Le féminisme envahit même Québec Science 

 

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D'AUJOURD'HUI

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Dans son édition de mars 2004 la revue Québec Science, en collaboration avec la Gazette des femmes, a publié, en page 24, un article qui portait sur les femmes et la science que la journaliste Sophie Malavoy a intitulé «La conquête inachevée». On s'explique très mal que la direction de Québec Science, une revue sérieuse, ait accepté de se laisser ainsi envahir par cette machine de la propagande du féminisme au Québec qu'est la Gazette des femmes.

 

Il est manifeste que l'article en question s'inscrit parfaitement dans l'approche victimaire des féministes québécoises en vertu de laquelle le comportement discriminatoire des hommes envers les femmes est le facteur déterminant de l'évolution séculaire de l'organisation sociale dans les sociétés occidentales. Non seulement cette vision n'est-elle pas fondée dans la réalité mais elle constitue une astuce très efficace pour obtenir des privilèges pour les femmes sous l'égide non plus d'une égalité de droit, déjà acquise au Québec, mais d'une égalité de fait. La ministre Courchesne déclarait, pas plus tard qu'hier : ««Malgré tout le travail abattu au cours des 30 dernières années, l'égalité de droit dont jouissent les Québécoises ne correspond pas toujours à une égalité de fait» ; «mon objectif est de faire avancer la société québécoise et la situation des femmes vers une égalité de fait » (Le Soleil 27 février p. A-5); «Il ne faut pas donner prise au discours masculiniste qui voudrait faire croire que l'égalité est acquise pour les femmes»  (Le Journal de Québec, 27 février 2004, p. 13)

 

Il est assez symptomatique que lorsque l'égalité de fait est atteinte et même dépassée dans un ou quelques secteurs d'activité le mouvement féministe se lance à la conquête d'un autre secteur ou cela ne s'est pas encore produit. Celui qui souligne cette incongruité sur un site Internet est rapidement traité de dangereux misogyne. Chose certaine cet article sur les femmes dans le domaine de la science illustre parfaitement les propos que vous venons de tenir.

 

Malavoy commence son texte par un témoignage touchant qui nous vient du temps des pionnières et que personne ne peut contester puisqu'il s'agit sûrement d'un autre produit de la nouvelle histoire générique. Elle écrit :« Dire qu'au début du XX e siècle, la Commission de géologie du Canada refusait de fournir à Alice Wilson, première géologue canadienne, l'auto nécessaire pour aller sur le terrain étudier ses fossiles…Contrairement à ses confrères, celle qui deviendrait plus tard la première femme membre de la Société royale du Canada a donc commencé sa carrière à pied et à vélo…». La journaliste ne semble pas sensible au fait que ce texte comporte sa propre contradiction. En effet, comment Wilson a-t-elle bien pu devenir géologue dans une société aussi discriminatoire ?

 

Puis, en bonne propagandiste, elle encourage les troupes en rappelant les gains obtenus et les stimule en décrivant le chemin qui reste à parcourir, avant de célébrer la victoire finale . « Les choses ont bien changé depuis, les femmes sont majoritaires dans plusieurs secteurs (voir le tableau page 26) comme la biologie  (66%), l'agriculture (59%) et la biochimie (56%),… mais elles ne dépassent pas 22% en génie ou en physique. Dans l'ensemble de la population québécoise 32.% des femmes et 21% des hommes ont un baccalauréat, 7.6% des femmes et 6.7% des hommes ont une maîtrise…mais 0.9% des femmes et 1.2% des hommes ont un doctorat; les femmes forment 27% du corps professoral mais ne dirigent que 14% des chaires de recherche du Canada et seulement 10 femmes sur 500 lauréats (dans le monde) ont remporté un prix Nobel en science depuis 1901»

 

On doit donc comprendre que la conquête (ce terme, dans le contexte, ne peut signifier que la victoire sur l'homme) est inachevée parce que les femmes ne sont pas majoritaires dans toutes les disciplines, parce qu'elles ne dirigent pas plus de chaires de recherche et parce qu'elles ne gagnent pas plus de prix Nobel en science  que les hommes .

