Agressions sexuelles sur des enfants par des Sœurs de la Charité  au Mont d’Youville.  1

 

 HOMME

D'AUJOURD'HUI

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 1-Les événements

L’orphelinat du Mont d’Youville a été fondé en 1831 par la Société des dames charitables de Québec et pris en charge par les Sœurs de la Charité 1849  et ce jusqu’en 1996. «Le bâtiment construit à Giffard – qui conserve l’appellation d’Orphelinat d’Youville » – est d’ampleur : il compte six étages et plusieurs ailes, ce qui permet aux Sœurs de réunir sous un même toit, bien que dans des ailes distinctes, orphelines et orphelins. Jusqu’à 600 pensionnaires peuvent séjourner dans le nouveau bâtiment des Sœurs de la Charité, qui deviendra, au long du 20e siècle, une institution d’accueil majeure à l’échelle de la ville, mais aussi de la province de Québec.»2

2-  Un parallèle avec les événements qui se sont produits chez les Pères Maristes

On peut être tenté de mettre en parallèle le présent  texte sur les Sœurs de la Charité et avec celui qui porte sur les Pères Maristes  pour deux raisons.

1-      Dans les deux cas  nous avons affaire à des  comportements inconvenants  à connotation sexuelle  entre des individus dans le cadre d’institutions  d’éducation ou de service social

2-      Les médias  ont déjà rapportés de tels comportements dans le passé et, plus récemment,  avec plus d’insistance dans la foulée du mouvement nord-américain féministe  «Moi aussi» bien que, dans ce dernier cas, des individus et non des  organismes étaient principalement  mis en cause.  

Mais, à vrai dire, les similitudes s’arrêtent ici  et ce sont les différences qui sont les plus significatives 

1-      Il  y a une différence majeure, nous semble-t-il,  entre le fait  que des adolescents s’échangent des «sextos» d’adolescentes  consentantes et le fait que des adultes commettent des agressions sexuelles sur des enfants dont ils ont la charge.

2-     Il y a une différence importante  entre des actes commis par des individus  d’un même sexe assurant la prestation du service dans une institution à l’égard d’une clientèle du même sexe  et des actes commis par des individus des deux sexes assurant la prestation du service dans une institution à l’égard d’une clientèle mixte. Il semble bien qu’une institution mixte au service d’une clientèle unisexe n’existe pas. 

3-     Il y a eu périodiquement dans le passé des dénonciations d’actes répréhensibles commis à l’ égard des garçons  par des  Prêtres mais aussi par des  religieux (Pères, Frères) qui œuvraient  dans les écoles ou autres institutions.  Plusieurs recours ont été intentés devant les tribunaux  contre des hommes tenus responsables d’actes répréhensibles et leur nom, comme il se doit, a été rendu public.Ces dénonciations ont eu lieu après que les établissements d’enseignement, de santé, de service social soient devenus laïcs et mixtes sous l’effet d’un  certain nombre de facteurs dont il sera fait état plus loin et qui ont modifié, dans les années soixante, de manière très sensible les valeurs qui avaient été, jusque-là, celles  de la société québécoise  

4-      La récente dénonciation, par un homme, du comportement  des Sœurs de la Charité qui dirigeaient à l’époque l’orphelinat mixte4  du Mont d’Youville constitue une première  comme si, durant toutes ces années, les religieuses n’avaient jamais commis d’actes de cette nature  ou, encore, avaient bénéficié  d’une protection spéciale. À vrai dire, il nous difficile de croire que de tels agissements ne se soient produits que dans cette seule institution.

      

5-      Il serait donc de mise que le nom des religieuses jugées coupables soit aussi rendu public

Cela dit, la question se pose de savoir si de tels évènements pourraient  être évités dans nos établissements d’enseignement et de service social en modifiant  l’agencement des composantes du fonctionnement des institutions d’éducation concernées.

 

2. Un  rappel historique 

Avant de nous lancer dans l’examen des   moyens  requis pour éviter la répétition de ces gestes il convient, croyons-nous, d’approfondir nos connaissances quant à l’évolution qu’a connue notre système éducatif  Nous allons nous arrêter plus particulièrement à quelques années charnières. On se rend rapidement compte que l’on peut parler de l’évolution du  système d’éducation sans faire aussi  état de l’évolution du système politique qui l’englobe. 

2.1. 1608 à 1763 La  Nouvelle France

Dans cette colonie française, la prestation du service d’instruction était assurée par des communautés religieuses unisexes, dans des institutions «privées». L’Église était l’alliée «politique» de la monarchie de «droit divin» et cette dernière première avait intérêt à ce que la seconde réponde la bonne parole à l’école, de plus  les communautés religieuses constituaient une main d’œuvre économique. La morale  voulait encore que les communautés religieuses soient organisées sur la base du  sexe de leurs membres – soit des Frères ou Pères  soit des  Sœurs-. La même morale voulait que  les enseignants ne puissent enseigner dans ces écoles  qu’à des garçons et les  «enseignantes» à des filles.  On peut penser  que  la différence dans les tâches devant être exercées respectivement par les hommes et les femmes justifiait des programmes d’études  différents et confortait   cette organisation. En somme,  le caractère unisexe de ces communautés religieuses  entraînait  du même coup le caractère unisexe de leurs clientèles respectives. Il semble bien que la colonie n’ait  pas vécu le siècle des lumières  (où la Raison et la Science seront opposées à la foi et à la religion) à la différence de la métropole française et qu’elle ne sera pas non plus sensible à l’idéologie libérale ni partie prenante à l’industrialisation développées dans la métropole britannique qui suivra.

 

2.2 1760 à 1860 Le régime britannique,

1760, au moment de la conquête de cette colonie par l’armée britannique, on comptait 47 petites écoles (primaires) pour les  garçons  et 15 écoles pour les filles  réparties dans trois villes (Québec, Montréal, Trois-Rivières) toutes dirigées à titre privé par des religieux. Près de 70% des paroisses n’avaient pas d’école.  Au niveau secondaire, on comptait 3 écoles d’arts et métiers et un collège  (Collège des Jésuites), exclusives aux garçons. L’État et les seigneurs  finançaient 60 écoles pour 65 000 habitants (1 école pour 1000). 

--1774L’Acte de Québec  reconnait la langue française, la religion catholique,  le régime seigneurial, la fonction d’évêque et de la dîme,  la participation de ses habitants au gouvernement de cette colonie en abolissant  le serment du Test.  Ces assouplissements sont bien reçus  au Québec mais ils soulèvent la  colère dans les colonies américaines. En 1783, les 13 colonies américaines déclarent leur indépendance  et ce sont les loyalistes à la couronne britannique qui  envahissent le Québec et réclament l’application des lois anglaises.

On comprend  que les colons français abandonnés par la mère patrie ont dû, pour conserver leur identité  sur un continent de plus en plus adverse, recourir à trois contre-pouvoirs, la «revanche des berceaux», la ruralité agricole et  le clergé catholique.

-- 1790 Trente ans après la conquête il n’y a  plus  que 40 petites écoles pour 160,000 francophones (1 école pour 4 000 habitants) alors que les anglophones  disposeront de 17 écoles pour 10,000 (1 école pour 600 habitants), Ces derniers, maitrisent le commerce extérieur, dirigent les institutions politiques centrales et  disposent de moyens nettement supérieurs. Ils réclament des mesures destinées à favoriser l’anglicisation et la conversion des colons à la religion protestante, tout en les subordonnant sur le plan économique.

