VCFF-18 Jacqueline Sauvage tue son mari de 3 balles dans le dos et demande la grâce présidentielle en France.  Et François Hollande lui accorde une remise de peine

 

 

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Il ne  nous arrive pas souvent de commenter l’actualité française tout simplement parce que la  dynamique politique de ce pays nous semble tellement différente de la nôtre  que l’on peut difficilement en tirer des leçons. Cela dit,  il  se produit quand même des phénomènes  semblables.

Au Québec nous savons tous que grâce aux pressions exercées par le mouvement féministe, une femme qui affirme avoir été violentée par son mari  a le droit de le tuer, en toute impunité. Nous avons une jurisprudence assez impressionnante  sur le sujet laquelle a reçu le grand sceau de la  Cour suprême du Canada.1 Grâce à Gilbert Claes, nous avons pu lire cette semaine que le même contexte semble prévaloir en France. Toutefois, dans la mère patrie, le  mouvement féministe est allé encore plus loin et peut se targuer d’être à l’origine d’une nouvelle avancée pour ce mouvement.

En effet, Jacqueline Sauvage, 68 ans, aurait vécu «47 ans d’enfer conjugal » avec son mari  qu’elle a tué de trois balles dans le dos. Elle a  été  condamnée à 10 ans de prison à la suite de la tenue de deux procès aux assises. Or, cette condamnation a  soulevé l’indignation du mouvement féministe. Il convient de lire, ci-dessous,  le compte rendu de cette affaire  par une avocate à la cour, Florence Rault, paru tout récemment  dans le journal Le Figaro.2     

Jacqueline Sauvage

Jacqueline Sauvage

FIGAROVOX/ANALYSE - La famille de Jacqueline Sauvage est allée réclamer ce vendredi la grâce présidentielle à François Hollande. Florence Rault voit dans l'émotion suscitée par cette affaire la poussée d'un féminisme victimaire qui voudrait se substituer à la justice.


Florence Rault est avocate à la cour.


«Le traitement de «l'affaire Sauvage», illustre jusqu'à la caricature ce qu'est devenu le débat public. Approximations, ignorance, inculture juridique, androphobie, hystérie, se marient pour imposer UNE vérité et la mettre au service d'UNE cause.

Les mouvements féministes radicaux ont impulsé une campagne à partir de la condamnation de Jacqueline Sauvage à dix ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari. Le monde politique, celui des médias, et celui de la culture se sont mobilisés de façon moutonnière et dans des proportions assez stupéfiantes pour nous sommer de prendre parti. De dénoncer le fonctionnement de la Justice, et exiger de François Hollande l'utilisation de la procédure de grâce présidentielle que l'on croyait depuis son prédécesseur pourtant tombée en désuétude.

L'histoire que l'on nous raconte est effectivement épouvantable. Jacqueline Sauvage, femme sous emprise d'un mari violent, violeur et incestueux, venant d'apprendre le suicide de son fils et après une ultime raclée, se serait rebiffée pour tuer le monstre. Qui ne serait pas ému par ce récit et choqué par la lourdeur de la peine? Et l'on comprend les réactions de ceux qui y voient l'expression de la violence masculine et l'emprise qu'elle fait peser sur les femmes. Avec le viol et l'inceste, devenus aujourd'hui les crimes suprêmes. Tuer le monstre ne serait ainsi que légitime défense.

Le juriste praticien est pourtant immédiatement interpellé par une donnée incontournable: après une instruction criminelle approfondie dont personne n'a contesté la régularité, deux cours d'assises successives n'ont pas retenu ce récit. Elles ont considéré que la légitime défense n'était pas établie, et que la responsabilité de Jacqueline Sauvage était entière dans le meurtre injustifiable de son mari. Sauf à considérer que les 21 citoyens et 6 magistrats constituant les deux jurys ayant statué étaient tous les tenants d'un patriarcat violent, cela constitue un sérieux problème.

Non, les femmes ne sont pas systématiquement victimes de tout et responsables de rien. Et la violence des femmes n'est pas toujours tentative d'échapper à une emprise.

L'analyse d'un dossier comme source d'information vaut toujours mieux que la notice Wikipédia pour parler sérieusement d'un tel cas. Or ce dossier fait apparaître une autre réalité. Le récit que la clameur vient de nous infliger est tout simplement faux.