 

Les raisons de cette conquête inachevée sont éparpillées un peu partout dans le texte. Comme il se doit, il y a, d'abord, le sexisme des hommes «la science c'est encore le old boy's club», puis la maternité et la difficulté de concilier travail-famille, la pédagogie mal adaptée aux filles et les exigences académiques exagérées, c'est-à-dire les études prolongées et l'obligation de publier. Les solutions s'imposent d'elles-mêmes : «revoir la pédagogie pour éviter que les filles évitent les mathématiques, la physique et l'informatique»; alléger les exigences académiques pour les femmes enceintes et allonger les congés de maternité. La ritournelle est déjà connue puisque la journaliste Stanton a déjà publié un article dans le même sens à la page 20 de l'édition de juillet-août de la Gazette des femmes mais il convient de la répéter tant et aussi longtemps que les rose bonbon qui dirigent ne céderont pas. C'est comme cela que l'on va assurer une science québécoise de haut calibre.

 

Cela dit, le gros de l'article porte, non pas en la mise en valeur des contributions scientifiques de plus d'une vingtaine de femmes qui oeuvrent dans le milieu scientifique mais sur leurs opinions personnelles quant aux raisons qui expliquent que la conquête soit inachevée. La journaliste ne fait pas le décompte car elle aurait dû modifier son titre, nous l'avons fait à sa place. Huit femmes accusent le sexisme des hommes, (pourtant, toutes ces femmes ont été embauchés par des hommes).Trois autres sont persuadées que les femmes font mieux que les hommes en science. Marie-André Bertrand nous renseigne sur la profondeur de ses connaissances et l'étendue de son intelligence lorsqu'elle déclare que les hommes ne sont pas capables de conduire des travaux de longue haleine parce qu'ils recherchent une rentabilité immédiate, ni des travaux interdisciplinaires à cause de leur ego. Ce sont de femmes qui dirigent  la NASA depuis 46 ans.

 

Par contre, huit autres femmes reconnaissent ne pas avoir souffert du sexisme de la part des hommes. Trois d'entre elles ont même le courage de dire que ces derniers les avait supportées. Une soutient que cette querelle sexiste est une niaiserie. Une autre (Thérèse Gouin-Décarie), la plus remarquable, rappelle que «les premières femmes en science avaient été engagées non pas à cause de la qualité de leur recherche mais parce qu'elles étaient des femmes». Une autre fait remarquer qu'il y a des programmes qui, à compétence égale, favorisent l'embauche des femmes et on note, plus loin, l'existence de programmes (Excelle science et Chapeau les filles) et de chaires universitaires (CRSNG/Alcan à l'Université Laval et Marianne-Mareschal (Polytechnique)  qui discriminent en faveur des filles en science et génie. Enfin, sept autres femmes tiennent responsables les difficultés de concilier le travail et la famille (en fait la maternité), ce sont là des difficultés que rencontrent également les hommes mais dont on ne parle jamais.

 

En somme, on ne peut pas inférer de l'ensemble de ces témoignages qu'il existe au Québec une pratique de discrimination systémique contre les femmes dans le domaine scientifique. Bien plus, on a du mal à comprendre comment il se fait que toutes ces personnes qui se disent tant éprises de l'égalité entre le sexes ne s'insurgent pas contre des pratiques qui discriminent en faveur des femmes seulement. Enfin, il serait de mise que la revue Québec Science qui a accepté de prêter ses pages à une œuvre manifeste de propagande décide non seulement de publier la présente lettre pour neutraliser son effet pervers mais d'explorer, dans une autre édition, les iniquités que doivent endurer les garçons dans diverses disciplines scientifiques puisque leur nombre y est en constante diminution.