-- L’Acte de 1791  Les anglophones  obtiennent plutôt cet Acte qui établit deux colonies,  le Haut Canada (Ontario) et le Bas Canada (Québec) On comprend pourquoi lorsque l’on rappelle que le premier accueille -20 000 habitants et le second  140 000 (93% de la population totale).  Cela dit, le conquérant «organise» les institutions de manière à conserver le contrôle là où ça compte: une Chambre d’assemblée (40 députés, 34 francophones), un Conseil législatif (16 membres 7 francophones), et un Conseil exécutif (9 membres, 4 francophones) qui n’est pas responsable devant l’Assemblée  Pas un  mot sur les langues officielles  mais la liberté de religion est affirmée.

--1792, Londres décrète que  le français n’est qu’une langue de traduction. À  l’élection des membres de la Chambre d’Assemblée  de cette année-là  on dénombre 34 députés francophones et 12 anglophones 

-- 1798, Toujours avec un même écart entre les populations respectives, on compte deux écoles secondaires pour les francophones et une école secondaire pour les anglophones5.

---Les années qui suivent donnent lieu à de vives tensions entre les francophones et les dirigeants de la colonie du Bas-Canada qui déboucheront sur les rébellions des patriotes de 1837-38  qui, à leur tour, amener une réplique sévère du gouvernement colonial,  pendaisons  et exil de rebelles, incendies de fermes, suspension des droits scolaires  durant 5 ans  et création d’un seul gouvernement pour les deux colonies. Le Rapport Durham préconise, un seul gouvernement de langue anglaise.

1841 L’Acte d’Union établit un seul gouvernement, une chambre d’assemblée un conseil législatif, un conseil exécutif mais une organisation scolaire confessionnelle distincte, catholique et protestante. L’organisation catholique se divisera à son tour en un secteur public au niveau de l’école primaire et un secteur privé aux autres niveaux alors que l’organisation protestante ne reconnaît qu’un secteur public sauf au palier universitaire. L’absence de  communautés religieuses  protestantes explique cette différence. 6  En bref, pour les francophones le primaire est public alors que le secondaire, le collégial  et l’universitaire sont privés mais financés en partie par l’État. Pour les anglophones  seul l’universitaire est privé

1843   Création de l’Université McGill, de l’Université  Laval 1852, de l’Université de Montréal 1878.

2.3 La formation du Dominion du Canada  

1867   L’Acte de  a Confédération canadienne- (en fait une fédération). Le Québec devient une des quatre provinces avec l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick qui forment le Dominion du Canada. Le ministre de l’Éducation est remplacé par le Surintendant de l’Instruction publique. La dualité linguistique est maintenue par l’article 133 et la dualité confessionnelle par l’article 93 7. Les écoles peuvent donc être  catholiques ou protestantes. -

1914  Le Québec est la seule province à ne pas avoir de loi sur l’instruction publique obligatoire

1943  Loi sur l’instruction obligatoire gratuite  pour les enfants de l’école primaire, malgré l’opposition du clergé

«Le caractère désuet et les carences du système scolaire québécois allaient rapidement être mis au grand jour au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale par l’effet conjugué de la croissance démographique rapide qui s’amorce et par la reprise du processus d’urbanisation et d’industrialisation. Sur le plan des infrastructures, le malaise est criant : «Encore en 1951, plus de 70 % des 8 780 établissements scolaires du Québec n’ont qu’une seule classe, 60 % sont sans électricité et 40 % sans eau ni toilettes à l’intérieur»8

1956  Une distinction nette est établie entre  le niveau primaire et le niveau secondaire.

«Entre 1954 et 1960, les effectifs scolaires des 13-16 ans ont doublé, passant de 130 000 à 262 000 élèves. Avec une telle pression démographique, on comprendra que le système d’éducation québécois à la fin des années cinquante apparaisse à la conscience sociale comme « un système fragmenté, sous-financé, sous-développé, dépourvu de coordination, peu démocratique, élitiste et sexiste »9

 

2.3  Les années 1960-90 La révolution tranquille, l’indépendance nationale, la laïcité

2.3.1  Les causes.

Au début des années 1960, 95%  des élèves du secteur primaire et 70% des élèves du niveau secondaire sont inscrits au secteur public. L’enseignement secondaire de second cycle supérieur qui donne accès à l’université  demeure la chasse gardée du secteur privé (120 000 sur 400 000) pour les francophones  alors que pour les  anglophones les «high schools» publics sont la voie d’accès.   -- C’est au cours de ces décennies que le modèle établi subit des modifications importantes sous l’effet conjugué de six principaux facteurs :

i) les enseignements  du Père Georges Henri- Lévesque fondateur e1938 de l'École des sciences sociales, politiques et économiques de l'Université Laval, devenue la faculté des sciences sociales en 1943,  et qui préconisait la laïcisation de l’espace public. 10

ii) l’adoption de l’idéologie social-démocrate par le nouveau gouvernement libéral élu, 1960.  Son slogan «Maître chez nous » en remplacement du conservatisme du gouvernement de l’Union Nationale au pouvoir depuis 1944

iii)  le rapport  de la Commission  royale sur l’enseignement dans la, Province de Québec présidée par Mgr  Alphonse-Marie Parent 1961 et instituée par le gouvernement Jean Lesage, instigateur de la  Révolution tranquille qui, pour la première fois, remet en cause l’organisation globale du système d’enseignement.

Paul Gérin-Lajoie est nommé à la tête du ministère de l’Éducation 1964  qui remplace le Surintendant de l’Instruction publique

iv) la création  du mouvement laïque de langue française par Jacques Godbout  et Jacques Mackay, dissous en 1969 ,reconstitué en 1981  : objectifs écoles non confessionnelles, l'institution du mariage civil, la suppression du serment religieux alors obligatoire devant les tribunaux.

v) la création du mouvement féministe sous Marie Lacoste Gérin-Lajoie,  Thérèse Casgrain, Idola Saint-Jean objectifs :  l’obtention du droit de vote des femmes 1940, la première femme élue 1961, la  pleine reconnaissance juridique de l’égalité de droit entre les femmes et les hommes par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec  1976, notamment en éducation .11

vi) l’élection  du Parti Québécois 1976 dirigé par René Lévesque : « Je n’ai jamais pensé que je pourrais être aussi fier d’être Québécois ». Il promet la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec. Il y en aura un en 1980 et un autre en 1995 ; Le Non l’a emporté par 60% des votes dans le premier cas et par 54 ,288 voix sur  5 millions de personnes inscrites 12.

2.3.2 Les conséquences

La conjugaison de tous ces mouvements provoque :

i)-le  déclin assez rapide du nombre de nombre de «vocations religieuses»  et partant de la capacité de maintenir des institutions unisexes  soutenues par les communautés religieuses. Le remplacement des membres des communautés par des laïcs  ce qui n’empêche pas divers établissements de conserver leurs appellations d’origine, comme le collège des Pères Maristes. 13  

ii)- une intervention plus marquée de l’État :

a-création du  ministère de l’Éducation;

b- fixation des bornes  de l’instruction publique obligatoire du  niveau secondaire, de 6 à 15 ans  en 1961 et de 6 à 16 ans en 1964;

c- 1964-65  L’Opération 55  qui consolide les 1,500 commissions scolaires locales en 55 commissions scolaires catholiques régionales et 9 commissions scolaires protestantes

d) 1967, la fin des 93 collèges classiques et leur remplacement par l’établissement d’un niveau collégial  public au-dessus du niveau secondaire : les Collèges d’enseignement général et professionnel (CEGEPS) donnant accès à l’université (dans le cas de l’enseignement général) et constituant un niveau terminal (dans le cas de l’enseignement professionnel ou technique).

e)  formation des enseignants dans des établissements publics

 f)-accès  gratuit à l’université

g)-création par le gouvernement de l’Université du Québec, université publique(1968) ,6 campus et 6  instituions rattachées de caractère provincial, comme L’INRS, L’ÉNAP, La TELUQ

 

2.4 Les années  1990 à  2018 La consolidation 

Effectivement  depuis les années 1990 nous avons assisté en quelque sorte à une consolidation de la trame  amorcée  dans les années 1960 :

--- 2000- La déconfessionnalisation des écoles  publiques  14  Elles sont dorénavant constituées  sur la base linguistique.

