ou la minimiser, mais seulement de la ramener à sa juste dimension. Que la brutalité puisse de nos jours subsister, sans possibilité de recours, a de quoi faire scandale, certes, mais la question est à envisager sous toutes ses facettes. Il existe des femmes battues, comme il existe aussi des enfants battus, des vieillards battus, et aussi des hommes battus. Il y a des brutes, mais aussi des mégères… »[4][7]

Pourquoi finalement lit-on tant de chiffres terrifiants et irréalistes sur « la violence faite aux femmes »? Pour une raison qui est vieille comme le monde et que le sociologue Gaston Bouthoul a ainsi formulée : « La tendance naturelle de l'esprit humain est de croire avant de savoir ».

Le discours incessant que l'on entend au Québec sur les légions de femmes battues relève du phénomène de la croyance militante : on fait sienne la cause des femmes et à partir de là, on accepte comme vrai tout ce qui est bon pour la cause. On ne cherche plus à savoir, on cherche à confirmer ses croyances. L'esprit critique y perd généralement ses droits. J'ai connu des gens qui militaient pour toutes sortes de causes et le phénomène est toujours le même : la cause devient le critère de toute vérité. La question n'est pas de savoir s'il y a vraiment une femme sur quatre qui subit des agressions sexuelles, elle est de savoir si un tel chiffre est bon ou mauvais pour la cause. La violence contre les femmes existe, elle se mesure approximativement, une partie certainement reste cachée mais pour croire à l'iceberg immergé, il faut les capacités de fabulation et l'esprit de paranoïa des militants professionnels. Il y a des gens qui sont nés pour militer. La psychologie du militant se nourrit d'une grosse portion d'esprit de sérieux, d'une obsession de la persécution et de l'existence probable de complots colossaux. Si les gens qui lui font face sont le moindrement culpabilisables, le militant triomphe et fait avaler des couleuvres grosses comme des boas.