Un seul chroniqueur, Didier Fessou, a osé briser le tabou

    et reconnaître nos deux ouvrages

 

   Homme d'aujourd'hui

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Le Soleil 24 mai 2009 Livres p.31

Didier Fessou

Malheureux hommes!

Arrêt sur ce qui s'est dit à l'Assemblée nationale, le 11 mars. En réplique au discours inaugural, Pauline Marois a comparé l'attitude de Jean Charest  à celle des trois singes de la sagesse. Rebaptisés pour la circonstance singes de la bêtise. Grosse tempête dans un verre d'eau du cote ministériel au prétexte que la cheftaine de 1'opposition aurait comparé Ie premier ministre à un singe!  Mettons. Mais imaginez Ie tollé d'indignation a la grandeur de la province de Québec si Ie Frisou avait osé suggérer que Ie comportement de Pauline Marois ressemblait a celui d'un singe... On s'en indignerait encore aujourd'hui. Cette entrée en matière pour dire que les hommes ne l'ont pas facile par les temps qui courent. lls doivent ramer à contre-courant en évitant de faire la moindre éclaboussure. Longtemps prof de science politique à Laval, André Gélinas a beaucoup réfléchi beaucoup écrit sur Ie rapport entre les hommes et les femmes dans la société québécoise. II a réuni le fruit de ses cogitations .dans deux grosses briques de 750 pages chacune «L’égalité de fait entre les hommes et les femmes et La discrimination positive». Puis il a cherché un éditeur. Les Presses de l’Université Laval  ont répondu que ce projet de publication ne correspondait pas a leur «profil éditorial».Les Presses de l’Université de l'Université du Québec ont décliné pour cause de «contraintes financières,). Et les Presses de l’Université de Montréal, n'ont même pas daigné accuser réception. Du coup, André Gélinas a publié ses travaux à  compte d'auteur. Et, ensuite, il a essayé d'intéresser les dias à ses deux livres. Peine perdue. Aux dires de l'auteur, il paraît que je  suis le seul journaliste qui a accepté de signaler leur publication. II est vrai qu'André Gélinas a lourdement insisté. La thèse développée dans ces livres? Dans le premier tome: la politique d'égalité entre les hommes et les femmes du gouvernement québécois est un piège à cons (sic) et une arnaque (resic) parce qu'elle est le résultat des pressions exercées par le mouvement féministe. Dans le second tome: les féministes, en exploitant leur poids électoral, ont convaincu Québec et Ottawa qu'elles étaient victimes de discrimination. D'où l'adoption de la discrimination positive pour corriger cette injustice. Aujourd'hui, par un vicieux effet de balançoire, ce sont les hommes qui sont victimes de discrimination. Deux livres à caractère scientifique, pointus et abondamment documentés. Deux livres qui, normalement, auraient dû  alimenter le débat. .Pour information, on peut consulter le site www.hommedaujourdhui.ca.

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Nous sommes reconnaissants à Didier Fessou d'avoir briser la glace. Surtout au Soleil cela prenait un courage, à ce jour inégalé. Cela dit, nous avons deux petites réserves .Premièrement, il a choisi le titre «malheureux hommes»  mais, pour nous, il conviendrait plutôt de parler d'hommes déçus, irrités, frustrés, de voir l'absence d'intérêt des médias et du gouvernement à l'égard des problèmes auxquels les hommes font face alors qu'ils se précipitent pour publiciser et corriger tout petit inconvénient dont les femmes pourraient être victimes. La tempête  actuelle (1 juin 2009) ) sur les défectuosités des tests relatifs au traitement des cancers a été centrée sur le cancer du sein ....alors qu'en réalité elles peuvent concerner tous les cancers. Comme de raison, cela a provoqué une montée de lait chez Brigitte Breton, du même journal, quand il est question des femmes « Il est inadmissible qu'il faille provoquer une crise pour forcer le ministre de la Santé à agir » (30 mai 2009-p.32) Deuxièmement, Fessou  a noté que nous avions lourdement insisté pour qu'il parle de nos livres. Nous souhaitons voir le jour où un chroniqueur présentera avec plaisir une analyse critique du féminisme non pas parce qu'il en veut aux femmes mais parce que, comme nous, il n'admettra pas que la société québécoise soit de plus en plus déséquilibrée par les pressions d'un groupe financé par l'État lui-même, qui n'a pas d'opposant bénéficiant des mêmes privilèges et qui, tout en prétendant rechercher l'égalité entre les sexes, ne vise qu'à soutirer des privilèges pour les femmes.  Il est quand même assez déplaisant de devoir dire que si nous avons obtenu  cette «couverture» dans Le Soleil c'est parce que nous avions menacé de ne pas renouveler notre abonnement et que quelqu'un a bien pris la peine de vérifier  au téléphone à quel moment il venait à échéance. Nous sommes convaincus que toutes les petites madames dont les écrits sont louangés par le chroniqueur semaine après semaine n'ont pas à recourir à de tels stratagèmes. Ce serait assez drôle si les hommes du Québec se décidaient à acheter un livre..... juste pour voir