---  2007   Détermination des âges et des niveaux de scolarité, Primaire 6 à 11 ans, Secondaire  12 à 17 ans, Collégial  17 à 19 ans, Université 19 ans et  plus

---  2015 Le nombre de commissions scolaires : francophones 60, anglophones 9, autres 3

----- La généralisation de la mixité chez les enseignants et les élèves  15

-------2018 Le phénomène des «sextos» prend une ampleur certaine   dans un contexte où il  est maintenant  bon ton – le mouvement  ‘«Moi aussi»- de dénoncer, peu importe le nombre d’années écoulées après les évènements, tous les hommes qui ont, d’une manière ou d’une autre, commis des actes sexuels à l’égard d’autres personnes. L’échange de photos personnelles de nudité  (le «sexto») entre des écoliers   est apparu comme une activité qui devait être réprimée par les instances concernées 16    

 

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3  Les moyens  d’éviter que la commission d’actes à connotation sexuels dans  les établissements publics d’éducation et de service social

 

3.1 Premier moyen.

L’élimination de l’exigence du célibat pour les personnes chargées d’assurer la prestation des services éducatifs et sociaux.  Or, cette exigence ne se trouve ici que dans les communautés  religieuses catholiques qui ont été chargées d’assurer la prestation du service d’éducation et de divers services sociaux

Établissons, au départ, que ces communautés  n’étaient pas des ordres  contemplatifs fermés sur l’extérieur  mais prodiguaient bien des services à des clientèles extérieures précises ce qui constitue une  différence fondamentale.

En effet, on peut penser que l’exigence du célibat- abstinence sexuelle- pour les membres des communautés religieuses  catholiques chargées des institutions d’enseignement et de services sociaux  est une des principales raisons des agressions sexuelles commises par ces membres sur les enfants accueillis dans ces institutions.

Le même facteur explique d’ailleurs que  le comportement répréhensible à cet égard  de nombreux religieux appartenant à l’Église catholique soit dénoncé, encore en 2018,  dans plusieurs pays comme on l’a vu précédemment. Manifestement, la répression des appétits sexuels ne peut être réussie   par de simples vœux de chasteté .Si on pouvait croire qu’un milieu unisexe pouvait annihiler ces appétits  sur la base de la morale à l’effet qu’ils ne pouvaient se produire qu’entre un homme et une femme on a bien dû se rendre compte assez rapidement  qu’un tel milieu pouvait aussi engendrer l’homosexualité et  même la pédophilie.  Bien sûr, la pédophilie existe en dehors des établissements religieux unisexes mais il est aussi clair que peu de ces établissements échappent à cette maladie.

Malheureusement, on ne connaît pas encore les causes exactes de cette maladie psychiatrique  ni les remèdes appropriés. 17   Certains ont avancé les facteurs suivants : d’abord, le fait que les individus entrent dans les ordres à un jeune âge alors  que leur sexualité n’est pas encore épanouie; deuxièmement, le fait que ces personnes ont subi des agressions dans leur enfance; enfin, le fait qu’ils exercent un ascendant dans un univers quotidien composé principalement d’enfants.  

Par ailleurs, il est clair que les membres de ces communautés  sont liés par une Loi du silence quant aux gestes répréhensibles qui pourraient être commis par certains d’entre eux  car c’est l’existence même des institutions qui serait mise en péril. Quoiqu’il en soit  il est clair qu’aujourd’hui la population ne peut tolérer que des adultes pervertissent ainsi des enfants et  elle réclame l’application  du code criminel en la matière. Cela dit, il n’en reste pas moins que l’on peut difficilement, dans une société qui se dit libre,  défendre le célibat à  des personnes qui  décident volontairement  de s’y adonner  et l’on ne peut pas davantage obliger ces personnes à  vivre en couple alors qu’elles ne le veulent pas pour des raisons tout à  fait raisonnables, comme l’absence d’attrait.  

 En somme, nous avons été assez heureux au Québec de ne pas avoir été  obligés de recourir à ces mesures.  En effet, il faut bien reconnaître que le retrait des célibataires, membres des communautés religieuses catholiques, chargés des  services  d’éducation en particulier, est attribuable bien plus à la pénurie grandissante des vocations religieuses qu’à la législation sur  déconfessionnalisation des écoles en l’an 2000. Cette pénurie est elle-même conséquente à une réduction  progressive du nombre d’enfants par famille dans une économie de plus en urbaine et industrielle. Une telle économie n’est guère propice au maintien d’une  revanche des berceaux  ni portée à écarter les  moyens de contraception et l’avortement comme le souhaitait l’Église.  En témoignent  le taux de natalité  qui  est passé de 39,5% en 1900 à 16,1% en 1970 et à 10,1% en 2017  et l’indice synthétique de fécondité qui est en constante régression depuis les années 1950 est demeuré inférieur à 2 depuis 1971, donc en dessous du seuil de renouvellement de la population. L’Église ne pouvait donc, décemment, demander une quote-part. Bref,  le célibat s’est  éclipsé lui-même tout simplement  parce que les  communautés religieuses  ont été incapables de recruter de  nouveaux membres ce qui a, du même coup,  amené le retrait de ces communautés des services sociaux et d’éducation.

 

3.2  Deuxième moyen

La laïcisation (ou la déconfessionnalisation) des établissements d’éducation et de service social

On l’a vu précédemment , ce moyen a été utilisé tardivement –légalement en l’an 2000- pour la bonne raison que le gouvernement devait, préalablement,  amener un changement d’esprit dans la population quant à l’importance de la religion dans l’espace public, plus spécifiquement dans la prestation des services en question, afin d’éviter d’entrer en conflit ouvert avec l’organisation de l’Église catholique, l’alliée de la société française depuis des générations dans ses rapports avec le conquérant britannique.

On doit effectivement reconnaître  que cette laïcisation n’aurait pas été rendue possible si, préalablement  des membres du clergé n’avaient pas  exprimé leur souhait d’une laïcisation de l’espace public et si  de leur côté, des laïcs n’avaient pas su développer des discours  sur la nécessité, dans la société moderne, de poser un ensemble de gestes basés sur la raison et la science et en faisant abstraction de leur foi.  C’est ce discours  qui a dû finalement convaincre les parents québécois «qu’entrer dans les ordres» n’était pas la seule façon  pour leurs enfants  de réussir leur vie.   

En d’autres termes, encore une fois, la mesure de la laïcisation a été prise alors que les esprits étaient prêts  à l’accueillir. Cela dit, on doit reconnaître que le changement  s’est quand même opéré dans un temps relativement court lorsque l’on se compare à d’autres sociétés.  

 Cela dit, malgré ce qui  précède, il faut savoir qu’en dépit de la loi de 2000 il existe encore au Québec, en 2019,  84 écoles privées religieuses,- 52 chrétiennes, 24 juives et 8 musulmanes- sur les 2,345 écoles primaires et secondaires 18. Ce 4 % n’est évidemment pas alarmant mais  renforcé par diverses adhésions au mouvement multiculturel il pourrait contribuer à accroître la ghettoïsation  de certains membres de la société  québécoise. 