Jacqueline Sauvage est restée mariée 47 ans avec un homme dont elle a eu 4 enfants. Les violences qu'elle aurait subies durant toute cette fort longue période ne sont attestées que par un seul certificat médical récent. Même si des témoignages de voisins et de relations parlent d'un homme manifestement colérique. À cette inertie quasi cinquantenaire, les militants répondent: «emprise». Notion commode et utilisée à tout propos, qui devrait pourtant recouvrir des situations très différentes. Non, les femmes ne sont pas systématiquement victimes de tout et responsables de rien. Et la violence des femmes n'est pas toujours tentative d'échapper à une emprise.

En ce qui concerne le passage à l'acte, il faut rappeler que Jacqueline Sauvage a abattu son mari avec son propre fusil alors qu'il était immobile sur sa terrasse, de trois balles dans le dos. Et qu'elle pratiquait la chasse en tireuse expérimentée. À cela, les militants répondent: «souvenirs post-traumatiques». Si l'on comprend bien, à la suite d'une nouvelle altercation Jacqueline Sauvage aurait brutalement été confrontée aux souvenirs de 47 ans de martyr jusqu'alors refoulés.

La théorie de la mémoire retrouvée fait partie des fables que l'on retrouve souvent dans les affaires d'allégations d'abus sexuels.

Concernant les accusations d'inceste, celles-ci n'ont été formulées que plus de trente ans après les faits allégués, et dans le cadre d'un soutien total des filles à leur mère (aliénation parentale?). Des mensonges ou une construction sur ce genre de faits est-elle possible? C'est toute mon expérience professionnelle qui me le démontre. Oui, on peut mentir sur ces choses-là. Les affaires Séché, Iacono et tant d'autres (ma liste est longue hélas) l'ont démontré.

Le phénomène des souvenirs induits ou mémoire retrouvée commence à être connue de la justice pénale et certains ne se laissent plus leurrer.

La théorie de la mémoire retrouvée fait partie des fables que l'on retrouve souvent dans les affaires d'allégations d'abus sexuels. C'est alors que l'on entend trop souvent que la preuve de l'abus résidait justement dans le fait de ne pas s'en souvenir. Ah bon? Et qu'un «flash» miraculeux aurait révélé les causes d'un mal être et permis de «commencer à se reconstruire». Quand ce flash est favorisé, parfois même imposé par des thérapeutes auto-proclamés, il y a vraiment de quoi s'inquiéter.

La MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) est sensibilisée à ce problème qui relève bien cette fois de l'emprise mentale de charlatans spéculant sur la faiblesse de certaines personnes. Il peut aussi arriver qu'un soit disant oubli post-traumatique soit infiniment pratique pour se venger de quelqu'un ou régler ses comptes.

En dehors de cas cliniques précis, il est difficile d'envisager qu'une femme ait pu oublier pendant 47 ans ce qu'elle aurait supporté.

Il en va de même pour les accusations d'inceste. Oui des enfants peuvent mentir, parfois même très sincèrement tant ils sont convaincus par leur théorie. Les mensonges, les inventions, les manipulations et autres fantasmes existent bel et bien. Que dire quand il s'agit de révélations tardives d'adultes revisitant leur passé pour racheter la faute de leur mère?

L'objectif est simple : instrumentaliser la justice pour des fins qui ne sont pas les siennes, à savoir en la circonstance, assurer la promotion d'un féminisme victimaire, et affirmer l'impossibilité de l'existence d'une violence des femmes.

Concernant le contexte familial des Sauvage il est intéressant de rappeler que les quatre enfants du couple avaient fait leur vie depuis longtemps, l'aînée ayant déjà 50 ans… Que la présentation d'une fratrie dévastée par le caractère monstrueux du père ne résiste pas à l'examen du dossier.

Autre détail déplaisant, l'épisode du suicide du fils la veille du meurtre est souvent présenté comme étant aussi à l'origine du déclic. Problème: Jacqueline Sauvage ne le savait pas quand elle a abattu son mari. Les débats ont plutôt fait apparaître un fils trouvant dans la mort le moyen d'échapper à l'emprise de la mère.

C'est sans doute ce récit qu'on retenu ceux qui sont intervenus dans ce dossier et ceux qui l'ont jugé, en toute connaissance de cause après une procédure dont personne n'a contesté la régularité.

Alors pourquoi cette campagne, une telle déformation de la réalité une telle pression sur la justice et sur le pouvoir exécutif? L'objectif est simple: instrumentaliser la justice pour des fins qui ne sont pas les siennes, à savoir en la circonstance, assurer la promotion d'un féminisme victimaire, et affirmer l'impossibilité de l'existence d'une violence des femmes.

