VO-7  Jean Gabard :   «Montée du Machisme !…   

                                    Comment lutter ?»
 

 
 

 

Homme d'aujourd'hui

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     Il existe encore aujourd'hui des controverses sur des mariages forcés,
des annulations de mariage civil pour cause de non virginité ou de mensonge
sur la virginité… Ces considérations d'un autre âge portent atteinte à la
laïcité, à la dignité de la personne et doivent être combattues avec la plus
grande fermeté. La montée de ces phénomènes réactionnaires devrait aussi
nous inciter à dépasser le lynchage du premier suspect pour réfléchir sur
leurs véritables causes.

    La féminisation anarchique de la société entraine des perturbations
certaines. Après l'attrait de la nouveauté et de la facilité, les doutes qui
surviennent et la perte des repères peuvent inciter des personnes
déstabilisées à chercher refuge dans les valeurs rassurantes d'un passé
idéalisé. C'est ainsi que de vieilles idées sexistes réapparaissent.

     Le macho traditionnel n'est pas mort, mais il est de plus en plus
honteux et se fait discret. Cet individu, à qui des « pères » trop sérieux
avaient inculqué le respect de la discipline sans lui apprendre à grandir,
sévissait à l'intérieur d'un cadre très strict et sous une surveillance
perpétuelle. Ce n'est plus vrai aujourd'hui. En effet, le nouveau machisme
qui se développe dans tous les milieux sociaux n'est pas dû, comme certains
voudraient le penser, à la subsistance d'une idéologie patriarcale qui
s'entretiendrait par imitation. Dans notre société de plus en plus
féminisée, le « futur nouveau macho », maintenu dans la fusion maternelle,
ne souffre pas d'une « overdose » d'ordre masculin mais d'absence de
« père » et de repères. Tout autant incapable de sortir de l'enfance, il n'a
pas acquis une identité d'homme suffisamment solide pour pouvoir accepter la
différence. Arrivé à l'âge où il devrait commencer à assumer la castration,
il est encore en plein refoulement et a toujours besoin d'inférioriser les
femmes pour pouvoir exister. Alors qu'il devrait être en mesure de « tuer le
père », il doit s'en inventer un et il se « bricole » ce qui devient une
caricature. Comme de nombreux Allemands au père humilié par la Révolution
Industrielle, par la défaite, par le Diktat de Versailles, par le chômage…
des garçons ont besoin, aujourd'hui, pour se sentir des hommes, de se
comporter en nazi et d'humilier les femmes. Lorsque la fragilité de
l'identité sexuelle rencontre la perte d'une identité nationale, il ne faut
donc pas s'étonner si certains essaient de justifier leur machisme par une
dose de religion ou de nationalisme !

     Par souci louable d'éviter d'inférioriser une différence,
l'égalitarisme ambiant a tendance à la dénier et peut favoriser ainsi un
machisme encore plus dangereux que celui qu'il voulait éviter. Il devient
donc plus que nécessaire de corriger les faux pas de la pensée dominante en
évitant d'en faire une idéologie qui ne supporterait aucune remise en cause.
S'il est possible de dénoncer l'intégrisme musulman sans faire preuve de
racisme, pourquoi ne serait-il pas possible de pointer les dérives de la
démocratie et du féminisme, sans être réactionnaire et misogyne ? …

                                              Jean GABARD

Auteur de : *Le féminisme et ses dérives – Du mâle dominant au père contesté
*, Les Editions de Paris, 2006.

Site : http://www.jeangabard.com

Blog : http://blogdejeangabard.hautetfort.com/


*Merci pour votre écoute  JG*