Bien plus, la Cour suprême  a jugé qu’une école confessionnelle catholique anglophone  pouvait enseigner la région de manière subjective et non objective. 19   Ce jugement n’a soulevé aucune critique .Or, comme nous allons le voir  plus loin, une intervention  de l’Archevêché de Montréal à propos du troisième moyen mentionné  ci-dessous a soulevé un tollé.    

 

3.3 Troisième moyen, le remplacement de la morale religieuse par une information  factuelle sur la sexualité    

On peut penser que ce remplacement  a dû s’effecteur automatiquement  par la déconfessionnalisation des écoles. Effectivement, le ministère de l’Éducation a mis au point des enseignements «neutres» qui cherchent à informer à propos de la sexualité  plutôt qu’à dicte rune  bonne une conduite, condamner des comportements, et ce en fonction de l’âge des élèves.  Le texte ci-dessous apparaissait sur le site du ministère en janvier 2019 20

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Éducation à la sexualité

«Le personnel des équipes-écoles doit se référer à la personne en soutien à l’éducation à la sexualité de la commission scolaire ou de l’établissement privé afin d’obtenir les accès aux documents nécessaires à la préparation des contenus (canevas pédagogiques) en éducation à la sexualité aux élèves.

L’éducation à la sexualité tient compte de plusieurs dimensions et couvre des sujets variés : connaissance du corps, image corporelle, stéréotypes sexuels, sentiments amoureux.

Elle permet notamment aux élèves :

·       - de mieux se comprendre;

·       - d’établir des relations affectives respectueuses pour eux-mêmes et les autres;

·       - de développer leur esprit critique, leur bon jugement et leur sens des responsabilités.

Pour offrir à tous les élèves de l'éducation à la sexualité sur chacun des sujets importants, le Ministère accorde une place plus formelle à celle-ci dans leur cheminement scolaire. Ainsi, depuis septembre 2018, les contenus définis par le Ministère sont obligatoires pour les élèves du primaire et du secondaire des établissements privés et publics. Ces contenus sont disponibles au préscolaire.

Différents sujets seront abordés, en fonction de l’âge des élèves, pour favoriser le développement de ces derniers et réduire leur vulnérabilité à certaines problématiques.

L’école québécoise a une responsabilité en matière d’éducation à la sexualité depuis près de 40 ans. Cette responsabilité a d’abord été assumée au moyen du cours Formation personnelle et sociale (des années 1980 jusqu’au début des années 2000). Depuis le début des années 2000, l’éducation à la sexualité est assurée par une variété d’interventions du personnel scolaire.

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À vrai dire, cette intervention gouvernementale soulève deux questions : comment déterminer les informations qui sont utiles et pertinentes en fonction de l’âge des  élèves et quelle sera la formation  des enseignants habilités à les transmettre. Par exemple, pour les enfants de première année  on prévoit, notamment, de  «nommer et décrire toutes les parties du sexe de la femme et de l’homme, externes et internes» à l’intérieur d’un enseignement obligatoire de 5 heures par année  .21   D’autre part, les syndicats ont déjà exprimé des réserves  quant `à la formation  requise  des enseignants.

En janvier 2019, un père de famille catholique a considéré que ce genre d’information était, à son avis, prématuré  et il a  fait savoir qu’il préférerait que son enfant, qui situe dans la frange de  7 à 8 ans, soit dispensé de cette information. L’Archevêché de Montréal donna son appui à cette démarche  puis a  proposé qu’un  contrat soit convenu entre les parents et l’école en vertu duquel l’enfant  serait exempté de ces cours  et pourrait aller plutôt à bibliothèque durant cette période   Sa famille se chargerait de l’informer à propos de ces questions  au moment qu’elle jugera propice. 

Il n’en fallait pas plus pour  qu’un chroniqueur du Journal de Québec 22 décrète :   « Au Québec nous avons sorti à grands coups de pied l’église de nos institutions. Il faut impérativement que cela demeure ainsi ». On repassera pour  l’analyse des questions de fonds

On souhaiterait vivement que, préalablement à toute intervention du MEQ, le contenu de chaque cour  soit décrit dans les  moindres détails et que le tout soit soumis à un comité composé de parents ayant des enfants des âges visés. Nous croyons qu’il n’y a pas lieu de céder à la panique et que l’information relative  à la sexualité peut attendre l’âge de la puberté et être transmise distinctement  aux garçons et aux filles, au plus tôt à la fin du secondaire.

 

3.4. Le quatrième  moyen

La  mixité de la clientèle des établissements d’éducation et de service

Dans la mesure où les communautés religieuses sont sorties des établissements d’éducation et de service social la mixité des personnes qui y travaillent est assurée

Toutefois, la question demeure de savoir si l‘on doit aussi  favoriser la mixité de la clientèle de ces établissements. Celle-ci  existe ici  depuis un bon moment  dans le secteur public  mais non  dans le secteur privé.  Or, il semble bien que la décision d’instaurer cette mixité a été prise  sur la base  d’impératifs budgétaires et  de considérations sociales  sans trop se préoccuper des exigences pédagogiques.

 Les impératifs budgétaires

Il est reconnu qu’au siècle dernier les préoccupations budgétaires ont été prédominantes certainement pour le secteur public.  23  La capacité de payer des ménages moyens était limitée. Les écoles privées sont ainsi devenues  accessibles qu’aux familles plus aisées. La gauche  prend généralement soin de de rappeler que si plusieurs communautés religieuses ont  pu maintenir de nombreux  établissements primaires et secondaires pour les clientèles  non-mixtes c’est parce qu’elles recevaient un financement public  de 60%. Toutefois, il convient aussi de rappeler que, dans les années quarante et cinquante à tout le moins, plusieurs de ces communautés – dont celle les Jésuites- ont accueilli des étudiants méritants, sans frais de scolarité, lorsque les familles n’avaient pas les  moyens requis. Il semble bien que, récemment, la baisse du nombre de parents désireux de défrayer les sommes requises a fait en sorte qu’en 2018, il ne reste plus que 31  écoles privées

 Les considérations sociales

Pour sa part,  le  mouvement féministe a vu dans la mixité à l’école un  moyen  d’assurer l’égalité entre les sexes.  Il s’agissait d’une autre de ces propositions du mouvement féministe  qui  ne peuvent pas être prises à la lettre. D’une part, 21 de ces 31 écoles  privées sont réservées aux filles et 10 aux garçons.24   D’autre part,  «Pour les garçons, l’écart de diplomation est de 25 points entre le Québec et l’Ontario, précise l’IdQ. De plus, l’écart du taux de diplomation entre les filles et les garçons est «trois fois plus élevé au Québec que dans la plupart des autres provinces»25 Ne devrait-on pas s’attendre, en toute logique,  à ce que ce  mouvement dénonce vigoureusement  cette inégalité de fait à l’avantage des filles?  Au contraire la seule mention que le gouvernement pourrait intervenir pour combattre le décrochage des garçons a immédiatement soulevé une protestation du CSF qui exigea aussi  des mesures pour combattre le décrochage des filles.