Or, lorsqu'on essaye d'enrôler le juge, cela ne peut se faire qu'au détriment à la fois de la vérité, et du respect des libertés publiques. Le juge n'est pas là pour faire triompher une cause, aussi honorable soit-elle. Il est là pour juger des faits de transgression de l'ordre public. Et dans une démocratie, c'est lui qui est légitime à le faire.»

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-- L’histoire ne s’arrête pas là. La pauvre avocate Rault va sans doute brûler sa toge.  En effet le Président François Hollande a capitulé devant le mouvement féministe. Il a accordé une remise de peine de 2 ans et 4 mois à la meurtrière –Elle aura droit à une libération conditionnelle  en avril 2016 3–  

-- Il s’agit très certainement d’une avancée pour le mouvement féministe car il a réussi ainsi à abolir le principe constitutionnel de la séparation des Trois Pouvoirs et à ramener les Français à l’époque de la monarchie, simplement en faisant  miroiter un appui électoral des femmes au parti socialiste du Président.  Vive le féminisme victimaire, vive la gauche

-- Mais il y a encore plus fascinant. Nous avons pu voir  l’Internationale féministe en action  au Québec même. En effet, la  Fédération des maisons d’hébergement pour femmes violentées du Québec a fait paraître ce texte sur son site internet :« Libérez Jacqueline ! » : ce slogan s’est propagé à partir du 3 décembre en France avec l’appui d’associations féministes, de personnalités et de responsables politiques, qui dénoncent « un déni de justice », jusqu’à avoir recueilli 400 000 signatures sur une pétition» 4

--Il faudrait qu’on  nous explique, un jour, comment on peut justifier, ici, d’innocenter une femme qui a tué son mari parce qu’il la violentait alors qu’il existe, au Québec, 106 Maisons d’hébergement pour femmes violentées (37 dans l’État de Virginie) que nous entretenons au coût de 73 millions par année5. Il est impossible que les Québécoises ne connaissent pas l’existence de ces maisons qui peuvent leur venir en aide dès les premiers signes de violence d’autant plus qu’elles n’hésitent aucunement à verser dans la propagande mensongère pour justifier leur existence. 6

-- Enfin, nous avons le sentiment que cette avancée féministe ne devrait pas tarder à s’implanter au Canada car rien ne devrait empêcher Justin Trudeau d’accorder la «grâce royale» à la prochaine tueuse de mari surtout si elle lui permet de prendre un «selfie». On ne peut pas trouver de meilleur argument en faveur du célibat pour les hommes  de la génération z.  

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(1)On peut lire sur ce site divers articles qui traitent de ce sujet.

  JM -0- La justice misandre -droit matrimonial, pénal et criminel-

JM (10) L'Affaire Armande Côté, ou comment tuer son mari

avec la bénédiction de la Cour suprême  Addendum Nov.2011 

 JM- 11-1- Les crimes au féminin et au masculin  Le problème

 JM-11- 2 -Les crimes, les jugements, les compte rendus

A-1  Les atteintes à la vie  

(2)http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/29/31003-20160129ARTFIG00268-affaire-sauvage-ne-pas-confondre-justice-et-feminisme.php

(3)Le Journal de Québec. 2016/02/27)

(4) Fédération des maisons d'hébergement pour femmes http://www.fede.qc.ca/

(5) -- SDSP-3- c- 1-   --  Les maisons d'hébergement pour femmes violentées ...ou en difficulté - La violence conjugale un phénomène dont  l'ampleur a été outrageusement exagérée par le lobby féministe -

 -- SDSP-3- c - 2-  -- Les maisons d'hébergement pour femmes violentées, des services de plus en plus nombreux et coûteux pour des besoins de moins en  moins grands

(6)  Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition de la femme«Montréal, le 19 avril 2015 – En 2013, au Québec, 18 885 personnes de 12 ans et plus ont été victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal. Cela ne représenterait que 30 % des agressions commises dans un tel contexte. À l’occasion de la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale rappelle aux femmes victimes de violence conjugale qu’elles peuvent trouver, chez ses membres, toute l’aide et le soutien dont elles ont besoin»

http://cdeacf.ca/actualite/2015/04/20/maisons-daide-dhebergement-reponses-variees-aux-besoins