Pas de loi proactive sur l’équité salariale au fédéral. Enfin, un gouvernement qui se tient debout, hip, hip, hourra

 
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Le 20 septembre 2006 est une date historique. Le gouvernement Harper a annoncé qu’il refusait d’adopter une Loi «proactive» sur l’équité salariale comme l’avait recommandé, en 2004, un Groupe de travail crée pour examiner cette question. Il est certain que si le parti libéral était demeuré au pouvoir, le gouvernement aurait donné suite à cette recommandation puisqu’il avait constitué ce groupe de travail de personnes totalement vendues à cette idée, dont  la réputée Marie-Thérèse Chicha, de l’Université de Montréal, qui sévit malheureusement depuis nombre d’années et qui n’est pas étrangère à la loi québécoise sur l’équité salariale qui est, à la fois, la plus coercitive et la plus insensée de toutes les législations du genre.

Cela fait un bon moment qu’un gouvernement n’a pas tenu tête au lobby syndicalo-féministe. On peut, peut-être, commencer à croire en une société mieux équilibrée. En fait, on comprend qu’un gouvernement conservateur n’ait pas d’atomes crochus avec les centrales syndicales mais on s’explique plus difficilement qu’il ait  le courage de s’aliéner la clientèle électorale des femmes. C’est un courage que le gouvernement Charest n’a manifestement pas eu. Il faut donc penser que le gouvernement Harper a été convaincu de l’absence de justification d’une loi sur l’équité salariale, une position que nous défendons depuis 2002. Contrairement au gouvernement Charest il croit que l’économie de marché est encore le meilleur instrument pour déterminer le salaire des individus peu importe leur sexe, leur origine ethnique, leur age etc. Il est aussi permis de penser que le  bourbier dans lequel le gouvernement Charest s’est enlisé avec sa propre loi proactive a constitué l’argument massue qui a fini de le convaincre.

On se dit que cette décision du gouvernement fédéral – le gouvernement senior au Canada- constitue, à la fois, une sérieuse rebuffade pour le mouvement féministe et une leçon de gouvernance pour ces autres paliers de gouvernement qui ont troqué la recherche de l’intérêt commun pour l’électoralisme. On se serait donc attendu à ce que  la Fédération des femmes du Québec, les centrales syndicales et les députés sociaux-démocrates fustigent immédiatement et en chœur le gouvernement Harper pour une décision qui vient démolir une de leurs principales constructions des dernières années.

La réaction québécoise est tellement typique 

Or, c’est mal connaître le cartel syndicalo-féministe et nos médias. D’abord, ce n’est que le 9 octobre, 20 jours plus tard, que la nouvelle est parue dans un quotidien québécois comme si la patate était tellement chaude que personne ne voulait la tenir. En second lieu, le premier et le seul journal, à ce jour, à diffuser cette information (le Journal de Québec, une dizaine de lignes, en page 16), l’a fait par le truchement d’une déclaration de Gisèle Pageau, la «directrice des droits de la personne», du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier. Comme il fallait s’y attendre Mme Pageau condamnait cette décision : «L’équité salariale recule de 25 ans»  ce qui nous met en 1981 alors que la notion d’équité salariale féministe n’existait même pas. Elle  y allait d’un second mensonge :« Les femmes ne gagnent encore que 72cents par dollar que gagnent les hommes», donc un écart de 38%, une prétention que l’étude très exhaustive de Marie Drolet (Statistique Canada, 71-584-MIF, 2002, p.48) a  complètement démolie. Mais  quand on fait de la propagande il faut répéter sans cesse le même mensonge pour que les gens y croient. «Les armes de destruction massive» çà vous dit quelque chose ?

Les centrales syndicales

Bien entendu, les centrales québécoises sont aussi en deuil. Cela se comprend aisément dans le cas de FTQ car les principales rubriques de son site Internet sont les suivantes: Conciliation travail-famille, Condition féminine, Équité salariale, Femmes et emplois non traditionnels, Concours «Chapeau les filles», Journée internationale des femmes:8 mars, Marche mondiale des femmes, Santé des femmes au travail, Violence (contre les femmes bien entendu). Quant à la CSN, présidée par Mme Carbonneau, c’est elle qui a syndiqué les «éducatrices» des CPE qui ont largement profité de cette soi-disant équité salariale (36.0% en 2001+ 12,6% en 2005, près de 40%  en cinq ans. Qui dit mieux?). Le 10 octobre cette centrale n’avait pas eu encore le temps de réagir à la décision fédérale mais on pouvait lire sur le site Internet que «les travailleuses et travailleurs du restaurant Ben’s sont en grève depuis deux mois».Mme Carbonneau se dit peut-être qu’en ignorant cette décision elle va disparaître. Il est tout de même remarquable qu'aucune des centrales syndicales n’ait combattu la décision du gouvernement Charest de faire payer l’équité salariale par le gel des salaires des employés masculins des secteurs public et parapublic.  Ils sont donc bien niaiseux les gars syndiqués qui continuent de payer leurs cotisations sans jamais protester et sans même recevoir une marque de reconnaissance de la part des féministes qui les dirigent.