 

Les considérations pédagogiques

Sur le plan pédagogique cette fois les avis sont passablement partagés. Même si plusieurs études portant sur le QI indiquent une distribution  similaire chez les hommes et les femmes cela  ne  signifie que les capacités cognitives soient identiques : on mentionne souvent la supériorité langagière pour les femmes, la facilité de la reconnaissance spatiale pour les hommes.  26   On semble éprouver aussi beaucoup de difficulté, encore aujourd’hui, à accepter que les filles et les garçons puissent avoir des aptitudes et surtout des centres d’intérêt différents et préférer des modes  d’apprentissage différents.

On fait  aussi peu de cas de plusieurs analyses qui exposent les limitations de la mixité et même ses inconvénients en ce qui touche principalement les garçons. 27  Enfin, on paraît vouloir continuer à  ignorer qu’à l’adolescence la  mixité peut favoriser des comportements répréhensibles,  justement comme ceux observés chez les élèves des  Pères Maristes. 

L’ennui de cette proposition est que le maintien du  caractère unisexe de la clientèle étudiante  semble justifier le  maintien du caractère unisexe également de l’encadrement  de l’établissement, sinon on irait à l’encontre de la justification même de ce type d’établissement à savoir que la non-mixité est requise pour favoriser justement une plus grande sensibilité aux traits particuliers des garçons comme des filles. 

 Cela dit, on a noté que les évènements qui se sont dans le collège des Pères Maristes se sont aussi produits dans d’autres établissements où l’encadrement était mixte.  . En effet, dans l’ensemble du secteur public où la mixité de la clientèle  et du corps professoral  existe on a aussi  rapporté des incidents semblables dans au moins une école publique.26    Étant donné que ces évènements  mettaient en cause les élèves et non les professeurs on peut penser qu’une autre variable doit être considérée, à savoir l’âge  des élèves.

 

4. Le  niveau de l’enseignement- l’âge de la clientèle – 6-12 ans  primaire- enfance; 12-16 ans secondaire- adolescence ; collégial- adulte,-17à 19 ans ; universitaire 20 à 23 ou plus

Selon Marthe Mahieu, ancienne directrice d'école secondaire

«La mixité n’a pas été un mal, mais elle a créé, particulièrement au premier degré du secondaire, entre 11 et 14 ans, de sérieux problèmes que personne ne semble vouloir prendre en compte » …«Il n’y a pas eu qu’une hypocrisie de la part du gouvernement, il y a eu aussi une grande illusion, partagée par la plupart des acteurs : en mettant tout le monde ensemble, dans les mêmes locaux et avec les mêmes profs, on créerait automatiquement l’égalité des sexes (qu’on n’appelait pas encore "genre") 29

Le fait que les incidents rapportés se soient produits à la fois dans les établissements scolaires  mixtes, publics comme privés, et aient mis en cause des élèves étudiant au niveau secondaire  indiquent que l’adolescence est une période particulièrement délicate en ce qu’elle est marquée par l’éveil à la sexualité  tant pour les garçons que pour les filles. La proximité des uns et des autres dans une même classe,  dans des mêmes locaux  intensifie assurément les effets et conséquences de cet éveil.  Dans les années 1940 une  même école primaire séparait  les classes de filles des classes de garçons  dans deux sections étanches du même immeuble et  leurs cours respectives  de récréation par une clôture métallique (ex; St-Germain d’Outremont). Les contacts entre les deux groupes  étaient donc réduits au minimum pour ne pas dire inexistants. Par la suite, les collèges et  les couvents étant  aussi unisexes   la mixité des deux groupes ne se produisait finalement qu’à l’université.

 

Considérant les arguments très sensés  invoqués par les tenants de la  non-mixité  mentionnés à la note 26   la question se pose de savoir s’il ne serait pas judicieux  de revenir à cette dernière pour au moins les deux premiers niveaux d’enseignement de sorte que la jonction ne serait établie qu’au niveau collégial alors que nous avons affaire à des individus au seuil de la vie d’adulte. On pourrait ainsi reporter à plus tard  les cours d’éducation sexuelle forcément mixte qui, dans le cadre actuel, ne peuvent servir qu’à la propagation d’une perception vision plutôt biaisée de la réalité. En effet, d’une part, cet éveil de la sexualité se manifeste certainement de manière différente pour les garçons  et les filles, d’autre part, les enseignants qui encadrent ces adolescents ne peuvent, par eux-mêmes, refléter une situation équilibrée

 

5-  L’encadrement masculin minoritaire dans l’ensemble du réseau de l’éducation  « Il faut plus d’hommes  dans nos salles de classe»  Égide Royer30

Il  faut bien reconnaître que, depuis quelques générations déjà, l’encadrement  professoral aux deux trois premiers niveaux d’enseignement maternelle, primaire secondaire) est très majoritairement féminin.

Or, on peut penser, que ces enseignantes sont plutôt favorables à la perception  féministe  des relations entre les deux sexes de sorte que l’on peut craindre  un déséquilibre dans la présentation de la problématique qui ne peut certainement pas être réduite   à la reconnaissance  de l’égalité entre les deux sexes et à l’expression du consentement à l’acte sexuel.  Les professeurs masculins ne sont effectivement que20%  à l’élémentaire

Tableau 1

Personnel enseignant des commissions  scolaires

Secteur des jeunes

1989-90 à 2013-14

 

1989-90

1996-97

2000-01

2005-06

2010-11

2013-14

Hommes

23 458

23,241

21 745

20 732

11 600

11 284

Femmes

49 033

57 347

61 659

66 127

40 977

43 584

Total

72 491

80 588

83 404

86 859

52 577

54 868

 Ensemble du personnel des commissions scolaires

Hommes

40 873

51 152

48 933

47 743

47 939

46 344

Femmes

73 046

102 724

119 827

132 555

141482

146 929

Total

113 919 

153 876

 168 760

180 298

189 421

193 273

«Statistiques de l’éducation», Ministère de l’éducation du Québec; diverses années. Les séries n’ont pas été  produites après 2013-14

 

Du tableau ci-dessus il ressort que 79 % des enseignants au niveau primaire et secondaire sont des femmes lesquelles  forment aussi 79 % de l’ensemble du personnel des commissions scolaires. 31

Quand on pense que depuis des années les gouvernements  libéral et péquiste ont :

--soutenu  un  programme de gouvernemental  de bourses d’études réservées exclusivement aux étudiantes  (Chapeau les filles) mais aucun pour les étudiants;  --qu’ils n’ont pas mis à la raison les universités qui prohibent les  bourses réservées aux étudiants;

-- qu’ils n’ont pas aboli les divers programmes de discrimination  positive en faveur des femmes (accès à l’égalité en emploi, équité salariale)  alors que les situations avaient été complètement inversées dans les faits,

 --qu’ils  ont  continué  d’assurer le fonctionnement de services réservés exclusivement aux femmes (Centres de femmes, CALACS) et un financement toujours supérieur pour les organismes de services sociaux  ayant une clientèle féminine ;  

-- ont assuré le maintien d’un  groupe de pression féministe dans l’appareil gouvernemental mais aucun pour la condition  masculine. 

 

On peut constater le même biais pro-femmes dans le traitement des nouvelles dans les médias. Alors que toutes les chroniqueuses se targuent d’être féministes aucun chroniqueur, à ce jour, n’a reconnu être préoccupé par la condition masculine. Même Denise Bombardier, ordinairement la plus sensée, ne peut s’empêcher d’écrire un texte dans lequel elle soutient que si une femme avait  tenu des propos sur les hommes similaires à ceux de Trump sur les femmes, elle  aurait été destituée bien plus rapidement.  Mais chaque jour les féministes tiennent les hommes responsables de tous les maux de la terre  comme si les femmes étaient responsables d’aucune connerie. Pourtant personne  ne les  met  à la  porte  alors que la revue l’Actualité  a déjà renvoyé un collaborateur pour avoir osé  mettre en doute les données effectivement erronées justement d’une féministe.32

Si l’un  des chroniqueurs masculins (Richard Martineau) condamne régulièrement le machisme et le patriarcat dans la culture arabe c’est pour mieux défendre la cause des femmes arabes, des victimes inconditionnelles. En conséquence, le même homme est incapable d’analyser objectivement les conditions de vie actuelles respectives de l’homme et de la femme québécoise. Ces individus sont devenus roses-bonbon   et fiers de l’être. 

