UCL- 23  «Gouverneur Morris                  

Gentleman Revolutionary. The Rake Who Wrote the Constitution».

                          Richard Brookhiser

                                                                                                            

                                                   Collaboration A. Nantel

 

HOMME

D'AUJOURD'HUI

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L’Histoire a parfois d’étranges comportements et celle des États-Unis n’échappe pas à cette règle. De tous ceux qui ont contribué à la fondation et à l’organisation de ce pays, on retient bien sûr les noms de Washington, de Jefferson, de Madison et de Franklin, mais les noms de Hamilton et de Morris passent encore de nos jours à peu près inaperçus. Et il ne s’agit pas ici de hiérarchiser les personnages historiques mais de rendre justice à l’un d’eux : Gouverneur Morris.

Il était fils d’une grande et noble famille américaine. Son prénom, qui est bien Gouverneur, lui provient d’ailleurs du nom de famille de sa mère dont les ascendants huguenots ont fui la France. À peine sorti des grandes écoles et admis au barreau de New York, Morris se rallie spontanément à la cause révolutionnaire, et ce malgré les volontés de sa famille loyaliste. Les circonstances l’amènent rapidement au service du général Washington comme adjoint responsable du financement de l’armée et des relations avec le Congrès. Mais son rôle ne s’arrête pas là. Après avoir été choisi comme délégué à la Convention constitutionnelle de Philadelphie, il participe activement à l’élaboration de la Constitution, mais surtout il en rédige le texte final. On lui doit notamment l’expression célèbre du préambule « We the People... ». Mais il demeure un personnage étrange.  Il pouvait être un avocat féroce contre l’esclavage et par ailleurs maintenir qu’une saine démocratie doit reposer sur une société de propriétaires fonciers, une certaine noblesse. Il était un fervent fédéraliste supportant l’idée d’un gouvernement central fort tout en tout en étant animé par un profond nationalisme.  Et il croyait sincèrement que sa vision d’un gouvernement républicain pouvait servir d’exemple au monde entier. Il devait par la suite mettre à l’épreuve son idéologie démocratique en assistant en tant qu’ambassadeur américain à Paris à une deuxième révolution. D’ailleurs, ses chroniques sur la Révolution française sont devenues des classiques. À la fin de ses jours, il sut résumer sa pensée en écrivant avec l’humour qu’on lui connaissait : « In adopting a republican form of governement, I not only took it as a man does his wife, for better or worse, but what few men do with their wife, I took her knowing all its bad qualities».

Journaliste chevronné et biographe des ‘Founding Fathers’, Richard Brookhiser a su capter avec une grande maitrise l’étonnant caractère de Gouverneur Morris, homme brillant et gentilhomme dans l’âme. L’auteur raconte d’une façon captivante et concise la carrière politique de Morris, sans négliger sa vie personnelle assez tumultueuse. Grand admirateur de Talleyrand, il partageait avec lui la même maitresse. En même temps, on voit se profiler les évènements qui ont marqué si profondément cette époque des deux côtés de l’Atlantique. Un véritable plaisir à lire ce livre.

 

Gentlemam Revolutionary.

Gouverneur Morris

The Rake Who Wrote the Constitution.

Richard Brookhiser.

Free Press, New York.

251 pages.