Les éditorialistes

À ce jour, aucun éditorialiste, à notre connaissance, n’a jugé utile de commenter la décision fédérale. Comment expliquer un  tel phénomène ?  Nous croyons que les éditeurs de nos quotidiens sont  tellement pusillanimes qu’ils ont décidé de se décharger de l’examen de cette question et d’en confier le traitement à des femmes. Aucun homme n’a eu le courage, à ce jour, de critiquer cette loi parfaitement inéquitable pour les hommes et très dommageable pour notre compétitivité économique.

Et les femmes éditorialistes et chroniqueuses ? Même Brigitte Breton n’a encore rien dit. La seule explication,d'après nous, est que les féministes qui occupent ces postes sont tellement obnubilées par la cause qu’elles craignent de donner des munitions aux opposants puisqu’elles ne peuvent critiquer la décision sans donner de raisons. Or, il n’y a jamais eu de justification valable à une loi proactive sur l’équité salariale. Il n’y a eu que des manipulations de l’information, des slogans et des pressions de la part de groupes syndicaux et féministes qui se sont alliés aux partis «sociaux-démocrates». Pour s’en convaincre il suffit de lire les critiques de la décision fédérale véhiculées par le «Réseau de l’équité salariale» qui été rapidement constitué par les centrales syndicales et divers groupes féministes comme L’Association nationale Femmes et Droit. On y refuse de débattre des arguments de ceux qui remettent en cause l’équité salariale féministe. Bref, c’est le même silence qui a entouré la publication de mon ouvrage :«L’équité salariale et autres dérives et dommages collatéraux du féminisme au Québec » publié en 2002 –  il y a 4 ans.

Il faut dire que,dans le même temps, ces groupes ont été aussi outrés par les décisions du même gouvernement Harper:

 -- de restreindre le mandat du Programme de Promotion de la Femme (PPF) en remplaçant la phrase «promouvoir l'égalité de la femme» par «faciliter la participation des femmes à la société canadienne en améliorant leur situation économique,sociale et culturelle»;

--  de ne plus financer, en conséquence, les organismes qui défendent les droits de la femme et qui font du lobbyisme auprès des gouvernements et des entreprises;  la FFQ craint de perdre les $100 000 qu’elle reçoit depuis des années. C’est avec ces fonds publics que ces groupes diffusent, notamment, de la fausse information sur  la violence conjugale.

-- de maintenir quand même le budget de ce Programme à 10,8 Millions$ ce qui est plus que l'ensemble des droits versés aux auteurs au Canada; 

--  de réduire de $5 millions le budget de Condition féminine Canada (sur 23 millions$) ; 1

Il sera intéressant de mesurer l'impact de l'onde de choc provoquée par ces décisions sur la formulation de la nouvelle politique de l'égalité que doit déposer la Ministre de la famille,des aînés et de la Condition féminine, quelque temps avant les prochaines élections. 

La consultation bidon de la Commission de l’équité salariale

Mais il y a plus. Au Québec, la Commission de l’équité salariale (CES) a choisi de tenir des consultations sur l’application de la loi, dix ans après son entrée en vigueur, afin d’étoffer le rapport qu’elle doit remettre au gouvernement. Or, il est clair que cette consultation ne peut être qu’un trompe l’œil. Seuls les centrales syndicales et les groupes féministes vont prendre la peine de se faire entendre car les opposants sont convaincus qu’une démarche de leur part serait inutile. L’expérience de la Commission parlementaire sur l’égalité entre les femmes et les hommes leur a suffi. Il est également clair que les mêmes centrales, comme la CSQ et la FTQ 2vont demander un renforcement de la Loi – couverture des entreprises de moins de 10 employés- accroissement des pouvoirs d’enquête de la Commission et, bien évidemment, le maintien de la CES contrairement au gouvernement qui a annoncé son intention  de l’abolir. Si le gouvernement devait donner suite à ces revendications ce ne serait plus une dérive très onéreuse mais un naufrage complet. La solution du gouvernement Charest n'est pas plus désirable car l'abolition de la CES ne changera rien à la situation ennui c'est la loi qu'il faut abolir. Or, il ne peut pas le faire après avoir consenti à verser ces milliards de dollars sans justification. Décidément Harper devrait faire partie du groupe Québec lucide.   

(1)

http :www.2canoe.com/info/quebeccanada/archives/2006/10/20061005-185539.html

(2)http://www.csq.qc.net/index.cfm/2,0   et http://femmes.ftq.qc.ca/modules