Il reste un mince espoir, que les membres du  gouvernement de la CAQ cessent d’agir  comme des plantes vertes et rétablissent l’équilibre sociétal nécessaire.

 

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Notes

Notes  Mont d’Youville 

(1)Mont d’Youville : des religieuses auraient commis des abus sexuels sur des enfants Publié le mercredi 3 octobre 2018 à 13 h 54 Mis à jour le 3 octobre 2018 à 14 h 41

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1127692/demande-recours-collectif-religieuses-soeurs-charite-abus-sexuels-enfants-orphelinat-mont-youville-quebec

Des religieuses Auraient abusé d’enfants  Le Journal de Q 4 octobre  2018 mp.7-Les Sœurs de la Charité troublées  J de Q 5 octobre 2018 mp.13 

Les Sœurs de la Charité veulent que le CIUSSS paie» J de Q 14 novembre p.6,  Un deuxième demandeur s’ajoute au recours collectifs»  J de Q 29 novembre p.9  (événements vécus dans les années 1970)

Des religieuses de la congrégation des Sœurs de la Charité auraient commis des abus sexuels répétés sur des enfants admis à l'orphelinat Mont d'Youville, à Québec, et ce, durant plusieurs décennies

«Selon les avocats qui représentent les présumées victimes, c’est la première fois dans l’histoire du Québec que des membres d’une congrégation religieuse de sexe féminin sont visées par de telles allégations. D’autres anciens pensionnaires, des filles comme des garçons, auraient également subi des abus commis par des sœurs. Après le retrait des Sœurs de la Charité en 1996, le Mont d’Youville a été fusionné avec d’autres organismes au sein du Centre jeunesse de Québec. En 2015, ce dernier a été absorbé par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.is par des sœurs.

Selon les avocats des requérants, « plusieurs centaines, voire des milliers » d’anciens pensionnaires de l’orphelinat pourraient avoir été victimes d’abus. Ils sont invités à se manifester « en toute confidentialité » en visitant le site victimesmontdyouville.com.

»  J de Q 29 novembre p.9  (événements vécus dans les années 1970)

(2) http://encyclobec.ca/communaute_religieuse.php?idcommu_religieuse

=71&theme=soigner

(3) Les clercs de St-Viateur de retour devant la Justice   Le journal de Québec 19 octobre 2018 p. 20    80 victimes

Les principaux scandales sexuels | International - LaPresse.ca

https://www.lapresse.ca/.../201003/.../01-4261916-les-principaux-scandales-sexuels.ph...

18 mars 2010 - Quelques-uns des scandales sexuels qui ont éclaboussé l'Église catholique au cours des dernières années, au Québec et dans le reste du monde ... commises par plus de 4000 prêtres sur quelque 11 000 mineurs en 50 ans. ... déclarent avoir été victimes d'agressions commises par des religieux.

En Pennsylvanie 300 prêtres, https://www.journaldemontreal.com/2018/08/14/etats-unis-leglise-aurait-protege-300-pretres-agresseurs-qui-auraient-fait-1000-victimes  En Illinois 700  prêtres https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201812/19/01-5208657-pres-de-700-pretres-accuses-dactes-pedophiles-dans-lillinois.php

Quelques cas au Québec

2004 Gilles Noreau, ex-enseignant au Petit Séminaire de Québec, est condamné à un an de prison. Il a fait sept victimes entre 1965 et 1988.

2005 Denis Vadeboncoeur, prêtre québécois expatrié en France, y est accusé d'agression sexuelle sur un mineur. Près de 20 ans auparavant, il avait été condamné au Québec à 20 mois de prison après avoir été reconnu coupable d'agressions sexuelles sur quatre adolescents.

2007 À Sherbrooke, l'abbé Daniel Pichette est condamné à 21 mois de prison fermes pour avoir agressé sexuellement cinq garçons et trois filles en près d'un quart de siècle.

2008 France Bédard intente des poursuites criminelles contre l'archevêché de Québec. Son agresseur meurt avant le procès. C'est aussi le cas de deux autres prêtres accusés dans la région de Québec.

2009 Une enquête du quotidien The Gazette démontre qu'il y a eu plusieurs agressions au collège Notre-Dame, propriété des frères de Sainte-Croix, entre 1950 et 1980. Le Collège aurait tenté d'étouffer l'affaire en versant près d'un demi-million de dollars à différentes victimes. René Cornellier, père de l'un des élèves agressés, intente un recours collectif contre le Collège au nom des victimes, qui réclament maintenant que le Collège leur rembourse leurs frais de thérapie. À Québec, le cas du frère rédemptoriste Raymond-Marie Lavoie fait aussi les manchettes. Il fait face à neuf chefs d'accusation pour des agressions qui datent du début des années 80. Paul-Henri Lachance, ex-curé de la paroisse Sacré-Coeur, à Québec, est aussi condamné à 18 mois de prison pour s'être livré à des attouchements sur une fillette entre 1979 et 1981.

--En janvier 2019, en France, un prêtre Pierre Vignon réclame la démission  de l’évêque de Lyon  Barbarin qui, au lieu de sanctionner un prêtre pédophile aurait déclaré : «Grâce à Dieu, les faits sont prescrits» Vignon  a rédigé  une  pétition   dans laquelle il dit à l’évêque. « Je n’insisterai pas sur vos trois reculades pour la connaissance des faits criminels commis par Bernard Preynat ni sur votre attentisme à prendre des décisions. Je n’insisterai pas davantage sur le fait que Bernard Preynat est toujours prêtre et qu’il n’a reçu aucune condamnation sous quelque forme que ce soit.» Vignon a rédigé un  ouvrage intitulé «Plus jamais ça» 

(4) Il est assez remarquable qu’à l’époque la durée de l’hébergement de l’orphelin était plus courte que celle de l’orpheline.

L’Orphelinat d’Youville (Mont d’Youville) Sœurs de la Charité de Québec (Québec) Etienne Berthold, département de géographie. Université Laval, 2015

«Par ailleurs, si les garçons reçoivent automatiquement leur congé à treize ans, alors qu’ils peuvent être retournés auprès de leurs parents ou encore être adoptés par d’« honnêtes familles », les filles, elles, demeurent parfois à l’orphelinat pour une plus longue période. Les annales de l’établissement sont évocatrices sur les raisons susceptibles de motiver de plus longs internements : « On sait comment sont exposées dans le monde, des jeunes filles qui n’ont pas de parents, et qui serait abandonnées trop tôt à elles-mêmes »

http://encyclobec.ca/communaute_religieuse.php?idcommu_religieuse=71&theme=soigner

En d’autres termes, à la différence de l’orpheline  l’orphelin de 13 ans, par définition, a, dans ses gênes, le moyen de ses débrouiller.

(5)https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%A9ducation_au_Qu%C3%A9bec

(6)https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_des_Patriotes#Origines_du_conflit

(7) Écoles confessionnelles   art 93 AANB

93. Dans chaque province, la législature pourra exclusivement décréter des lois relatives à l’éducation, sujettes et conformes aux dispositions suivantes :

1) Rien dans ces lois ne devra préjudicier à aucun droit ou privilège conféré, lors de l’union, par la loi à aucune classe particulière de personnes dans la province, relativement aux écoles séparées (denominational);

(2) Tous les pouvoirs, privilèges et devoirs conférés et imposés par la loi dans le Haut-Canada, lors de l’union, aux écoles séparées et aux syndics d’écoles des sujets catholiques romains de Sa Majesté, seront et sont par la présente étendus aux écoles dissidentes des sujets protestants et catholiques romains de la Reine dans la province de Québec;

 (3)Dans toute province où un système d’écoles séparées ou dissidentes existera par la loi, lors de l’union, ou sera subséquemment établi par la législature de la province — il pourra être interjeté appel au gouverneur-général en conseil de toute loi ou décision d’aucune autorité provinciale affectant aucun des droits ou privilèges de la minorité protestante ou catholique romaine des sujets de Sa Majesté relativement à l’éducation;

Article 133  Usage de la langue française  et de la langue anglaise

«Dans les chambres du parlement du Canada et les chambres de la législature de Québec, l'usage de la langue française ou de la langue anglaise, dans les débats, sera facultatif; mais, dans la rédaction des registres, procès-verbaux et journaux respectifs de ces chambres, l'usage de ces deux langues sera obligatoire. En outre, dans toute plaidoirie ou pièce de procédure devant les tribunaux du Canada établis sous l'autorité de la présente loi, ou émanant de ces tribunaux, et devant les tribunaux de Québec, ou émanant de ces derniers, il pourra être fait usage de l'une ou l'autre de ces langues. Les lois du parlement du Canada et de la législature de Québec devront être imprimés et publiés dans ces deux langues.»

https://sites.google.com/site/hecpouvoiretpouvoirs/4-le-pouvoir-et-les-pouvoirs-du-canada-contemporain/3-l-acte-de-l-amerique

La loi constitutionnelle de 1867 prévoit des écoles confessionnelles dans les provinces

  • Au Québec : Il y a des écoles catholiques et des écoles protestantes.
  • Le clergé est le premier responsable de l'éducation dans les écoles catholiques jusqu'en 1962.
  • Il s'occupe aussi des soins de santé et des oeuvres caritatives 

 

En 1982, Loi constitutionnelle intègre le multiculturalisme dans la charte canadienne des droits et libertés de la personne

  • Prévision de l'égalité entre les sexes, les religions et les cultures au Canada 
  • Préservation et valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens tout en s’employant à réaliser l’égalité de tous les Canadiens dans les secteurs économique, social, culturel et politique de la vie canadienne
  •  
    • Objectif : 
      • Préserver et valoriser le multiculturalisme au Canada
      • Faciliter la préservation de la culture et de la langue
      • Combattre la discrimination
      • Favoriser la sensibilisation et la compréhension culturelles 
      • Promouvoir des changements institutionnels qui tiennent compte de la dimension culturelle

 

Suite (7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bilinguisme_au_Canada

1982 Loi de 1982 sur le Canada rapatrie les droits constitutionnels du Royaume-Uni au Canada. Cette loi est la seule loi de l’histoire du Parlement du Royaume-Uni ayant été rédigée et ayant force de loi dans les deux langues. La Loi constitutionnelle de 1982, comprenant la Charte canadienne des droits et libertés, est proclamée. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_des_Longs_Couteaux_(Qu%C3%A9bec)

Le Québec annonça le 25 novembre 1981 qu'il utiliserait son droit de véto sur l'entente, mais le 6 décembre 1982 la Cour suprême du Canada entérina une décision de la Cour d'appel du Québec statuant que le Québec n'avait jamais possédé ce droit4.

Les dispositions seront insérées dans la constitution, diminuant les pouvoirs du Québec en matière de langue et d'éducation. De plus, Trudeau refuse d'octroyer au Québec un droit de véto ou une compensation fiscale.

Avec le concept de multiculturalisme de la charte, le Québec ne devient qu'une culture canadienne parmi tant d'autres. Plus question du statut spécial de peuple fondateur. Le peuple québécois ne devient qu'une autre culture minoritaire au Canada.

La Chambre des lords du Royaume-Uni adopta le « Canada Bill » autorisant le rapatriement de la constitution.

La nouvelle constitution remplace l'ancienne, sans le consentement du Québec mais en présence de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni. Toute loi provinciale est maintenant assujettie à la nouvelle constitution. Bien que le Québec ne soit pas signataire de cet accord, il s'y voit néanmoins soumis. Ces événements ont créé une forte division au sein du Canada. Plusieurs fédéralistes et indépendantistes québécois ont perçu l'accord comme un coup de poignard de la part des premiers ministres des autres provinces1. L'accord a fait chuter radicalement la popularité traditionnelle des libéraux au Québec et a favorisé la victoire de Brian Mulroney et du parti progressiste-conservateur à l'élection suivante

(8)https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%A9ducation_au_Qu%C3%A9bec

(9) ibid p.32

(10)Jules Racine St-Jacques, 2013

http://histoireengagee.ca/les-sources-clericales-de-la-laicite-publique-au-quebec/

(11) https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/avis_egalite_entre _sexes_ milieu- scolaire.pdf

(12)https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_qu%C3%A9b%C3%A9cois_de_1995#Historique

(13) https://www.erudit.org/fr/revues/hq/2014-v19-n3-hq01131/71065ac.pdf

 http://www.larevolutiontranquille.ca/fr/le-recul-de-la-religion.php

(14)  LQ 2000  chap.24  https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_118

https://sites.google.com/site/hecpouvoiretpouvoirs/4-le-pouvoir-et-les-pouvoirs-du-canada-contemporain/4-relations-de-pouvoir/1-relations-de-pouvoir-entre-l-eglise-et-l-etat

(15) «La vaste majorité des écoles non mixtes se sont résignées à accepter des élèves de l’autre sexe à cause de la chute des inscriptions. « C’est un modèle du passé, qui n’est pas viable économiquement. Les écoles non mixtes sont en voie de disparition et je pense qu’elles ne reviendront pas », dit-il.

https://www.ledevoir.com/societe/education/524692/la-fin-des-ecoles-de-filles

https://www.cmec.ca/Publications/Lists/Publications/

Attachments/61/singlegender.fr.pdf

Rappelons qu’il y a déjà eu des écoles primaires mixtes dans les années 1940 dans la plupart des  villages au Québec-principalement pour des raisons financières .https://www.google.ca/search?ei=HfE4XNu5D9DN_Abv_pboCA&q=les+écoles+primaires

+mixtes+dans+les+années+1940+au++québec&oq=

(16) Le Journal de Québec « Campagne de sensibilisation  contre les sextos » 23 août 2018 p.12

Le Journal de Québec «Les profs de Garneau n’ont pas l’intention  de se taire»  3 novembre 2018 p.37

Le Soleil :« De la pornographie juvénile …malgré soi» 3 novembre 2018 p.13

Le Journal de Québec «Trois dérapages en une semaine» 8 novembre 2018 p..4-5

Le Journal de Québec « Sexter c’est con »  9 novembre 2018 pé16.

(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dophilie

(18) Écoles religieuses au Québec: les chiffres http://journalmetro.com/opinions/autrement-dit/708803/ecoles-religieuses-au-quebec-les-chiffres/

(19) «L'école secondaire Loyola ne devrait pas être forcée d'enseigner le catholicisme de manière neutre et objective dans le cadre du programme Éthique et culture religieuse (ECR), a tranché la Cour suprême du Canada»

https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/actualites-judiciaires/201503/19/01-4853542-cours-dethique-religieuse

(20)http://www.education.gouv.qc.ca/professionnels/dossiers/education-a-la-sexualite/

(21)  Le Soleil ; «Un contrat pour retirer les enfants catholiques des classes»

10 janvier 2019 p.12

(22)  Jonathan Trudeau «Église et sexualité » Le Journal de Québec

11 janvier p. 12

(23) Voir note 15 supra

(24) https://www.ledevoir.com/societe/education/524692/la-fin-des-ecoles-de-filles

Écoles de filles 21 ; écoles de garçons 10

https://prod.education.gouv.qc.ca/gdunojrecherche/

rechercheOrganisme.do?methode=afficherResultatBase&typeRecherche=base

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%A9ducation_au_Qu%C3%A9bec

(25) voir note 11

https://www.journaldemontreal.com/2018/05/02/decrochage-scolaire-au-quebec-beaucoup-reste-a-faire-1

http://eduscol.education.fr/cid47786/reflexions-sur-l-egalite-entre-les-filles-et-les-garcons-dans-le-systeme-educatif%

(26)https://www.scienceshumaines.com/l-intelligence-a-t-elle-un-sexe_fr_ 21036.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Influence_du_sexe_sur_l%27intelligence

(27) Une analyse conduite en France  rapporte les observations suivantes

1.) La mixité scolaire s’est développée sans vraies raisons pédagogiques, par commodité. – raison d’économie

2) La mixité renforce souvent la séparation en récréation et les stéréotypes de filières.

3) La mixité n’est pas l’égalité des sexes. 

4) La mixité n’est pas la meilleure solution pour les garçons. 

5)  La mixité n’est pas la meilleure solution pour les filles. 

6)  L’enseignement de certaines matières exige l’éducation différenciée. 

7) On travaille mieux avec des centres d’intérêt communs. 

8) On travaille mieux à un même niveau de maturité. 
9) On travaille mieux si le professeur sait quel langage employer. !

10) On travaille mieux si l’on est épanoui. 
11) On travaille mieux si la maturation n’est pas troublée. 
12) On travaille mieux si l’affectivité n’est pas troublée. 
13) On travaille mieux si la camaraderie est forte. 
14) On travaille mieux si l’on sait qu’on peut être premier. 
15) L’éducation différenciée : une liberté scolaire à encourager. 

http://www.hautefeuille92.fr/15-raisons-pour-la-non-mixite

(28) Sextos : les 4 élèves de Samuel-De Champlain réintégrés en janvier

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1141502/echange-photos-intimes-adolescente-eleves-ecole-samuel-de-champlain-reintegres-janvier-quebec

Voir aussi «De la pornographie juvénile ...malgré soi »Le Soleil 30 novembre 2018 pé13. «Trois dérapages en une semaine sur les réseaux sociaux » Le Journal de Québec»  8 novembre 2018 p.4 et5 

(29) «La mixité des genres à l’école ne va pas de soi» (OPINION)

La mixité n’a pas été un mal, mais elle a créé, particulièrement au premier degré du secondaire, entre 11 et 14 ans, de sérieux problèmes que personne ne semble vouloir prendre en compte

 Même si l’idéologie égalitaire des années 70 l’a favorisée et l’a officiellement justifiée, les vraies raisons en étaient principalement budgétaires : mixer les filles et les garçons au secondaire permettait de faire de sérieuses économies d’échelle, en un temps où les restrictions devenaient nécessaires. Il n’y a pas eu qu’une hypocrisie de la part du gouvernement, il y a eu aussi une grande illusion, partagée par la plupart des acteurs : en mettant tout le monde ensemble, dans les mêmes locaux et avec les mêmes profs, on créerait automatiquement l’égalité des sexes (qu’on n’appelait pas encore "genre")

La mixité n’a pas été un mal, mais elle a créé, particulièrement au premier degré du secondaire, entre 11 et 14 ans, de sérieux problèmes que personne ne semble vouloir prendre en compte, tant un changement en ce domaine paraît impensable. Il suffit de soulever la question dans un groupe d’enseignants - de quelque réseau que ce soit - pour se voir aussitôt regardé avec méfiance, soupçonné de ringardise, de catholicisme conservateur, si ce n’est pas de complicité avec l’intégrisme musulman… Or, quarante ans d’observation des élèves m’ont conduite à la conviction qu’à cet âge de bouleversement hormonal, si le mélange des genres dans une même école peut être bénéfique, à condition d’être l’objet de règles strictes et d’une éducation à la spécificité de l’autre, au respect de son évolution propre, la mixité en classe et durant toutes les heures de cours peut être source d’obstacles à l’apprentissage, de diminution de la liberté et même de grandes souffrances, tant pour les filles que pour les garçons. Surtout à notre époque où la "médiasphère" (Internet et réseaux sociaux) exacerbe la dimension sexuelle des relations humaines, et pas souvent pour le meilleur.

Décrivons quelques problèmes - parmi d’autres - que soulève la mixité scolaire à cet âge :

- Le souci aigu de son look, de son image, est exacerbé par le regard permanent du "sexe opposé". Les garçons qui restent petits, dont la voix ne mue pas, les filles dont les seins ne poussent pas, et tous les petits défauts physiques et maladresses corporelles qui sont fréquents à cet âge deviennent des souffrances, des drames, vécus sans répit tout au long du jour.

- Les excitations sexuelles compulsives, mal contrôlées souvent par les garçons que le corps des filles peut obséder à cet âge, distraient de l’apprentissage. Un garçon de seconde qui avait complètement raté son examen de maths en juin, m’a confié qu’il n’avait pu s’empêcher de regarder les seins de sa voisine de banc, qui portait un T-shirt à bretelles un peu lâche : cela avait complètement empêché sa concentration…

- Le rythme très variable de développement des corps des élèves entraîne des différences de comportement, de caractère, une hétérogénéité qui s’ajoute pour les enseignants aux différences de culture, de niveau socio-économique, de langue maternelle. Seulement, ces différences-là font l’objet de réflexions, de formations, on propose des méthodes et même des avantages matériels pour y faire face. Côté mixité, c’est zéro.

- Alors que les filles ont en moyenne de meilleurs résultats, les leaders de groupe sont presque toujours des garçons, avec, à défaut de performances scolaires, des actions plus ou moins spectaculaires… qui expliquent leur proportion massivement supérieure d’exclusion… Cela ne favorise pas l’émergence de leaders féminins. On se plaint ensuite de manquer de jeunes "entrepreneuses".

http://www.lalibre.be/debats/opinions/la-mixite-des-genres-a-l-ecole-ne-va-pas-de-soi-opinion-58cea70ccd705cd98e0a34d0

(30) «ll faut plus d’hommes dans nos salles de classe  Égide Royer

https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/il-faut-plus-dhommes-dans-nos-salles-de-classe

(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Éducation_au_Québec

#Éducation_primaire

Le pourcentage des enseignantes aux deux premiers niveaux d’enseignement était de 84 % au Canada en 2016 selon Statistique Canada

(32) «Si Trump était une femme » Journal de Québec 14 janvier 2009 p.12

«L’ignorance, la grossièreté, l’inculture .l’ignorance de l’histoire et la désacralisation des institutions toutes ces tares qui définissent Donald Trump seraient intolérables  et auraient éjecté uneTrumpette du pouvoir. Qui aurait l’outrecuidance de le nier ? L’égalité hommes-femmes demeure décidément un rêve utopique»